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Qui n’a pas encore en mémoire ces longues séances d’autocritiques dont nous abreuvait la grande révolution culturelle initiée par son général en chef, l’inoubliable Mao Tsé-toung ? La version asiatique, faut-il le préciser, d’un genre inventé par l’Inquisition dans nos bonnes terres de culture catholique et romaine et repris lors des mémorables procès de Moscou qui voyaient les leaders du Parti communiste d’Union soviétique s’accuser tour à tour d’être au service de la « clique trotskiste » ou d’un complot « hitlérien-trotskiste ». Mais tout cela, me direz-vous, date terriblement. Et c’est là que vous vous trompez.
Pas plus tard que la semaine dernière, et cette fois dans l’Amérique d’Obama et de CNN, on a vu un homme s’autoflageller devant une bonne douzaine de chaînes de télévision retransmettant l’événement en direct, et s’accuser, je cite, d’ « irresponsabilité », d’avoir été « si fou, si égoïste », supplier qu’on lui « pardonne », regretter « d’avoir causé tant de tort » à ses « partenaires en affaires », d’avoir eu l’outrecuidance de croire que « les règles communes ne s’appliquaient pas à [lui] ». Notre homme, ce « véritable scélérat », n’est autre, vous l’avez deviné, que Tiger Woods, le meilleur golfeur du monde. Il a trompé sa femme, ses sponsors et sa foi. Il mérite la mort, la mort médiatique s’entend.

Revue Médias


