Tout va mal. Et la presse avec. Du coup, on ne compte plus les colloques, les symposiums, les rapports consacrés à ces médias en perte de public, de légitimité et, donc, d’avenir. Une vraie crise existentielle. Pas celle d’un adolescent mais, plutôt, d’un quinquagénaire qui se voit pousser à la retraite par plus fringant que lui.
C’est vrai, les lecteurs, lassés d’acheter des titres à la fois pauvres en informations et riches en habitudes, vont chercher ailleurs. D’autant qu’ils ne voient plus très bien en quoi les « vieux » médias leur seraient indispensables : devenus, par la grâce du Net, des « journalistes citoyens », ils se prennent à rêver d’une « autre » presse, faite par tous et pour tous.
Vérifier, recouper, hiérarchiser, s’appliquer des règles qui sont autant de contraintes, faire relire sa prose par plus sage, plus expérimenté que soi, aller voir sur le terrain, écouter avant de juger, autant de vieilleries qui font pouffer l’intarissable twitteur, l’accro aux tchats, le googueliseur de l’info. On serait du coup plutôt tenté par la posture du vieux de « Là-Haut ». Claquer la porte du monde et s’envoler.
À moins qu’il ne s’agisse, au contraire, de redescendre sur le plancher des vaches. D’ouvrir les yeux et de raconter le monde. Précisément, minutieusement, modestement. Avec cette empathie pour l’autre, fût-il étranger à nos valeurs, à nos modes de vie et de pensée, qui fait le bon journalisme. Eh oui, parce qu’il y a du bon et du mauvais journalisme. Comme de la bonne et de la mauvaise littérature, de la bonne et de la mauvaise musique. Et pas seulement du bruit. C’est vrai, pardon, qu’on a inventé l’unité de bruit médiatique. Comme le reflet d’une époque...
Bref, si nous prônions la curiosité ? Et si, en lieu et place de ces médias de niche - l’expression canine en dit long... - dont on nous vante les vertus et les bénéfices, nous options pour des rencontres imprévues, des chocs producteurs de sens, la mise en avant de pensées aussi diverses que dérangeantes. Si nous choisissions l’inconfort et l’inattendu. Chiche ?
Alors lisez ce numéro de Médias. Vous y trouverez ce qu’on ne dit pas assez sur le Prince et la presse, sur leurs relations passionnelles, compulsives, de fascination mutuelle. Vous y trouverez également des points de vue opposés, parfois abrupts, toujours, nous semble-t-il, instructifs. Parce que nous préférons les aiguillons aux consensus, la hautaine solitude d’un Marc-Édouard Nabe, l’escrime à fleurets non mouchetés de Daniel Schneidermann et de la salle d’armes d’Arrêt sur images aux réflexes de meute. Parce que les anticipations d’un Xavier Couture, l’une des têtes chercheuses d’Orange, ou les ruades du philosophe Yves Michaud nous intéressent. Mieux encore, elles nous requinquent. Pas vous ?

Revue Médias















Aux Armes Citoyens ! Plaidoyer pour l’autodéfense
A bas le Parti Vert ! Vive l’écologie !
Quand on aime, il ne fait jamais nuit
Vive Le Pen !
Les intellectuels jugent les médias - Tome 1
Les intellectuels jugent les médias - Tome 2
Faut-il avoir peur de francs-maçons ?
Cantines : le règne de la mal-bouffe ?
Les homosexuels font-ils encore peur ?
Pour ou contre l’homéopathie ?
Pour ou contre la garde alternée ?
Peut-on tout dire ?
Les Français sont-ils antisémites ?
Faut-il interdire les écrans aux enfants ?
Faut-il être plus sévère avec nos enfants ?
Faut-il croire les journalistes ?
Faut-il avoir peur des religions ?
Et si on jugeait les juges ?

