Il faut regarder la télévision. C’est même un impératif tant on y voit à l’œuvre le fonctionnement de cette caste journalistique que réprouvent désormais une large majorité de nos concitoyens. Comment ne pas les comprendre ?
L’autre jour, le candidat du NPA, Philippe Poutou, était sur le plateau de « On n’est pas couché », de Laurent Ruquier. Vous savez, cette émission dans laquelle officient Audrey Pulvar et Natacha Polony. Et qu’a-t-on pu voir ? La suffisance et le mépris à l’état chimiquement, ou plutôt, télévisuellement pur.
Il ne s’agit pas ici de défendre les positions politiques du candidat trotskiste – Michel Onfray, qui participait à ce talk show, a su les critiquer durement sans jamais être condescendant – mais de dire cette envie irrépressible qui nous a pris de voler au secours de cet ouvrier face à un trio qui suintait l’arrogance, la certitude de pouvoir juger du haut d’on ne sait quoi le programme d’un candidat à la présidentielle lequel, horreur, n’arrive pas à décoller dans les sondages.
D’ailleurs, pas seulement le programme, mais la vie même de Philippe Poutou. Imaginez un peu : il n’a pas le bac, il ne rêve pas de l’Elysée, il pense collectif. Impensable dans ce milieu journalistique où l’on est prêt à tuer père et mère pour pontifier à la télé.
Oui, les Français ont raison de mettre dans le même sac ces professionnels des médias – du moins ceux qui se partagent entre plateaux de télévision et mondanités – et le petit monde politique : ils sont, les uns et les autres, armés de cette certitude d’avoir toujours raison, d’être du bon côté du manche si bien qu’un jour, pour paraphraser les situationnistes des années 60, on rêvera de pendre le dernier journaliste avec les tripes du dernier politicien.
Mais, nous direz-vous, pourquoi continuer à publier une revue comme Médias qui, numéro après numéro, donne aussi la parole à ces acteurs du show médiatique ? Peut-être parce que, naïfs, nous n’arrivons pas à nous résigner à voir cette « mission d’informer », dont se gargarise la profession, entre les mains de journalistes et d’animateurs qui, comme ce soir-là sur le plateau de France 2, nous ont fait honte de partager avec eux quoi que ce soit.
Arrêtons là. Ils ne méritent sûrement pas semblables emportements. Mais, que voulez-vous, il arrive parfois que nos mémoires nous jouent des tours et que nous reviennent des souvenirs, lointains c’est vrai, de diatribes contre une presse « vendue aux puissants ». Formule maladroite, il faut bien en convenir. Excessive et donc fausse. Sur le plateau de « On n’est pas couché », ce n’était pas « la presse vendue aux puissants », mais « la presse faite par les puissants ». Ou, du moins, par celles et ceux qui se vivent, et ne s’expriment que comme des puissants. Vraiment, il faut regarder la télévision.

Revue Médias















Aux Armes Citoyens ! Plaidoyer pour l’autodéfense
A bas le Parti Vert ! Vive l’écologie !
Quand on aime, il ne fait jamais nuit
Vive Le Pen !
Les intellectuels jugent les médias - Tome 1
Les intellectuels jugent les médias - Tome 2
Faut-il avoir peur de francs-maçons ?
Cantines : le règne de la mal-bouffe ?
Les homosexuels font-ils encore peur ?
Pour ou contre l’homéopathie ?
Pour ou contre la garde alternée ?
Peut-on tout dire ?
Les Français sont-ils antisémites ?
Faut-il interdire les écrans aux enfants ?
Faut-il être plus sévère avec nos enfants ?
Faut-il croire les journalistes ?
Faut-il avoir peur des religions ?
Et si on jugeait les juges ?

