C’est la règle depuis que les hommes ont commencé à s’organiser en société : le porteur de la mauvaise nouvelle est le coupable. Avec Outreau puis avec Clearstream, notre petite société française vient de vivre deux épisodes successifs du vieux syndrome du messager. Le plus simple moyen d’exorciser un tourment collectif, c’est de répéter sur tous les tons : « C’est la faute aux médias ! C’est la faute aux médias ! » A chaque accès de fièvre les Diafoirus modernes blâment « l’emballement médiatique ».
Quand apprendrons-nous que les médias sont les miroirs de la société beaucoup plus qu’ils n’en sont les meneurs ? La presse s’est emballée sur un soupçon de réseau pédophile parce que la société est devenue ultrasensible à tout ce qui touche aux enfants. Les médias ont ruiné à Outreau la réputation de gens encore présumés innocents parce que l’institution judiciaire les a enfermés en prison préventive pendant des années. Avec Clearstream, la presse s’est emballée sur un débile tripotage de fausse liste de comptes bancaires clandestins parce qu’il était établi que les plus hauts personnages de l’Etat l’ont pris au sérieux, s’ils n’y ont pas mis la main. Elle a ignoré le secret de l’instruction et publié ce que des sources anonymes lui glissaient parce que, dans une vraie démocratie, le secret n’est pas tolérable lorsque le nom du chef de l’Etat et de son Premier ministre sont mêlés de façon trouble à des documents d’enquête judiciaire. L’intégrité de la République ne peut malheureusement pas s’accommoder de la lenteur de la justice.
Mais plutôt que de s’expliquer sur le fond au nom de l’indispensable transparence dans la gestion de l’Etat, M. Chirac et M. de Villepin ont choisi de jouer les pucelles effarouchées par « un flux d’informations toujours plus rapides, de propos rapportés, de notes, d’écrits divers mis bout à bout sans précaution ». Ils ont l’un et l’autre, comme de vertueux censeurs, appelé les journalistes à respecter leur code de déontologie, à faire preuve de réserve et de prudence. Et le ministre de la Justice s’est empressé de demander l’ouverture d’une enquête judiciaire sur la violation du secret de l’instruction par dix-huit articles de presse. Allez, tous en choeur : « C’est la faute aux médias ! »
Les détenteurs du pouvoir et leurs acolytes ont seulement oublié que ce qui leur déplaît tant dans le miroir des médias, c’est leur propre image. Et, comme la vilaine reine marâtre de Blanche-Neige, furieuse de ne plus se voir comme la plus belle, ils préfèrent casser le miroir.

Revue Médias















A bas le Parti Vert ! Vive l’écologie !
Quand on aime, il ne fait jamais nuit
Vive Le Pen !
Les intellectuels jugent les médias - Tome 1
Les intellectuels jugent les médias - Tome 2
Faut-il avoir peur de francs-maçons ?
Cantines : le règne de la mal-bouffe ?
Les homosexuels font-ils encore peur ?
Pour ou contre l’homéopathie ?
Pour ou contre la garde alternée ?
Peut-on tout dire ?
Les Français sont-ils antisémites ?
Faut-il interdire les écrans aux enfants ?
Faut-il être plus sévère avec nos enfants ?
Faut-il croire les journalistes ?
Faut-il avoir peur des religions ?
Et si on jugeait les juges ?

