Quels journaux lisez-vous ?
Je commence le matin par L’Équipe, Le Parisien, puis Le Figaro, Libé, La Tribune et Les Echos. Ensuite, des étrangers : Wall Street Journal, Financial Times et, évidemment, Herald Tribune. En début d’après-midi, Le Monde, bien sûr. Je lis tous les hebdos et, de manière régulière, The Economist et The New Yorker. Je poursuis quelquefois ma lecture le soir à la maison. Ça me prend deux heures environ.
Télé ?
Pas grand-chose, à part le foot.
Radio ?
Le minimum nécessaire. France Info dans la voiture.
Internet ?
Je m’en sers comme un vieux : je réponds à mes e-mails.
Pas de blog ?
Non.
Vous y avez pensé ?
Non. J’écris tous mes bouquins au stylo. Je ne suis pas journaliste ; je n’ai jamais appris à taper à la machine.
« Les journalistes de 30-35 ans sont incapables de produire une vision globale de la société... Croire pouvoir les intéresser à quelque chose est une totale illusion. À partir d’un mot, ils vous sortent juste vingt phrases remâchées », dites-vous. C’est aussi une réaction de vieux ?
Internet va radicalement changer la fonction journalistique. Lorsque vous êtes à la fois producteur et récepteur d’info, quelle expertise est légitime ? Même question s’agissant de l’évolution politique actuelle : le citoyen-expert, c’est l’application à la société du modèle Internet.
Le discours de Ségolène Royal est-il un produit de cette évolution ?
Je déteste ce que dit Ségolène. Sa conception de la démocratie est aux antipodes de la mienne. La démocratie participative, pour moi, c’est la quintessence du mauvais fonctionnement d’une société. Je crois à la démocratie représentative.
Le Monde peut-il se tenir à l’écart de la révolution numérique ?
Non. Et du reste, son site Internet représente une part de marché écrasante en matière d’information générale. Or, il y a encore quelques années, il y avait une méfiance très forte de la rédaction par rapport à ce sujet. Bruno Patino a été l’agent de ce succès, mais le parrain et protecteur du site est Jean-Marie Colombani.
Le rapport de force entre version papier et version numérique est-il en train de basculer ?
Je pense qu’un journal papier aura réussi le jour où il sera producteur d’informations pour des supports différents. L’avenir des journaux est de produire des contenus pour des supports papier, Internet, et pour les gratuits. C’est un peu la nature de l’accord avec Bolloré pour Matin Plus, le nouveau gratuit. Le Monde est uniquement responsable des pages qu’il fournit.
« Comme le disait Edwy Plenel, Le Monde, c’est ma mitsva. Mais c’était l’époque où il me parlait. »
D’où vient votre intérêt pour les médias ?
Ma génération, en général, s’intéresse aux médias. Mon propre intérêt est né d’un concours de circonstances. Avant d’être lié au Monde et de créer sa Société des lecteurs, j’avais été au conseil du Nouvel Obs, avec Jean Peyrelevade, à la demande de Claude Perdriel et de Jean Daniel. Je suis lié au Monde par fidélité à mon éducation. Mes parents sont des Juifs polonais, arrivés en 1931. Le 13 mai 1958 - j’avais 9 ans -, ils m’ont fait lire Le Monde en disant : « Tu ne comprendras pas, mais tu t’en souviendras. » Depuis, je n’ai pas cessé de le lire. C’est un peu ma famille intellectuelle. Comme le disait Edwy Plenel, en employant un mot yiddish, c’est ma mitsva. Mais c’était l’époque où il me parlait.
Le Monde est un lieu d’influence et vous êtes un homme d’influence.
Pur fantasme. J’interviens sur ses choix économiques, sur sa diversification dans la presse régionale. En tant que président du conseil de surveillance, j’ai un rôle significatif sur tout ce qui n’est pas éditorial. Mais je n’ai aucune influence sur le contenu, car le journal est protégé par une charte d’indépendance dont je m’estime le garant. D’ailleurs, les 300 journalistes du Monde me flingueraient si je bougeais.
Edwy Plenel estime que vous avez une grande influence sur Colombani et donc, indirectement, sur la rédaction.
Quand il était au journal, il était le premier à dire que je ne pesais pas sur le produit, puisque c’était lui qui le faisait. Soudain, depuis qu’il n’est plus là, les principes de l’indépendance ne seraient plus protégés par les mains de Saint Edwy. Ridicule. Le juge de paix d’un journal, c’est son lectorat. Tant que la diffusion du Monde augmentait, la légitimité de Plenel n’était pas en cause. À partir du moment où les ventes se sont effondrées, il fallait qu’il y ait un sursaut, comme dans toute entreprise. La crise entre Plenel et Colombani a été assumée par l’ensemble du conseil de surveillance. Dans une entreprise, quand le produit périclite, vous devez changer la personne qui s’en occupe. C’est ce que Colombani a fait avec le soutien de toutes les parties prenantes.
C’est uniquement la baisse des ventes qui explique le divorce spectaculaire avec Edwy Plenel ?
Nous allions dans le mur. Les ventes ont perdu deux fois 10 %, les comptes se sont délités, la pub a suivi la baisse des ventes. Si cette décision n’avait pas été prise, il n’y aurait plus de Monde aujourd’hui, ou il appartiendrait à je ne sais quel groupe privé. Sur les huit ou neuf ans de gouvernement éditorial d’Edwy, Le Monde a connu six ou sept années de progression et deux années d’effondrement.
Qu’est-ce qui sauve Le Monde : le départ d’Edwy Plenel ou la construction du groupe ?
La nouvelle formule élaborée avec Éric Fottorino, à l’initiative de Jean-Marie Colombani, a connu un succès relatif mais incontestable. Relatif, parce que la diffusion est toujours en baisse, comme dans toute la presse écrite en France mais moins que les autres avec une part de marché en hausse. Celle du Net, elle, s’envole. Le Monde ne peut pas être autoporteur en termes économiques. Vous n’avez donc que deux stratégies possibles : celle qui consiste à accepter de devenir la zone de dépendance d’un investisseur ou d’un mécène, modèle Figaro ou Libé. Ou bien, sur le modèle de la haute couture, adosser le quotidien à un groupe de luxe, qui accepte d’y investir parce que l’association est pour lui fondamentale. Le seul moyen de survivre dans l’indépendance, c’est d’appartenir à un groupe beaucoup plus large, lui-même indépendant.
C’est réussi pour Le Monde ?
Il nous reste une étape : la constitution du pôle Sud. Le titre, qui représentait 100 % du groupe en 1995, n’en constituera plus que 20 % en 2007, pour un chiffre d’affaires global de l’ordre de 800 millions d’euros. C’est un changement de nature grâce auquel nous avons réussi à préserver l’autonomie et l’indépendance du journal. Par ailleurs, les autres titres qui nous ont rejoints découvrent que leur indépendance rédactionnelle est garantie chez nous. Interrogez les gens de Télérama ! Même chose pour Midi Libre. Ils font partie d’un groupe où les salariés représentent huit postes sur vingt au conseil de surveillance, un groupe dont les mécanismes assurent à chaque patron d’être nommé avec l’aval des salariés, et plus spécifiquement des journalistes. Nous ne fonctionnons pas comme l’appendice d’un groupe industriel. Et cela nous a protégés.
Pourtant Télérama a mal vécu la vente de son immeuble...
Ils sortaient d’une bulle, et nous étions le plus civilisé des repreneurs. Ç’aurait été pire avec n’importe quel autre. S’ils avaient été repris dans une enchère, par Mondadori ou autre, ils auraient eu des contraintes financières plus lourdes que celles que nous leur avons imposées, et ils n’auraient pas préservé leur indépendance rédactionnelle. Ils auraient peut-être préféré garder la famille Hourdin, mais elle a dû passer la main. C’est la vie.
Edwy Plenel prétend que vous avez fait entrer Le Monde dans des jeux d’intérêts et de pouvoir étrangers au journalisme.
C’est grotesque. Il n’a jamais ressenti ça tant qu’il était aux commandes, ce qui voudrait dire que sa seule personne constituait une garantie : c’est quand même un peu excessif ! Je sais qu’Edwy a rencontré les plus grands capitalistes de la place pour leur demander de financer un quotidien du matin qu’il aurait dirigé. Dans le schéma qu’il leur proposait, à ma connaissance, la société des rédacteurs du supposé quotidien n’aurait pas eu la minorité de blocage. Il était donc prêt à diriger un journal financé par le monde capitaliste sans aucun des verrous qui protègent l’indépendance du Monde... Le divorce avec Edwy n’enlève rien à l’estime que j’ai pour cet homme atypique ; mais là, je trouve qu’il perd les pédales.
Qu’en est-il des rumeurs sur vos désaccords avec Jean-Marie Colombani ?
C’est de la foutaise. J’ai dit plusieurs fois au conseil de la Société des rédacteurs que le renouvellement de Jean-Marie était la meilleure solution pour Le Monde. Ils ont un droit de veto, bien sûr. Le tout dans le cadre d’une gouvernance qui sera un peu changée, parce qu’on ne gère pas de la même manière un groupe de 800 millions d’euros et un journal de 120 millions d’euros.
Quelle est la différence ?
Après le temps de la croissance vient le temps de l’organisation. Nous allons devenir le deuxième groupe de presse écrite quotidienne français. Impossible de le gérer de la même façon qu’un journal monolithique, directeur et salariés vivant sous le même toit, en vase clos.
Edwy Plenel revendiquait justement une autonomie du journal par rapport au groupe.
N’oubliez pas que la crise avec Plenel démarre par une révolte de la base. On ne dirige pas une rédaction contre elle-même. Plenel peut réécrire l’histoire en racontant qu’il est la victime du complot du capitalisme multinational à visage humain que je suis supposé incarner, mais c’est Marie-Béatrice Baudet [à l’époque présidente de la Société des rédacteurs du Monde, NDLR] qui a dit : « Halte-là ! » au nom d’une rédaction en pleine émeute. S’ajoutait un désaccord stratégique avec Colombani, suivi en cela par le conseil de surveillance : Plenel voulait ne rien changer au journal et le faire passer le matin tandis que Colombani souhaitait une refonte du quotidien, ce qui a été fait, et son maintien le soir.
Dans la nouvelle réorganisation du Monde, vous voyez Jean-Marie Colombani dirigeant à la fois le groupe et le journal ou quelqu’un d’autre à la tête du journal ?
Le projet de gouvernance prévoit une autonomie importante à l’intérieur du directoire pour le patron du journal, qui ne serait plus forcément le patron du groupe.
Qui pourrait diriger Le Monde ?
Jean-Marie a proposé son équipe. Il a nommé récemment Fottorino comme seul responsable du journal... Ça lui donne vocation à en être le directeur délégué.
Vous êtes le président du conseil de surveillance, mais vous avez pris des positions politiques en faveur de Nicolas Sarkozy. N’est-ce pas gênant ?
Ce n’est pas la première fois. Il y a une charte d’indépendance qui protège les journalistes. Je considère que cette charte protège aussi les administrateurs et leur propre indépendance. Faudrait-il que les administrateurs soient dépendants des positions que prendra la rédaction du Monde dont ils ont préservé l’indépendance ? Ce serait un peu bizarre.
« Nicolas Sarkozy ne peut pas intervenir au Monde, je vous l’assure. Nos structures l’interdisent. »
Mais vous demandez au journal de ne pas prendre position.
Pas du tout ! Le journal prend toujours position à la veille d’une élection présidentielle. Ces dernières années, ses prises de position n’étaient pas conformes à mon propre vote et c’est très bien ainsi. Quand je me prononce, je le fais à titre personnel, et je n’accepte pas qu’on me dénie une liberté dont je suis le garant pour les autres. Depuis 1994, j’en ai arrêté des tentatives visant à porter atteinte à l’indépendance du journal ! Principalement de la part des annonceurs. Un actionnaire a un affectio societatis ; un annonceur, lui, a uniquement sa vision à court terme. Nicolas Sarkozy est très interventionniste par rapport aux médias. Il ne peut pas intervenir au Monde, je vous l’assure. Nos structures l’interdisent. Et puis, les médias n’ont qu’à résister. Ils ont toutes les armes dans une société transparente pour résister aux interventions des politiques. Il suffit de vouloir.Ce n’est pas l’avis de François Bayrou. J’ai voté pour Bayrou en 2002. Mais j’ai un désaccord de fond avec lui, qui touche justement aux médias. Ses postures populistes me gênent. Il n’y a que les gens des médias qui croient qu’ils font l’opinion publique. Bayrou fait des couvertures non pas parce qu’il a crié, mais parce qu’il a changé de catégorie. Quand Le Point lui consacre sa une, ce n’est pas parce qu’il hurle. Giesbert se fout des hurlements de Bayrou. Ce n’est pas son sujet. Mais quand Bayrou est à 13 %, c’est normal de lui consacrer de la place. Les médias sont le reflet de la démocratie.
Le départ d’Alain Genestar, c’est quoi ?
Ce n’est pas mon problème. Vous n’allez pas m’entraîner sur ce terrain. Je crois franchement que la classe politique française n’est plus en état d’exercer sur les médias le pouvoir qu’elle adorerait exercer, à droite comme à gauche.
Revenons sur le gratuit de Bolloré avec Le Monde, Matin Plus. N’est-ce pas un problème pour vous d’être à la fois des deux côtés ?
Je ne suis pas des deux côtés ! Je suis le conseil financier de Vincent Bolloré, mais quand il s’agit d’opérations liées aux médias, je ne suis pas de son côté. Par exemple, quand il a examiné Libé, j’étais, comme tout Paris, au courant, mais sans plus. Comme les chevaux, il faut savoir garder des zones aveugles. Je crois moins à l’indépendance qu’à la transparence. Dans les sociétés comme les nôtres, les gens tissent des liens multiples. Si ces liens ne sont pas publics, le risque d’opacité est créateur de danger. Mes liens sont publics, donc ils me créent des devoirs.
À quoi étaient dus les nombreux reports de Matin Plus ?
Notre principale difficulté ? Trouver des colporteurs. Dans ce pays de chômeurs, on n’en trouve pas. Intéressant, non ? Le journal a démarré le 6 février sous la gouverne de Bolloré. Dans cette affaire, Le Monde est d’abord imprimeur, ce qui est très important pour son équilibre financier, et par ailleurs, fournisseur de contenus sous sa signature, et celle de Courrier international. Compte tenu de l’existence de Metro et de 20 Minutes, vous ne pouvez pas faire un produit qui ne soit pas de qualité.
Pourquoi ne pas avoir tenté le projet seul ?
Pour une aventure comme celle-ci, il faut avoir les reins solides. Bolloré les a.
Pas Le Monde ?
Le Monde ne pouvait pas tenter le coup. Sinon, il prenait le risque de ne pas mener l’opération des journaux régionaux du Sud.
Elle est plus importante ?
Fondamentale. Posséder la presse de Menton à Perpignan est une énorme garantie de stabilité. Même si la presse quotidienne régionale est attaquée, si sa bulle de notabilité bourgeoise s’est dégonflée, elle conserve des positions de force que la presse quotidienne nationale n’a pas.
Vous avez toujours des ambitions sur La Dépêche du Midi ?
Non, on s’est fait foutre dehors !
Ce n’est pas parce qu’on s’est fait foutre dehors une fois que l’on n’a plus d’ambition...
La presse quotidienne régionale a été congelée entre 1945 et 2005. Maintenant elle va vivre en accéléré ce que les autres ont vécu en plusieurs décennies. La redistribution des cartes, des outils industriels, la modernisation vont être gigantesques ! Et pour une part, elle sera liée à l’entrée d’acteurs étrangers, européens.
Le Monde compte regarder du côté de Bordeaux ?
On n’en sait rien, c’est beaucoup d’argent. Le groupe aura bientôt une telle dimension que nous pourrons examiner tous les dossiers de la PQR qui se présenteront. Ça ne voudra pas dire qu’on voudra, ni qu’on pourra y répondre.
Peut-on envisager un rapprochement avec Lagardère pour des opérations de ce type-là ?
Lagardère a fait un choix stratégique qui nous a permis de récupérer la presse du Sud. Il n’a qu’une envie, c’est d’en sortir complètement. Il n’y reviendra pas.
12 millions de déficit en 2006 pour Le Monde, cela laisse quelle marge de manœuvre ?
Les comptes du groupe Le Monde se sont améliorés en 2006 : un résultat opérationnel positif de 4,5 millions d’euros contre une légère perte en 2005. Le résultat net sera négatif - une douzaine de millions d’euros compte tenu des dépenses de restructuration -, mais sans prendre en compte des plus values de l’ordre d’une dizaine de millions d’euros. L’amélioration va se poursuivre en 2007. Nous sommes sur le bon chemin, même s’il est encore long.
Vous faisiez allusion aux groupes européens qui pourraient avoir des visées sur la France : Libération ?
Caracciolo a mis 5 millions d’euros dans Libé, à titre personnel. Mais le pôle rhodanien du groupe Dassault, c’est une affaire de plus de 200 millions d’euros ! La presse quotidienne régionale, ce sont de grosses divisions, on n’y va pas avec un lance-pierres. C’est pour ça que vous verrez certains journaux basculer. Ça a déjà été le cas avec La Voix du Nord, et ce n’est pas fini. Tout va se restructurer à une vitesse folle.
« Quand vous additionnez la paranoïa de Villepin et celle d’Edwy, c’est quand même explosif ! »
Pour Libération, vous avez conseillé Édouard de Rothschild ?
Non. Ça, c’est encore un fantasme d’Edwy Plenel qui pense - à l’initiative de Dominique de Villepin, qui a fait pression pour qu’il soit à la tête de Libé -, que j’ai conseillé à Édouard de Rothschild de ne pas le prendre, pour affermer Libé à mon ami Sarkozy. Quand vous additionnez la paranoïa de Villepin et celle d’Edwy, c’est quand même explosif ! Édouard de Rothschild est venu me parler de Libé bien en amont. Je lui ai dit, et c’était assez drôle de lui dire ça : « Édouard, tu n’es pas assez riche pour ça. » Comme citoyen, je souhaite ardemment la survie de Libé. Le Monde leur a d’ailleurs proposé d’imprimer le journal dans des conditions avantageuses pour eux. C’était notre manière de contribuer à un réflexe démocratique.
Cette proposition date de quand ?
D’avant le départ de July.
Vous disiez que l’alternative était : construire un groupe ou s’appuyer sur un industriel...
On ne s’appuie pas, on s’afferme à un industriel. Si Le Monde avait vendu son contrôle aux enchères, certains auraient payé des centaines de millions d’euros pour l’avoir. Les journalistes, actionnaires à 34 %, auraient pu prendre leur retraite. Mais quelle fin humiliante pour nous tous !
Que pensez-vous de la critique altermondialiste des médias ?
L’anti-marché est aujourd’hui la pensée unique. Phénomène de génération. Les patrons sont du côté de la pensée unique ancienne, qui est la mienne. Les jeunes journalistes sont du côté de la pensée unique actuelle, l’autre, l’altermondialiste. Quand vous écoutez France Info, quand vous examinez le fond de cuve des grands journaux, il est manifeste que José Bové est davantage une icône que Jacques Delors.

Revue Médias















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