Guy Schwartz, cet épisode de l’histoire médiatico-politique a aujourd’hui près de 15 ans. Quel était le contexte de l’époque pour Edith Cresson ?
A l’époque, Edith Cresson avait démissionné du gouvernement de Michel Rocard. Elle n’avait gardé que la mairie de Châtellerault et s’était plutôt reconvertie dans les affaires. Avec le soutien de Didier Pinault-Valenciennes, P.-D.G. de Schneider Industries, elle avait créé un petit cabinet de lobbying, le Siri. C’est à ce moment que j’ai fait sa connaissance.
Vous n’étiez pas militant du Parti socialiste, comment êtes-vous entré en relation, et pourquoi ?
A la même période, je travaillais pour Alpha Media, une petite boîte de production TV. J’avais connu Abel Farnoux dans les années 70, président d’une filiale de Thomson, et l’avais retrouvé alors qu’il était au cabinet d’Edith Cresson lorsqu’elle fut nommée ministre chargé des Affaires européennes. Il avait suivi Edith Cresson au Siri et un jour, il m’a contacté pour que je réalise des séances de média training. J’étais assez connu pour avoir animé celles de Bernard Tapie et Francis Bouygues à l’époque des auditions pour la privatisation de la première chaîne de TV. J’ai cru qu’elle souhaitait préparer son arrivée à la tête d’une filiale de Schneider ou d’un groupe public.
Assez vite, cependant, les médias se faisaient l’écho d’un prochain débarquement de Michel Rocard et Edith Cresson était dans la courte liste des premiers ministrables ?
Oui, mais elle semblait s’être retirée de la vie politique nationale. J’avais d’ailleurs demandé si elle souhaitait un angle économique ou politique et sa réponse fut de prendre en compte les deux. Bien qu’elle soit à la fois élue de proximité et en charge d’une petite structure, je me souviens qu’elle ne répondait jamais sur le plan de l’entreprise ou de la collectivité locale : elle partait toujours sur des considérations nationales. Ce qui, du point de vue de sa position de l’époque, me surprenait.
Finalement, elle est nommée !
Oui. Et comme deux jours auparavant, elle m’avait demandé mon numéro personnel, elle me fit appeler à ses côtés l’après-midi même de sa nomination. Je la retrouvai donc au siège du Siri en compagnie d’Abel Farnoux, de Gérard Moine, le directeur de cabinet de Paul Quilès qu’elle pressentait pour occuper la même fonction auprès d’elle à Matignon, d’Alain Pichon, le secrétaire général de la Cour des comptes et ancien membre de son cabinet lorsqu’elle avait été ministre de l’Agriculture, enfin Jean-Claude Hirel, le P.-D.G. de CDF-Chimie, qui visait la succession de Francis Lorentz à la tête de Bull, mais n’avait pas l’intention de faire partie du cabinet. Bref, alors que je connaissais à peine Edith Cresson, je me suis retrouvé faire partie de son premier cercle. A mon grand étonnement, je constatai, alors que les autres éléphants du PS disposaient chacun d’un cabinet de l’ombre qui ne demandait qu’à se mettre en place, qu’elle n’avait, en revanche, quasiment pas constitué d’équipe. Ce fut là le premier signe de son impréparation à ses nouvelles fonctions. Et l’une des raisons essentielles de son échec futur.
Cela dit, les premiers jours d’Edith Cresson à Matignon s’effectuent sous le regard plutôt sympathique des médias ?
L’état de grâce fut réel, mais il a duré très peu de temps, ... Dans les premiers jours, Edith Cresson bénéficie d’un coefficient de sympathie certain, y compris de la part des médias. La première femme à ce poste, ce n’était pas rien ! Pourtant, très vite, la situation dégénère. Et la raison tient à cette impréparation tant sur le projet que sur l’équipe. Dans les premiers jours, l’équipe de travail était réduite à cinq personnes : ceux que j’ai cités, plus Yvan Barbot et Jean-Philippe Atgé, qui devait s’occuper des relations presse. Bien sûr, progressivement, l’équipe finit par se mettre en place, mais ce fut long. Un exemple, alors que Cresson s’est positionnée comme l’anti-Rocard, elle a dû conserver Alain Prestat, directeur adjoint de cabinet à Matignon au même poste : c’était le seul à connaître les rouages.
Quel était l’état d’esprit d’Edith Cresson vis-à-vis de la communication politique ?
Elle voulait faire résolument l’inverse de Rocard. Selon son analyse, il avait été trop brouillon, trop silencieux, trop peu explicite sur ses choix et ses objectifs. Edith Cresson entendait jouer sur un autre registre en venant au contact des Français et en ayant un style beaucoup plus direct. Dès le premier jour, elle me demande d’organiser une intervention télévisée. Pour lui permettre d’avoir le temps de s’expliquer, j’ai privilégié le 13 heures, sur France 2, d’autant que je connaissais et appréciais Philippe Lefait, qui en assurait alors la présentation. Par ailleurs, j’avais plus envie de faire plaisir à France 2 qu’à TF1. On arrange le coup facilement, et l’intervention d’Edith Cresson se passe sans problème.
« Certains ministres ne désiraient pas autre chose que lui savonner la planche... »
A quel moment situez-vous le couac ?
La première grosse faute de communication vient directement de l’état d’improvisation qui régnait à l’époque. Objectivement, nous vivions dans un « bordel » véritable ! Le meilleur exemple concerne la préparation de son discours de politique générale. Elle avait choisi de le prononcer rapidement et c’est, dans notre tradition politique, un moment essentiel. Habituellement, Matignon fixe les objectifs et détermine quelques lignes d’action précises. Or, n’ayant ni programme, ni spécialistes dans son cabinet, elle a fait demander à chaque ministre de préparer un texte sur ses propres objectifs. Il me revenait ensuite de donner une cohérence à l’ensemble pour bâtir son texte. Elle renversait ainsi l’ordre des choses et n’établissait plus aucune priorité. Par ailleurs, vous imaginez bien l’amusement de certains ministres qui ne désiraient pas autre chose que lui savonner la planche...
En faisant la synthèse des différents textes, j’arrivais à un catalogue de mesures d’où aucun souffle ne se dégageait. Je lui ai bien proposé de réduire son intervention à 10 minutes et de donner un deuxième rendez-vous aux députés, mais elle a refusé, estimant que le respect dû aux parlementaires nécessitait de lire un discours de deux heures. N’ayant pas de légitimité politique, j’ai eu le tort alors de ne pas me faire plus insistant.
Comment ce discours sera-t-il ressenti ?
Évidemment très mal. Les parlementaires, l’ensemble des commentateurs politiques ont été déçus. La presse titre le lendemain sur le « discours catalogue » sans vision politique. Et c’est cent pour cent exact. Cette faute de communication, née d’un manque d’organisation, va marquer le début de la fin.
Il était tout de même encore temps de redresser la barre...
En théorie oui, mais l’inorganisation chronique du cabinet s’est poursuivie et, par ailleurs, nous subissions la pression des éléphants du PS qui se sont répandus dans les médias, et en particulier auprès des journaux de gauche, pour mettre en avant « l’incompétence » de Cresson. A leurs yeux, elle était parfaitement illégitime à ce poste et ne devait sa nomination qu’au fait du Prince. Par ailleurs, elle ne disposait d’aucun relais au sein du parti, pour contrebalancer la critique interne. Au point que, quelque temps plus tard, je lui ai proposé d’intervenir - et elle a accepté ma proposition - pour recevoir l’appui de trois personnalités de gauche qui, si elles n’avaient pas de troupes, représentaient des courants importants dans la société dite civile : Brice Lalonde et, surtout, Bernard Kouchner et Bernard Tapie qui étaient de vieux amis.
Vous avez à nouveau mentionné l’inorganisation de l’équipe. En quoi cela a-t-il pu jouer sur l’image d’Edith Cresson ?
Cela avait des effets directs sur sa crédibilité. En particulier auprès des décideurs et des relais d’opinion. Pour rendre encore moins lisibles les décisions et l’organisation, l’équipe du cabinet était doublée d’une seconde équipe menée directement par Farnoux. Un exemple parmi d’autres : chacun savait qu’Edith Cresson voulait la tête de Lorentz chez Bull. A l’époque, le projet était de recapitaliser l’entreprise grâce à l’entrée dans le capital d’entreprises étrangères. NEC avait fait des propositions qui avaient l’aval de Lorentz, mais Edith Cresson ne voulait pas d’un industriel japonais et ne voulait surtout pas conforter le patron de Bull. Cela a duré un moment. Or, un matin, je rencontre le conseiller pour les affaires industrielles, Philippe Girardot, livide et furieux. Il m’annonce qu’il va démissionner. Je reviens d’un rendez-vous avec Lorentz, m’explique-t-il en substance, pour lui redire le refus du Premier ministre d’envisager l’entrée de NEC et celui-ci lui rétorque qu’il vient de recevoir un appel téléphonique lui indiquant qu’un membre du cabinet, mais de l’équipe Farnoux, venait de négocier à Tokyo l’entrée de NEC ! Vous imaginez que Lorentz ne s’est pas privé de se moquer des incohérences de l’équipe. Cette histoire a fait le tour de Paris.
De toute façon, Abel Farnoux n’a jamais eu bonne presse. En regardant les archives, on retrouve par exemple la publication d’un portrait au vitriol signé Annie Kahn dans Le Monde.
Ce portrait mérite en effet d’être souligné car il montre bien qu’Edith Cresson et son équipe ne bénéficiaient pas d’une image très positive. Annie Kahn, que je connaissais bien et qui suivait depuis longtemps le secteur de l’électronique, était idéalement placée pour faire ce papier. Après la nomination de Farnoux au cabinet, il était logique que le journal publie un portrait. Celui-ci était extrêmement dur. Annie s’en était immédiatement expliquée auprès d’Abel Farnoux en lui disant que son texte initial avait été délibérément modifié par la rédaction en chef du journal sans qu’elle en ait été prévenue. Elle était furieuse. Cresson aussi. Elle m’a demandé de convoquer Lessourne qui présidait à l’époque le journal pour lui passer un savon. Je lui ai expliqué que cela serait contre-productif et lui ai proposé plutôt de l’inviter au prétexte de faire un vaste tour d’horizon mais, en réalité, pour essayer d’améliorer les relations.
La rencontre a-t-elle eu lieu ?
Oui et Lessourne s’est montré fort courtois. Sachant bien sûr pourquoi nous l’avions invité, c’est lui qui a abordé la question en mettant l’erreur commise sur le compte des coupes nécessitées par des problèmes de place et en regrettant qu’elles aient été exécutées mal à propos. Mais dans les faits, rien n’a changé. Le Monde est demeuré parmi les journaux qui sont restés jusqu’au bout extrêmement négatifs envers Edith Cresson et son équipe.
Il y aura d’autres erreurs de communication, en particulier les fameuses petites phrases ?
Oui, mais la plupart de ces erreurs auraient pu être évitées si l’organisation interne du cabinet avait mieux fonctionné. Ces maladresses, liées aussi à une certaine spontanéité du Premier ministre auraient pu devenir un atout, en tout cas auraient eu beaucoup moins d’impact, voire être oubliées, si l’on avait senti de la part d’Edith Cresson une réelle ligne politique. Revenons sur ces fameuses petites phrases, en particulier celles sur l’homosexualité des Anglais. Elles avaient été dites devant un journaliste qui les avait publiées dans un livre non traduit. C’est après sa nomination que le texte est ressorti. Mais surtout, c’est un reportage produit par Pierre Salinger pour une chaîne américaine qui va mettre le feu aux poudres. J’avais accepté cette idée d’entretien car l’émission me semblait de qualité et il était intéressant de conforter l’image internationale d’Edith Cresson. Jean-Philippe Atgé devait y assister et s’assurer qu’il n’y aurait pas de problème dans le contenu.
Première erreur : Jean-Philippe Atgé n’assiste pas à l’émission. Deuxième erreur : interrogée sur ses propos tenus dans le livre concernant l’homosexualité supposée des Anglais, Edith tend à en rajouter. Troisième erreur : elle ne réagit pas lorsque la journaliste mentionne qu’elle aurait été la maîtresse de Mitterrand. Dernière erreur, la plus lourde de conséquences : ni Atgé, ni personne ne visionnera l’émission avant son passage à l’antenne.
« Troisième erreur : elle ne réagit pas lorsque la journaliste mentionne qu’elle aurait été la maîtresse de Mitterrand. »
L’émission n’était prévue que pour une diffusion aux États-Unis ?
Oui, mais Salinger, en bon journaliste et spécialiste de la communication, avait compris qu’il disposait là d’une interview qui pouvait être reprise en France. Il s’était donc adressé à l’AFP pour en donner les extraits les plus significatifs. Le retentissement fut énorme en France... et cela n’a pas aidé à crédibiliser le message du Premier ministre.
N’avez-vous pas essayé de retisser des liens, de l’aider à remonter la pente ? Après tout, vous aviez d’excellents réseaux dans les médias, en particulier la presse de gauche.
Paradoxalement, nous avions plus de problèmes avec la presse de gauche qu’avec des titres comme Le Figaro. Il faut dire que tous les éléphants du PS avaient des relations privilégiées avec les principaux journalistes politiques de la presse de gauche. D’autant plus que ceux de L’Observateur étaient globalement rocardiens et intentaient un procès en légitimité à Edith Cresson. Ils étaient aidés en cela par l’attitude et les fautes de communication de Matignon. C’est vrai que j’ai cherché à reconstruire un lien avec des titres comme Le Nouvel Observateur ou Libération. J’ai d’abord appelé Serge July que je connais depuis nos 20 ans. Libé n’était pas le journal le plus en pointe dans le discours anti-Cresson mais je pensais qu’il était important de créer une relation directe avec July qui exerçait une influence certaine sur la société française. Sans problème, il a accepté de venir déjeuner avec Edith Cresson, Abel Farnoux et moi. La discussion a duré une heure et demie mais, la plupart du temps, c’était Abel qui répondait, expliquait les objectifs ou analysait la situation. Sur le moment, July n’a fait aucun commentaire, mais à son retour à la rédaction, il s’est dit effaré par ce déjeuner. Pour lui, Farnoux s’était comporté comme le véritable Premier ministre ! Bien sûr, cette histoire a également fait le tour des rédactions.
Bref, une entrevue qui n’a pas tourné à votre avantage.
C’est le moins que l’on puisse dire. J’ai voulu ensuite une rencontre entre Edith Cresson et l’équipe du Nouvel Obs. Laurent Joffrin et Robert Schneider que je connaissais très bien ont fait la passerelle et elle les a reçus en compagnie de Jacques Julliard, qui, très rocardien, lui était hostile, et deux autres journalistes politiques. Cette fois-ci, il y a eu un véritable débat avec les journalistes et Farnoux s’est montré discret.
Ces rencontres étaient off ?
Oui, c’était la règle. Il s’agissait de créer une autre relation et de travailler l’image de Cresson. A propos de off, et pour vous montrer à quel point il était difficile de remonter la pente, je vous donne un autre exemple. J’avais décidé d’organiser à Matignon un rendez-vous hebdomadaire totalement informel et cent pour cent off avec Edith Cresson. J’avais participé à ce type de rencontres comme journaliste et je voyais là une bonne manière de faire passer des messages et de sortir de la logique des petites phrases. J’appelais cela « les réunions sans guillemets ». Eh bien, la réaction des journalistes fut très négative : ils y voyaient une forme de copinage indigne.
A quel moment avez-vous pensé qu’il n’y avait plus rien à faire, qu’Edith Cresson était définitivement « carbonisée » ?
Oh ! c’est très clair pour moi : ce fut un titre du Monde qui a coulé définitivement Edith. Revenons à la genèse de cet épisode. Edith Cresson voulait une émission à une heure de grande écoute pour tenter de renouer le fil avec les électeurs et pouvoir faire passer deux messages qui lui tenaient à cœur : la lutte contre l’immigration clandestine et son autorité sur les ministres. A l’époque, Giesbert et Carreyrou animaient une émission politique sur TF1 qui avait beaucoup de tenue et de force et qui, surtout, passait immédiatement après le 20 heures. J’ai donc obtenu leur accord pour l’organisation d’une émission dont la diffusion aurait lieu le lundi 8 juillet 1991. Ils sont venus enregistrer un dimanche, huit jours plus tôt, dans la maison de campagne d’Edith. L’atmosphère était détendue et j’avais négocié un droit de coupe au cas où des images ne nous conviendraient pas. L’entretien se passe très bien et en une seule prise. Deux jours avant la diffusion prévue, et conformément à nos accords, Carreyrou nous livre la cassette pour une ultime vérification. Nous la visionnons avec Cresson et Moine. Rien à redire, les deux messages essentiels passent bien. Gérard Moine ira même jusqu’à la regarder une seconde fois pour être tranquille. J’appelle donc Carreyrou pour lui donner notre accord en lui demandant simplement de couper un petit passage sur Rocard qui était simplement une redite de ce qu’elle disait quelques secondes plus tôt. Tout devait donc se dérouler normalement sauf que Le Monde, qui avait réussi à se procurer l’enregistrement, publiait en une, quelques heures avant la diffusion de l’interview, un titre qui amalgamait une déclaration de Le Pen sur l’immigration et les propos de Cresson. Dès lors l’émission fut regardée sous l’influence du papier du Monde. Aucun autre message n’a pu passer. A partir de là, la machine ne pouvait plus s’arrêter, ce fut l’hallali. Quoi que nous fassions, plus rien n’était audible.
Mais durant ce temps, Mitterrand n’a pas dû rester inerte, comme il aimait à dire. Il y avait aussi à l’Elysée son célèbre conseiller en communication, Jacques Pilhan ?
Oui, justement après l’affaire de la une du Monde, Mitterrand a demandé à Pilhan de venir aider Cresson. Une fois par semaine, il passait d’abord me voir, notait mes idées et mes projets et ensuite, nous allions dans le bureau du Premier ministre. Il se contentait alors de lui redire ce que je venais de lui indiquer ! Une seule fois, il a fait une proposition : qu’Edith vienne visiter le centre de recherche de Bull. Il faut dire qu’à titre privé, il était aussi le conseiller de Lorentz. Je lui ai répondu que cela me paraissait totalement inopportun et serait passé pour un soutien au patron de Bull. Il a cependant voulu le proposer directement à Cresson qui lui a clairement dit qu’elle était sur la même longueur d’onde que moi. De là est née sa profonde inimitié à mon égard. Avec l’inconvénient d’avoir un nouvel adversaire directement dans la place.
Croyez-vous à une sorte de complot de la presse et des médias contre Edith Cresson ?
Non, je suis persuadé qu’il n’y avait là rien de délibéré. Je ne crois absolument pas aux théories du lynchage médiatique organisé secrètement par je ne sais quelle force obscure. Aucun média, je crois, ne peut décider de manipuler l’opinion publique de façon à faire tomber un homme (ou une femme) politique. Depuis le suicide de Roger Salengro sous le Front populaire, je ne vois aucun exemple qui viendrait appuyer cette thèse. Les médias agissent s’ils sont sur un terrain favorable. Ce sont des amplificateurs, des révélateurs d’un malaise, d’un problème de fond. Ils ne l’inventent pas, mais ils le mettent à nu. Et cela peut faire mal.
Le texte de cet entretien a été relu et amendé par Guy Schwartz.

Revue Médias















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