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Etats généraux de la presse (suite...)

Médias revient sur les États généraux de la presse et la rédaction du « Livre vert » qui s’en est suivie. Les mesures annoncées, sans surprise, par Nicolas Sarkozy apporteront une bouffée d’oxygène à des journaux, dont certains sont au bord du gouffre. Six cents millions d’euros en trois ans, c’est beaucoup d’argent, dans un pays où, comme le rappelait The Guardian, « l’État assure déjà 10 % du chiffre d’affaire de la presse ».

Pourtant, rien n’est réglé. On aura colmaté les brèches. Mais aura-t-on préparé l’avenir ? C’est moins sûr. Pour reprendre les mots d’un participant à ces États généraux, ne s’agit-il pas d’une « pluie d’or sur des fabricants de diligences » ? En pleine déconfiture de la presse écrite - et malgré plusieurs mesures qui sont de vraies aides aux médias en ligne -, les invités de ce grand raout n’ont peut-être pas pris la mesure de la révolution numérique et de ses conséquences sur la vieille presse en papier.

Il faut dire que la prudence était de rigueur : des barons de la presse plutôt que les remuantes sociétés de rédacteurs. Silence sur la crédibilité de nos journaux, qui n’est pas sans conséquences auprès du public. Et pas un mot sur le syndicat du Livre dont les méthodes hypothèquent pourtant toujours l’avenir des quotidiens.

Nous vous proposons aujourd’hui deux points de vue très différents. Yves Agnès a participé à ces États généraux. Ancien rédacteur en chef au Monde, longtemps à la tête de l’école de journalistes de la rue du Louvre à Paris, il conteste les analyses développées dans le précédent numéro de Médias. Il estime qu’il est faux de parler d’un « forum illégitime et prévisible » et montre du doigt ceux qui « refusent le dialogue ». À Médiapart, on doit se sentir visé... Pour Yves Agnès, « Il fallait en être », même si c’est «  sans naïveté, sans illusions ». Maintenant, dit-il, que les « tabous sont levés », au travail !

Pierre Wiehn a été directeur de France Inter pendant plus de quinze ans, avant de devenir le conseiller à TF1 de Patrick Le Lay et Étienne Mougeotte, puis l’un des neuf sages du CSA de 1997 à 2003. Il brocarde les « coteries » et les « comités Théodule » qui président trop souvent aux destinées d’une presse qui « n’a pas su saisir les occasions de se transformer ».

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