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A contre-courant

Albert Londres :

Humain, trop humain ?

par Henri Amouroux

Réponse à Monsieur Moisy

« Un mauvais maître », Albert Londres ? Vraiment ? J’ai lu avec d’autant plus d’étonnement l’article de Claude Moisy que les accusations de l’ancien président-directeur général de l’Agence France-Presse (lyrisme, style ébouriffé, imprécision dans la relation des faits, trucages et « bidonnage » à l’occasion, culte de la personnalité souvent, enfin - péché majeur - confusion entre journalisme et littérature) sont les plus graves que l’on puisse porter.

Lorsque le jury du prix Albert Londres a couronné, en 1983, Patrick Meney, de l’AFP ; en 1988, Samy Ketz de l’AFP ; en 1995, les neuf confrères du bureau de l’AFP de Moscou - c’était une première ; en 1999, Michel Moutot de l’AFP, s’est-il trompé au point de récompenser des journalistes qui avaient tous les défauts professionnels relevés par Claude Moisy ou bien, à quatre reprises, mais à quatre reprises seulement dans sa longue histoire, éclairé par le Saint-Esprit, et se détournant des leçons du « mauvais maître », aurait-il récompensé ceux qui, à ses yeux, pratiquaient seuls « le rigoureux exercice de l’information » ?

Je souhaite éclairer Claude Moisy sur ce qui, chaque année, guide le choix d’un jury qui délibère longuement et avec passion puisqu’il s’agit, pour lui, de décerner, c’est lui qui l’écrit et il a raison, « la plus haute distinction de la presse française ».

Cette mission, nous en sommes toutes et tous conscients, et c’est ce qui explique la longueur, parfois l’âpreté de débats qui ne sont influencés ni par le copinage, ni par l’appartenance à tel ou tel titre. On peut relire la liste de nos lauréats - de l’écrit comme de l’audiovisuel -, elle supporte, à son honneur, toutes les comparaisons.

Les 20 ou 22 confrères qui, chaque année, sont candidats à ce prix de l’écrit, attribué en 1933, pour la première fois, à Emile Condroyer, en 2004 à Christophe Ayad, ont tous (et toutes) de l’expérience et du sérieux. Ils sont passés par des écoles dont certaines n’existaient pas du temps d’Albert Londres. Ils ont à leur disposition une documentation immense et rapidement accessible. Alors comment choisir entre des séries souvent consacrées au même sujet, au même pays - l’Afghanistan, l’Irak par exemple - narrant parfois les mêmes drames, vécus au même moment, si ce n’est en privilégiant à travers l’écriture, « le ton », la sensibilité, la personnalité et ce « petit quelque chose » qui s’appelle le talent ?


 
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