Avez-vous un rituel en matière d’information ?
Dès que je me lève, j’écoute France Info en préparant mon thé du matin. Ensuite, je prends mon bain avec Rires et chansons. Je sais que cela ne fait pas très sérieux pour mon image, et on m’en a souvent fait le reproche. Mais j’aime les petites histoires drôles... Comme mon marchand de journaux ferme à 14h, je vais acheter Le Monde en tout début d’après-midi. Je refuse de m’abonner : je trouve plus agréable d’aller acheter son journal, le lire dans le métro, le regarder dans la rue. Le mercredi, j’achète Le Canard Enchaîné et Pariscope. Le jeudi, je reçois Le Nouvel Observateur et Courrier international, le plus intéressant de tous les hebdos à mon goût. Autour du dîner, je regarde les infos, soit sur LCI, soit à 20h sur France 2. Le soir, ma femme et moi regardons un film ou une série à la télévision. Elle préfère les policiers, moi, un peu tout. Il y a des séries que j’aime bien comme « The Practice », ou « New York Police blues ». J’aime voir ou revoir les films de Coppola, Scorsese ou Cimino. L’autre soir par exemple, j’ai revu « l’Année du dragon » qui m’a envoûté. J’aime surtout revoir les vieux films des années 30 qui ont enchanté mon adolescence.
Comment choisissez-vous un journal ?
Je ne choisis pas un journal, c’est lui qui prend possession de moi. Je lis régulièrement Le Monde et c’est, d’une certaine façon, un phénomène d’addiction. Il y a aussi un lien personnel parce que j’y ai eu la liberté d’écrire depuis 1963. Quand je suis loin de France, il me faut quelques jours avant que mon journal ou ma radio ne me manquent plus. Le cinéma aussi est une addiction, mais d’émerveillement. Avant j’y allais très souvent, plusieurs fois par semaine. Depuis deux ans, pour des raisons multiples, j’ai perdu ce rythme et cela me manque beaucoup. Le cinéma est une nourriture fabuleuse pour moi, il me plonge dans la réalité et le rêve, inséparablement.
Vous pourriez vous passer de la lecture des journaux mais pas du cinéma.
L’alternative ne s’est jamais posée. Si mon temps était mieux organisé, je lirais aussi Libération et Le Parisien où il y a toujours des choses intéressantes.
Et jamais de journaux de droite ?
Quand je tombe sur Le Figaro, dans les aéroports par exemple, je le regarde. Et c’est vrai qu’il y a des informations dans Le Figaro que je ne trouve pas dans Le Monde. En réalité je n’ai pas assez de temps pour dépouiller la presse quotidienne. Il y a des gens qui lisent le Herald Tribune ou le New York Times. Moi j’aime le Corriere della Sera, El Païs ou La Repubblica. Mais il me faudrait davantage de temps. J’oubliais : je lis avec intérêt Eléments, revue nouvelle droite, très riche en informations historiques et bibliographiques.
Vous lisez aussi beaucoup de magazines ou de revues ?
J’ai cessé d’acheter Le Point, L’Express, Marianne et les autres, mais je les lis dans les aéroports. Je suis intéressé par les petites publications. Comme ce journal royaliste de gauche où il y a toujours un ou deux articles intéressants, ou encore le magazine du Centre Mendès France de Poitiers, ou Les Nouvelles d’Archimède, publiées par l’université de Lille. Regardez, je viens de recevoir Le poil dans la main, un « torchon périodique » rédigé par un instituteur retraité de Picardie, Michel Debray. Eh bien, j’y trouve des informations intéressantes, comme ces données fournies par le ministère de l’Intérieur. De janvier à août 2004, on a recensé 45 profanations de cimetières réparties ainsi : 30 cimetières chrétiens, 8 cimetières juifs et 7 musulmans. 51 lieux de culte ont été dégradés : 18 synagogues, 17 églises et 16 mosquées. Sur les 25 auteurs interpellés, 7 sont d’extrême droite, 7 sans motifs particuliers, 7 sont des enfants agissant par jeu et 3 se disent sataniques. Je n’avais pas lu cette information ailleurs ! J’apprécie les tout petits médias.
Comment avez-vous perçu la crise du journal Le Monde ?
A la sortie du livre de Péan et Cohen, j’ai été un de ces collaborateurs extérieurs invités par le staff du Monde pour donner un avis sur la réponse à apporter. Je leur ai suggéré de répondre très clairement sur les questions économiques, mais, surtout pour le reste, je préconisais de répondre « par le haut » ; je pensais qu’il fallait se situer à un « méta-niveau », pratiquer un auto-examen. Se demander par exemple jusqu’où peut aller le journalisme d’investigation, et si parfois, on n’avait pas fait telle ou telle erreur d’acharnement. L’ensemble du staff a réagi en « se groupant contre l’ennemi politique ». Or, on ne traite pas les grands problèmes en polémiquant seulement. On essaie de se mettre un cran plus haut, on comprend le point de vue de l’adversaire, sans pour autant l’adopter. Il faut critiquer les allégations par des arguments, et pas seulement par la critique des mauvaises intentions. Au fond, c’est ma conception de la complexité que j’essaie d’appliquer.
Et sur la démission d’Edwy Plenel ?
Je le connais bien, depuis qu’il était jeune journaliste d’investigation. J’ai beaucoup admiré son courage dans les affaires comme celles du Rainbow Warrior et du délit d’initié. Même si nous avons eu une rupture personnelle qui a duré trois années, nous nous sommes retrouvés et compris. Aussi, quand j’ai appris sa démission, je l’ai aussitôt appelé pour lui réaffirmer mon amitié : je sais très bien que, lorsque quelqu’un perd le pouvoir, un certain nombre de ses amis disparaissent de la scène... Sur les raisons de la crise du Monde, elle s’explique d’abord par la difficulté économique qu’affronte ce journal - due à des raisons diverses : baisse des lecteurs, concurrence des gratuits, Internet, peut-être aussi dispersion économique - et qui a entraîné la crise rédactionnelle qui couvait depuis quelque temps. Edwy Plenel s’est trouvé être le fusible qui a sauté. Or je pense qu’il a cette grande qualité d’avoir de l’imagination journalistique en même temps que du flair pour l’événement. Je pense que son exil actuel le fera réfléchir sur les grands défis du journalisme et sur ceux de l’autorité dans un journal.
« L’abbé Pierre est l’olympien des miséreux. Sœur Emmanuelle, qui est passée récemment chez Drucker, s’est "olympisée" à cette occasion. »
Vous avez de la nostalgie pour Le Monde d’avant Edwy Plenel ?
Je pense que la recherche d’un public jeune et d’un public nouveau qui a profondément motivé Edwy Plenel s’est accompagnée de concessions à un sensationnalisme superficiel. Quand il ne se passe rien, les médias fabriquent souvent du sensationnel avec du secondaire. Edwy Plenel a peut-être suscité des manchettes qui ne méritaient pas de l’être. Il y avait une synthèse à faire entre Le Monde sérieux et Le Monde plaisant. Mais cela reste très difficile.
Les journalistes sont-ils à la hauteur ?
Certains. Jean Daniel, quand il ne veut pas être polémique, écrit de très bons éditos d’analyse et diagnostic. Dans le temps, Raymond Aron, même si nous n’étions pas d’accord, avait une façon de penser l’événement qui était élucidante. Serge July, quand il écrivait, était perspicace.
Vous mettez la barre très haut !
Un bon éditorialiste nous fait penser à ce à quoi on n’avait pas pensé ; il est le révélateur des vérités contenues, mais non immédiatement perceptibles, dans un événement. Vous savez, le métier de journaliste, surtout quand on est éditorialiste, nécessite des vertus multiples et contradictoires. Un journaliste est celui qui est en prise avec l’événement. Et l’événement, c’est la surprise. Plus la surprise est grande, plus l’information est importante - il n’y a qu’à voir le raz-de-marée dans le Sud-Est asiatique. Mais le journaliste doit faire en sorte de contextualiser l’événement pour qu’on puisse le comprendre. Il doit immédiatement le situer dans l’espace, dans le temps, dans son contexte historique, politique, économique, social, etc. Le journaliste est au jour le jour confronté à la complexité du monde et il doit très rapidement rendre compte de cette complexité. C’est un métier qui demande des qualités extraordinaires, et quand on est capable d’être à la hauteur de l’événement, c’est un des plus beaux métiers qui soient.
Dans « L’Esprit du temps » écrit en 1961, vous parliez - à propos de ceux et de celles qui faisaient la une de certains journaux - d’« olympiens ».
A l’époque, ceux que j’appelais les olympiens étaient des stars de cinéma, ou des membres de familles royales. Au fil des années, se sont ajoutés des présentateurs télé, des champions sportifs, etc. Zidane est devenu un olympien.
L’Olympien s’est démocratisé ?
Pas démocratisé, mais l’élite olympienne touche maintenant des catégories qui ne faisaient pas partie de cette « caste ». Patrick Poivre d’Arvor est maintenant un olympien. Claire Chazal également. Vous avez toute une série de personnalités qui semblent vivre une vie supérieure à celle du commun des mortels. La catégorie des olympiens demeure. Dans un sens, l’Abbé Pierre est l’olympien des miséreux. Sœur Emmanuelle, qui est passée récemment chez Drucker, s’est « olympisée » à cette occasion.
La presse féminine, quant à elle, se serait masculinisée ?
Avant les années 70, la presse féminine expliquait aux femmes comment faire des petits plats à leur mari, quelle crème de beauté utiliser, etc. Elle était euphorisante. Et puis la crise du bonheur est arrivée. La presse féminine a vécu cette crise et a introduit la « problématique du bonheur » à la place de la « recette du bonheur » ; elle a osé affronter le délaissement, le vieillissement, la solitude. Elle a pris aussi le tournant du néo-féminisme d’après 68, qui disait en gros : « Nous avons les mêmes droits que les hommes, mais nous ne sommes pas des hommes, nous sommes des femmes. » Elle est aussi devenue du même coup beaucoup plus intéressante.
« Le tsunami a révélé que la potentialité altruiste endormie dans notre civilisation peut se réveiller. Il y a de l’espoir. »
Et la violence ?
La violence des jeux de télévision est totalement ludique et désincarnée, comme celle des dessins animés. Vous avez affaire à la mort, à l’agression et à la destruction, mais chacun sait que ce n’est pas de la vraie mort. En 1930, un ensemble d’enquêtes sociologiques a été réalisé aux Etats-Unis pour savoir si le cinéma entraînait la délinquance juvénile. La conclusion a été négative. Bien entendu, le cinéma peut donner des idées sur les formes d’agression, mais les causes profondes de la délinquance juvénile urbaine étaient sociales - désintégration de la famille, vie en ghettos, etc. Ces enquêtes ont également été menées en Angleterre, puis en France, toutes avec le même résultat. Mais il persiste une obsession selon laquelle la télévision, les médias en général, sont une des causes fondamentales de l’augmentation de la violence, alors qu’ils ne jouent qu’un rôle secondaire. Mon analyse est que dans une vie quotidienne banale, rangée, un peu monotone, tous ces meurtres, toute cette violence au cinéma et maintenant à la télévision, sont un exutoire imaginaire qui dispense de passer à l’acte. En revanche, dans des conditions de vie marginalisées et de désintégration sociale, ces images de violence peuvent devenir incitatrices. La violence naît surtout de la désintégration sociale.
Vous observiez déjà à l’époque - alors que l’on ne la regardait pas tellement - que la télévision était de nature à appauvrir la communication avec autrui. Maintenant que nous sommes, en France, à près de 3h30 de consommation quotidienne de télévision, pensez-vous que cela soit porteur de pathologie ?
Quand on rentre chez soi après une journée de travail, fatigué, psychiquement et physiquement, on a envie de se divertir. Dans toutes les acceptions du terme : se détendre et s’échapper du réel. Mais dans cette échappée, vous opérez quand même un retour au monde réel. Dans les grandes séries télévisées, vous trouvez quoi ? L’amour, la jalousie, la mort, la maladie, les rapports humains, la difficulté de se comprendre. Bref, les problèmes de la vie. Ils sont parfois stéréotypés, mais pas toujours. Prenez « Dallas », ce n’était pas une série stéréotypée. C’est aussi une vision du monde de l’argent que n’aurait pas désavouée Marx. On échappe à la vie tout en la retrouvant dans cette échappée. Egalement dans la télé-réalité. C’est cela la complexité. On ne peut pas dire que c’est de l’abrutissement pur ; on ne peut pas dire, à l’opposé, que c’est de la conscience lucide. C’est quelque chose qui tient aux deux. Le spectateur de cinéma, de plus, est dans une situation que, pendant longtemps, les intellectuels - ou plus exactement l’aristocratie universitaire matinée de marxisme - ont jugée d’aliénation, de quasi-somnambulisme. Georges Duhamel, académicien, avait même dit : « Le cinéma est un divertissement d’ilotes, un passe-temps d’illettrés. » Or, dans les salles de cinéma, on a une compréhension de la complexité humaine que l’on n’a pas dans la vie quotidienne comme celle que l’on éprouve à l’égard des mafieux dans « Le Parrain ». On est beaucoup plus humainement compréhensif d’autrui au cinéma.
Voyez les vagabonds comme Charlot. De même dans le roman, qui permet de comprendre Raskolnikov sans le réduire à l’acte criminel qu’il a commis. Malheureusement, cette capacité de compréhension d’autrui se perd quand on revient à la vie réelle. Le vrai défi serait d’introduire cette compréhension dans la vie quotidienne, ce que malheureusement la télévision ne fait que par flashes. Ainsi le tsunami nous a fait reconnaître dans leur pleine humanité, à partir de leurs souffrances, tant d’êtres étrangers à nous par la culture ou la religion. Ce qui manque, c’est l’effort intellectuel pour développer une prise de conscience de la situation planétaire, de la situation de dépendance, de subordination et d’humiliation dans laquelle vivent la majorité des humains sur notre planète. La télévision aide à ce début de prise de conscience, mais il s’éteindra vite, hélas sous le flux de nouvelles informations qu’apporteront ces mêmes médias.
A quoi servent les médias alors ?
A tout et son contraire. Les médias ont un rôle d’intercommunication. Ils nous ont aidés à vivre les grandes tragédies de notre planète. Ils servent à mieux appréhender notre condition d’humanité interplanétaire. Ils servent aussi à nous divertir de grands problèmes. Cela dit, la communication des informations n’apporte pas ipso facto la compréhension. Pour cette dernière, le rôle du médiateur, du journaliste, est indispensable.
« J’ai besoin de temps pour m’exprimer, et suis mal à l’aise dans ces rassemblements hétéroclites, ces courses de vitesse pour prendre le micro et polémiquer. »
Les médias participent-ils à la montée de l’individualisme ?
Dans notre société, il y a eu un développement de l’individualisme qui s’est fait en corrélation avec la désintégration des communautés et des solidarités traditionnelles comme la grande famille, et même maintenant la petite famille en proie aux divorces et autres séparations. Cet individualisme surdéveloppe aussi l’égocentrisme, l’égoïsme et tend à sous-développer l’altruisme. C’est le thème de mon dernier livre sur l’éthique [1] : chacun d’entre nous a deux potentialités inscrites dans son être subjectif. L’une est l’égocentrisme - je me mets au centre de mon monde et il n’y a que moi qui compte - l’autre est solidaire, communautaire et altruiste - je suis inclus dans un « nous » et au besoin, je peux me sacrifier pour ce « nous ». Or le tsunami a révélé que la potentialité altruiste endormie dans notre civilisation peut se réveiller. Il y a de l’espoir.
Il y a toujours eu dans nos sociétés une minorité de gens qui ressentent plus profondément la pulsion altruiste. C’est elle qui a fourni les militants politiques, ceux qui pensaient changer le monde. Evidemment, le collapse du communisme et le sectarisme gauchiste en ont démoralisé beaucoup. Une autre forme de militantisme a alors pris le relais avec les associations du type de Médecins Sans Frontières et diverses ONG, comme bien sûr, Reporters sans frontières. Il se trouve toujours une minorité pour résister à l’atomisation individuelle. Des communautés temporaires se créent, avec les « rave parties » par exemple. C’est ce que Michel Maffesoli appelle le « néo-tribalisme » et qu’il tente d’opposer à l’individualisme. Je pense, quant à moi, que ce néo-tribalisme est une conséquence de l’individualisme. Tout est bon pour ne pas se laisser enfermer dans la solitude. Dans un sens, les médias favorisent cette solitude, mais en même temps, ils luttent contre l’isolement. Pour les personnes grabataires, regarder la télévision toute la journée est une façon de se divertir de leur solitude et de garder contact avec le monde extérieur. Internet aussi offre des moyens de communication formidables quand on est seul. Nous assistons à une sorte de « dialogique », de relation complémentaire et antagoniste entre l’individualisme qui tend à l’atomisation et à la fermeture, et les différentes solidarités. Les médias y jouent, une fois de plus, un rôle ambivalent.
Vous considérez-vous comme un intellectuel médiatique ?
Très partiellement. Je ne suis pas de ces habitués aux plateaux de télévision, mais je suis, c’est vrai, invité de temps en temps. Ces apparitions - que d’ailleurs je raréfie - me laissent toujours insatisfait. J’ai besoin de temps pour m’exprimer, et suis mal à l’aise dans ces rassemblements hétéroclites, ces courses de vitesse pour prendre le micro et polémiquer. Encore dernièrement, j’ai expliqué à Franz-Olivier Giesbert qui voulait m’inviter à un débat sur la Turquie avec Philippe de Villiers et quelques autres, que ma place n’est pas dans la polémique. Par ailleurs, à l’exception de mon dernier livre, mes autres volumes de « La Méthode » et mes ouvrages depuis la fin des années 80 ont été ignorés totalement par les critiques des médias, parce que pour eux je ne suis ni scientifique, ni écrivain, ni essayiste, ni philosophe.
Cela vous fait plaisir de vous voir à la télévision ?
Je me regarde rarement. Et quand par hasard je me vois, je me rends compte que je n’ai pas parlé comme j’aurais voulu le faire, que je n’ai pas terminé mes phrases, que je n’ai pas été pertinent. La télévision d’aujourd’hui rend impossible le développement d’une argumentation. Du coup, j’ai beaucoup plus souvent refusé de participer à des émissions du type « jeux de cirque » qu’accepté de le faire. Et quand je l’ai fait, sur les instances d’un animateur, j’en suis toujours ressorti avec un sentiment d’intense frustration. Ici encore je suis difficile à classer, ni médiatique, ni anti-médiatique, ni a-médiatique mais un peu de tout cela. Objectivement, je suis à la limite de l’intellectuel médiatique. Subjectivement je ne me sens pas médiatique. Si vous voulez me considérer comme un intellectuel médiatique, c’est votre droit.

Revue Médias















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