Tenez-vous les médias pour en partie responsables de ce fiasco judiciaire ?
Ils ont joué un rôle dans le climat qui s’est installé dès le début de l’affaire. Toute cette histoire relève du domaine du fantasme et pas de celui de la raison. Mais qui a fait quoi... chacun a joué un rôle. Les médias ont donné de l’ampleur à cette imposture en jetant sur la place publique des informations tronquées, non vérifiées, mais qui ont alimenté l’imaginaire. A partir de là, le public s’est emparé de ces informations et a fantasmé à son tour.
Pensez-vous que le fait d’être un homme d’Eglise a été pour les médias une circonstance aggravante ?
J’ai été très étonné, au début de l’affaire, d’entendre mon avocate me dire que dans l’opinion publique, il y avait la certitude que prêtre égale pédophile. Et je la soupçonne d’ailleurs d’avoir à ce moment-là pensé exactement la même chose de moi. Après Saint-Omer, elle m’a téléphoné en me disant que là, elle était sûre que j’étais innocent... ce qui laisse à supposer qu’avant, elle avait des doutes ! Franchement j’étais assez naïf parce que jamais cela ne me serait venu à l’idée. Pourquoi ai-je pris sept ans au procès de Saint-Omer ? Est-ce que c’est parce que j’étais prêtre, donc a priori coupable ? Est-ce que c’est parce que je donnais l’impression de défier les juges ? Ou encore à cause de l’anticonformisme que j’affichais face à la cour ? J’imagine que c’est l’ensemble qui a indisposé les jurés. Vous savez, dans le fond, je suis persuadé que ce sont là des incidentes, et que ce procès était truqué depuis le début. C’est une certitude dont je m’explique dans le livre que j’écris.
De quoi traite ce livre ?
De ce que j’ai vécu. La prison, le comité de soutien, Saint-Omer. Paris... Une réflexion sur la justice.
Il y a quand même eu quelques scandales récents mettant en cause des hommes d’Eglise dans des affaires de pédophilie.
Certes... Mais on ne peut pas tirer de règles générales de ce qui est inhabituel et exceptionnel.
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- Photo : Philippe Huguen / AFP
- Dominique Wiel, mis en examen dans l’affaire d’Outreau, à la sortie du palais de justice de Boulogne-sur-Mer, le 15 janvier 2002.
Est-ce que, pendant que vous étiez en prison, des journalistes ont tenté de vous contacter pour avoir votre version de cette affaire ?
Aucun. Personne. De toute façon comment auraient-ils pu le faire ?
Peut-être par le biais de votre comité de soutien...
Mon comité de soutien, spécialement mon frère François, a essayé de joindre les journalistes. Silence radio ! Personne ne l’a rappelé. Mais qu’est-ce que vous croyez ? Ce n’est pas du tout extraordinaire. Je reçois au moins une lettre par jour de gens qui galèrent dans l’institution judiciaire et qui me demandent comment faire pour toucher un journaliste qui voudrait bien les écouter. François est parvenu, après un an d’efforts, à rencontrer Eric Dussart à La Voix du Nord. Il a réussi à le faire changer d’opinion, à le convaincre que j’étais non coupable et, à partir de là, La Voix du Nord s’est faite beaucoup plus discrète. C’est Dussart qui a donné à mon frère les contacts avec l’AFP à laquelle il a envoyé un dossier de huit pages relatant l’affaire de mon point de vue. L’AFP a diffusé ce communiqué avant le procès de Saint-Omer. Donc, théoriquement, tous les journalistes l’ont eu. Ce n’est pas pour ça que les choses ont changé et que les médias ont fait mention des doutes qu’ils auraient dû logiquement en retirer.
Votre comité de soutien, comment s’est-il constitué ?
Il s’est créé de façon spontanée avec des gens d’Outreau qui me connaissaient depuis des années. Depuis 1967 ! Des amis, des voisins, des copains avec qui j’ai milité à ATTAC, à la CFDT, à la JOC... J’ai toujours milité.
Est-ce qu’en prison, vous saviez ce que l’on écrivait sur vous ?
Non. Je préférais ne pas savoir. C’était déjà suffisamment difficile à vivre comme ça. J’étais abonné au Monde et ça me suffisait amplement pour imaginer ce qui pouvait être dit ailleurs. Je prenais tout ça avec une certaine sérénité. Je savais que tout était faux et j’avais la conviction que ça ne pouvait pas continuer ainsi. Un jour, ils s’en apercevraient et ils seraient bien emmerdés ! Le Monde a été le premier à bouger, mais après la presse belge. Un journaliste a commencé à mettre en doute certains détails de l’instruction qui lui semblaient bizarres. J’ai un souvenir très net de la lecture de ce papier. Là j’ai compris que ça y était : ils allaient enfin comprendre !
Est-ce que les gens de l’extérieur, votre frère, votre comité de soutien, vous tenaient au courant des horreurs qu’on disait sur votre compte à tous ?
Non. Ils m’ont protégé de tout ce sordide. Et je dois dire qu’ils ont été extraordinaires dans leur conviction : pour eux, j’étais évidemment innocent de ce dont on m’accusait. De mon côté, j’avais l’impression que ce qu’on lisait dans la presse était à ce point détaillé que n’importe qui aurait dû douter.
Comment receviez-vous psychologiquement, intellectuellement, voire physiquement, ne serait-ce que les échos des jugements péremptoires des médias dont vous saviez, vous, qu’ils véhiculaient de fausses informations sur l’affaire ?
Que vous répondre ? Je n’en ai pas réellement souffert puisque je ne savais pas. Mes colères, quand j’en ai eues, étaient provoquées par les aberrations, l’injustice de l’instruction. Aujourd’hui, j’ai le sentiment que les journalistes se sont conduits comme des couillons. Ils suivaient le juge d’instruction et le procureur parce que c’était confortable pour eux. Ils étaient les victimes consentantes d’une manipulation.
Vous pensez qu’il y a eu manipulation ?
Quand même ! Comment avaient-ils leurs informations, lesquelles allaient toutes dans le même sens ? J’ai ma petite idée là-dessus. Ils se contentaient de ce qu’on leur disait, quitte, au besoin, à en rajouter une couche.
Vous soupçonnez une manipulation volontaire orchestrée par les instances judiciaires ?
Gros problème ! Entre ce que je pense et la vérité, il y a peut-être un décalage. Je suis persuadé que c’était voulu mais que personne n’avait prévu que tout ça allait leur sauter à la figure... D’ailleurs, lorsque Burgaud s’est rendu compte que ça commençait à sentir le brûlé, il a laissé l’affaire à quelqu’un d’autre et s’est barré...
J’ai l’impression que vous avez une autre idée...
Écoutez, quand même... Mais là, c’est vraiment une lecture personnelle de cette affaire. Retournons fin 2001, début 2002. Juste avant la présidentielle. L’affaire tombe bien. Il faut montrer aux gens qu’on vit dans un monde dangereux, horrible, qui fait peur. Regardez, juste avant l’élection, il y a eu l’histoire de ce pauvre vieux d’Orléans tabassé par une bande de voyous qui ont mis le feu à sa baraque. Ce sont les voisins qui l’ont hébergé le temps que tout le quartier l’aide à reconstruire sa maison. Cette histoire est passée en boucle sur toutes les télés. La tête de ce pauvre homme roué de coups, avec des cocards sur la figure... Ça, c’était une image qu’on n’avait jamais vue ! A ce moment-là, les sujets sur l’insécurité, la délinquance, les actes de pédophilie se bousculaient sur les écrans et dans la presse. Je suis persuadé que ce n’est pas un hasard.
« Pourquoi ai-je pris sept ans au procès de Saint-Omer ? Est-ce que c’est parce que j’étais prêtre, donc a priori coupable ? »
Depuis que vous êtes reconnu non coupable, avez-vous eu la curiosité, l’envie, le besoin de lire tout ce qui a été écrit sur cette affaire ?
Non. J’ai pratiquement lu tous les livres récemment parus sur le sujet, mais je n’ai pas lu le dossier de presse que m’a fourni un copain. Je l’ai à peine ouvert. J’ai lu les premiers papiers de Steve Fernandes dans La Voix du Nord et ça m’a très largement suffi. J’ai d’ailleurs rencontré Fernandes. C’était pitoyable.
Aujourd’hui, vous avez tout de même connaissance des commentaires faits dans les médias sur cette affaire et sur vous. Vous n’avez pas eu envie de contacter certains de ces journalistes ?
Non... Vous savez, les médias ne sont qu’un véhicule de cette affaire. Personne n’est réellement coupable individuellement de ce qui s’est passé. C’est tout un système qui est responsable... Dans « Arrêt sur Images » j’ai rencontré le journaliste de France 3 Boulogne qui avait fait des reportages très durs, dégueulasses, au début de l’affaire. Il me faisait des excuses en veux-tu, en voilà... J’ai apprécié modérément, ses excuses lui venaient trop facilement.
Comment expliquez-vous que tous les médias aient plongé dans la même eau trouble ?
Bof ! C’est un phénomène actuel. L’actualité à chaud jetée en pâture sans aucune réflexion. La passagère du RER, le bagagiste de Roissy sont aussi des exemples de l’information immédiate, sans vérifications sérieuses. C’est ce qu’est devenue la presse. Elle doit aller vite et les journalistes n’ont pas le temps de réfléchir. Ils prennent les apparences pour des certitudes. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé avec les aides maternelles d’Outreau. Si, au lieu de se servir des téléphones portables, elles avaient dû aller jusqu’à un téléphone fixe, ça leur aurait laissé le temps de réfléchir et de se dire que les gamins leur montaient un bateau ! Comme elles se parlaient par les portables, elles échangeaient des impressions immédiates, évidemment sans réfléchir.
Mais cette propagation d’informations à l’emporte-pièce a duré un temps infini !
Une fois que c’est parti, comment faire marche arrière ? L’actualité est chaude tous les jours et l’on passe d’un événement à l’autre. L’affaire d’hier est bouclée. L’affaire d’aujourd’hui est une autre histoire sur laquelle il faut être tout de suite, et si possible le premier. La machine médiatique est toujours sous pression et quand elle s’emballe, on ne peut rien faire.
Ce déballage d’horreurs prouverait-il que la pédophilie est vendeuse ?
Ah oui ! Comme le terrorisme. Ce sont les péchés capitaux modernes. Le diable !
Est-ce que vous avez l’impression d’avoir été un « produit médiatique » ?
Pendant l’instruction et le procès, nous étions, nous tous accusés d’Outreau, vendus à l’opinion publique, en vrac, comme une bande de monstres pervers, ce qui justifiait la curiosité de l’affaire. Et j’imagine que le fait d’avoir un prêtre dans le tableau ajoutait un peu de croustillant à tout ça. Aujourd’hui, chacun d’entre nous est devenu, individuellement, un produit médiatique. Il n’y a pas que nous d’ailleurs. Tous les protagonistes de l’affaire le sont.
« Que les médias s’expliquent sur leurs dérives quasi hystériques, ce n’est pas mon problème, c’est le vôtre ! Est-ce que vous prêtez serment quand on vous donne votre carte de presse ? »
Justement, que pensez-vous des records d’audimat réalisés par les télévisions lors des retransmissions en direct des auditions de la commission parlementaire ?
Cette intrusion des moyens audiovisuels dans le fonctionnement d’une institution qui, généralement, pratique le secret et se veut totalement imperméable, est extraordinaire. Ces auditions publiques sont importantes. Pas seulement parce qu’on y fait le procès du procès, mais parce que le déroulement révélé de cette affaire permet de comprendre que, si elle est exemplaire, elle n’est pas unique ou exceptionnelle. Ces auditions permettent de mettre en lumière des dysfonctionnements - le mot a été beaucoup employé - des aberrations, des injustices qui, sans cela, seraient restées totalement secrètes.
Mais vous avez refusé d’assister à l’audition du juge Burgaud ?
Parce que je ne voulais pas être témoin de ce qu’on veut faire de Burgaud : le bouc émissaire de toute cette affaire. Je ne voulais pas être de la curée ni de la mise en scène de la condamnation annoncée d’un lampiste. Et puis, nous, on l’a beaucoup vu, Burgaud. Ce n’était peut-être pas la peine d’en rajouter.
Quel est votre sentiment après cette audition ?
Je suis bien aise de ne pas avoir fait le déplacement à Paris pour assister à l’audition ! Les questions les plus gênantes n’ont pas été posées. On n’a, par exemple, pas poussé le juge Burgaud à s’expliquer sur l’arrestation des deux Daniel Legrand alors qu’un « Dany le grand » était recherché, pas plus qu’on ne l’a embarrassé ni avec les agendas de M. Marécaux, ni avec l’impossibilité pour Pierre Martel d’être en même temps au golf d’Hardelot et dans l’appartement des Delay un jour de fête des mères. J’ai aussi été très surpris de la présence de deux avocats aux côtés du juge Burgaud. Les députés et les responsables ont ainsi laissé à penser que cette commission s’était érigée en tribunal. Dommage !
Votre réaction à son interview dans L’Express où il refusait de présenter des excuses ?
Évidemment ça m’a agacé, révolté même, mais qu’est-ce que vous voulez qu’on dise ? Il est semblable à lui-même. Il a raison cet homme ! Pourquoi présenterait-il des excuses puisque tout ce qu’il a fait était parfaitement légal ? Il est inattaquable.
On peut, peut-être, lui reprocher de n’avoir pas été très humain.
Vous plaisantez ? Depuis quand est-ce une obligation ? Et puis qu’est-ce qu’on entend par être « humain » ? Il est juge, lui !
Souhaitez-vous que des représentants des médias dont les reportages ont forgé une partie de l’opinion publique au moment où vous passiez pour coupable, soient entendus par la commission parlementaire ?
Je crois qu’il en est question, non ? Mais qui va aller représenter la presse ? C’est vous ? Que les médias s’expliquent sur leurs dérives quasi hystériques, ce n’est pas mon problème, c’est le vôtre ! Comment ça marche chez vous ? Déontologie, soit... Et alors ? Est-ce que vous prêtez serment quand on vous donne votre carte de presse ? Est-ce que vous avez une autorité au-dessus de vous qui vous tape sur les doigts quand vous faites des erreurs ? J’ai appris récemment qu’un journaliste consciencieux devait faire une contre-enquête et vérifier les informations qu’on lui donnait. Où étaient-elles les contre-enquêtes pendant l’instruction et le procès ? Les médias vont s’expliquer sur quoi ? Sur la pratique du colportage plutôt que de l’information ? Si les journalistes, après cette affaire, veulent faire une réforme sur la façon dont ça fonctionne chez eux, c’est à eux de la faire. Pour répondre à votre question oui, évidemment, ça nous plairait bien, mais ça va servir à quoi ? Et puis de toute façon, vous ne le ferez pas... La presse est un quatrième pouvoir sans contre-pouvoir.
« La presse est un quatrième pouvoir sans contre-pouvoir. »
Pensez-vous justement qu’il pourrait y avoir un contre-pouvoir à celui des médias ?
Je ne peux pas répondre à cette question. Peut-être l’honnêteté, l’objectivité individuelle. Quelqu’un qui dit ses doutes et pointe les incohérences. Le « J’accuse » de Zola...
Vous pourriez attaquer certains journaux en diffamation...
Vous croyez que je n’en ai pas marre des procès, des juges, des avocats, des tribunaux ?
Malgré tout, les médias aujourd’hui vous rendent justice.
J’en suis bien content ! Ça a commencé à la sortie du procès de Saint-Omer où j’en avais pris pour sept ans. Deux journalistes sont venus me serrer la main. Stéphane Durand-Soufflant du Figaro et Acacio Pereira du Monde. Ça, je vais vous dire, je ne risque pas de l’oublier.
Quand à la sortie de votre acquittement à Paris, la presse s’est précipitée sur vous, quelle a été votre réaction ?
J’ai trouvé ça normal. Naturel. On est dans un système où les individus réagissent en fonction de ce système. J’ai donné, il y a quelques jours, une interview à une journaliste du Nouveau Détective qui est sans doute le magazine le plus lu dans les prisons, alors que le papier d’un autre journaliste dans le même canard, paru pendant que j’étais en prison, m’a valu d’être caillassé par les autres détenus. Voilà, c’est le système...
Que vous inspire le fait d’être aujourd’hui un héros dans les médias après y avoir été décrit comme un parfait salaud ?
La presse met autant d’énergie à vous enfoncer qu’à vous monter au pinacle. Bon, c’est la vie. J’essaie de regarder ça avec un certain détachement. Et puis vous savez bien qu’une actualité en chasse une autre... Dans le fond, je suis assez satisfait d’être en France. Nous, on est sortis au bout de trois ans. Mais si on avait été en Irak ? Ou au Texas ? Peut-être qu’à l’heure qu’il est je serais déjà passé sur une chaise électrique !
Dans un récent numéro du Monde Diplomatique, Gilles Balbastre prétend, en faisant référence à l’affaire d’Outreau, que « les médias sont un tribunal implacable, à la fois juge et bourreau » et il ajoute « et là il n’y a pas d’appel, même pas la reconnaissance d’une erreur médiatique ». Que vous inspire cette réflexion ?
Je suis tout à fait d’accord ! Les médias pèsent sur l’opinion publique qui pèse sur les institutions. C’est comme les jeux du cirque. Le public demande des têtes et nous étions pris dans cette spirale. Dans la logique du début de l’affaire, on aurait tous dû en prendre pour dix ans. Quant à la reconnaissance des erreurs et les excuses, on a en déjà parlé. Vous savez, j’étais persuadé que j’allais me sortir de ce bourbier, mais jamais je n’ai pensé que cela pourrait se faire grâce aux médias. J’étais seulement persuadé que la vérité finirait par éclater.
Aujourd’hui, dans quel état d’esprit lisez-vous la presse ou regardez-vous la télévision ?
Je n’ai pas de télévision chez moi, donc le problème est réglé. Quant à la presse, je lis principalement Le Monde et je suis bien obligé de croire ce qui y est écrit. Mais quand même, je ne me forge pas une opinion définitive d’après ce que je lis.
Vous vous y retrouvez dans tout ça ?
Qu’est ce que vous entendez par « tout ça » ?...
Tant d’actes de contrition, de respect après tant d’opprobre.
Je suis serein. Je n’ai pas d’esprit de vengeance. Je n’ai pas de rancœur. Ce qui m’est arrivé, c’est un accident de la vie. Comme il y a des gens qui ont des accidents de la route. Vous savez, j’ai eu le temps de réfléchir sur le sens du mot « justice » et sur la façon dont ce mot a été détourné... avec notre accord tacite d’ailleurs. Mais c’est valable pour chacun des coaccusés. Vous avez remarqué que nous ne cherchons pas nos mots pour parler. Les choses à dire nous viennent naturellement parce que le choc a été incroyablement violent.
Avez-vous, à un moment, perdu la foi ?
Il me faudrait un livre pour répondre à votre question. Ma foi, depuis que je suis jeune, a toujours été traversée par le doute. Le doute est le côté pile de la foi, c’est toujours comme cela que je l’ai vécu... mais curieusement, en prison, je n’ai jamais douté. C’était une épreuve, bien sûr. J’en suis sorti.

Revue Médias















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