L’image de la personne âgée rivée à son poste de télévision constitue un lieu commun des représentations contemporaines du grand âge. Quant aux données statistiques, elles indiquent que le rapprochement entre vieillesse et télévision n’est pas sans fondement : les téléspectateurs les plus assidus sont les plus âgés et leur attachement à la télévision est particulièrement marqué [1], au point que la TV a pu être qualifiée de « dévoreuse du temps libre des anciens » (Paillat, 1993, p. 43).
Cependant, on ne peut se contenter de dresser le constat selon lequel les seniors.
« Dans cet article, la population étudiée est celle de retraités — c’est en ce sens que nous entendrons « seniors ».
sont télévores. Encore faut-il se demander s’ils le sont tous également et caractériser précisément leur rapport à la télévision. Aussi cet article se fixe-t-il deux objectifs [2] : mettre au jour la diversité des pratiques télévisuelles des retraités ; s’interroger sur leurs usages de la télévision, sur la place qu’elle occupe dans leur existence et sur la manière dont elle nourrit leur rapport au monde. L’analyse sera menée en quatre temps. Nous verrons, tout d’abord, que la télévision occupe une place variable dans l’existence des retraités. Puis, nous nous interrogerons sur l’évolution de l’écoute au fil de l’âge. En troisième lieu, nous décrirons leurs multiples usages de la télévision. Enfin, nous soulignerons son ambivalence, à la fois source de familiarité avec le monde et vecteur d’un sentiment d’étrangeté à son égard.
Une place variable
Dans l’étude du public de la télévision comme en d’autres domaines, les moyennes sont trompeuses et ne doivent pas faire oublier la diversité qu’elles recouvrent (Souchon, 1992). Ainsi, 35 % des retraités regardent la télévision plus de 30 heures par semaine, mais 33 % la regardent moins de 20 heures 5. De même, l’importance qu’ils accordent à la télévision est très variable : 38 % pensent que celle-ci leur manquerait beaucoup s’ils en étaient privés pendant deux mois, mais 23 % déclarent qu’ils n’en seraient pas du tout affectés. Pareille hétérogénéité n’est pas pour surprendre. D’une part, les clivages sociologiques classiques ne s’effacent pas lorsque cesse l’activité professionnelle : pour n’en prendre qu’un seul exemple, les anciens cadres et professions intellectuelles supérieures sont des téléspectateurs bien moins assidus que les anciens employés (19 heures hebdomadaires en moyenne contre 33 heures) et ils sont aussi moins nombreux à déclarer que la télévision leur manquerait beaucoup (18 % contre 45 % pour les anciens employés). D’autre part, la situation domestique et matrimoniale n’est pas sans conséquence : les retraités qui vivent seuls ont un temps d’écoute plus élevé que ceux qui vivent en couple (32 heures hebdomadaires contre 26 heures).
Cette diversité de pratique s’accompagne de différences d’appréciation : certains minimisent le fait qu’ils regardent un peu plus la télévision depuis qu’ils sont à la retraite et mettent plutôt en avant leur refus de lui consacrer trop de temps, alors que d’autres reconnaissent que la télévision constitue désormais un passe-temps privilégié. Ces deux attitudes renvoient à des conceptions différentes — et socialement situées — de la retraite. La télévision apparaît, en effet, comme un loisir plus ou moins légitime selon que la retraite est considérée comme un temps d’épanouissement de soi ou comme un moment de repos. Ceux qui font en sorte de ne pas trop la regarder et qui prennent leurs distances avec elle sont plutôt les tenants d’un modèle « activiste » de la retraite, aujourd’hui dominant. Regarder la télévision apparaît à leurs yeux comme une activité « passive », une distraction valable pour les personnes âgées et invalides, mais qui ne saurait convenir à de jeunes retraités « actifs ». À l’inverse, ceux qui consacrent plus de temps à la TV après avoir cessé leur activité professionnelle, sans ressentir de culpabilité particulière, voient dans la retraite un droit au repos après une vie consacrée au travail. La télévision constitue alors pour eux une distraction appréciée, qui sied à leur condition de retraité : « C’est un passe-temps, une détente », explique ainsi une ancienne employée de 64 ans, tandis que son mari, ancien ouvrier de 66 ans, indique qu’« on est en retraite ou on ne l’est pas ».
Cette diversité se reflète aussi dans la place que la télévision — et, plus généralement, les médias — occupe dans la structuration du quotidien. De ce point de vue, on peut également opposer deux modèles. Dans le premier, le temps médiatique est circonscrit et fortement contraint par d’autres activités : l’écoute télévisuelle s’insère dans le temps laissé libre par les autres occupations et déborde rarement hors des plages horaires bien délimitées qui lui sont assignées. Dans le second, les médias sont au cœur de l’existence et structurent fortement la temporalité quotidienne, soit parce que les activités alternatives sont peu nombreuses, soit parce qu’elles se trouvent subordonnées aux horaires des émissions de télévision.
« La télévision apparaît comme un loisir plus ou moins légitime selon que la retraite est considérée comme un temps d’épanouissement de soi ou comme un moment de repos. »
Transformation de l’écoute au fil de l’âge
Une autre manière d’appréhender la diversité des pratiques télévisuelles — et de commencer à cerner leur signification —, consiste à étudier comment elles se transforment au cours de l’avancée en âge. Nous nous arrêterons ici sur deux moments de transition — la retraite et le veuvage —, puis nous verrons comment l’évolution de l’écoute de la télévision au cours des années de retraite constitue une manifestation d’un phénomène plus large, au cœur du vieillissement, celui de la « déprise ».
En développant des activités nouvelles, en prenant davantage leur temps, par un ensemble de petites modifications de leurs habitudes, les retraités adoptent un nouveau rythme qui leur permet de combler le temps libéré par l’activité professionnelle. Il s’opère alors une légère dilatation du temps auparavant consacré à la télévision : allumée un peu plus tôt en soirée, elle est éteinte un peu plus tard, puisqu’il est désormais possible de décaler l’heure du lever. Elle accompagne parfois le repas de midi. N’oublions pas, cependant, que nombre de jeunes retraités tiennent à contenir cette expansion. On peut enfin signaler que le multi-équipement s’accroît chez les jeunes retraités, ce qui manifeste le souci d’une plus grande égalité dans les relations conjugales : même si la possession d’un second poste ne conduit pas nécessairement à une forte individualisation de l’écoute, elle ouvre la possibilité de faire « télévision à part » et d’éviter ainsi que l’un des conjoints — l’épouse le plus souvent — ne sacrifie ses goûts personnels sur l’autel conjugal.
La disparition du conjoint conduit également à une réorganisation de la vie quotidienne. Celle-ci prend des formes diverses, qui varient selon que le survivant est un homme ou une femme, en fonction de son âge au moment du décès et des relations conjugales antérieures : elle peut consister en un repli sur soi, sur l’espace domestique ou en une ouverture à autrui ; elle peut se traduire par la réduction des activités extérieures ou par le développement de centres d’intérêt nouveaux (Caradec, 2004, chap. 2). L’écoute de la télévision s’inscrit dans cette nouvelle organisation de l’existence, qu’elle contribue, dans le même temps, à façonner. Ainsi, une fois la phase de deuil passée, le veuvage conduit souvent à plus de télévision : celle-ci constitue alors un loisir domestique facilement accessible, qui comble certains des moments auparavant consacrés à des activités aujourd’hui abandonnées (comme les sorties en commun) ou effectuées plus rapidement (comme la préparation des repas). Mme B., 79 ans, en fournit un exemple typique : alors que, du vivant de son mari, la télévision était, pour elle, une occupation du soir, elle la regarde désormais pendant les repas et une partie de l’après-midi. Cependant, le veuvage peut, à l’inverse, entraîner la disparition de moments auparavant consacrés à la télévision. C’est le cas lorsque le décès du conjoint amène à développer des activités extérieures plus nombreuses. Par exemple, Mme M., âgée de 75 ans, ne regarde plus la télévision l’après-midi. En effet, explique-t-elle, elle a « changé d’optique » depuis qu’elle n’est plus retenue à la maison par son mari malade : elle sort davantage et pratique des loisirs qui l’occupent. Par ailleurs, le veuvage conduit quelquefois à une évolution dans le choix des programmes, des femmes laissant désormais s’exprimer leurs goûts propres.
Sur l’évolution générale de l’écoute, les données statistiques montrent une expansion jusque vers 85 ans, puis une diminution de la pratique télévisuelle (Caradec, 2003). Pour rendre compte de cette évolution, il faut l’inscrire dans le cadre plus large du processus de réaménagement de l’existence — connu sous le nom de « déprise » (Barthe, Clément, Drulhe, 1988 ; Caradec, 2004) — qui se produit au fur et à mesure que les personnes qui avancent en âge sont confrontées à de nouvelles contraintes (santé défaillante et limitations fonctionnelles croissantes, fatigue plus prégnante, baisse des sollicitations, conscience accrue de leur finitude). Dans une première phase, la déprise consiste en l’abandon d’activités extérieures, et celle-ci conduit à la réorientation progressive de l’existence vers le domicile : la télévision bénéficie alors souvent de ce surcroît de présence domestique, même si certaines personnes lui préfèrent des occupations comme la lecture ou les mots croisés, qu’elles jugent moins « passives ». Dans une seconde phase, se produit une déprise par rapport à la télévision elle-même : la fatigue croissante conduit à avancer son heure de coucher et, donc, à ne plus regarder les émissions de la soirée, et certaines déficiences sensorielles amènent à choisir avec soin les moments qu’il est possible de lui consacrer. Par exemple, Mme L., âgée de 89 ans, qui a perdu un œil et voit mal de l’autre, évite désormais de regarder la télévision l’après-midi afin d’être en mesure de suivre le téléfilm de la soirée : « Si je [me] fatiguais [les yeux] l’après-midi, je ne pourrais plus regarder mon film le soir, et moi il me faut mon film ! », explique-t-elle, bien décidée à conserver, même au prix d’une fatigue oculaire et auditive, ce rendez-vous avec ceux qu’elle appelle ses « amis » télévisuels.
« La télévision constitue, après le repas du midi, un adjuvant du repos, de la relaxation, voire de l’endormissement. »
De la compagnie à la nostalgie
Si la télévision occupe une place variable dans l’existence des retraités, elle donne lieu à des usages eux-mêmes divers. Nous en distinguerons quatre : la compagnie, la connaissance, l’interrogation sur soi et la nostalgie. En premier lieu, la télévision assure une fonction de compagnie. Sorte de degré zéro de l’écoute, la télévision — au même titre que la radio — peut être utilisée comme un bruit de fond qui donne, notamment à ceux qui vivent seuls et souffrent de solitude, le sentiment d’une présence. Ainsi, une femme âgée de 95 ans, qui réside en maison de retraite et garde la télévision allumée une grande partie de la journée, explique : « J’regarde : si vous voulez, c’est pour dire qu’il y’a quelqu’un avec moi, c’est tout. » Ensuite, les médias accompagnent certaines activités et aident à leur accomplissement. La télévision constitue ainsi, après le repas du midi, un adjuvant du repos, de la relaxation, voire de l’endormissement. Mme V., par exemple, regarde régulièrement « Les Feux de l’amour » car, explique-t-elle, « je me repose, parce que je suis fatiguée [rires]. Alors, après les informations, […] je regarde parce que ça me repose ». Enfin, l’écoute de certaines émissions est présentée comme une occupation qui permet de « passer le temps », de combler les moments vides de la journée, notamment en fin d’après-midi et en début de soirée, ou encore lorsque le mauvais temps n’incite pas à sortir. Une veuve de 80 ans indique ainsi que la télévision est le moyen, en hiver, de faire paraître moins long le début de soirée : « Surtout l’hiver, entre 17 h 00 et 20 h 00, elle m’occupe. Si je n’avais pas quelque chose à regarder ou à écouter, ça me serait difficile. »
Un autre usage de la télévision consiste à la regarder avec un souci de connaissance : l’engagement dans l’écoute est alors plus important et consiste en un « branchement » sur le monde. Celui-ci s’opère, tout d’abord, à travers le flux d’informations qui pénètre, via les médias, dans l’espace domestique et qui permet de se tenir au courant. Cette immersion nourrit le sentiment d’appartenance à la communauté nationale ou locale (les retraités sont particulièrement nombreux à regarder France 3 et ses émissions régionales). La télévision contribue ainsi au maintien du lien avec le monde extérieur en donnant à voir ce qui s’y passe et, au-delà, en donnant à partager cette connaissance avec les autres téléspectateurs, confortant ainsi le sentiment d’appartenance à une communauté. De ce point de vue, la télévision a bien une fonction de lien social (Wolton, 1990). Parallèlement, le branchement sur le monde prend une forme plus didactique : il s’agit alors d’« apprendre », de « s’instruire », de « découvrir », la télévision apparaissant alors comme un moyen de perfectionnement et d’enrichissement de soi, un lointain prolongement de l’école avec laquelle la comparaison est quelquefois explicite.
Un troisième mode d’écoute de la télévision consiste à l’utiliser comme « miroir » de son vieillissement. Les personnes qui approchent du grand âge se trouvent, en effet, confrontées à la question redoutable de savoir dans quelle mesure elles deviennent — ou sont — vieilles. Dans cette entreprise de positionnement de soi par rapport à la vieillesse, la télévision constitue une ressource : face à elle, il est possible de percevoir les signes du maintien de ses capacités ou, à l’inverse, ceux de son déclin. Par exemple, le fait de pouvoir continuer à « apprendre » aide à se définir à distance de la vieillesse. Mieux, il est possible d’utiliser certaines émissions, notamment les jeux télévisés tels que « Questions pour un champion » ou « Des chiffres et des lettres », pour faire des exercices de maintien de soi, à l’instar de cette retraitée de 80 ans : « Ça fait travailler la mémoire… Et ça, c’est bon. Je trouve que c’est bénéfique […] d’être obligée de chercher quelquefois. Il faut comprendre aussi. […] Pour beaucoup de choses, j’arrive quand même à comprendre tout ce qu’il me demande… ce qu’il demande. »
Mais, bien sûr, l’image renvoyée par le miroir télévisuel n’est pas toujours aussi favorable : si les jeux télévisés de type scolaire peuvent contribuer au maintien de soi, ils sont également susceptibles de signifier que l’on ne parvient plus à faire les exercices proposés aussi facilement qu’autrefois, qu’on perd de sa dextérité intellectuelle et de ses facultés de mémorisation. C’est le constat amer que dresse une autre retraitée de 80 ans : « Les questions [le jeu Questions pour un champion], je retiens plus…, observe-t-elle, je retiens plus comme avant. Quand j’étais jeune, j’avais de la mémoire, mais maintenant je retiens plus beaucoup… »
« Les téléspectateurs âgés, en se confrontant à l’immoralité qu’ils perçoivent dans certaines émissions, se confortent dans leurs propres valeurs morales. »
Enfin, certaines émissions constituent les auxiliaires précieux d’un voyage nostalgique dans le temps : on renoue avec le passé en écoutant de vieilles chansons, en retrouvant des artistes décédés ou en revoyant des films anciens que l’on a aimés. Se manifeste alors le plaisir de la reviviscence, du lien directement établi avec le passé, du surgissement de souvenirs et d’émotions vécues autrefois. Certains programmes sont particulièrement propices à cette reviviscence. C’est le cas de vieux films, qui permettent de retrouver des acteurs aujourd’hui disparus et de se replonger, l’espace d’un moment, dans une époque révolue. Le succès, auprès des personnes âgées, de « La Chance aux chansons », l’émission de Pascal Sevran, tenait au fait qu’il s’agissait d’une formidable machine à remonter le temps.
L’ambivalence de la télévision
D’un côté, comme nous l’avons souligné, être au courant de ce qui se passe hors de chez soi permet de maintenir, même lorsqu’on ne sort plus guère, le sentiment d’appartenir à une communauté plus large, de retrouver des activités ou des centres d’intérêt qu’il a fallu abandonner par ailleurs : c’est le cas lorsque des personnes âgées regardent la messe à la télévision après avoir cessé de se rendre à l’église.
Source de familiarité avec le monde, la télévision contribue aussi à ce sentiment croissant d’étrangeté qui caractérise le grand âge. Ceux qui vieillissent semblent, en effet, avoir de plus en plus de mal à comprendre la société dans laquelle ils vivent, à l’instar de Claude Levi-Strauss qui déclarait, alors qu’il était âgé de 96 ans : « Nous sommes dans un monde auquel je n’appartiens déjà plus. Celui que j’ai connu, celui que j’ai aimé, avait 1,5 milliard d’habitants. Le monde actuel compte 6 milliards d’humains. Ce n’est plus le mien [3]. » La difficulté à adhérer à la société actuelle se forge à travers différents mécanismes : la disparition des contemporains qui, comme l’écrit Serge Clément, « vous comprenaient à demi-mot », l’éloignement des petits-enfants, engagés dans leur vie d’adulte, l’abandon d’activités (comme la conduite automobile) qui donnaient le sentiment de rester en prise avec le monde. Un autre de ces mécanismes réside dans le sentiment de décalage ressenti face à certaines émissions par exemple de variétés dans lesquelles se produisent des artistes inconnus, aux musiques jugées bruyantes, voire extravagantes et aux chansons incompréhensibles ; des films récents, considérés comme violents, complaisants avec les scènes de sexe et joués par des acteurs qui ne sont pas familiers. Ainsi, la télévision ajoute-elle à l’étrangeté du monde.
C’est en ce sens qu’il faut interpréter les discours très critiques que beaucoup de vieilles personnes formulent au sujet de certains programmes : elles affichent ainsi leur désapprobation à l’endroit d’une société qu’elles ne comprennent plus. De ce point de vue, on peut considérer, en s’inspirant d’une formule de Tamar Liebes (1997), que les téléspectateurs âgés, en se confrontant à l’immoralité qu’ils perçoivent dans certaines émissions, se confortent dans leurs propres valeurs morales. En dénonçant l’inconstance sentimentale des personnages des « Feux de l’amour », puis en s’en prenant aux publicités pour les plats cuisinés qui symbolisent à ses yeux le travail des femmes et l’indisponibilité des mères, Mme B. (91 ans, milieu populaire) réaffirme sa croyance dans la supériorité des valeurs qui ont fondé son existence : la fidélité qui l’a liée pendant soixante ans à son mari et la répartition traditionnelle des rôles entre les sexes. « Pratique identitaire qui permet d’explorer un moi social en transition » (Pasquier, 1997, p. 828) au moment de l’adolescence, la télévision des plus âgés maintient de la valeur à leur être social : leurs choix de programmes et les jugements qu’ils portent sur eux réaffirment qui ils sont et ce à quoi ils ont cru et croient encore aujourd’hui.

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