Michel Drucker, carte de presse 22177... Au fait, pourriez-vous dire à combien nous en sommes ?
Approximativement 80 000 [1], non ? Dans ces eaux-là... Oui, cette carte 22177, je l’ai longtemps accrochée pour l’avoir sous les yeux. La regarder... C’est dire son importance. Depuis, j’ai surtout eu envie de la reprendre et j’ai toujours ce désir. Après tout, ce que je fais depuis cinq ans n’est pas étranger au journalisme, il me semble.
Votre famille d’origine, c’est d’abord le journalisme sportif.
Oui, j’aimais beaucoup et j’aime toujours le sport, quoique de façon un peu différente. C’était une propension naturelle chez moi, mais avec le recul, je dirais plutôt qu’il s’agissait d’aller au bout de quelque chose que je prenais alors pour la meilleure école possible. Je n’ai pas changé d’idée sur ce point. Quels ont été les modèles de la génération précédente, disons même les maîtres, puisqu’il est question d’école, que le gamin que j’étais a rejoints et a vu travailler de près ? Georges de Caunes, Joseph Pasteur, Raymond Marcillac, Roger Couderc, Claude Darget, formidable Darget ! Ils se sont tous colletés au football, au rugby, au vélo, au tennis - le ton, la distance inimitable de Darget encore, commentant Roland-Garros - et ils l’ont fait d’une façon extraordinairement personnelle, plus qu’aujourd’hui en tout cas, qui a forgé leur aisance à s’exprimer sur d’autres sujets. Sans oublier bien sûr Léon Zitrone, qui, en dehors du patinage, acceptait de toute façon absolument tout ce qu’on lui proposait et s’en sortait toujours. Cela me confortait dans l’idée que si la plupart des grands anciens, et les meilleurs d’entre eux, étaient passés par là, il y avait pire façon de faire ses classes dans le métier. C’était, avant les écoles de journalisme qui formatent davantage, une formation ouverte, une école de liberté et de style, qui a porté ses fruits et dont la tradition venait d’ailleurs de la presse écrite, bien avant l’avènement puis le règne de la télévision. Prenez François Janin, il avait appris à nager au Monde, tout de même ! Albert Londres puis Antoine Blondin ont « couvert » le Tour de France cycliste, de quelle manière ! Et puisqu’on parle de maîtres en écriture, Jean-Loup Dabadie, Guy Lagorce, Philippe Labro, Denis Lalanne ont tous tâté du sport avant de venir au cinéma ou à la littérature. Le romancier Guy Lagorce a même été un « athlète de très haut niveau », comme on dit maintenant.
Et comme école spécifiquement télévisuelle ?
La plus importante à mes yeux, celle du direct. Ça m’intéressait beaucoup plus que de commenter des résultats sportifs. Et sur ce plan-là, j’ai été gâté. Là tout de suite, me reviennent en mémoire, comme si c’était hier, la Coupe du monde de football au Mexique et le fantastique France-Brésil gagné par les tricolores - on ne disait pas encore les Bleus. J’ai eu la chance insigne de « couvrir » les plus grands événements, qui commençaient juste à devenir planétaires, grâce à des équipes mythiques où évoluaient des champions qui étaient aussi de fortes personnalités. J’ai suivi, pour le dire en vrac, rien moins que les Verts de Saint-Etienne, lorsqu’ils étaient notre fierté nationale, le Bayern de Munich de Frantz Beckenbauer, le Brésil de Pelé, l’Argentine où débutait, parmi les remplaçants, un gamin génial nommé Maradona, l’Ajax d’Amsterdam de Cruyft, et, bien sûr, la grande équipe de France au « carré magique » : Tigana, Giresse, Fernandez, Platini... A Michel et à Cruyft, il n’aura manqué qu’un titre de champion du monde, mais d’une certaine manière, ils sont au-dessus de ça.
Pourquoi ne pas avoir continué dans cette voie ?
A la réflexion, je vois plusieurs raisons dont une qui m’est personnelle. Je me suis peu à peu rendu compte que je n’étais pas fana des performances, ni bon comptable des résultats. J’étais enclin à préférer les petits, les sans-grade aux grands champions, même si j’avais de bonnes relations professionnelles avec eux, au point que certains sont devenus des amis plus tard. C’est le cas de Jean Todt. Je le voyais pas mal, il y a près de 40 ans, au temps de Collaro, quand Stéphane suivait la F1. Il était de cette bande, mais nous ne sommes vraiment proches que depuis quelques années. C’est le seul que je peux appeler au téléphone sur le coup de minuit à Maranello, en étant à peu près certain de le trouver encore au boulot et cependant disponible. Quand je l’ai invité à un « Dimanche » avec Michaël Schumacher, le pilote allemand m’a dit que l’émission l’avait aidé à mieux connaître le « boss » de Ferrari, pourtant son compagnon de tous les jours. Voilà une autre raison qui m’a peut-être éloigné du sport : alors que celui-ci a un peu tendance à se déshumaniser, j’ai toujours au fond préféré l’aventure humaine qu’il suppose à la simple recension des victoires et des défaites, aux carrières réduites à des statistiques. Il y a donc eu dans mon appétit pour la chose une parenthèse, un trou d’une bonne dizaine d’années. J’ai continué à suivre, de plus loin. Cela reste mon port d’attache, mais d’une autre manière.
C’est-à-dire ?
Eh bien, lorsque j’étais journaliste sportif, je ne pratiquais aucun sport. Je m’y suis mis quand les autres arrêtent, à cinquante ans. Je suis alors revenu sur la plupart des lieux que je ne fréquentais que comme reporter. Par exemple, les piscines, parce que je viens de découvrir la natation. Par exemple, le vélo et certaines routes du Tour de France que je ne connaissais qu’au travers de Greg LeMond. Bon, je ne grimpe plus l’Izoard, mais le week-end dernier j’ai quand même fait 130 kilomètres. J’ai beau pédaler comme un facteur, j’abats bon an mal an mes 4 000 bornes... Pour le foot, ça passe par des copains qui me font partager leur passion du stade à laquelle notre amitié doit ses rites. Julien Clerc est dingue de Tigana. Je vois Goldman à l’O.M. quand je descends de mes Alpilles ; Bruel, Bacri, Darmon au P.S.G... Le sport reste une sorte de famille.
Mais sans pratique professionnelle : aucun regret ?
Oh ! si. Un très grand regret, même. On m’avait sollicité pour couvrir le Mundial de l’été 1998 et j’étais partant, mais à mes conditions, qui n’ont pas été jugées recevables.
Lesquelles ?
J’ai demandé à être déchargé de toute autre tâche dès janvier 98. C’est une chose de suivre le foot en spectateur, même passionné, et tout autre chose de couvrir une coupe du monde. Je n’avais pas commenté depuis 12 ans, il me semblait donc que six mois ne seraient pas de trop pour me remettre à niveau. Simple honnêteté professionnelle. Je ne voulais surtout pas venir en touriste. J’avais besoin de nouer des contacts avec un milieu, une génération de joueurs qui n’étaient plus ceux que j’avais connus, d’aller voir des matchs à l’étranger. On a considéré qu’une absence de cette durée n’était pas réaliste. Je le regrette encore.
« J’attends Lionel Jospin depuis cinq ans. Les hommes politiques ressemblent aux vedettes du show-biz : ils préfèrent se montrer quand ils sont en promo. »
Et le JT de 20 heures ?
Sincèrement, ça reste un fantasme. Je suis né journaliste. C’est chez moi une façon presque épidermique de regarder le monde, d’appréhender les choses, dont le sport n’est qu’une partie. Quand j’intervenais à Europe ou RTL, je passais mon temps à la rédaction. Comment dire ? C’est là que les choses se passent, quoi ! Alors, le 20 heures, comment ne pas être tenté quand on a ça dans la peau. Elkabach, à un moment, y avait pensé. Ça ne s’est pas fait, voilà tout.
Et si on vous avait proposé, comme à Delarue, Fogiel et Chain, de participer sur TF1 au débat entre les jeunes et Jacques Chirac ?
Ça aurait pu être une expérience intéressante. Pourquoi pas ? Utile ou pas ? Je ne sais pas... [un temps] En tout cas, j’aurais étudié la question... [un temps] Honnêtement, j’aurais préféré interroger directement le Président.
A « Vivement Dimanche », vous avez interrogé directement de nombreux hommes politiques. Y en a-t-il un qui ait décliné l’invitation ?
Aucun. Simplement, je respecte leur agenda. C’est ainsi que j’attends Lionel Jospin depuis cinq ans. Ça se fera quand il le jugera opportun. De ce point de vue-là, les hommes politiques ressemblent aux vedettes du showbiz : ils préfèrent se montrer quand ils sont en promo. Il y a aussi des règles non écrites. Raffarin est le seul Premier ministre en exercice à avoir accepté. Par ailleurs, la vie politique et les diverses échéances électorales contribuent à leur façon au casting et au calendrier, de sorte qu’il se passe en général au moins quatre ans avant qu’un de mes invités revienne sur le plateau. Comme je dois programmer longtemps à l’avance, j’en suis déjà par exemple à tenir compte de la prochaine élection présidentielle, du cheminement de chacun et des accidents de parcours.
Donc, vous ne pouvez pas vous contenter de l’info-télé.
Tous les matins, mais pas spécialement tôt, 10h30, je m’attable au café de l’Alma avec Le Parisien, Le Figaro, Libération et France-Soir pour une revue de presse qui dure au moins une heure, mais qui, en fait, ne s’y limite jamais puisque l’après-midi arrive Le Monde. Je lis aussi les news magazines, chez moi le soir et, parfois, dans les trajets en voiture. Je parcours les unes pour me faire une idée, mais je commence systématiquement par la « der ». D’abord la météo, égoïstement, pour savoir par quel temps je sortirai mon vélo, puis je remonte jusqu’aux pages politiques.
Une préférence ?
Ça dépend des sujets traités : avec un peu de chacun on aurait une sorte de quotidien idéal. Je trouve Le Parisien très bien fait.
Très P.S.G...
Pas mal oui, mais comme à Eygalières je passe à La Provence et à l’O.M., ça rétablit l’équilibre. Chaque week-end, je lis encore deux ou trois heures. D’ailleurs, je ne pourrais pas faire autrement.
Dans ce métier où la férocité est bien portée, vous incarnez la gentillesse au point que, parfois, on vous la reproche... Au fait, êtes-vous réellement gentil ?
Je ne sais pas ce que cela veut dire, être gentil. Si c’est être attentif aux autres, les respecter, qu’ils soient riches ou misérables, forts ou faibles, célèbres ou inconnus, si c’est les recevoir avec courtoisie et sans cette forme d’agression qui est plutôt à la mode, alors oui, je suis gentil. Mais je ne le suis pas avec tout le monde. Vous dites qu’on me le reproche ? Je ne sais pas si depuis 40 ou 45 ans que je fais ce métier, le public me l’a reproché. Je ne sais pas non plus si je suis vraiment gentil, il faudrait demander à mes proches ce qu’ils en pensent. Oui, je suis plutôt d’un commerce agréable, et j’aime l’harmonie. Ne vous méprenez pas : contrairement à ce qu’on peut penser, je n’aime pas du tout qu’on me marche sur les pieds. Je me mets rarement en colère, mais cela m’arrive. Et quand on a abusé de cette gentillesse une fois, deux fois, trois fois, je ferme ma porte. Je suis quelqu’un d’assez lucide sur les gens. Il est vrai que, par rapport à notre époque particulièrement cynique, violente et même cruelle, je suis un peu décalé. C’est sans doute mon éducation qui veut cela.
Sur la célèbre photo de Paris Match (200 invités pour la 200e de « Vivement Dimanche »), on note quelques absents de poids : auriez-vous vos têtes ?
Pas du tout ! C’est Paris Match qui a limité le nombre des invités. Sinon tout le monde ne rentrait pas sur la photo. C’est aussi simple que cela. On a surtout pris les 200 qui étaient certains d’être libres au jour et à l’heure où on a pris la photo. Et même comme cela, il n’y avait pas assez de place pour tout le monde. Du coup, on a choisi en fonction du box-office, mais surtout en fonction des origines des personnes. On a voulu un équilibre entre les chanteurs, les acteurs, les musiciens et les hommes et femmes politiques.
Quand on vous dit que vous avez plus d’amis et d’invités à droite qu’à gauche, que répondez-vous ?
On ne me l’a jamais dit... Je n’ai jamais fait le compte. Je ne choisis pas mes amis en fonction de leurs opinions politiques. Si vous ne deviez avoir d’amis que ceux qui votent comme vous, la vie serait compliquée. Je crois en outre que le clivage droite / gauche est totalement dépassé parce que c’est l’économie qui dirige le monde et non plus l’idéologie. Je n’ai jamais fait le calcul de mes amis qui étaient à droite ou à gauche. Ma famille, originaire d’Europe centrale, votait à gauche : apparemment, cela ne se voit pas sur mon visage.
« On s’est aperçu que la "mauvaise herbe" de moins de cinquante ans ne suffisait pas à faire tourner une chaîne de télévision. »
Votre notoriété fait que vous êtes aussi sujet d’articles dans la presse télé, magazine, people. Vous est-il arrivé de vous sentir blessé ?
Non. Il m’est arrivé d’être égratigné mais globalement, depuis quarante ans, je n’ai pas à me plaindre, je n’ai jamais été flingué. S’agissant des papiers qui me concernent, il y en a au moins un qui m’a fait très plaisir parce que je l’ai attendu 38 ans de la part de Télérama. La journaliste, Emmanuelle Anizon, a mené une enquête de près de trois mois. Ça m’a bluffé... C’est en effet très troublant de se trouver des deux côtés de la barrière. Il faut prendre ça avec recul, ou du moins essayer... Incontestablement, j’aime mieux être auteur que sujet. Pendant deux ans, j’ai fait des papiers sur le Tour pour Le Parisien. Ça, ça me plaît de plus en plus. Une fois, j’avais lu un bouquin de Calixthe Beyala. J’en ai fait une critique que j’ai adressée au Nouvel Obs et que Jérome Garcin a publiée. J’en ai été assez fier.
Il y a ici beaucoup de photos de votre frère disparu, Jean...
Si Jean avait vécu, je vous aurais reçu dans notre bureau commun de la société « Drucker & Drucker ». Que nous n’ayons pu mener à bien ce projet qui nous tenait à cœur, à cause de sa mort, restera le grand regret de mon existence.
Vous êtes extrêmement sensible à la durée dans tous les domaines (carrières longues, amitiés, etc.). Comment cela s’accommode-t-il d’un « pays sans mémoire » (l’expression est de vous) et d’une profession où l’on est obsédé par les changements, la nouveauté, le jeunisme ?
Avec quelques autres, on est en train de démontrer le contraire. On s’inscrit dans la durée tout en s’adaptant à l’époque, en surfant sur les vagues sans se renier. Je me suis inscrit dans cette durée en changeant radicalement de style d’émission avec tous les risques que cela comporte. Il n’y a aucune commune mesure entre « Champs-Elysées » et « Vivement Dimanche ». Je me suis toujours remis en question, beaucoup plus qu’on ne l’imagine, tout en restant qui je suis. Mais j’ai évolué, physiquement, mentalement. J’ai démarré à 20 ans, et maintenant j’en ai 62. Si je suis encore là, c’est aussi d’une certaine manière parce que j’ai épousé les meubles - je dis bien épousé seulement - mais je n’ai jamais voulu faire du jeunisme.
Ceux qui ont voulu en faire se sont trompés puisque maintenant, ce sont plutôt les seniors ou les quinquagénaires qui sont à la mode en France. On s’est aperçu que la « mauvaise herbe » de moins de 50 ans ne suffisait pas à faire tourner une chaîne de télévision. Et puis, 60 ans aujourd’hui, c’est très jeune. Ce n’était pas le cas il y a trente ans... Je considère la jeunesse comme un état d’esprit. On peut s’inscrire dans la durée à condition de ne pas vouloir faire jeune pour faire jeune. Le jeunisme à tout prix est ridicule. Pour être bien dans sa peau, il faut vivre avec son temps, certes, mais surtout pas se renier. Vous savez, Charles Aznavour à 81 ans pourrait donner beaucoup de leçons de jeunisme à des chanteurs de 35 ans.
Vous êtes en France l’un des pionniers de « l’infotainment », mélange des genres souvent décrié.
Je ne vois pas pourquoi le mélange des genres serait condamnable a priori. Je reconnais que c’est un exercice délicat, voire périlleux et, pour cette raison, il exige qu’on s’impose des règles très strictes, et d’abord en amont. Pour ma part je fais du divertissement préparé journalistiquement. Parce que, comme je vous l’ai dit, je crois toujours avoir une approche journalistique des choses. Ensuite, on ne peut pas faire, dire et laisser dire n’importe quoi en escomptant que plus ça fera de bruit et plus il y aura d’audience. D’abord, ce n’est pas vrai et, par-dessus le marché, vous perdez toute légitimité. Votre médiation devient suspecte ; on ne vous fait simplement plus confiance. Les règles commencent par la mise en scène, je suis même tenté de dire, la mise en page ; c’est une sorte de graphisme qui doit donner le ton. Ce n’est pas pour rien que j’ai choisi un titre d’émission qui renvoie à François Truffaut, ni que le générique est en noir et blanc. Il y a là une sorte de déclaration d’intention. Et puis il faut laisser à la parole le temps de s’installer. La réalisation doit être discrète, ne pas courir artificiellement après le rythme, se montrer circonspecte dans les mouvements de caméra.
Godard dit qu’un travelling est une affaire de morale...
Je ne connaissais pas cette formule, mais j’y souscris. Un plan large et un gros plan n’ont pas la même signification. Si vous abusez de gros plans pour transmettre du pathos ou de l’affrontement, vous changez de registre. Le public, qui n’est pas idiot, le sent et vous n’avez plus aucune crédibilité à ses yeux. Encore une fois, cela dépend du ton, de l’accord entre la conception et le style de l’émission. Pour rester sur le terrain ludique, vous pouvez avoir la même différence qu’entre un jeu de hasard et un jeu de connaissances. Ce qui nous éloigne tout de même beaucoup du procès d’intention systématique. Je me méfie d’ailleurs des réflexes corporatistes et de leurs dogmes. Que je sache, il existe de mauvais journalistes titulaires d’une carte de presse. Son obtention n’a jamais été une garantie de talent. Je me trompe ?

Revue Médias















Pour ou contre l’homéopathie ?
Pour ou contre la garde alternée ?
Peut-on tout dire ?
Les Français sont-ils antisémites ?
Faut-il interdire les écrans aux enfants ?
Faut-il être plus sévère avec nos enfants ?
Faut-il croire les journalistes ?
Faut-il avoir peur des religions ?
Et si on jugeait les juges ?


