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Radio/Télé

Anne Sinclair :

Non à l’info Star’Ac

par Emmanuelle Duverger, Robert Ménard et Pierre Veilletet

Star de TF1 durant des années, Anne Sinclair quitte le petit écran quand son mari, Dominique Strauss-Kahn, devient ministre de l’Economie. Rester, explique-t-elle, aurait été "le comble de l’indécence". Aujourd’hui, celle qui officiait tous les dimanches à 19 heures porte un regard critique sur la "démission" des journalistes politiques.

Comment avez-vous perçu la couverture télé de la campagne présidentielle ?

J’ai été frappée par l’extraordinaire appétit des gens pour cette campagne. C’est un progrès remarquable par rapport aux années passées. La télévision, comme d’habitude, a répondu à cet intérêt. Je regrette simplement que ce soit toujours une réponse plutôt qu’une offre. J’aurais aimé qu’elle s’intéresse davantage au débat public et plus tôt dans l’année. M’a aussi frappée le fait que, d’une façon générale, les journalistes ont démissionné du commentaire politique. Ils ne font plus d’analyses, se réfugient derrière des chiffres. Pendant des mois, ils se sont bornés à commenter les sondages. Ensuite, ils se sont rabattus sur les chiffres d’audience en donnant à penser que le meilleur candidat était celui qui faisait le plus d’audience. « À vous de juger », sur France 2, m’a semblé un compromis intéressant entre la voix sans fard du public et le contrepoint des journalistes. A contrario, dans l’émission de TF1, « J’ai une question à vous poser », où le journaliste n’était plus qu’un passeur de parole, les gens étaient intimidés et relançaient bien peu, ce qui est normal car ne n’est pas leur métier.

Or, il s’agissait d’une élection présidentielle, et même si les Français ne sont pas passionnés par l’international, on a besoin de savoir ce que les candidats comptent faire pour l’Irak, le Proche-Orient, face à la mondialisation, à la Chine, à l’Europe. Pas un mot sur le reste du monde. Ni d’ailleurs sur la culture. C’est s’abriter derrière une fausse vox populi pour oublier un peu le métier de journaliste qui est d’essayer d’avancer, de contredire, d’obtenir des informations. J’y vois un effet micro-trottoir («  le public a toujours raison ») et « Star’Ac » (« Si vous trouvez qu’il est mieux qu’elle, tapez 1 »).

photo : Isabelle Nègre
photo : Isabelle Nègre

C’est la première fois que dans une campagne présidentielle, on parle autant des médias.

Les journalistes ne sont pas au-dessus de la mêlée et les groupes financiers qui les emploient peuvent avoir des liens politiques. Je ne veux pas faire de procès d’intention, mais les journalistes doivent être très vigilants. Le risque d’une reprise en main, ou simplement de l’autocontrôle, existe. Vouloir plaire est humain. Quand une émission, à quelques jours du scrutin, propose un reportage sur les fraudeurs, les détournements d’allocations familiales ou des paresseux qui pénalisent ceux qui se donnent du mal, ce n’est pas exactement neutre. Bayrou, qui en a fait un ressort de sa campagne, a été entendu.

Que pensez-vous de la personnalité « interventionniste » de Nicolas Sarkozy ?

Tout pouvoir qui arrive est plus interventionniste qu’un pouvoir qui finit. Et c’est valable pour la gauche comme pour la droite. Nicolas Sarkozy est certainement interventionniste, mais pas forcément plus dangereux qu’un autre. C’est prendre les devants qui l’est, et qui peut paralyser les rédactions trop timorées...

« Le principe "participatif" qui gonfle l’audience élimine à terme le médiateur. »

Une émission comme « Sept sur sept » n’a plus sa place dans la télé d’aujourd’hui ?

Je pense que si. Mais nous parlons ici de la campagne, où l’on a subi une sorte d’absence de commentaire journalistique qui a semblé trouver son apogée lors du débat du deuxième tour. Mais ce n’était pas l’objet. PPDA et Arlette Chabot étaient juste chargés de la pendule. À leur décharge, c’était impossible dès lors que les deux débatteurs s’étaient affranchis de toutes les règles d’organisation. J’ai un souvenir presque identique du fameux face-à-face Chirac-Fabius en 1986, dont Jean-Marie Colombani et moi étions partie prenante, et assez silencieux nous aussi.

Comment expliquez-vous alors que l’émission d’Arlette Chabot sur France 2 soit moins bien suivie que celle de PPDA ?

Parce que le principe « participatif » qui gonfle l’audience élimine à terme le médiateur.

Comment les participants pourraient-ils faire face à une star ? Car l’homme politique qui passe à la télé est une star. C’est l’influence d’Internet ?

Internet, c’est autre chose. Côté positif : l’information n’est plus la propriété de quelques-uns, plus rien ne peut être caché. Négatif : cette transparence orwellienne fait qu’aucun propos ne reste privé. Ce qui s’est passé avec Alain Duhamel est scandaleux. Une opinion, presque une boutade, filmée par un téléphone portable est mise sur Internet. Ça devient de l’inquisition. Vous êtes en permanence sous l’œil de tout le monde. Que peut-on faire contre ça ? Pas grand-chose, sauf redire que certaines choses doivent rester de l’ordre du privé.

Vous y êtes attentive, star des médias vivant avec une star de la politique ?

Bien sûr. Hors du cercle des intimes, nous faisons attention à ce que nous disons. Il y a là quelque chose de totalitaire. N’importe qui peut enregistrer n’importe quoi et le diffuser. Même si l’information est vraie, on est dans le viol de l’intimité. Cette volonté de transparence absolue, ce « tout doit être public » a quelque chose d’effrayant.

Vous avez longtemps refusé d’interviewer Jean-Marie Le Pen. Si c’était à refaire ?

Je le referais, même si la réalité me donne tort puisque l’homme que je ne voulais plus interviewer s’est trouvé au second tour de l’élection présidentielle. Au-delà de Le Pen, dont je ne veux plus parler, j’estime que le journalisme implique des responsabilités. Doit-on interviewer tout le monde ? Je ne trouve pas que tout se vaille, ni que l’on doive confronter un résistant à un négationniste, un héros à un criminel libéré de prison. Mais j’ai eu la chance d’avoir une émission suffisamment populaire pour pouvoir choisir et décider que je n’irai pas interviewer Saddam Hussein quand il me l’a fait demander. Je voudrais que les jeunes journalistes prennent toujours un temps de réflexion. Même si je reconnais que c’est un luxe que chacun dans sa rédaction ne peut pas s’offrir !

Est-ce pour cela que vous vous êtes mise à distance de la politique, avec votre émission sur France Inter ?

Je ne pouvais pas continuer une émission politique alors que mon mari était ministre des Finances. C’eût été le comble de l’indécence. Il faut dire que j’animais - peut-être à la différence d’autres qui présentent un journal - une émission personnelle où je jouissais d’une grande liberté. Tout le monde a toujours su que j’étais de gauche mais j’étais respectée parce que je faisais mon métier, peut-être pas objectivement, mais le plus honnêtement possible. Quel sens aurait eu une interview de Juppé ou de Sarkozy sur la politique que menait mon mari ? J’aurais levé les yeux au ciel ? J’aurais eu un petit sourire en coin ? J’ai pris ma décision en quarante-huit heures.

Vous en faites une règle ?

Chacun réagit comme il le veut. Je n’ai aucune leçon à donner. Personnellement, j’ai senti que commencer à me censurer aurait signifié pour moi la fin de l’exercice. D’autre part, j’aime beaucoup la radio, France Inter en particulier. J’y fais ce que je veux. Dans « Libre cours », je donne la parole à des jeunes qui ont envie d’exercer le métier de mon invité. On est dans le questionnement, la responsabilité, l’implication. J’ai reçu des propositions pour reprendre des émissions à la télévision, mais je ne veux plus faire de politique française. J’ai assez donné.

Vous passez sous silence Internet. Vous avez pourtant lancé le site de TF1 !

Lorsque j’ai arrêté « Sept sur sept », j’ai eu envie de me remettre en question et réfléchir à ce qu’est le monde aujourd’hui. Je pensais qu’il manquait à TF1 une dimension qui n’était pas perçue par tout le monde, dans les années 1997-1998, de « nouveau média ». Ça m’a passionnée de créer de toutes pièces une filiale de cent personnes. Et puis, je me suis prouvé que je pouvais faire autre chose. Il ne fallait pas que ça dure parce que je ne suis pas chef d’entreprise dans l’âme. Mais l’aventure m’a amusée.

Ça ne s’est pas bien terminé, avec TF1 ?

C’est du passé. Je n’ai pas envie d’y revenir.

Internet vous intéresse vraiment ?

D’abord, je le pratique beaucoup. Je m’y informe, je blogue comme tout le monde. Le Web est passionnant, même s’il n’est pas exempt de dangers. Il crée un espace de liberté. J’y ai vu, par exemple, un décryptage du discours de Sarkozy par Gérard Miller que j’ai trouvé passionnant. La Toile crée de nouveaux réflexes. C’est le monde de demain, le monde de nos enfants et le nôtre aussi quand même. On ne peut plus vivre sans. Internet fait partie du siècle, et il faut le comprendre de l’intérieur tout en essayant d’avoir un regard critique.

photo : Isabelle Nègre
photo : Isabelle Nègre

Quand on tape votre nom sur Google, il y a 1 530 000 occurrences...

Vous êtes sûrs ? Je crois que si vous tapez le nom de n’importe quelle célébrité, vous obtenez le même résultat. C’est « Sept sur sept » qui est à l’origine de ma notoriété. J’étais en vitrine. Vous n’êtes plus là, on ne vous consomme plus.

Mais ces chiffres prouvent le contraire !

Ça fait plaisir.

Vous ne faites pas d’ombre à votre mari ?

On ne vit pas dans la concurrence. À un moment donné, je me suis mise en retrait. Mais ç’aurait pu être lui, s’il avait eu une carrière suffisamment avancée et si j’avais dû pâtir de son ombre.

Vous le pensez vraiment ?

Oui. Je faisais cette émission depuis treize ans. J’en avais épuisé toutes les joies et ça m’a semblé logique, lui devenant ministre des Finances, que ce soit moi qui me retire. S’il avait eu des responsabilités d’État depuis très longtemps et que, pour ma liberté, j’avais eu besoin qu’il se mette en retrait, je sais qu’il l’aurait fait.

« La présidentielle, c’est le choix d’une personne et non d’un couple. Sarkozy l’a compris tardivement. »

Vous êtes un vrai couple public.

Et pourtant, on a fait très attention, avant et depuis le feuilleton « Nicolas-Cécilia ». Je n’ai jamais été Cécilia, je n’ai jamais travaillé avec Dominique. Dans les meetings, je ne monte pas sur scène. N’étant pas élue, je n’y ai pas ma place. Durant la campagne pour les primaires au PS, Dominique a été très clair : les Français doivent savoir avec qui l’on vit, mais le compagnon n’a pas à avoir de rôle public. Je ne me suis pas cachée pour autant et on avait envie d’être ensemble. Je l’ai donc accompagné de temps en temps. Comme journaliste, j’avais aussi envie de sentir les choses. Mais quand on m’a demandé si je m’imaginais en « Madame pièces jaunes », j’ai toujours répondu que la présidentielle, c’était le choix d’une personne et non d’un couple. Sarkozy l’a compris tardivement.

Vous conseillez Dominique Strauss-Kahn sur les médias ?

Je suis très critique après coup, mais assez respectueuse. C’est à lui de décider ce qu’il doit dire et comment il veut le dire. De même qu’il prend l’avis de gens qui lui sont proches, il m’interroge, mon avis compte, mais sans plus.

Vous le conseillez sur le choix des émissions auxquelles il participe, sur le choix des interviews qu’il donne ?

C’est un grand garçon. Des gens s’occupent de sa communication, je n’ai pas à m’en mêler.

Au soir du deuxième tour, c’est vous qui lui avez conseillé de tirer sur le PS ?

Mais non ! Il savait ce qu’il voulait dire. On ne peut pas, un soir de défaite, ne pas réfléchir sur pourquoi on a perdu. Ce n’est d’ailleurs pas de Ségolène qu’il a parlé le 6 mai, mais du Parti socialiste qui, depuis dix ans, n’a pas réfléchi, ne s’est pas transformé, ne s’est pas adapté à la société.

Il avait préparé son discours ?

Il était grave. On se doutait depuis quelques jours par les sondages que Ségolène allait perdre, mais Dominique sonne le tocsin depuis des années. C’était aussi une remise en cause personnelle. Il n’a pas réussi à convaincre.

photo : Isabelle Nègre
photo : Isabelle Nègre

Il y a eu des moments douloureux pour votre mari, l’affaire de la MNEF notamment. Comment avez-vous vécu le comportement des médias à ce moment-là ?

Mal. Plus mal que lui sans doute, parce qu’il est solide. Tandis que moi, je suis plus à fleur de peau. Je suis sensible aux injustices, j’ai un tempérament un peu plus bouillant, et lui plus paisible. Par contre, j’ai apprécié le mea culpa de la justice et des journaux quand il a été blanchi. Forcément après coup. Un journaliste ne devrait pas sortir ce genre d’information sans la vérifier.

Leçon professionnelle ?

J’essaie d’appliquer cette règle, même si comme tout le monde, j’y ai dérogé dans le passé : quand on me dit « il paraît », je veux des preuves.

Passer de l’autre côté de la barrière, avec votre mari devenu cible des journalistes, vous a rappelé des moments où vous n’avez pas été assez prudente ?

Bien sûr, comme tous les autres, j’ai dû dire : « Il paraît que Untel est mêlé à des affaires. » Sans preuves, en répétant ce que j’entendais ou lisais. Depuis, je fais très attention. J’ai pris de la distance et j’ai le cuir un peu plus tanné.

Cette distance, l’avez-vous toujours eue vis-à-vis d’Israël ?

Que voulez-vous dire ? Je m’y suis efforcée au contraire. Je suis une femme, française, journaliste, juive, de gauche. Les composantes de ce que je suis sont publiques. Et j’ai dit ce que je pensais sur Israël et son droit à une existence sûre. J’ai toujours été aussi pour un État palestinien, pour la paix, et j’ai toujours soutenu ceux qui, en Israël ou chez les Palestiniens avaient ce discours-là. J’ai interviewé, quitte à faire hurler, des dirigeants de l’OLP quand c’était encore l’OLP, en France, à « Sept sur sept », comme j’ai interviewé la gauche israélienne. J’ai réalisé une interview de Netanyahou et d’Arafat et j’étais probablement plus agressive avec Netanyahou, à tort ou à raison. Je suis le plus honnête possible, mais j’ai des convictions. Je tiens à l’existence d’un État d’Israël, comme à celle d’un État palestinien.

Vous avez dit que vous aviez beaucoup souffert de la misogynie à Europe 1.

Comme toute journaliste femme au début des années 1980, qui portait un Nagra trop lourd, qui était cantonnée dans les sujets de société, l’éducation, la consommation ou la santé. Or, je pensais qu’aucun domaine ne devait nous être interdit. Je me suis donc dirigée vers le terrain politico-économique, quand d’autres ont investi le reportage de guerre, le terrain militaire. Les femmes ont montré qu’elles étaient capables là d’autant de courage, de lucidité, de liberté. Elles ont gagné leurs galons. Quand j’ai commencé, on était peu nombreuses à pouvoir investir des terrains autres que « Comment maigrir ? » ou « Comment apprendre à lire aux enfants ? » Devenir journaliste à Europe 1 était par ailleurs un rêve d’enfant.

Pour d’autres, être une femme a été un atout.

Ça l’est devenu plus tard. Les femmes étaient minoritaires à la télévision. Et le privilège d’une minorité est parfois reconnu. C’était une sorte de discrimination positive, puisque celles qui avaient réussi étaient peu nombreuses. Dès que vous aviez franchi la barre de la notoriété, vous deveniez à la mode et tout devenait plus facile. Christine Ockrent et moi en avons profité. Aujourd’hui, ce petit avantage n’existe plus, puisque la parité dans les rédactions est là.

Maintenant, c’est la couleur qui devient un atout ?

On n’en est pas encore au moment où ça simplifie les choses, ou peut-être uniquement dans le vedettariat.

On parle souvent du côté « flamboyant » de votre couple. La critique des « élites » vous concerne ?

Voulez-vous que je me frappe la poitrine en place publique ? Ma famille vit confortablement, nous avons pu faire des études universitaires poussées, nous avons le droit à la parole : ce sont des privilèges évidents. Mais le côté « flamboyant » ? On n’en rajoute pas, on ne se balade pas dans les galas ni les premières. On ne peut pas empêcher quelques photos de temps en temps, mais nous n’avons pas invité un seul photographe à notre mariage. Nous avons six enfants, et des petits-enfants maintenant : aucune photo d’eux n’a jamais été publiée. Nous tentons d’être le plus discrets possible.

Plus fondamentalement, vous connaissez la limite du discours anti-élites : celui qui ne sait pas vaut la même chose que celui qui sait.

Je n’y crois pas. La hiérarchie des compétences existe. Le créateur, le savant, l’inventeur, le philosophe, le penseur, l’artiste méritent un respect (je parle des créateurs et cela n’a rien à voir avec les journalistes !). On ne peut pas accorder le même temps à celui qui dessine sur le trottoir qu’à celui qui a inventé une nouvelle forme d’architecture. La seule question qui vaille étant : celui qui dessine sur le trottoir a-t-il eu les mêmes chances que l’architecte dont on loue les bâtiments ?

photo : Isabelle Nègre
photo : Isabelle Nègre

Vous avez été l’invitée de « Vivement dimanche » avec Michel Drucker : qu’est-ce que ça fait de passer de l’autre côté ?

J’étais étonnée qu’il me le demande : contrairement à ce que vous pensez, je ne suis pas immodeste. Mais narcissiquement, c’est génial. Tous les gens viennent dire du bien de vous ! Je ne ferai pas ça souvent parce que je n’ai aucune raison de me mettre en scène.

Vous parliez d’exigence à la télévision : des chaînes comme Arte la proposent déjà. Pourtant, leur audience n’augmente pas...

C’est normal. Quand on rentre épuisé le soir, on n’a pas forcément envie d’une émission intellectuellement trop prenante. L’offre de divertissement est nécessaire. Mais on a besoin d’autres programmes, qui existent d’ailleurs sur le câble. Le problème, c’est que tout le monde n’a pas le câble. La TNT représente pour cela un progrès extraordinaire. Chacun doit avoir le choix et c’est au service public de s’en préoccuper.

Un Yves Calvi, un Serge Moati sont un peu vos héritiers ?

J’aime beaucoup Calvi. Je trouve qu’il fait du très bon boulot. Il prend en compte ce que pensent les gens et pas simplement le petit cercle journalistico-politique qui tourne en rond dans une culture Sciences Po. Calvi a cette exigence d’aller au bout, de poser une question qui fâche, de creuser. De nombreux journalistes font d’ailleurs très bien leur métier ! Tant mieux, parce que le public devient davantage exigeant et qu’il va bien falloir lui répondre un jour.

Vous aimeriez reprendre une émission de télévision ?

Je ne sais pas. On ne parle pas assez de ce qui se passe dans le monde. On dépend du développement de la planète, de la mondialisation, et on ne va pas continuer à se regarder le nombril. Mais est-ce que la télé peut ou veut le faire, est-ce qu’on me le proposera ? Il faut aussi se remettre en question, laisser la place aux jeunes.


 
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