Tariq RAMADAN, professeur d’islamologie
J’ai été amené à traiter cette question très tôt. Après la fatwa contre Salman Rushdie, les crises ont été régulières. Depuis cette date, je suis resté fidèle à certains principes, mais j’ai également évolué, en cherchant les meilleurs moyens de rendre cette question compréhensible du côté occidental comme du monde musulman. En effet, avoir raison tout seul contre un camp suscite un état de guerre. J’étais farouchement opposé à cette fatwa. Je ne l’ai jamais considérée comme un acte religieux de la part de l’État iranien, mais comme un acte politique.
Défavorable à l’interdiction de la liberté d’expression, je demande néanmoins à mes interlocuteurs de faire preuve de cohérence. Prenons l’exemple de Charlie-Hebdo : il s’est déclaré pour la publication des caricatures du Prophète mais contre le fait que je puisse m’exprimer !
Je suis défavorable à la judiciarisation, à la multiplication des lois. Suite à la publication des caricatures, j’ai pointé l’hypocrisie de certains pays européens, liés à des États et à des monarchies pétrolières excessivement riches. Dans cette perspective, notre rapport à la liberté d’expression est à géométrie tout à fait variable. Je me suis retrouvé en minorité, vis-à-vis de certaines autorités musulmanes en Occident comme dans les sociétés majoritairement musulmanes, pour estimer qu’il n’était pas nécessaire d’adopter des lois supplémentaires. Ce dont nous disposons est amplement suffisant pour gérer la question si - et seulement si - nous l’abordons dans sa complexité. La loi constitue un moyen rapide, mais non définitif, de régler un problème.
Il ne convient pas de condamner, d’interdire ou de judiciariser. Nous devons, au contraire, ouvrir ce débat critique, sans lequel nous ne nous en sortirons pas. Certains estiment que l’esprit musulman est intrinsèquement dogmatique. Or ce ne sont pas les religions qui façonnent dogmatiquement les esprits. Au contraire, ce sont les esprits dogmatiques qui parfois façonnent les religions ou toute autre philosophie ou idéologie. De la même manière, les athées et les agnostiques peuvent également être stupides et dogmatiques, les plus dangereux étant ceux qui réunissaient ces deux traits de caractère.
« Le passif psychologique et la résonance de l’extermination des Juifs en Europe n’ont rien à voir avec la perception de cet épisode au sein du monde arabe. »
L’Europe doit tenir compte du fait que d’autres sensibilités existent dans le monde. Ainsi, le passif psychologique et la résonance de l’extermination des juifs n’ont rien à voir avec la perception de cet épisode au sein du monde arabe. Ce dernier y voit aujourd’hui un prétexte pour ne pas aborder les vraies questions. Le monde arabe a, certes, tort de n’y voir qu’un prétexte, mais nous devons nous mettre à sa place. En somme, il ne s’agit pas de donner tort ou raison par principe, mais de prendre en compte le lieu depuis lequel les personnes s’expriment, avant de leur donner tort ou raison. Dans le débat et dans le dialogue, le souci de cohérence doit être fondamental.
La société française a changé. En revanche, la loi ne doit pas être modifiée. La loi de 1905 doit être appliquée, mais de manière égale pour chacun. Cela étant, comment mettre en place un cadre légal qui ne permette pas l’inacceptable, c’est-à-dire le racisme et l’incitation à la violence ? Sur ce point, je n’approuve pas nécessairement le principe de la distinction entre le caractère individuel et le caractère collectif. En effet, des propos tenus à l’encontre de groupes peuvent être clairement inacceptables.
J’étais au Danemark, lors de l’affaire des caricatures. Consulté par les associations musulmanes, j’ai prôné la distance intellectuelle critique et souhaité l’absence de réaction. J’ai débattu avec un membre du journal en question, lequel estimait que cette publication correspondait à une provocation. Le « coup » ne provenait pas de progressistes en faveur de la liberté d’expression, mais d’acteurs de droite souhaitant créer la controverse. Nous ne devons pas confondre cette crise en elle-même avec son instrumentalisation politique. Certains États étrangers, dont l’État égyptien, ont payé les billets de ceux qui ont instrumentalisé des dessins. L’erreur venait aussi du Premier ministre danois, qui a refusé de recevoir les ambassadeurs : il aurait dû les rencontrer et leur rappeler qu’en démocratie le pouvoir politique ne peut intervenir pour censurer les médias. Il aurait clarifié les termes du débat et empêché l’instrumentalisation de l’affaire par des ambassadeurs qui se sont sentis humiliés.
Je me battrai pour que tous les dessins puissent être publiés, mais nous ne devons pas oublier qu’au sein de toute société, une psychologie collective prévaut, liée aux histoires et aux blessures. En vivant ensemble, nous avons l’idée de ce qui pourrait choquer différents éléments de notre société. Dans certains cas, nous en venons à provoquer, alors que dans d’autres cas, nous préférons nous retenir. Il est légal de se moquer de la souffrance des Juifs, mais il est stupide de le faire. Notre monde change et les sensibilités changent également. Notre sensibilité collective doit intégrer ces sensibilités particulières ; elle doit le faire par le débat critique, non par la loi.
Jean PLANTU, dessinateur
Je voudrais commencer par un historique de dessins d’humour, en commençant par une caricature égyptienne très connue dans les années 1950. Elle représente un imam qui drague les filles : ce serait inimaginable aujourd’hui. Ces dessins étaient régulièrement publiés dans la presse quotidienne égyptienne.
En 2004, j’ai publié dans L’Express un dessin qui faisait le lien entre voile islamique et string. J’ai eu l’occasion de le présenter publiquement au Caire et à Alexandrie. Des jeunes filles portant le voile, présentes dans la salle, ont alors fait valoir que les femmes occidentales étaient également oppressées, mais par la « religion » du marketing. Néanmoins, ce dessin a ensuite été publié à la une d’un journal égyptien, en 2005, c’est-à-dire avant la polémique sur les caricatures du Prophète. Cette publication ayant suscité de fortes réactions (aujourd’hui, elle serait tout simplement impensable), le rédacteur en chef égyptien a été menacé de mort.
Le dessin suivant représente Jésus Christ en train de faire de la planche à voile. Haderer, le dessinateur de Vienne n’a eu aucun problème en Autriche. En revanche, l’Église orthodoxe grecque lui a intenté un procès. Si, un jour, Haderer met un pied à Athènes, il ira directement en prison.
« Pour ne pas avoir de problème, je vous livre une astuce : il suffit de représenter les trois religions simultanément. »
En résumé, de nombreux dessins publiés voici seulement quelques années ne pourraient plus l’être. Au moment des attentats à Londres en juillet 2005 (avant la polémique contre les caricatures danoises), j’ai publié un dessin représentant un barbu portant une bombe dans son turban. Je m’attaquais ainsi à al-Qaida, dans la foulée des attentats de Londres en 2005. Pour ne pas avoir de problème, je vous livre une astuce : il suffit de représenter les trois religions ; par exemple, voici un autre dessin, il est israélien et représente une prostituée en compagnie d’un rabbin, d’un prêtre et d’un imam... Ce dessin publié à Jérusalem n’a soulevé aucun problème.
C’est pour contrer toutes les formes de censure, de fatwas et de manipulations que nous avons créé avec Kofi Annan Cartooning for Peace : cette fondation est composée de dessinateurs internationaux de toutes les confessions, mais aussi d’agnostiques et d’athées. Nous avons réuni des dessinateurs du Proche-Orient et du Maghreb pour alimenter un réservoir d’images politiques dérangeantes, en tâchant de ne pas humilier inutilement les croyants. Avec des caricaturistes asiatiques, américains ou africains nous nous rencontrons régulièrement, en présence de dessinateurs israéliens et palestiniens, de manière à débattre ensemble de l’avenir du dessin de presse et de la liberté d’opinion qui sont devenus des espèces menacées.
Guy BEDOS, humoriste
J’ai été élevé dans la religion chrétienne. J’y ai, en quelque sorte, fait mes débuts d’acteur : j’étais très séduit par les costumes ! Je voyais des femmes qui avaient abondamment trompé leur mari et qui voulaient se jeter dans la fosse, en raison d’un chagrin immense. Cela me faisait rire. Mentalement, je prenais des notes. Déjà ! Sur mon athéisme, j’en rajoute un peu. J’ai remplacé la foi par la conscience. C’est une institutrice qui m’a sauvé en m’apprenant les droits de l’homme lorsque j’avais 7 ans.
Depuis, je n’ai fait qu’améliorer mon vocabulaire et je suis devenu délégué de la Ligue des droits de l’homme. Ce qui m’a valu de rencontrer Nicolas Sarkozy qui, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, m’a reçu à Beauvau plusieurs fois, pour déjeuner en tête à tête et tenter de me séduire. Sans succès. Que dire d’autre sur la religion ? Que je suis ami avec Michel Onfray ? Je doute comme lui de l’origine de certains textes monothéistes. En pensant à « Dieu est amour », phrase fondatrice des trois religions, je déplore le comportement d’une Christine Boutin, catholique pratiquante et quasiment intégriste. Quelle hypocrisie ! À propos des femmes africaines et maghrébines contraintes de dormir avec leurs enfants sur le trottoir de la rue de la Banque, elle a envoyé la police pour confisquer les tentes et les couvertures offertes à ces familles logées dans des nids à rats et à cafards.
Lors d’un débat, j’ai donc rappelé devant elle ce « Dieu est amour ». J’ai également cité Jacques Brel : « J’ai mal aux autres. » Peine perdue. Certaines de nos protégées, durement bousculées par les flics, se sont retrouvées à l’hôpital. Au-delà des pulsions solidaires - un peu chrétiennes, j’en conviens - qui m’animent dans la vie, il m’arrive de me servir de toutes ces expériences, pour faire rire le public, sur scène.
« Les pays en manque de démocratie se reconnaissent au fait qu’aussi bien les humoristes que les journalistes libres n’y sont pas les bienvenus. »
Pour revenir à la religion, il y a quelques années, j’avais envoyé une lettre polémique à Jean-Paul II, en réaction à sa « lettre » aux femmes. Pourquoi aurait-il le droit de parler de cul et de ce qui se passe au sein des couples ? Je lui ai donc répondu pour rire, sur la scène de l’Olympia. Je ne m’y suis pas fait que des amis. Je dis souvent que « l’humour est une langue étrangère et que, pour certains, il faudrait ajouter des sous-titres ». Les humoristes sont parfois une chance pour la paix civile. Les pays en manque de démocratie se reconnaissent d’ailleurs au fait qu’aussi bien les humoristes que les journalistes libres n’y sont pas les bienvenus. Mon ami, le grand humoriste Fellag, a dû quitter son Algérie natale où il n’était pas en sécurité.
Je remarque d’ailleurs que je peux parler très librement des « bougnoules » ou des « nègres » devant une salle peuplée de spectateurs d’origine maghrébine ou africaine, parce qu’ils savent que je le fais pour rire, et qu’il y a d’énormes guillemets. En revanche, j’ai plus de difficultés à pratiquer le même exercice en présence de Juifs. Imaginez une variante de mon sketch « Vacances à Marrakech » où j’incarnerais un raciste intégral, qui deviendrait « Vacances à Tel-Aviv » : même moi, ça ne me ferait pas rire. Mais nous devons résister à cette espèce de terrorisme intellectuel (Finkielkraut, Glucksmann, etc.), et, sur ce point, je rejoins Tariq Ramadan, que j’avais pourtant pris en grippe à une certaine époque, suite à son moratoire sur la lapidation des femmes. Je lui ai intenté un procès avant de le lire et de changer d’opinion. À le lire et à l’entendre, il m’arrive de partager certains de ses points de vue, et suis donc troublé par son image dans certains médias. On me parle parfois, à son propos, d’un double langage. Wait and see.
J’ai récemment été invité par la délégation de la Palestine en France pour évoquer les enfants de Gaza. En citoyen, en être humain, en père de famille, j’ai mon opinion sur ces événements, qui me rappellent les dérapages et les excès de la guerre d’Algérie. Ceux-ci existent dans les deux camps, même si, en se livrant à une comptabilité morbide, les morts sont plus nombreux du côté palestinien. Vis-à-vis de l’horreur et du malheur, il est difficile de faire de l’humour. Dans certains cas, fini de rire. Il m’est pour ma part arrivé de renvoyer dos à dos les deux communautés. Je n’applaudis pas les fous de Dieu, tout en étant conscient qu’il existe également des fous et des folles de désespoir. Lorsqu’une personne se fait exploser avec une ceinture de dynamite, ce n’est plus tout à fait Dieu qui la guide. De même, je me suis parfois identifié à un père israélien vivant à proximité de la frontière israélo-palestinienne et qui s’inquiéterait pour ses enfants à la terrasse d’une pizzeria. Je m’étais déjà fait cette réflexion à l’époque de la guerre d’Algérie, que l’on peut résumer par deux slogans mortifères, de part et d’autre. D’un côté, celui de l’extrême droite française de l’OAS, nous entendions « Feu sur le burnous », et de l’autre, du côté du FLN, « La valise ou le cercueil ». Excessif. Tous les Français n’étaient pas forcément ni d’horribles colons ni de terrifiants racistes. Aujourd’hui, beaucoup de mes amis algériens pensent que tous les Français ne méritaient pas qu’on leur impose ce choix.
Jean-Louis SCHLEGEL, membre du comité de rédaction de la revue Esprit
À la question de principe qui nous est posée, la réponse coule de source : nous pouvons et nous devons rire des religions. Il nous faut même rire de tous et de tout dans une religion ! Mais, à l’heure actuelle, nous avons le sentiment que les espaces de liberté et d’expression se réduisent. Comment l’expliquer ?
Dans les religions, certaines valeurs, certains points de doctrine, certains personnages sont plus « sacrés », donc intouchables, que d’autres. On pourrait donc rire de certaines choses, mais non pas de toutes. Certaines sont tellement « sacrées » qu’on ne saurait les mettre en cause, que ce soit du « dedans » ou du « dehors ». Mais une société sécularisée comme la nôtre ne fait pas la différence - et n’a pas à la faire. Le religieux constitue une production humaine et peut donc, comme telle, être l’objet de critiques et de dérisions, y compris dans ses dimensions les plus sacrées. Mais j’ajoute : les « simples fidèles », la religion populaire, ne font pas non plus la différence ; rire du prophète de l’islam ou du pape peut-être pire que rire de Dieu ! Et il faudrait même ajouter : rire sur ou avec des « images » pieuses - être « iconoclaste » - est pire que tout ! L’« iconoclasme » est une vieille affaire, qui a depuis toujours suscité de la violence.
La perception de ce qui est risible et de ce qui ne l’est pas varie aussi selon le point de vue adopté. Tous les groupes religieux, et pas seulement le judaïsme, ont leurs blagues internes, en particulier sur le personnel religieux, ses vices (luxure, avarice...), sa bêtise, ou encore sur les travers de l’institution, et aussi les comportements paradoxaux de « Dieu » au ciel et sur terre. Côté dérision, nous n’avons rien inventé : il suffit de penser au rire, dru et gras, du Moyen Âge. Mais, depuis toujours, on préfère la dérision pratiquée en interne à celle que les autres pratiquent contre vous. En vérité, il faut une solide distance avec soi pour accepter la dérision des autres. Je crains qu’aujourd’hui, la dérision religieuse, qui parvient sans médiation et instantanément dans le monde entier et qui est instrumentalisée sans vergogne par des pouvoirs et des groupes de pression, soit « inassimilable », y compris dans nos propres sociétés. Pourquoi ?
Parce que les religions sont, contrairement à une perception répandue, très affaiblies et souvent impuissantes par rapport aux puissances du monde moderne. Ceci - et non pas leur puissance - explique la susceptibilité et la violence des réactions de leurs adeptes. Les religions et leurs adeptes se sentent aujourd’hui menacés, et du coup elles deviennent menaçantes.
« Puisque les strings s’affichaient dans les classes, pourquoi pas le voile ? »
Leur faiblesse explique aussi la volonté de présence plus forte, voire leur provocation, des religions dans l’espace public. Je ne porte pas là de jugement, c’est un fait. Elles veulent être plus visibles et répercuter elles aussi leur message dans le flux innombrable des messages. Conséquence mécanique : elles s’exposent davantage à la critique. Notamment dans deux dimensions : les signes distinctifs visibles et la morale. Pour la morale, l’Église catholique, et pas seulement elle, n’est guère conforme à ce qui se pense et se pratique au sein de l’espace public.
En effet, nous sommes tous adeptes de l’autonomie individuelle la plus large, qu’il s’agisse de sexualité, de vie familiale, de début ou de fin de vie. Plus les religions se montrent intraitables contre cette tendance, mais surtout plus elles interviennent pour le dire et, a fortiori, l’imposer dans l’espace public, plus les attaques sont vives (cf. le pape et le préservatif en Afrique). D’autant plus vives que les clergés ne sont pas à la hauteur de ce qu’ils prêchent. Alors que sont révélées de nombreuses affaires de pédophilie - sujet devenu ultrasensible ! - impliquant des hommes d’Église, comment ces Églises - surtout la catholique ! - ne s’exposeraient-elle pas au reproche d’arrogance ?
Cependant, pour leur défense, les groupes religieux invoquent à leur profit le mouvement général depuis les années 1970-1980 au sein des démocraties plurielles : chacun a le droit d’affirmer sa différence ! Les effets pervers de ce phénomène sont, par exemple, clairement apparus en 2004, au moment de la commission Stasi et des affaires de voile dans les écoles. Puisque les strings s’affichaient dans les classes, pourquoi pas le voile ? Les jeunes en premier, marqués par cette mentalité de l’« interdiction de la différence », estimaient stupide d’interdire le port du voile. Pourquoi certains signes distinctifs et non pas d’autres étaient-ils inadmissibles ? Quelle injustice ! Mais on met aussi le doigt ici sur autre chose : l’ignorance laïque ou du sens de la laïcité est aussi abyssale que celle du religieux...
Toutes les différences ne sont pas également acceptées. Il y a les bonnes différences et les autres. Celles qui sont liées à l’individualisme, à l’autonomie libérale et libertaire, sont de plus en plus admises par l’opinion publique. Mais malheur à ceux qui ne suivent pas le mouvement ! Cela s’appelle le « politiquement correct », pratiqué à haute dose par les grands médias. Les religieux le ressentent en tout cas souvent ainsi.
Ma dernière remarque concerne l’islam. Il est absurde de monter en épingle un prétendu essentialisme musulman, selon lequel l’islam serait définitivement ainsi et pas autrement. Le problème le plus important aujourd’hui est l’absence de leader légitime de l’islam, ce qui laisse une grande latitude aux pouvoirs politiques et religieux islamiques pour instrumentaliser les foules. Ce fut le cas lors de l’affaire des caricatures du prophète, où des pouvoirs très répressifs permirent des manifestations qu’ils n’auraient jamais acceptées autrement.

Revue Médias















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