Lorsqu’on se penche sur les discours médiatiques, on constate qu’il existe désormais une sorte de « devoir de bonheur » : il faudrait aller bien et se sentir mieux.
Toujours. La télévision adhère à cette quête avec la volonté d’affirmer son rôle et son pouvoir : aider ceux qui sont dans le malheur et résoudre leurs problèmes. Sur ce sujet, un livre est paru à la fin de l’année dernière : « Télévision, presse people : les marchands de bonheur » [1].
À la demande de l’INA, il s’agit ici d’étendre la perspective à une dizaine d’enseignants-chercheurs renommés, en sciences de l’information et de la communication [2], avec pour objectif d’analyser la télévision à partir de sa prétention à changer la vie de son public, pour son plus grand bien.
À la télévision, le bonheur est multiforme : il peut véhiculer des clichés, comme c’est le cas de la mise en scène des vacances , tout en nous montrant que la programmation entière relève désormais de la logique publicitaire.
En réalité, cette programmation fait l’objet d’une stratégie qui n’a pas attendu l’avènement des chaînes privées pour partir à la conquête d’un public qu’il faut rendre heureux pour qu’il adhère aux programmes. Par ailleurs, qu’il s’agisse d’une émission littéraire sur TF1, de jeux ou des programmes sportifs, chaque genre porte en lui des mises en scènes du bonheur conformes à ce qu’elles sont, ainsi qu’à l’identité de leurs chaînes.
Dans le domaine de la fiction, on constate non seulement que des études importantes ont joué dans la réception des séries télé, mais aussi que l’appropriation par les publics est susceptible de rejaillir sur la vie quotidienne, ce qui permet de mieux comprendre le plaisir qu’on prend à les suivre... On observe par ailleurs que certains feuilletons s’appuient sur les codes sociaux du savoir-vivre et que, de ce point de vue, les séries policières se distinguent les unes des autres.
Enfin, nous verrons que le bonheur médiatique peut être appréhendé à partir de textes qui, de la sociologie à la philosophie, investissent la société médiatique non seulement pour l’analyser, mais aussi pour prétendre la transformer et l’éclairer.
L’analyse du discours de la télévision nous montre qu’elle occupe une place essentielle, en faisant sienne les logiques générales de la société du bonheur, laquelle ne tolère plus aucune faiblesse ; mais également que le bonheur, selon la télévision, est aussi explicite que conscient. Un bonheur prêt à consommer. n

Revue Médias















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