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Radio/Télé

Jean-Paul Cluzel :

"Un peu plus d’impertinence !"

par Emmanuelle Duverger et Robert Ménard

On le dépeint parfois comme un peu guindé, voire "vieille France". Expérience faite, le patron de Radio France sait être drôle et même impertinent. Jean-Paul Cluzel parle ici de radio, bien sûr, mais aussi de ses goûts, de ses préférences. Sans prudence excessive. Loin de la langue de bois habituellement en vogue à la tête de cette grande maison.

Comment va la maison Radio France ?

À l’exception de RMC, toutes les radios de « contenu » ont connu des problèmes entre 2003 et la rentrée 2006. Nous avons beaucoup travaillé pour nous redresser. Durant cette période, les radios musicales avaient pris l’avantage.

Depuis, elles ont souffert des évolutions technologiques que sont le MP3 et le téléchargement, plutôt favorables aux radios de contenu pourvu qu’elles aient fait l’effort de se renouveler. C’est ainsi que RTL et France Inter sont bien reparties. Et si j’en crois les derniers chiffres, France Info est également en bonne voie. Cela ira encore mieux à la rentrée, lorsqu’elle aura retrouvé sa spécificité de radio d’information, complémentaire d’Inter sans en être concurrente. On arrête l’interview du matin, qui durait sept minutes et qui ne tenait pas la route face aux longs entretiens que pratiquent Demorand, Aphatie ou Elkabbach. On parie sur un format tout à fait original fondé sur des alternances de quarts d’heure : un journal très complet, très exhaustif, suivi du rappel des grands titres et de quelques thèmes développés. On oublie la formule faite d’une succession de chroniques, de petits journaux, de reportages plus ou moins intemporels, d’interviews trop brèves. Pour le reste de la journée, les changements sont moins importants, mais on privilégie les directs et l’information.

France Info était trop rigide ?

On ne s’adaptait pas assez à l’actualité, ce qui est un comble pour une radio d’information ! Même nos chroniques étaient trop décalées.

Vous avez cité RMC. Son succès, son ton vous ont influencé ?

RMC a un style bien connu aux États-Unis, le news & talk, qui ne conviendrait pas à une radio de service public. Il ne nous appartient pas de faire une station dans laquelle les vedettes sont, d’un côté, un animateur qui garde l’antenne pendant plusieurs heures, et de l’autre, les auditeurs.

Mais le ton de RMC est plus impertinent, moins convenu. Les questions sur le nombre de sous-marins nucléaires posées à nos deux candidats ont même marqué la campagne !

Très franchement, l’avenir de la France ne dépend pas de la connaissance du nombre de sous-marins nucléaires, et il est très ennuyeux que cette histoire ait fait tant de bruit médiatique. D’autres erreurs, commises par Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy lors du débat télévisé organisé entre les deux tours, me semblent plus graves. Celles concernant la part de production d’électricité issue du nucléaire, par exemple. L’une s’est trompée de manière énorme, et l’autre à hauteur de 25 %…

Il ne s’agit pas de la question en elle-même, mais du ton employé !

J’aimerais effectivement que le ton de France Info soit plus moderne. Mais l’impertinence devrait plutôt se trouver sur Inter.

Justement, comment avez-vous vécu les critiques formulées à l’égard des journalistes d’Inter ?

J’en ai tiré les conséquences et j’ai procédé à pas mal de changements dans la grille d’Inter à la suite de ces critiques.

Les reproches étaient fondés ?

Oui, relativement.

Qu’avez-vous pensé des auditeurs qui passaient les filtres du standard pour s’exprimer à l’antenne et s’en prendre, parfois violemment, aux journalistes, y compris à vous de temps en temps ?

Nicolas Demorand a eu la bonne approche. On a voulu lui faire le coup une fois : il a coupé la parole à l’auditeur et raccroché. On aurait dû faire la même chose avant. On a été trop polis avec des gens qui n’étaient pas corrects. Si les gens ne sont pas de bonne foi, on raccroche.

À chaque changement politique, les journalistes de Radio France craignent une « chasse aux sorcières ». Beaucoup crient à la prétendue ouverture de la chasse…C’est un état d’esprit propre à votre maison ?

Si vous avez peur de cet état d’esprit, pas la peine d’être candidat à la présidence de Radio France.

Bonnaud exclu de la grille de France Inter, c’est le début de la reprise en mains ?

L’émission de Frédéric Bonnaud n’a pas trouvé son public, je ne vois rien d’extraordinaire à ce qu’elle n’ait pas été reconduite.

Les syndicats ne vous effraient pas ?

Cela fait maintenant quinze ans que je suis à la tête de maisons qui ne sont pas réputées faciles. L’Opéra de Paris n’était pas particulièrement tranquille de ce point de vue-là. RFI non plus… Si vous avez du mépris pour les syndicats et le personnel, si vous les considérez comme des ennemis de classe, inutile de prétendre à ce genre de poste.

Vous avez accusé les syndicats de Radio France de clientélisme.

Ce n’est pas moi. Je les ai peut-être taxés, lors d’une grève, de conservatisme. C’est différent. On peut comprendre les motifs d’une grève — il reste à Radio France une catégorie de personnel non qualifiée et mal payée —, tout en trouvant certaines revendications irréalistes et même farfelues. L’augmentation du salaire de cette catégorie de salariés telle qu’elle était demandée aurait abouti à terme au licenciement de ce personnel, pour en « externaliser » les services.

Quel bilan tirez-vous des médiateurs ? Ils ont vraiment une utilité ?

Je travaille beaucoup avec Patrick Pépin, notre médiateur. C’est lui qui m’avait alerté — très tôt — sur les vives réactions des auditeurs que suscitaient les chroniques de quelques éditorialistes de France Inter lors du référendum de 2005.

Vous ne l’avez pas écouté ?

Si. Mais je ne voulais pas m’opposer à la liberté de parole de journalistes comme Bernard Guetta et Stéphane Paoli.

Revenons au médiateur : il suffit à établir un lien avec les auditeurs ?

Non. Internet a changé la donne. Souvenez-vous de la vidéo pirate dans laquelle Ségolène Royal parlait des 35 heures du corps enseignant. Cela a constitué un événement de la campagne électorale. Grâce à Internet, il y a une autre manière de rendre compte de ce qui se passe autour de nous. C’est sur France Culture que Marc Kravetz a parlé, pour la première fois et avant tout le monde, de ce sénateur originaire de l’Illinois, fils d’un économiste kényan et d’une Américaine…

Vous voulez parler du sénateur noir Barack Obama ?

Pas tout à fait noir. Mais le terme « mulâtre » n’est plus politiquement correct… L’actualité ne se fait plus uniquement par le biais des agences de presse. Elle peut surgir de n’importe où. Et cela implique un nouveau travail de la part des journalistes. Prenez l’exemple d’une vidéo, diffusée sur la Toile quelques jours avant le second tour de la présidentielle, qui montrait des forces de police en train de frapper un Noir. Personne ne savait d’où elle sortait, ni de quand dataient les images qui suggéraient clairement : « Attention, voilà ce qui vous attend si vous votez Sarkozy ! » Le travail du journaliste devait impérativement consister à vérifier où et quand cette vidéo avait été filmée, pour remettre les images dans leur contexte. C’est l’essence même d’une radio comme la nôtre : mettre en ordre et expliquer une actualité qui devient multiforme.

Seriez-vous opposé à une version radiophonique de l’émission de TF1, « J’ai une question à vous poser » ?

Je ne suis pas de ceux qui ont trouvé l’émission nulle. Mais elle repose sur l’image et l’émotion qu’elle suscite. Souvenez-vous de cette personne en fauteuil roulant dont on pouvait voir le visage et les larmes à l’écran. Ça ne serait pas passé en radio.

« Je suis ravi d’être gay plutôt qu’homosexuel. Je comprends donc très bien qu’un aveugle ait envie d’être appelé non-voyant. »

Les mots sont essentiels en radio. Que pensez-vous des précautions de langage — celles de Madame Royal, par exemple, qui ne parle pas des handicapés mais des personnes en situation de handicap — que l’on constate de plus en plus ?

Dès 1967, Herbert Marcuse analysait la tendance de la société occidentale à ne plus appeler les choses par leur nom. À l’époque, il prenait l’exemple de l’utilisation grandissante des sigles. Parler de l’ONU est moins contraignant que l’Organisation des Nations unies. Car lorsqu’on utilise la totalité du nom, on prend conscience de sa signification. Et que les nations sont loin d’être unies à l’intérieur de l’organisation… Cela n’a fait que continuer : un aveugle est devenu un non-voyant, un sourd un malentendant, un homosexuel un gay.

Cela vous exaspère ?

Je peux vous répondre franchement ? Je suis ravi d’être gay plutôt qu’homosexuel. Je comprends donc très bien qu’un aveugle ait envie d’être appelé non-voyant.

Pourquoi ?

Le qualificatif exact tend à être réducteur. Un aveugle se voit nier le reste de sa personnalité. Il n’est qu’aveugle. De la même manière, un homosexuel est réduit à sa dimension sexuelle. Un gay fait plutôt penser à une attitude libérale face à la vie. Je comprends que notre société, en même temps qu’elle abuse des sigles pour enlever de la signification, cherche également à ne pas réduire les personnes. Ce n’est donc pas ridicule de la part de Ségolène Royal de ne pas utiliser le terme « handicapé » puisqu’elle entend ne pas réduire la personne à son handicap.

Même si la personne elle-même se qualifie de « handicapé » ?

On peut vouloir aider quelqu’un à se redimensionner. Qu’elle refuse d’employer ce terme car, précisément, elle veut signifier que, si elle est élue, cette personne ne sera plus réduite à son handicap, ne me paraît pas scandaleux.

Pour la première fois, c’est sur Internet qu’est sortie une information importante : Cécilia Sarkozy n’est pas allée voter au second tour de l’élection présidentielle.

Sur nos radios, nous avions sorti l’information dès l’après-midi du 6 mai. Avec une certaine pudeur… Rue89 en a fait un titre. Quand je suis arrivé vers 18 h à Radio France le dimanche du second tour, l’abstention de Cécilia Sarkozy était le sujet de discussion principal des rédactions. L’information a été traitée sur les ondes d’une manière factuelle, sans aucun commentaire.

Les journalistes devraient peut-être parler un peu plus de ce qui les intéresse ?

C’est une tradition du journalisme français de ne pas s’intéresser de trop près à la vie privée des gens. Rappelez-vous Mazarine !

Mais n’est-ce pas cette attitude qui nourrit la crise de confiance des Français envers les journalistes ? Si Cécilia Sarkozy n’a pas voté pour son mari, c’est une information de taille !

Personnellement, je ne suis pas gêné par ce journalisme pratiqué allégrement outre-Manche, et qui fait la part belle à la vie privée. Tant que cela ne verse pas dans le trash. Savoir que la fille du président George Bush est lesbienne est une information intéressante. Que Cécilia Sarkozy, pour des raisons qui d’ailleurs n’ont pas été bien expliquées, n’ait pas voté le jour de l’élection de son mari est un fait également intéressant. Même chose sur le fait de la voir pleurer le soir place de la Concorde. On a pu supposer à ce moment-là qu’il y avait eu réconciliation, intervenue entre-temps.

Ces informations devraient avoir leur place sur le service public ?

À mon sens, oui.

Patrick de Carolis a décidé d’empêcher ses animateurs de travailler à la fois sur le service public et le privé. L’avez-vous également envisagé ?

Il y a une différence majeure entre la télévision et la radio : le niveau des rémunérations chez nous, même pour un journaliste vedette, est relativement faible. Gagner dans les 100 000 euros par an à la radio est tout à fait convenable. À la télévision, ce serait plutôt un salaire mensuel… Je ne pouvais donc pas prendre une telle mesure puisque cela signifiait me priver de tout un tas de talents. Interdire Stéphane Bern de radio, par exemple, aboutirait à priver les auditeurs de France Inter d’une forme de divertissement de qualité.

Parmi vos vedettes, Daniel Mermet n’hésite pas à taper sur ses confrères et sur sa propre maison. Comment le vivez-vous ?

Je fais une grande différence dans son émission entre les reportages et la sélection des messages du répondeur. Ses reportages sont d’une qualité radiophonique rare. Nos auditeurs réagissent parfois d’une manière un peu violente à la sélection des messages que Daniel Mermet opère, et qui n’est pas toujours équilibrée.

Autre façon de poser la question : quand vous avez voulu changer sa case horaire d’une heure, vous avez reçu une volée de bois vert… À cette occasion, un de vos confrères m’a demandé un jour : « Comment osez-vous ne pas prendre en compte les 250 000 mails envoyés par les auditeurs ? »

Je ne considère pas le nombre de mails comme un argument ou une preuve. Toute personne sachant utiliser un carnet d’adresses électronique peut, avec une centaine de personnes, envoyer 250 000 mails.

Nouvelle variante : il y a quelques années, Fabrice Le Quintrec s’était fait remonter les bretelles pour avoir cité dans sa revue de presse un journal d’extrême droite. Mais quand on est Daniel Mermet, on peut dire ce que l’on veut ?

La tradition de France Inter est plutôt la liberté d’expression. La pluralité ne sera pas forcément présente au sein d’une même émission, mais se fera plutôt à l’intérieur d’une grille. Faire cohabiter sur la même antenne, mais à des moments différents, Jean-Marc Sylvestre et Daniel Mermet. Nous ne sommes pas dans une tradition BBC.

Vous regardez France 24 ?

Non, car l’un des actionnaires de France 24 n’a pas voulu que la chaîne soit disponible sur l’ADSL. Elle ne l’est que sur le câble et le satellite.

Votre nom a circulé pour prendre la tête de France 24.

Ah bon ? Étant président de Radio France, 14 millions d’auditeurs quotidiens, sept stations, deux orchestres, un chœur, une maîtrise…

… Vous n’iriez pas dans un « petit » truc comme France 24 ?

J’ai été président de RFI qui se flatte d’avoir plusieurs dizaines de millions d’auditeurs…

Je n’écoute jamais RFI : si c’était toujours aussi bien, je serais vexé, et si c’était moins bien, je seras triste.

Vous regrettez RFI ?

Non, ma capacité de deuil est quasi immédiate. De tout, mes amours ou ma vie professionnelle. Je vis essentiellement pour le temps présent. D’ailleurs, je n’écoute jamais RFI car cela m’agacerait : si c’était toujours aussi bien, je serais vexé, et si c’était moins bien, je serais triste. Même chose pour les gens avec qui j’ai pu vivre. Si mes successeurs étaient mieux que moi, je serais jaloux, et s’ils étaient moins bien, je les plaindrais. La chanson de Piaf est ma philosophie de vie : je ne regrette rien.

Que pensez-vous de l’interventionnisme de Nicolas Sarkozy ? Il vous a déjà appelé ?

Jamais. Je l’ai d’ailleurs assez peu rencontré.

Et son entourage ?

Je vous jure que son entourage ne m’a jamais appelé pour se plaindre d’une émission. Aussi extravagant que cela puisse paraître, et contrairement à RFI où les proches d’un certain nombre de chefs d’État africains le faisaient… Par contre, il m’est arrivé de subir quelques remarques après une interview — mais je n’appelle pas cela des pressions — d’un homme ou d’une femme politique trouvant que les questions posées étaient un peu rudes ou les auditeurs impossibles.

Vous êtes classé à droite en raison de vos liens d’amitié avec Alain Juppé. C’est la réalité ?

J’ai toujours voté à droite ou au centre. Sauf en juin 1969, lorsque j’ai voté non au référendum qui a provoqué le départ du général de Gaulle. J’ai toujours été un Européen convaincu, j’ai fait voter mes parents pour Lecanuet en 1965, j’ai été giscardien. Je suis très proche d’une mouvance démocrate-chrétienne qui existe peu dans notre pays. Mon homme politique de référence reste Giscard d’Estaing.

« Je ne suis pas gêné par ce journalisme pratiqué outre-Manche et qui fait la part belle à la vie privée. »

Cela vous complique la vie par rapport à vos rédactions plutôt à gauche ?

Comment répondre ? Cela me procure une sensibilité d’auditeur par rapport à ce que j’entends sur les antennes de Radio France. Ce qui m’intéresse vraiment, ce n’est pas le positionnement politique de nos antennes, mais l’exactitude des informations qu’on y entend. Dans ce domaine, nos radios ne manquent pas particulièrement à la déontologie par rapport à ce que je peux entendre ailleurs.

Vous êtes heureux dans cette maison ?

Très.

Vous avez envie d’y rester ?

Oui.

Longtemps ?

L’âge de la retraite est actuellement fixé à 65 ans. À supposer bien sûr que je sois renouvelé en 2009, il me reste cinq ans.

Vous ne faites pas votre âge…

Ma mère m’a fait acheter dès l’âge de 20 ans la crème Nutrix, dont j’ai appris que les services secrets britanniques, le MI6, la conseillent également à ses agents. C’est une crème extrêmement nourrissante qui garde la peau forever young comme le dit une chanson que j’aime bien.

Vous vous définissez gay, catholique et libéral.

Libéral ne veut pas dire disciple de Milton Friedman. Je suis libéral au sens anglo-saxon du terme, c’est-à-dire libre de toute attache et attaché à la liberté de mes collaborateurs. Je peux ne pas être enthousiasmé en entendant Daniel Mermet ou Guy Carlier, mais cela ne signifie pas pour moi leur faire quitter l’antenne s’ils plaisent à nos auditeurs.

Catholique, car je ne peux pas me couper de mes racines ou de mes attaches. J’ai été élevé dans la foi catholique et quand il m’arrive d’être malheureux, je pense à Dieu. Mais n’oubliez pas que le catholicisme en France est, là encore, très libéral. Le cardinal de Mazarin, sur son lit de mort, dit : «  Et dire qu’il va nous falloir abandonner tout cela »…

Gay, je le suis et je le dis.

C’est un handicap ?

Certains disent que c’est un avantage. Que cela fait jouer des relations, des mafias.

Certains parlent de lobby.

Bien sûr. Les journalistes aussi s’entraident, non ?

Pas toujours…

D’accord, mais le corporatisme existe. Je crois profondément à la théorie américaine des role models. De la même manière qu’il est très important que TF1 ait choisi Harry Roselmack pour le 20 heures et que cela aide certainement la position des Noirs en France, je suis persuadé que s’il y avait plus de personnes relativement connues affirmant qu’elles sont gay ou lesbiennes, l’attitude des parents à l’égard de leurs enfants homosexuels changerait beaucoup. Les choses évoluent dans les grandes villes, mais pas assez dans les banlieues et encore moins dans les campagnes. Le fait qu’une personne connue dise publiquement son homosexualité ne peut que rassurer les parents. Si je peux faire progresser la situation de mes semblables en montrant qu’on peut être sérieux, qu’on peut être président de Radio France tout en étant gay, je pense normal de lutter pour des causes justes.

On parle suffisamment de ces questions sur les antennes de Radio France ?

Oui, et cela ne date pas de moi…


 
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