Eugène Saccomano : Monsieur Foot aligne les... par revue-medias
Vous avez commencé très tôt dans le journalisme...
J’ai vite abandonné mes études. J’ai d’abord planté ma seconde, puis l’École normale d’instituteurs. Du coup, j’ai laissé tomber. Une occasion s’est présentée de faire autre chose... J’étais encore au lycée. J’avais repéré des affiches dans la ville de Nîmes, qui sollicitaient des jeunes pour participer au concours du « Meilleur radioreporter sportif junior de France », organisé par L’Équipe Junior.
L’Équipe Junior ?
L’expérience a duré neuf mois : c’était un truc pour attirer les gamins. Le premier prix du concours était un voyage aux jeux Olympiques d’Helsinki, en 1952. Je me suis dit que ça valait le coup. J’étais assez doué pour la tchatche. Roland Dhordain animait les épreuves dans chaque ville du Sud pour RMC, en compagnie de la star sportive locale. À Nîmes, c’était Kader Firoud, un joueur de foot de l’équipe de France. Et j’ai gagné !
Qui est arrivé second ?
Thierry Roland...
Vous étiez meilleur en sport qu’en thème ?
Nettement. Mais, au lycée, on me reconnaissait une assez forte personnalité, grâce au sport. J’étais capitaine de l’équipe de foot et champion du Gard du 80 mètres en athlétisme..
Pensez-vous qu’on puisse être journaliste spécialisé dans le sport sans avoir été sportif ?
Je ne crois pas. Je persiste à penser que, pour en parler, il vaut mieux connaître un sport de l’intérieur. Moi, j’ai pratiqué assez longtemps. J’ai joué jusqu’à l’échelon numéro 6, en division d’honneur.
Que pensez-vous des anciens joueurs qui commentent les matches à la radio ou à la télé ?
Des consultants comme Dugarry ou Lizarazu ? J’ai toujours estimé que les types qui s’exprimaient bien, qui avaient des idées et avaient pratiqué ce sport étaient parfaitement aptes à commenter un match. Je n’ai jamais été du côté des syndicalistes furieux qui protégeaient leur pré carré. Et pourtant, j’adhérais au SNJ !
Ça veut dire qu’il vaut mieux connaître le foot de l’intérieur plutôt que de faire une école de journalisme ?
Non, là vous allez trop loin ! Il existe quand même de très bons journalistes qui n’ont jamais joué au football. Dans le passé, quelqu’un comme Jacques Ferrand, patron de L’Équipe et de France Football, n’avait jamais tapé dans un ballon. Et il n’était pas le seul ! Par ailleurs, beaucoup de revisteros1 ne sont jamais descendus dans l’arène pour une corrida.
« Quand j’allais voir jouer Nantes, j’entrais dans les vestiaires après le match, et Henri Michel, star nationale, me réclamait une Gitane avant de prendre sa douche. Impensable de nos jours ! »
Votre image publique, c’est la grande gueule du football. Pourtant, vous aimez le cinéma, la littérature, Céline... On est loin du cliché de l’abruti illettré.
Seuls les gens du métier le savent. Ça vient de ma formation au Provençal. J’y ai beaucoup appris. C’était la période Gaston Defferre. Céline, c’est un grand reporter du journal, un type brillant, qui me l’a mis entre les mains. J’ai commencé à le lire à l’armée. « Le Voyage » m’a passionné. Et Céline, fasciné. À la fois l’écrivain et la vie fantasque du personnage. Même dans ses pamphlets, épouvantables, il a un talent extraordinaire !
Qu’avez-vous pensé de la polémique autour de son retrait de la liste des célébrations nationales par Frédéric Mitterrand ?
Ces célébrations sont complètement futiles. On doit laisser les gens lire ce qu’ils veulent. Beaucoup lisent Céline sans forcément partager ses engagements politiques.
Sportif, lettré… et noceur ! Elle existe encore cette génération de journalistes qui vivaient à cent à l’heure, buvaient des pastis et faisaient la fête en permanence ?
Encore un peu, mais plus comme à cette époque-là. On n’était pas rattrapés par le temps. Si on partait faire un reportage à Saint-Etienne, la grande équipe de l’époque, on y restait quatre ou cinq jours. On allait voir Platini, Robert Herbin…Aujourd’hui le journaliste part au matin du match et revient le lendemain : il n’a pas le temps de s’imprégner du sujet.
Problème de moyens ?
En partie. On n’a plus les mêmes contacts avec les joueurs et les dirigeants qu’à cette époque. Quand j’allais voir jouer Nantes, j’entrais dans les vestiaires après le match, et Henri Michel, star nationale, me réclamait une Gitane avant de prendre sa douche. Impensable de nos jours ! On est à l’ère des attachés de presse qui vous conduisent dans une salle où 400 types posent des questions. On n’a plus les mêmes rapports. On arrive encore à contacter certains joueurs, mais ces gens qui accordent plus d’importance à l’argent qu’à leur vie sportive finissent par devenir agaçants... Zidane en fait partie, mais l’avoir dit m’a déjà valu quelques reproches.
Vous ne l’aimez pas...
Je l’ai beaucoup aimé, mais son rapport au fric est insupportable. Il a eu une véritable passion pour le football pendant des années. Dès qu’il a arrêté de jouer, elle s’est brutalement transformée en un amour démesure pour l’argent. Il est quand même récemment allé défendre la candidature du Qatar à l’organisation de la Coupe du monde pour 11 millions d’euros ! Il a également choisi l’implantation d’une école de formation à Aix et non Marseille parce que la première de ces villes est plus riche que la seconde et lui a offert, économiquement, plus de facilités... Et puis, j’en ai fait les frais personnellement : en 1999, VSD m’avait demandé un portrait de lui, sous forme de questionsréponses. Un truc totalement cire-pompes... Il me dit quand même qu’il n’est pas content ! Et me demande combien j’ai gagné pour l’écrire. J’avais touché 5 000 francs. « Et rien pour moi ? Dis à VSD que ce n’est pas normal. Quand je fais des trucs avec Paris Match, c’est pas des bricolos... » J’en ai parlé à Thierry Bretagne, le rédacteur en chef de l’époque, qui ne lui a jamais envoyé un centime, et il a eu raison.
L’argent a-t-il rogné la liberté des journalistes ?
Non. Vincent Duluc, responsable de la rubrique foot de L’Équipe, suit de très près et depuis longtemps Lyon, la grande équipe de ces dernières années. Ça ne l’a pas empêché de se faire bousculer par Aulas, le président lyonnais, qui l’accusait de raconter des choses invraisemblables. Alors que tout était vrai, et prouvé !
Pourtant, lorsque Lizarazu se met en colère à propos de la main de Thierry Henry face à l’Irlande, quelqu’un lui dit : « N’oublie pas que RTL, c’est la radio des Bleus. »
Ça veut dire qu’on a passé un contrat, en début de saison, pour deux ou trois ans, avec la FFF, qui nous donne accès à certaines facilités. Comme un studio dans le stade où jouent les Bleus, à proximité des vestiaires, où les joueurs sont tenus de passer et de répondre à nos questions.
Ce soir-là, Lizarazu était dix fois plus critique que les journalistes.
Il était, comme la plupart des journalistes, profondément déçu par le jeu de l’équipe de France et par le fait qu’elle se soit qualifiée grâce à une tricherie.
« Quand j’allais voir jouer Nantes, j’entrais dans les vestiaires après le match, et Henri Michel, star nationale, me réclamait une Gitane avant de prendre sa douche. Impensable de nos jours ! »
Les paris en ligne ont-ils à présent changé quelque chose dans la pratique du métier ?
Pas pour moi. Je ne m’y intéresse pas. On a maintenant des émissions spéciales, durant lesquelles deux ou trois consultants, comme Vincent Guérin, ancien joueur du PSG, viennent régulièrement livrer leurs pronostics. On se rapproche du journalisme hippique.
Et ça ne pose pas de problème ?
Pour l’instant, ce ne sont que des pronostics. Ça n’influence que les parieurs.
En revanche, vous établissez une grosse différence entre journalistes et commentateurs.
On peut être excellent commentateur et pas forcément bon journaliste. Et, à l’inverse, un bon journaliste mais un commentateur ordinaire. Rien à voir entre commenter un match en direct et faire un papier sur ce même match.
Venons-en à Domenech. Un bon client...
Oui, lorsqu’il était entraîneur des espoirs. Il répondait, parlait bien, ce qui est assez exceptionnel pour un entraîneur. Je l’avais recruté, lors de la finale de l’Euro 2000, en Hollande, comme consultant : il avait été formidable. Ça s’est gâté dès qu’il est devenu entraîneur de l’équipe de France...
Vous dites qu’il « a voulu se jouer du système médiatique »...
Il biaisait en permanence. Quand on lui demandait : « Comment va jouer l’équipe de France ? », il répondait : « L’équipe de France va jouer en bleu, dans un stade avec 15000 personnes. »
C’est pour ça que les journalistes se sont mis à le détester ?
Pour un ensemble de choses. Mais, oui, ces postures l’ont desservi. Et puis, à mon avis, il a complètement perdu la tête. Ça ne date d’ailleurs pas d’hier : comment expliquez-vous qu’il demande Estelle en mariage après un match catastrophique de l’Euro 2008 ? « Quel con ! », voilà ce qu’elle aurait dit en l’écoutant...
Peut-on être bon journaliste en sport sans être chauvin ? Commenter un match sans prendre position pour l’équipe de France ?
Impossible. Même si, à l’issue de la rencontre, il faut décortiquer, parfois de manière sévère, la façon dont les joueurs se sont comportés sur le terrain.
La neutralité journalistique vaudrait dans tout domaine sauf pour le sport ?
Je ne suis pas d’accord. La neutralité n’existe nulle part. La meilleure preuve, c’est l’arrogance journalistique française. On nous a seriné pendant des années que le TGV français était le plus rapide, le plus beau. Et on nous le répète encore alors qu’il y en a cinquante dans le monde qui sont tout aussi rapides !
Vous êtes devenu un personnage, presque un acteur. Vous écouter à la radio relève du spectacle. Vous vous êtes créé un personnage ?
J’ai effectivement été un des premiers à apporter un brin de spectacle dans le reportage sportif, et j’y tiens. Le premier également à faire, avec « On refait le match » qui s’appelait initialement « Le match du lundi », une émission polémique sur le football. Je dois vous avouer avoir été très impressionné dans les années 1950, ma jeunesse marseillaise, par « Le Masque et la Plume ». Je me régalais.
« On refait le match » serait la version sportive du « Masque et la Plume » !
Sa version football... Et ça a bien marché. Même si, depuis, j’en ai un peu remis sur l’aspect spectacle, d’abord à Europe 1, puis à RTL, à LCI et maintenant sur i>Télé. Je me suis rapidement rendu compte que l’auditeur lâchait prise lorsque l’on racontait un match normalement. L’important, c’est de faire les montagnes russes : être calme, s’emballer, puis retomber, etc.
« Lorsque Domenech était entraîneur des espoirs, il répondait, parlait bien, ce qui est assez exceptionnel pour un entraîneur... »
Ce talent-là explique-t-il votre longévité dans le métier ?
Peut-être. Ou plutôt, cette passion toujours présente. Pour le foot comme d’autres sports. En 1992, aux Jeux de Barcelone, j’ai été emballé par les handballeurs français. Un jeu spectaculaire, physique, intelligent. Mais bon, pour être honnête, la littérature prend chez moi de plus en plus d’importance.
Quand Europe 1 se sépare de vous...
C’est l’inverse ! Je me suis séparé d’Europe 1.
Comment cela s’est-il passé ?
Jérôme Bellay, un type épouvantable, était alors directeur d’Europe 1. Il ne me connaissait guère, seulement de voix, mais ne m’aimait pas. Les sales coups ont commencé, comme de supprimer une émission de sport le matin, sans m’avertir, ou réduire le budget sports de 20%. On n’avait plus les moyens de couvrir le tournoi de tennis de Flushing Meadows, par exemple. J’en avais marre. Un jour, je l’ai dit à son adjoint numéro 1, Durocher : « Ton mec, il ne fera pas long feu à Europe, c’est un gros nul. » Je l’ai même dit au père Lagardère, que j’aimais et qui m’aimait beaucoup. Mais Bellay ne s’est jamais calmé, et il a fait son septennat, comme beaucoup de patrons d’Europe 1. J’approchais des 65 ans et je réfléchissais : prendre ma retraite ? Même s’il avait bousillé le système plus que généreux d’Europe pour le départ des journalistes, je serais quand même parti avec 1,4 million de francs. Pas négligeable ! Mais je craignais de m’ennuyer. Dans le milieu, tout se sait très vite : j’ai reçu deux appels, dont un d’Alain Weill à RMC, qui me voulait à tout prix. Il avait compris ce que j’avais envie de faire et me proposait une émission où j’aurais pu parler de tout, pas seulement de foot. Ça m’intéressait. Mais quelques jours plus tard, Noël Couëdel, un copain, m’appelle et me demande : « Est-ce que tu veux devenir la voix du football sur RTL ? » C’est Laurent Cabrol qui m’a décidé. Il avait travaillé à RMC avant que Weill n’arrive, et me dit : « Tu es malade, Eugène, tu ne vas pas aller dans cette putain de radio qui n’est écoutée que dans le sud de la France ? RTL, c’est encore plus fort qu’Europe, vas-y ! » Il m’a terriblement influencé. Et j’ai dit oui à RTL. Je ne l’ai jamais regretté. À RMC, j’aurais été exploité, pressé.
À vous entendre, vous êtes plutôt un journaliste de gauche...
Oui. Même si je suis allé déjeuner à l’Élysée, invité par Sarkozy. Je respecte le système républicain. Mais j’ai toujours voté à gauche, sans être militant, ni avoir de carte.
Pourquoi y a-t-il si peu de femmes journalistes sportives ?
Il y en a plus qu’avant. Dans la plus grosse émission de foot actuelle, « Canal Football Club », la numéro 2 est une femme.
La faire-valoir ?
Un peu...
Métier de machos ?
Pas forcément. Certains le sont. Moi, j’admets que des femmes s’occupent de sport.
Pour commenter la natation synchronisée ou le patinage artistique, mais pas le foot ?
Pourquoi pas ? J’ai donné sa chance à une journaliste sur Europe 1, mais elle a laissé tomber parce qu’elle n’était pas bonne et qu’elle a préféré écrire d’excellents livres d’histoire.
Comment se fait-il qu’autant de journalistes deviennent patrons de clubs ?
Le tout premier a été Marcel Leclerc à l’OM, à la fin des années 1960. Récemment, il y a eu Noël Couëdel, président de Lorient. Michel Denisot président du PSG, Christophe Bouchet, président de l’OM, et même Jean-Claude Dassier actuellement... Être journaliste et diriger un club, ce n’est pas tout à fait la même chose, c’est d’ailleurs pour ça que la plupart se cassent la gueule. Ils sont pervertis ou perdus par le système. Mieux vaut un chef d’entreprise qu’un journaliste.
À cause des rapports incestueux entre journalistes sportifs et clubs ?
Je ne crois pas. J’ai constaté une réelle sympathie entre les journalistes et certains clubs ou présidents de clubs « de l’ancien temps », comme Nicollin à Montpellier, mais ce n’est pas ce type de relations qui a amené des journalistes à devenir présidents de clubs. C’est le hasard ou, chez certains, l’idée d’être au sommet de la hiérarchie. Et sans doute un peu le pognon aussi. Les présidents de clubs ont en général sacrément bien payés.
On a l’impression qu’il a des sujets tabous dans le foot, comme la corruption, le dopage…
Parce qu’on n’a pas suffisamment d’éléments pour en parler. Et où trouver le temps d’aller faire une enquête complète sur le dopage, sauf à travailler pour un journal comme Le Monde ?
Ne serait-ce pas aussi parce que médias et clubs vont main dans la main ?
Je ne crois pas. La preuve en est que, dans le cyclisme, ça sort. Les confrères qui suivent le vélo connaissent bien les équipes mais dénoncent quand même le dopage. Non, je crois plutôt que les journalistes n’ont actuellement pas les moyens de détecter le dopage dans le foot. Qui existe pourtant.
Sous votre air débonnaire, vous êtes un chasseur de scoop absolu.
J’étais un malade mental du scoop ! Plus aujourd’hui, je m’en fous un peu. À mon actif, j’ai beaucoup de choses : le départ de Platini pour la Juve, les JO de Munich en 72...
Vous êtes le premier à annoncer la prise d’otages ?
Et non pas Biétry, comme il voudrait le faire croire. J’avais tout dans mon magnétophone à 22h45, quand l’AFP de monsieur Charles Biétry annonçait encore à minuit : « Tous les otages sont sains et saufs. »
La concurrence est terrible entre les médias ?
Était. Impossible d’avoir des infos en ne passant que douze heures avec un club ou quelques minutes avec un joueur. À l’époque, je restais plusieurs jours, et j’avais des infos terribles.
Cela veut dire qu’il y a plus de spectacle et moins d’infos qu’avant ?
On peut le résumer ainsi : plus de portraits convenus que d’infos.
Comme Molière, vous avez la ferme intention de mourir sur scène ?
Non, j’ai déjà pas mal réduit mon champ d’activité. Peut-être qu’un jour je ferai seulement « On refait le match ». Et davantage de bouquins. Il faut avoir le temps. Je suis essoufflé de courir après le temps. En ce moment, par exemple, j’écris un ouvrage, « Céline coupé en deux », dans lequel j’essaie de présenter les deux facettes de l’auteur. J’en ai écrit la moitié. Et il faudrait que je finisse la seconde partie en un mois parce que le bouquin est déjà « acheté ». Impossible.
Vous prenez plus de plaisir à écrire sur Céline que sur le foot ?
Je suis passionné par la documentation. On y découvre des choses formidables qu’on ne peut pas trouver dans le foot. Dans un livre sur la dernière épouse de Céline, j’ai appris que Jean-Paul Sartre a rencontré Céline pendant la guerre pour lui demander s’il pouvait l’aider à obtenir l’autorisation de jouer une de ses pièces de théâtre sous l’Occupation. Il savait que Céline avait des contacts avec les responsables culturels allemands. On comprend mieux ensuite que Sartre ait dit tant de mal de Céline, et que Céline l’ait assassiné dans un texte d’une brutalité extraordinaire, « L’agité du bocal ».
Ça vous intéresse plus que la composition du onze de France ?
On peut dire ça comme ça. C’est une évolution de la vie : à force, le foot m’intéresse un petit peu moins. À la télé, c’est le hand-ball qui me passionne.
Comment aviez-vous réagi aux propos de Frêche sur l’équipe de France ?
Frêche avait une grande gueule, et il était capable de sortir des trucs énormes, qui parfois se concevaient. Mais il aurait dû ajouter : « Les blackos jouent au foot mieux que les autres. »
Et un Nicollin qui utilise le mot « tarlouze » à propos d’un joueur, ça vous choque ?
J’aime bien Nicollin, mais ça me choque quand même. Il n’est pas homophobe, mais il appartient à cette catégorie de gens du Midi qui balancent là-dessus.
Et les homos dans le foot ?
Les homos dans le foot, il n’y en a pas beaucoup. Un des joueurs de l’équipe de France ayant posé pour le magazine Têtu s’est fait « accuser » d’en être. C’est une des raisons des chamailleries en Afrique du Sud...
Le titre de L’Équipe « Va te faire enculer sale fils de pute », vous l’auriez fait ?
Sans hésiter. Je suis pour l’info, j’ai toujours été pour l’info. C’est un truc que les autres n’ont pas. Qu’importe la réaction du populo qui trouve ça choquant.
Vieux réflexe de chasseur de scoop ?
Pour sûr. Si j’entends ça, je le répète à l’antenne. ■

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