Né le jour du travail, le 1er mai 1956, Khémais Ksila est père de trois enfants. Son épouse Fatima milite pour le droit des femmes et de la démocratie tunisienne, sans oublier celui des hommes, du sien en particulier…
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- Khémais Ksila
- Au carrefour du boulevard de Courcelles et de la rue de Courcelles, métro Courcelles
photo : Pierre-Anthony Allard
Khémais Ksila a été emprisonné pour ses opinions politiques, sous Bourguiba, puis sous Ben Ali, l’actuel président. Une campagne internationale, une nomination pour le prix Sakharov en 1999 et une motion spéciale de l’ONU plus tard, le régime tunisien cède : le 29 septembre 1999, Khémais Ksila est libéré après deux ans d’emprisonnement. Trois ans après, il arrive en France avec, dans ses bagages, une peine d’emprisonnement de dix ans prononcée par contumace.
« Le kiosque : carrefour de l’humanité et des idées. »
Depuis, il a obtenu le statut de réfugié politique en France. Sa revanche ? Avoir intégré le réseau de la presse de diffusion depuis le 7 juillet 2008. « Après tout ça, dit-il, j’ai choisi un métier de gens debout, fatigant certes, mais être debout, c’est ma dignité ! »
Khémais, œil brillant, regard doux-dur, poursuit : « J’ai toujours été un emmerdeur ! À 19 ans, en rentrant aux chemins de fer, je n’avais pas encore endossé mon uniforme que je dirigeais déjà le mouvement syndical. Pour moi, aujourd’hui, tenir un kiosque, c’est se tenir au carrefour de l’humanité et des idées. » Sa récompense ? Vendre les fruits de cette fameuse liberté d’expression, combat de sa vie et de sa famille.

Revue Médias















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