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À la loyale

Jacques Vergès : « J’aurais défendu Hitler... et même Bush ! »

par Emmanuelle Duverger et Robert Ménard / Photos : Pierre-Anthony Allard

Le plus provocateur des avocats suscite souvent incompréhension, malaise, exaspération ou, au contraire, franche admiration. Il inclut toujours les médias dans sa stratégie de défense puisque, selon lui, « quelqu’un qui est vilipendé dans la presse est bien vu des Français... » On comprend mieux !

Des photos de votre bureau sont parues à de nombreuses reprises dans la presse. Cela participe d’une mise en scène ?

Absolument pas. C’est l’endroit où je vis. On voit bien que ce n’est pas le bureau d’un jeune loup, d’un type qui prend la profession pour un ascenseur social. Vous ne voyez pas des dossiers bien rangés, marqués « Elf », « Areva » ou « Madame Lagarde »... Ici vous trouvez les œuvres complètes de Nietzsche, de Shakespeare, de Cicéron...

La mise en scène, l’éloquence, c’est important, pour un avocat ?

L’éloquence, forcément, puisque notre rôle est de convaincre. Alors que la mise en scène, c’est un peu le mensonge. Certains avocats l’acceptent. Au début de l’affaire Barbie, en 1982, dans l’émission de Michel Polac, « Droit de réponse », j’ai été confronté à un membre du Conseil de l’Ordre, président de la Ligue des droits de l’homme, Maître Jouffa, qui pensait qu’un avocat a le droit de mentir. Ce n’est pas mon cas. Sur un plan pratique, vous risquez la pire des déconfitures, le témoin inattendu qui arrive... En outre, seule la vérité est intéressante, parce qu’elle est humaine. Elle a un sens pour tout le monde.

Pourtant, il vous arrive de mentir sur vos sentiments quand vous défendez des gens dont vous ne partagez pas les points de vue...

Un avocat n’a pas à partager le point de vue de son client. Il a à le guider pour qu’il accouche de la vérité.

Mais il faut avoir de l’empathie pour la personne en question.

L’empathie n’implique pas l’adhésion, qui est la pire des choses. L’adhésion fait de nous le complice. À ce moment-là, on s’assoit à côté de lui sur le banc des accusés. L’empathie, c’est comprendre sans se confondre.

Difficile de prétendre cela alors que vous avez épousé Djamila Bouhired, pourtant votre cliente !

Après le procès, c’est différent. Le problème, c’est que l’on peut se sentir, dans certaines affaires, très proche de l’accusé. C’était le cas lorsque j’ai défendu Georges Ibrahim Abdallah. Beaucoup moins avec Barbie. Mais on ne se confond jamais entièrement. Il faut toujours une distance. Si on n’a pas cette distance, on perd toute autorité.

Durant un procès, utilisez-vous les médias ?

Ils sont, comme la langue d’Ésope, la meilleure et la pire des choses. En France, la presse est souvent conformiste. Elle hurle avec les loups. Durant un procès devant la cour d’assises d’Aix — une affaire de droit commun —, je traverse une petite foire avec un confrère. Arrivés au restaurant, il me dit : « Je ne suis pas étonné que des types t’aient reconnu, mais je suis surpris par la manière dont ils te saluent. Pas comme un notable, mais comme un complice. » « Alors Maître, on continue à les faire chier ? » C’est ça, la réaction française. Pendant le procès Barbie, je me promenais dans les rues de Lyon et les gens venaient me serrer la main. Je recevais plus de lettres à moi tout seul que les trente-neuf confrères qui me faisaient face. Et je lisais ostensiblement mon courrier le matin pour leur montrer qu’ils étaient tous out !

Courrier d’insultes ou de sympathie ?

10 % d’insultes, 90 % d’approbation. Depuis la vieille dame catho, qui m’écrivait du fond d’un village de l’Ardèche : « Mais que font-ils du pardon, ces gens ? », au vieil officier de la Légion qui s’énervait : « Qu’a-t-il fait de plus que ce qu’on a fait pendant la guerre ? » Ou encore, une lycéenne de Fénelon : « Maître, je ne sais pas qui vous paye, si ce sont les nazis ou les terroristes, mais je vous adore. Parce que, depuis ce procès, vous avez foutu le bordel à la maison ! » Et puis, des lettres d’injures, pour me guérir de ma fatuité. Un jour, j’ouvre une lettre anonyme de laquelle tombent des pétales de rose : « C’est une avance sur ta couronne mortuaire, salaud ! »

« Un avocat peut avoir des opinions, mais ne doit pas être membre d’un clan. J’adhère à la formule de Beuve-Méry : “Ni Église, ni parti, ni industrie.” »

Comment utilisez-vous la presse ?

Lorsque la presse vous insulte, ça attire l’attention de l’opinion. Quelqu’un qui est vilipendé est bien vu. Le Français est profondément sceptique et anarchiste. Il est en faveur de l’homme seul contre l’establishment. Il est pour d’Artagnan, pour Arsène Lupin, pour Mandrin.

Vous en jouez ?

Je ne joue pas, c’est ma situation. J’en tiens compte, c’est tout.

Vous avez des amis journalistes ?

Bien sûr, j’aime beaucoup l’émission de Taddéï. Conséquence, elle est supprimée. On peut y parler sans être interrompu par un journaliste qui n’est pas professeur de morale. Il a eu l’audace de nous inviter, Goldnadel et moi, en même temps. Et chacun pouvait parler sans s’insulter. J’apprécie également beaucoup Radio Courtoisie, pour les mêmes raisons.

Vous êtes plus à l’aise avec des médias de droite, voire d’extrême droite ?

Je ne dirais pas ça.

Politiquement, de qui vous sentez-vous proche ?

J’ai été gaulliste. Je n’ai pas cessé de l’être. J’éprouve une admiration teintée de dévotion pour le Général. Mais j’ai aussi adhéré au PC. Si je l’ai quitté, c’est à cause de la guerre d’Algérie. Il ne s’engageait pas assez. Un avocat peut avoir des opinions, mais ne doit pas être membre d’un clan. J’adhère à la formule de Beuve-Méry : « Ni Église, ni parti, ni industrie. » Si vous êtes membre d’une confrérie, cela suscite immédiatement des limites. C’est ce qui s’est passé pendant la guerre d’Algérie. J’avais beaucoup de tendresse pour les avocats communistes que je connaissais, mais ils étaient prisonniers du PC. Quand j’ai quitté la cellule des avocats, je me rappelle avoir tenu le discours suivant : « Camarades, je ne juge pas la politique du Parti. Il se peut qu’elle soit justifiée par l’état de l’opinion. Mais elle ne me convient pas personnellement. Alors, je me suis engagé plus que le Parti ne le conseille. Je ne voudrais pas, si demain il m’arrive des bricoles, que vous soyez dans la position impossible, ou de me désavouer et d’expliciter vos réserves à l’égard du FLN, ou bien de vous taire et d’apparaître comme des complices. J’ai donc pensé que la solution est de ne pas renouveler ma carte. » La réponse a été un cri unanime : « oui ! »

Aujourd’hui, de qui vous sentez-vous proche ?

De tous ceux qui combattent l’ordre mondial, le conformisme obligatoire et mensonger. Quand on vous dit : « Nous devons intervenir en Libye contre ce dictateur qui tue des populations civiles » et que, pour ce faire, nous obtenons l’aide des Émirats arabes ou que, à Bahreïn, on tire sur la foule avec le soutien de ce pays démocratique appelé royaume d’Arabie saoudite, je pense qu’on se fout de ma gueule.

Vous éprouvez de la sympathie pour Kadhafi ?

Il ne s’agit pas de sympathie. Je suis contre les ingérences. Que les gens règlent leurs problèmes eux-mêmes. En Tunisie, le pouvoir a été renversé par une marée humaine, au Caire également. En Côte d’Ivoire, le pouvoir a été renversé, non pas par une marée humaine mais par un prétendu « bien élu », à la tête d’une armée de reconquête qui s’est comportée comme telle, en massacrant les civils.

Vous n’avez pas le sentiment de toujours être dans le camp de ceux qu’on déteste ?

Certains avocats pensent que leur rôle est d’être dans les jupes du procureur et d’aboyer comme partie civile. Et ça tombe bien en ce moment, puisque l’on assiste, comme disait un procureur de Lausanne, à un « tsunami victimaire ». Mais notre rôle n’est pas d’être avec les Érinyes, les déesses de la vengeance. Notre rôle est de défendre l’homme seul, l’accusé. Lui est intéressant, parce que lui seul remet en cause l’ordre public, à partir d’une expérience humaine vécue. Prenez le cas d’Ernst von Salomon, officier d’extrême droite, condamné à cinq ans de forteresse pour complicité dans l’assassinat de Walther Rathenau. Durant sa détention, il a expliqué les raisons de son geste dans une autobiographie « Les Réprouvés ». Un succès. Il y raconte son désespoir héroïque, son dégoût de la société. Si Anna Karénine était poursuivie aujourd’hui, elle plaiderait la libération de la femme. Et ça aurait un sens du fait de son expérience.

Ça vous fait défendre tous les salauds de la terre.

Les salauds ne sont jamais des salauds. Rappelez-vous ce procès du tueur de Green River, en Amérique. L’atmosphère y était abominable : d’un côté les victimes qui criaient vengeance, de l’autre un assassin froid et méprisant. Tout d’un coup, une des victimes se lève et lui dit : « Mr. Ridgway, je vous pardonne. » Le type fond en larmes. Le pardon de la victime lui rendait son humanité. Elle ajoute : « Et maintenant, Mr. Ridgway, vous n’avez plus aucun pouvoir sur moi. » Rien n’est plus terrible que ce couple infernal de la victime et du bourreau : l’un est prisonnier de l’autre. En pardonnant, cette femme a rendu à l’accusé son humanité, et elle a repris sa liberté.

Vous sentez-vous des points communs avec la famille Le Pen ? Comme eux, vous êtes souvent diabolisé par les médias.

Je ne peux le nier.

« Certains avocats pensent que leur rôle est d’être dans les jupes du procureur. Et ça tombe bien en ce moment, puisque l’on assiste à un “tsunami victimaire” ».

Vous n’avez pas été qu’avocat, mais aussi homme de presse. Même si les revues Révolution africaine et Révolution ne correspondaient pas vraiment aux canons du journalisme objectif... Quels souvenirs en gardezvous ?

Une expérience très heureuse. Grâce à Révolution, j’ai pu rencontrer le président Mao plusieurs fois, et le Che... Une anecdote : un jour, un jeune homme très chic vient me voir et me dit : « Je suis normalien et maoïste. Je vais prendre une année sabbatique, en quoi puis-je vous aider ? » Il parlait espagnol et je l’ai envoyé faire un reportage dans les maquis de Douglas Bravo, au Venezuela. Puis en Colombie, rendre visite à mon ami, le père Camilo Torres. De là, il a voulu passer en Équateur. Puis, en Bolivie. À son retour, il me donne un long article, à prétention théorique, intitulé « Le castrisme : la longue marche de l’Amérique latine ». Je le refuse car je suis contre la théorie spontanéiste des guévaristes : je suis pour la théorie chinoise. Il publie alors cet article dans Les Temps modernes. L’ambassadeur de Cuba le lit et lui demande de venir à Cuba, sur invitation de Fidel Castro. Il s’y rend, et « sous la dictée » de Fidel, écrira un livre, « Révolution dans la révolution ? ». Vous avez deviné son nom ? Il s’agit de Régis Debray. Il a réussi à convaincre ces braves gens que la révolution allait éclater en Bolivie, ce qui était une folie. Et Castro y a envoyé le Che, où ce dernier est mort.

C’est donc à cause de vous que cette tragédie a eu lieu ?

Je ne suis pas égocentrique à ce point.


Vous lisez la presse ?

Je lis le matin Libé et Le Figaro, l’après-midi Le Monde. Mais de ces trois journaux, je lis cinq pages. Le reste, je m’en fous.

C’est une lecture professionnelle ?

Je ne retiens que ce qui m’intéresse. Je ne perds pas mon temps. Ce matin, j’ai lu dans Libé les pages sur la Côte d’Ivoire et la déclaration de Tapie sur l’arbitrage, ça me donne un éclairage sur le monde où je vis, c’est tout.

Vos régimes « amis », l’Algérie, la Chine, le Cambodge, ne sont pas des champions des libertés...

Les libertés dans les démocraties sont-elles si importantes ?

Pourtant, vous ne pourriez faire la défense que vous préconisez dans aucun des pays cités.

Je ne peux pas juger le monde à partir de mon simple point de vue égoïste, de cette liberté apparente... À propos de la Libye, tout le monde parle de l’« affreux dictateur » et des « opposants démocrates ». On les met sur le même plan que les Tunisiens ou les Égyptiens. Mais qui est le patron de ces prétendus démocrates ? L’ancien ministre de la Justice, celui-là même qui est à l’origine de l’arrestation des infirmières bulgares. Et on applaudit à l’arrivée à Londres de monsieur Koussa, l’ancien ministre des affaires étrangères. On se fout du monde !


Vous avez raison, mais ces régimes n’en restent pas moins des ennemis de la liberté de la presse et de la liberté d’expression...

L’état des libertés ne m’indiffère pas, mais ce n’est pas le seul critère. Sauf quand cette liberté est sanctionnée par la mort...

Aujourd’hui, en France, personne ne veut plus vous tuer !

Le capitaine Barril m’a affirmé qu’il avait reçu l’ordre de Mitterrand de m’abattre. Il l’a ensuite confirmé à la télévision. J’étais censé être le financier du terrorisme international.

Vous aimez mettre la pagaille.

Les deux hommes que j’admire le plus sont de Gaulle et le Grand Timonier. Ce dernier disait : « Quand tout va mal, c’est que tout va bien. » Avec cette philosophie, j’ai un éternel sourire aux lèvres.

Il vous arrive de défendre des gens par provocation ?

Je ne crois pas. Même si, lorsque je défends Barbie pendant sept semaines face à trenteneuf confrères et le procureur, j’éprouve une jubilation intense. Ils sont quarante, je suis tout seul, et je les emmerde. On va dire de moi : « Qu’est-ce que ce salaud va encore inventer aujourd’hui pour nous faire chier ? » Du coup, je m’amuse : « À la fin, vous allez reprocher à Barbie de ne pas avoir été gaulliste. Je me demande combien parmi vous l’ont été ! » J’avais également remarqué que tous les avocats étaient blancs de peau. Aucun d’entre eux n’avait eu l’idée d’embarquer un Noir dans leur camp... Alors, la dernière semaine du procès, j’ai demandé à un Congolais et à un Algérien — tous deux mes amis — de se joindre à moi dans l’affaire : «  Rien que votre présence muette, c’est tout le symbole du procès qui s’écroule. Le raciste est dans son box, avec, pour le défendre, un Eurasien, un Noir et un Arabe. Et en face, tous blanchâtres. Ils auront tellement honte qu’ils n’oseront pas vous dire quoi que ce soit. Vous pouvez parler de n’importe quoi. » Le Congolais a évoqué la construction du Congo-Océan à la fin des années 1920, dont Gide disait : « Chaque traverse représente une vie d’homme. » Personne n’a trouvé d’objection. Et l’Algérien a parlé de Sabra et Chatila.

Là, vous jouez avec la mauvaise conscience de la gauche, qui n’ose rien dire quand elle a un Noir en face d’elle...

Je tiens compte de la réalité : utilisons cette mauvaise conscience à nos fins.

La notoriété ne vous est pas indifférente.

C’est faux. Un jour, une amie chère me disait, à mon retour de « grandes vacances » : « J’ai cru que tu étais mort. Rester huit ans sans faire parler de toi... » Elle se trompait. Comme je n’exerçais pas la profession d’avocat, je n’avais pas de client à défendre. Je menais ma vie et, sur ce sujet-là, je ne tenais pas du tout à bavarder.

Pourquoi ce secret ?

Parce que ça ne concerne pas mon activité professionnelle. Je ne suis pas de ces gens dont on connaît la maîtresse, la femme... Pas vraiment du genre à emmener la fille que je séduis à Disneyland pour que tout le monde soit au courant...

Vous raconterez un jour ce qu’il en est de cette période de votre vie ?

Peut-être.

Rien n’est plus médiatique que le secret...

Que voulez-vous que j’y fasse ? Si les médias sont malades, je n’y peux rien.

« Je ne suis pas vraiment du genre
à emmener la fille que je séduis à Disneyland pour que tout le monde soit au courant... »

C’est vrai que le Mossad voulait votre peau ?

C’est ce qu’on m’a affirmé. Un ami, qui appartient à l’extrême droite sioniste en France, m’a dit : « Tu es un miraculé. »

Certains disent que ces huit ans, c’est une fuite devant le Mossad...

Je serais très triste d’avoir une obsession à ce point médiocre.


Les gens qui ne vous aiment pas disent que vous utilisez plus les médias pour vous que pour vos clients.

Ils disent ce qu’ils veulent. Mais il est évident que je ne m’exprime dans les médias que dans l’intérêt de mes clients.

Ça ne vous blesse pas ?

Les insultes me laissent complètement indifférent.


Dans le fond, vous êtes davantage un notable qu’un révolté...

Je ne pense pas qu’être révolté consiste à porter une casquette avec la visière à l’envers. Regardez cette reproduction d’un tableau de Saint-Just. Quand il monte sur la guillotine, il n’est pas débraillé. Il porte un habit bleu, un gilet blanc, un foulard. La révolution, ce n’est pas la casquette sur le côté et traiter les gens de cons.

Vous vous sentez révolutionnaire ?

À ma manière. Je suis pour un changement.

Avec les modèles que vous avez, c’est un changement radical...

Tendance de la jeunesse qui me reste...

Vous avez dit qu’un avocat ne doit pas franchir la ligne blanche, sinon il devient vulnérable. Mais vous la franchissez tout le temps !

Je la longe, mais ne la franchis jamais. Je suis contre les gens qui la franchissent, c’est-à-dire qui violent les règles professionnelles.

Comment vit-on quand on est avocat de causes désespérées ?

Pendant la guerre d’Algérie, j’ai perdu le sommeil. Quand on a un client condamné à mort, on se dit : « Est-ce que demain on va me réveiller pour l’accompagner ? » Aucun de mes clients n’a été exécuté, mais ça a été ma hantise. Pendant un an ou deux, chaque nuit, je me demandais ce qui allait arriver le lendemain.

Et comment vit-on matériellement ? Ce n’est pas le FLN qui devait vous rendre riche !

Enfin une parole sensée ! Je vivais modestement.

Et aujourd’hui ?

Je peux payer mes cigares. C’est le Che qui m’y a initié. Je peux, quand je suis invité par des amis, leur rendre l’invitation dans un restaurant. Je n’ai ni voiture ni maison de campagne. Même pas de portable. Je vis bien, mais c’est tout. Lorsque je défends un jardinier, je ne lui demande rien, mais quand il s’agit d’un prince arabe, la moindre des courtoisies est de lui demander des honoraires princiers. Ça équilibre.

Qui aimeriez-vous défendre ?

J’aurais défendu Hitler. Je défendrais même Bush. ■


 
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