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À la loyale

Patrick Le Hyaric

"La crise de la presse est celle de la démocratie"

par Emmanuelle Duverger et Robert Ménard / Photos : Pierre-Anthony Allard

Siéger au Parlement Européen tout en dirigeant L’Humanité n’est pas banal. Patrick Le Hyaric assume.

Directeur de la publication de l’Humanité et député européen, c’est compatible ?

Oui ! Les valeurs que porte le journal et mon activité de parlementaire au service des citoyens visent la promotion de l’intérêt général face aux égoïsmes qui, trop souvent, dominent la société.

l’Humanité n’est plus l’organe du Parti communiste depuis quelques années. On sent une volonté de prendre de la distance. Comment les journalistes ont-ils perçu votre élection ?

Ils l’ont appréciée plutôt positivement, estimant que leur journal pouvait y gagner en audience.

Il n’y a aucune contradiction entre vos deux fonctions ?

Non. Elles sont certes distinctes mais avec de larges espaces de complémentarité.

Les temps sont durs pour les entreprises de presse. l’Humanité n’a-t-elle pas besoin d’un patron à pLes temps sont durs pour les entreprises de presse. l’Humanité n’a-t-elle pas besoin d’un patron à plein temps ?

Je suis à plein temps ! Je suis de façon permanente en contact avec le journal, qu’il s’agisse de la rédaction ou des problèmes de gestion. Bruxelles et Strasbourg ne sont plus si loin de Paris.

« L’Humanité a sa part de lumière, de gloire, mais aussi ses parts sombres, voire noires. »

Donc, l’Humanité peut se passer d’un patron qui soit là 24 heures sur 24...

Je répète, je suis à plein temps et même parfois davantage. Certes, mes journées sont bien remplies, mais le travail collectif et son organisation le permettent.

Pierre Laurent vous mentionnait, il y a quelque temps, comme présidentiable. Ça vous a touché ?

Cela a été envisagé. Je n’y tenais pas particulièrement. J’ai toujours considéré qu’il fallait créer les conditions d’une candidature d’un rassemblement le plus large possible. Il n’est pas évident que j’ai été le mieux placé. J’ajoute que j’aurais dû abandonner l’Humanité, ce qui n’est pas souhaitable.

Jean-Luc Mélenchon est mieux ?

Cela va dans ce sens.


Aucun regret de votre part qu’il ne soit pas communiste ?

La question n’est pas de défendre une boutique, un parti, mais l’intérêt de toutes celles et tous ceux qui ont besoin d’un changement améliorant réellement leur vie, c’est donc un nouveau rapport de forces qu’il faut construire. Je suis militant d’un front progressiste extrêmement large, ancré dans la société.

Qui a prononcé ces phrases : « Sale corporation de voyeuristes, vendeuse de papiers. [...] Des chiens [...] qui viennent me mordre les mollets. [...] Une meute, une cléricature qui, de jour en jour, se couvre de ridicule, qui rabâche l’idéologie dominante. » ?

Jean-Luc Mélenchon.

Qu’il parle ainsi des journalistes ne vous gêne pas ?

Je n’ai jamais approuvé tous ces qualificatifs. Le journalisme est un très beau métier. C’est encore plus manifeste aujourd’hui, à l’heure où deux copains ont passé dix-huit mois en captivité. Si les journalistes ne sont plus en Afghanistan, on n’a plus d’yeux ni d’oreilles. Le droit d’être infor
mé est pour moi fondamental. Comme celui d’informer. La contradiction et la confrontation démocratiques sont dues à tous les citoyens. Et le débat
doit pouvoir exister.

Mélenchon dit des bêtises ou il se construit un personnage ?

Ces propos ont été tenus à un moment donné. On ne peut pas décréter d’emblée que les journalistes sont des adversaires, faute d’en avoir de vrais à se mettre sous la dent. Malheureusement, il n’y a plus suffisamment de débats contradictoires à la télévision. On peut être d’accord ou non avec tel ou tel, mais le débat devrait toujours avoir lieu sous la forme d’une confrontation démocratique. Le pluralisme est une nécessité.

Quand Le Canard enchaîné publie une liste des patrons de presse qui sont invités tous frais payés par le régime de Ben Ali, Mélenchon n’a peut-être pas totalement tort ?

Dans un système parfois incestueux, la connivence avec les milieux politiques ou financiers existe.

Dans la liste du Canard enchaîné, on trouve aussi des journalistes de base. Ça ne justifie pas les propos de Mélenchon, sur « la meute » notamment ?

Non. Mais plus de pluralisme, moins de rouleau compresseur médiatique donneraient de l’air à la société.

Il a traité David Pujadas de « larbin » et de « salaud », et Arlette Chabot, Anne-Sophie Lapix et Laurence Ferrari de « perruches ». Vous pensez qu’il a tort d’aller sur ce terrain ?

Oui, mais on parle d’un temps qui, je crois, est révolu.

Pensez-vous qu’il va cesser d’aller sur ce terrain à l’approche de la présidentielle ? Il est votre porte-parole, après tout.

Il est le candidat d’un rassemblement que je souhaite le plus large possible. Il n’est pas mon porte-parole. Je n’attaque pas les personnes. En revanche, le système est étouffant.

L’Europe ne fait pas rêver les médias français... Vous qui êtes à la fois parlementaire européen et journaliste, en comprenez-vous les raisons ?

Ce désintérêt est dû à l’écart considérable entre le rêve européen promis — celui des initiateurs de l’Europe : paix, générosité, fraternité — et la réalité, le quotidien des gens. Le système médiatique en est tributaire. Résultat, la plupart des émissions sur l’Europe sont un échec.

À qui la faute ? À l’Europe ? Aux médias ?

Un peu des deux. Ce qui est sûr, c’est que la campagne uniforme des médias pour faire accepter le traité constitutionnel n’a servi ni les médias ni l’idée européenne. Par exemple, dans l’Humanité, depuis quatre ou cinq ans, nous publions tous les vendredis deux pages « Europe » : un décryptage de l’actualité des nations ou des décisions et des orientations européennes. D’après nos enquêtes, les lecteurs apprécient. C’était d’ailleurs une de leurs demandes. D’autres journaux ont des rubriques sur le sujet. Tout est dans la manière de le traiter. S’il est déconnecté de la vie, évidemment, cela paraît très lointain. Mais, même quand le débat est théorique, les gens s’y intéressent. Rappelez-vous Maastricht en 1992-1993, ou le Traité constitutionnel.

Jean Quatremer, correspondant du journal Libération à Bruxelles, explique qu’il doit se battre avec sa rédaction pour bénéficier d’un peu de place pour ses articles. C’est pareil à l’Humanité ?

Proportionnellement, on traite beaucoup plus l’actualité européenne, et depuis très longtemps.

Vous n’y avez pourtant pas de correspondant.

Parce que nous n’avons plus les moyens d’avoir des correspondants extérieurs. Mais nous avons des spécialistes des questions européennes, qui vont à Strasbourg et à Bruxelles autant que de besoin.

Dans « Le Pacte des Rapaces », vous dénoncez une Europe contre les pauvres. C’est un réquisitoire contre le fonctionnement de l’Union européenne. Pourtant, les journalistes sont globalement très pro-européens, beaucoup plus que les citoyens. Comment expliquez-vous cette rupture entre une population méfiante et des journalistes convaincus ?

Qu’ils soient pro-européens, ce n’est pas un défaut. J’aspire aussi, comme Victor Hugo, à un faire-ensemble, une alliance, une solidarité, une construction d’un projet commun, un partage, y compris des souverainetés. C’est une nécessité. Aujourd’hui, on ne peut pas affronter les grandes questions du monde sans solidarité, sans mettre des moyens en commun. Le problème, c’est la politique mise en œuvre. On a quand même trouvé des milliards pour que les banques continuent de fonctionner, tandis que la malheureuse aide de 500 millions donnée aux banques alimentaires est passée à 113 millions d’euros ! On va peut-être laisser 40 millions de personnes souffrir de sous-alimentation…

Les gens qui prennent ces décisions sont des salauds ? Ils sont pour le moins dépourvus d’humanité. Ils servent les fortunés et la finance et imposent l’austérité aux peuples. Ils servent un système, le capitalisme, totalement injuste et devenu inefficace.

« L’Humanité a sa part de lumière, de gloire, mais aussi ses parts sombres, voire noires. »

Au moment du référendum, 90 % des éditorialistes étaient pour le oui.

Au nom du projet européen. Il y a confusion entre le projet européen, au service de tous, et les choix politiques mis en œuvre. Ils ont fait accepter la Constitution européenne, puis le traité de Lisbonne, en répétant : « C’est le mal nécessaire pour arriver à ce que je veux. » Je suis en absolu désaccord. Le débat démocratique peut faire bouger tout le monde, moi y compris.

Comment expliquez-vous l’incompréhension des citoyens ?

La réalité détourne les gens de l’Europe. Quand les gens souffrent d’une politique, ce n’est pas de la faute des journaux.

Vous ne pensez pas que le fonctionnement des médias aujourd’hui – tous dans le même sens – prive les citoyens d’une information complète ?

Oui. C’est pour cela qu’il y a une crise de la démocratie, de la politique, dans laquelle la presse est incluse.

Comment expliquez-vous que les gens mettent dans le même sac journalistes et politiques ?

L’amalgame n’est pas systématique. Pour une part, la crise de la presse aux États-Unis est une crise des recettes publicitaires. Pourtant, le problème n’est pas seulement économique : il est aussi politique, éditorial, de contenu. Quand les médias américains ont dit tous en chœur que l’intervention en Irak était justifiée par le fait qu’il s’y trouvait des armes de destruction massive et que l’information s’est révélée fausse, cela a créé la crise. À force de penser : « On est le phare du monde, il ne peut rien nous arriver », plus dure a été la chute… laquelle a provoqué chez les gens une méfiance durable.

Mais en France, à quoi est due cette crise de confiance ?

Mêmes causes, mêmes symptômes. L’unanimisme sur des questions fondamentales. Le ronron conformiste.

L’Humanité n’a pas tenu ce discours-là. Or, vous êtes victime de la crise comme les autres.

Nous avons aussi nos problèmes. L’Humanité a sa part de lumière, de gloire, mais aussi ses parts sombres, voire noires. Quand le journal a défendu, contre toute évidence, le fait que le bonheur sur terre existait… dans les pays de l’Est, inévitablement, ça s’est retourné contre le titre. L’Humanité a dit la vérité sur d’autres choses, mais il a menti là-dessus. Cela a créé une distorsion qui n’est pas résorbée aujourd’hui. C’est une tac he sur notre imag e de marque. Le jour où Jean Jaurès a nommé notre journal, l’Humanité, il a choisi le plus beau mot qui exist e. Malheureusement, à cer tains mo ments, ce titre, qui a été clandestin pendant la Résistance, qui a été opposé aux guerres coloniales, pour la paix, pour l’émancipation humaine, a défendu mordicus un système politique, le « soviétisme », qui n’a pas fait progresser l’émancipation.

Qu’est-ce qui nourrit une telle défiance vis-à-vis des journalistes ?

Comment expliquer qu’un journaliste qui travaille au sein d’un média ayant une certaine orientation éditoriale puisse passer chez le voisin sans sourciller ? J’ai du mal à le comprendre. Je ne dois pas être le seul. Et puis, ce sont toujours les mêmes qui ont le droit de donner leur opinion dans les médias. Leurs idées sont contestables, alors discut ons-en. Pourquoi les journalistes de l’Humanité sont-ils interdits d’antenne ?

Vous n’avez pas protesté quand Eric Zemmour ou d’autres ont été jetés des médias…

Je défends la liberté d’expression. Je ne suis pas pour l’interdiction. Je ne suis pas d’accord avec Éric Zemmour et pourtant je suis pour qu’il puisse s’exprimer. C’est la force des arguments qui fait la différence, pas la censure. Je ne suis pas d’accord pour qu’on bannisse certains journalistes parce qu’ils ne seraient pas conformes au modèle en cours. Nous, à l’Humanité, on ne risque pas de nous virer puisqu’on ne nous invite pas.

Que pensez-vous de la personnalisa tion de la politique ? Est-ce une défaite des idées ?

Pour partie, oui. Le système de notre République monarchisée pousse à cela. Le primat est l’élection du président de la République tous les cinq ans. Celui-ci travaille pendant deux ans et demi, ensuite il rentre en campagne pour se faire réélire. À la présidentialisation et à la concentration du pouvoir entre les mains de quelques-uns, s’ajoute un système médiatique — quasiment médiatico-politique — en vertu de quoi on n’invite que les supposés « bons clients ». Donc le philosophe, l’artiste, l’homme ou la femme d’idées, le poète, le musicien qui auraient des choses à apporter sur la compréhension du monde, sur la possibilité de le constr uire ensemble n’existent pas. Même quand un responsable politique a développé des idées. De cellesci, passées au tamis de l’ensemble du système médiatique, ne subsistera qu’une phrase sortie de son contexte.

Vous le faites aussi !

Non. Nous ne sommes pas parfaits, loin de là. Mais nous avons le souci permanent de rendre compte de la complexité des choses, des démonstrations ; c’est pour cela que nous avons des pages Tribunes Idées.

Même quand c’est la droite ?

Dans l’Humanité, on donne la parole même à des gens de l’UMP. Je ne dis pas que tout est irréprochable. Vous savez comment se passe la confection d’un quotidien : il faut compresser, réduire, simplifier. On a le souci de décrypter ce que disent et vivent nos concitoyens et de mener le débat avec eux à partir de ce qu’ils expriment et non pas de ce qu’on voudrait faire croire qu’ils pensent.

Vous tirez à combien d’exemplaires aujourd’hui ?

Pour le quotidien, la diffusion est aux alentours de 50 000 exemplaires par jour. Et 80 000 par semaine pour l’Humanité Dimanche.

En 1945, c’était 400 000 exemplaires…

Oui, mais ça n’a pas duré longtemps.

Quel avenir pour l’Humanité ? Est-ce qu’on peut perdre indéfiniment des lecteurs ?

On ne perd pas de lecteurs, on perd de l’argent. Depuis dix ans, le nombre de nos lecteurs a même très légèrement augmenté. J’estime que le potentiel de l’Humanité-Dimanche est aux alentours de 100 000 exemplaires. Ce sera difficile à atteindre, mais c’est possible.

Quel est votre point d’équilibre ?

L’Humanité-Dimanche dégage de la marge. Le quotidien serait à l’équilibre avec 60 000 exemplaires. Il faut gagner 10 000 lecteurs, ce qui est un objectif très difficile à atteindre. Personne n’y parvient aujourd’hui.

Est-ce qu’on peut vivre indéfiniment des souscriptions et des aides de l’État ?

Non, ce n’est pas viable. Il faut travailler à un modèle économique qui combine l’Humanité-Dimanche — qui a vocation à être plus large éditorialement —, avec un quotidien plus facile à lire, plus simple, plus nerveux, plus subversif et démonstratif, et notre plateforme numérique qui doit être développée.

« Si une compagnie pétrolière pollue la mer, nous le disons. Si elle nous retire sa pub, dommage. Mais c’est anormal et injuste... »

Cela vous ferait gagner les 10 000 lecteurs ?

Nous sommes dans un contexte de baisse de la lecture et de gratuité, donc, ça ne suffit pas. Il faut inventer une combinaison entre papier et plateforme numérique qui, peu à peu, à horizon de cinq ans, pourra nous permettre d’atteindre l’équilibre. Notre projet doit être à la fois économique, industriel et éditorial, utile à la société et au pays en ces temps où il faut aider à trouver des issues progressistes.

Vous pouvez imaginer la suppression de la version papier ?

Je suis un peu refroidi par le système américain. Avec la crise, ils ont tous voulu basculer sur le Net… Ce n’est pas une grande réussite ! Les difficultés sont toujours là. Pour ma part, je lis des journaux papier tous les jours. Il m’arrive de lire Le Monde sur Internet à 13 heures, mais j’ai besoin de le lire aussi sur papier. C’est peut-être une question de génération. L’histoire montre quand même que jamais un média s’inscrivant dans une modernité supposée n’a effacé le précédent. Vraisemblablement, papier et Toile vont cohabiter. Même si le numérique aura des conséquences sur la manière de traiter le papier.

TF1 et Lagardère dans votre groupe, ça pose des problèmes ou c’est juste une question de confraternité ?

Confraternité, oui ! Et pluralisme aussi. Quand je suis arrivé, la crise était telle que nous étions au bord du dépôt de bilan. Nous avons alors créé plusieurs sociétés : une société des lecteurs, une société des amis de l’Humanité, une société des personnels, et une dernière susceptible de recevoir des fonds de particuliers ou d’entreprises attachés au pluralisme de la presse et qui ne voulaient pas voir disparaître l’Humanité. C’est en ce sens-là que des entreprises nous ont aidés.

Subissez-vous des pressions des politiques ou des annonceurs ?

Bien sûr ! Il nous est arrivé d’écrire sur un sujet et de recevoir immédiatement interventions et coups de téléphone, sur le mode : « Vous n’aurez plus un millimètre de publicité de notre part. » Voilà la liberté… Ça arrive souvent ? Assez souvent.

Par exemple, avec Carrefour, pour prendre un gros annonceur ?

Carrefour ne fait plus d’annonces dans l’Humanité depuis longtemps, parce que nous avons traité la situation des caissières précaires à deux reprises.

Ça vous prive de nombreux contrats…

Certes. Mais notre métier est d’expliquer des situations. Si une compagnie pétrolière pollue la mer, nous le disons. Si elle nous retire sa pub, dommage. Mais c’est anormal et injuste car tous les consommateurs paient la publicité des produits dans le prix d’achat, y compris les lectrices et lecteurs de l’Humanité.

Il vous reste des annonceurs ?

La par t de la publicité dans le chiffre d’affaires de l’Humanité n’est que de 10 ou 11 %…

Si vous étiez élu président de la République, quelles mesures prendriez-vous pour la presse ?

Je ferai appliquer la Constitution, selon laquelle l’État est garant du pluralisme de la presse. Il faudrait aussi revenir à une sorte de Haut Conseil des médias, et puis organiser un audit. Il existe de bons outils, comme le groupe France Télévisions ou Radio France, qui ne doivent pas disparaître. Il faudrait leur insuffler plus de diversité et les ouvrir davantage encore au pluralisme. France Télévisions fait des efforts en ce sens.

Vous reviendriez sur le mode de nomination des présidents de l’audiovisuel public ?

Absolument. Pourquoi n’inventerions-nous pas un système où les organisations syndicales et les associations de téléspectateurs auraient voix au chapitre ? Devoir son poste à un président de la République entache de facto toute nomination. Il faut trouver un mécanisme de nomination à partir des conseils d’administration, dans lesquels les membres sont choisis à proportion de ceux qu’on veut y voir représentés. Le CSA n’est pas suffisant, il devrait être beaucoup plus large et pluraliste.

Doit-on interdire les groupes qui dépendent des commandes de l’État ?

Interdire me semble peu praticable. Mais il ne faut pas permettre qu’ils soient les seuls à avoir les moyens de vivre. Il faut donc soutenir le pluralisme en aidant les titres indépendants qui n’ont pas la puissance de frappe d’un groupe industriel. Il faut réactiver des dispositifs anticoncentration en les adaptant. Il faut fortifier le service public, et accepter une mixité des médias. Par contre, des systèmes de contrôle publics et citoyens devraient exister pour assurer le pluralisme. Le travail indépendant des rédactions doit être absolument garanti. Des chartes ou des contrats éditoriaux pour raient être mis en place entre les équipes rédactionnelles et les propriétaires de ces groupes. Pour des jour naux comme l’Humanité et d’autres, pourquoi ne pas aider des statuts de coopératives ou de fondations, et re chercher des alliances pour cocréer des radios, plateformes numériques ou télévisions ?

Finalement, vous êtes assez peu communiste !

Peut-être devrait-on avoir un débat sur ce qu’est être communiste, au sens de la mise en commun, dans le monde actuel.


 
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