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Zoé :

Les médias ? Un labeur quotidien

par Guy-Pierre Bennet

Zoé... vous connaissez Zoé ? Mais oui ! Cette chanteuse un peu déjantée qu’on a vue à la télé. Si vous ne la connaissez pas (encore), c’est qu’elle est justement en équilibre sur ce fil ténu qui sépare la notoriété de la popularité. Un moment charnière où les médias jouent un rôle important. Mais, avec cette personnalité-là, les médias, ça se gère.

Pourquoi Zoé ?

Parce que c’est mon vrai prénom ! Si ma mère avait eu un garçon, elle l’aurait baptisé Casimir ! Je suis donc très contente d’être une fille. Zoé, c’est bien. Ça veut dire « vie » en grec, c’est un prénom court, efficace, pas habituel.

Pour les médias, que faut-il franchir comme obstacles pour être autre chose qu’une « fille de plus » dans le paysage déjà encombré de la chanson d’expression française ?

C’est une question d’identité. Les médias ont une certaine tendance aux étiquettes, aux filiations et aux comparaisons. Moi, ils ont tenté de me caser dans la catégorie « rigolote ». Ça n’est vrai qu’en partie. Je ne suis pas une rigolote ad libitum. Il y a plusieurs facettes chez moi et on les retrouve dans mes chansons et dans mes spectacles. Comme chacun, je suis tout et son contraire. Là est ma différence, mon identité. Elle vient sans doute de ma culture et de ce que je suis belge. Blonde et Belge ! Avec un tel handicap, j’ai intérêt à être originale ! Blonde et Belge ! On a dû vous la sortir souvent, celle-là ! Oh là là ! Mais j’ai été la première à la sortir sur scène !

C’est difficile d’intéresser les médias ?

Il faut un peu de chance, beaucoup de travail, du talent, de la patience et des gens à vos côtés qui ont de l’énergie et qui croient en vous. Ensuite, c’est aux journalistes de faire leur travail, d’aimer ou de ne pas aimer. Et de dire pourquoi. Faire venir des journalistes à un spectacle qui ne bénéficie pas nécessairement d’un gros battage publicitaire n’est pas facile. Et pourtant, c’est capital : tout spectacle est un énorme investissement en temps, en travail, en énergie, en argent.

Sortir votre premier album chez Luc Besson, c’est une chance ?

Évidemment ! D’autant qu’EuropaCorp n’avait jamais signé avec un artiste de variétés avant moi. Mais il y a eu le revers de la médaille. Avant Besson, j’intéressais des magazines, des journaux, des émissions de télévision disons… un peu sérieux. Ces mêmes médias ont trouvé qu’à partir du moment où je m’engageais avec une maison dotée d’un tel pouvoir médiatique, mes projets devenaient mégalos. Bien sûr, ça n’est pas formulé aussi clairement, mais on m’a reproché de rentrer dans un système. « Le » système, devrais-je dire. Du coup, j’ai relativement perdu le soutien pointu qui m’était acquis, sans pour autant bénéficier des médias vraiment populaires. Mais je n’ai pas la solution qui me permettrait de résoudre le problème de la quadrature du cercle !

photo : Liza Rose
photo : Liza Rose

« J’ai avec moi une équipe de "harceleurs" dont le boulot est de faire venir les journalistes. »

Comment travaillez-vous avec les médias ?

Travailler avec les médias, c’est comme bien conduire pour arriver à son travail en vie ! Ça fait partie du métier. C’est un labeur quotidien, de longue haleine, et qui porte ses fruits puisque je n’ai quasiment qu’une bonne presse. Mais ça n’est pas un travail solitaire. J’ai avec moi une équipe de « harceleurs » dont le boulot est de faire venir les journalistes. Ensuite, le mien est de les séduire, de les convaincre, d’être disponible et professionnelle.

Comment passe-t-on de la notoriété à la popularité ?

Par un succès populaire ! Une chanson qui « marche » et permet au public de découvrir le reste. C’est l’histoire de « Cœur grenadine » de Laurent Voulzy, face B d’un disque dont le public s’est entiché à la surprise générale. Tout succès est un accident. C’est un moment d’adéquation entre le public et un artiste. Et le rôle des médias est, là, très important parce qu’ils sont le vecteur de cette mystérieuse adéquation.

Mais est-ce qu’une bonne télé à la bonne heure ou un bon papier dans le bon canard, au bon moment, ça aide ?

C’est un ensemble. De la télé, de la presse, de la radio, des apparitions sur les nouveaux médias, Internet… Il n’y a pas de règle, sauf qu’il faut une chanson pour accrocher l’audience populaire.

Est-ce que c’est un danger dans le cours d’une carrière que de faire passer une image en particulier au détriment d’une autre ?

Je ne le pense pas. C’est simplement quelque chose qu’il faut gérer. La popularité se gère. Derrière un succès, on peut tout faire à condition de savoir où l’on va.

Quels sont les compromis que vous n’accepteriez pas, même en échange d’un événement médiatique dont vous sauriez qu’il est important pour votre carrière ?

Si c’est une tentative de séduction, je vous le dis tout de suite : je ne couche pas ! Plus sérieusement… Interpréter une chanson que je n’aimerais pas. Faire des choses que je ne sens pas. Je serais fausse et ça se verrait.

Vous feriez « Star Academy » ?

On me l’a déjà proposé, mais… non. Je ne le ferais pas. En tous les cas, pas pour l’instant.

Vous êtes plutôt satisfaite de vos rapports avec les médias ?

Oui. Je pense que, jusqu’à présent, les médias me lisent très bien. Certes, je regrette quelquefois les questions un peu stéréotypées, du type « Alors : Belge et blonde ? » ou encore «  Et vos rapports avec Besson ? ». Je n’ai pas l’intention de me teindre en brune et je ne connais pas Luc Besson que je n’ai vu que deux ou trois fois dans ma vie !


 
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