Faire la liste de ses réseaux donne le vertige et pourrait même éblouir, tant elle semble à l’aise dans les milieux les plus différents. On doit lui concéder une vie multiple qui l’a conduite d’une famille italienne de la haute bourgeoisie aux podiums de la mode pour fouler aujourd’hui les perrons de l’Élysée. Alors, autant commencer par le début, la période Carla reine des défilés. Qu’elle ne renie pas et qui lui sert aujourd’hui de marchepied. Des réseaux baroques, à l’image de sa propre vie : le top modèle, l’égérie de la gauche Saint-Germain-des-Prés, la chanteuse bobo. Autant de facettes qui ne se dissolvent pas quand elle épouse un président de la République pourtant classé dans une droite « décomplexée », qui se moquerait de la bien-pensance et de ses affluents culturels.
Ne jamais l’oublier — mais le peut-on quand on la voit gracieusement assise au premier rang des cérémonies de l’Appel du 18 juin à Londres ? —, Carla Bruni a donc été mannequin. Pas une des plus célèbres, telles Naomi ou Claudia, mais à coup sûr une des plus singulières du circuit : « Les journalistes la connaissent depuis cette période, raconte Laurent Joffrin, directeur délégué de Libération. Quand on cherchait un mannequin qui avait quelque chose dans le cigare pour répondre à une interview, on l’appelait. » Marginale aussi parce que bien élevée dans un milieu où les filles, souvent vulgaires, font caprices sur caprices. Culottée, elle trace sa route là où son physique pourrait ne paraître que mignon pour s’imposer à la une de certains magazines prestigieux de la mode. Hélas ! pour elle, elle ne fera jamais celle du Vogue US, bible du milieu.
Heureusement, Carla Bruni a su tisser des liens qu’elle conservera vingt-cinq ans plus tard. À commencer par sa relation avec Pascal Rostain. Célèbre paparazzi, il ne s’est jamais caché de l’amitié qui le lie à la première dame de France. D’ailleurs, c’est lui qui signe les fameux clichés pris en décembre 2007 à Eurodisney, fixant sur papier glacé l’idylle entre Nicolas Sarkozy et celle qui allait devenir son épouse deux mois plus tard. En dépit de son CV sulfureux, Pascal Rostain deviendra un habitué de l’Élysée. On lui doit les images prétendument « volées » de Disney, mais aussi des séries, publiées dans Paris Match, de Carla préparant son premier dîner officiel, ou assise derrière le bureau présidentiel. Le président de la République, lors de cette dernière séance, a d’ailleurs immortalisé le photographe assis à son propre bureau avec sa femme. Comme adoubement, on peut difficilement faire mieux.
De cette période glamour, l’épouse du chef de l’État garde donc un allié-ami officiel paparazzi et une attachée de presse qui gère les demandes qui viennent du monde entier, Véronique Rampazzo. Elle a son bureau à l’Élysée et a supplanté Pierre Charon (conseiller com’ officiel au Château dans la gestion de la presse). Véronique Rampazzo, son ancienne bookeuse, chargée des relations avec les médias, procède aux arbitrages et coordonne son agenda avec celui du Président. Tous les choix ne sont pas toujours les bons, la méthode people surprend, agace, dérange. « Elle s’est servie de nous pendant longtemps, raconte le patron de la rédaction d’un hebdo people. Aujourd’hui que les temps sont durs pour son mari, elle joue moins avec les paparazzis comme elle pouvait le faire avant, pour faire sortir ses histoires sentimentales au grand jour. » Cependant, un certain modus vivendi règne. La preuve ? Cet été, peu de photos de Carla en maillot au pied du cap Nègre avec ses anciens fiancés sont arrivées, comme l’an passé, sur lesbureauxdeshebdospeople.La consigne anti-bling bling semble avoir été respectée, y compris par les chasseurs d’images pourtant peu sensibles aux instructions des puissants.
Mais la première dame ne néglige pas pour autant une certaine presse peu en cour jusqu’alors à l’Élysée : grand entretien dans Femme actuelle avec cinq lectrices sélectionnées par la rédaction en mai 2009 avec, au milieu de la conversation, irruption de son époux qui gèredescrisesinternationales et rend la scène irréelle alors que la première dame lui donne du « chouchou » devant les commères médusées. Invitation systématique de Colombe Pringle, la patronne de Point de vue, dans ses déplacements officiels alors que les places sont très limitées... au point de susciter l’ire des vieux journalistes politiques accrédités à l’Élysée qui ne comprennent pas toujours ce traitement de faveur alors qu’eux-mêmes ont du mal à prendre place dans les avions officiels. Lors du voyage présidentiel en Inde, en janvier 2008, quelques semaines après la rencontre, c’est la même Colombe Pringle qui apprendra ainsi aux journalistes politiques purs et durs que Carla Bruni n’ira pas au Taj Mahal, alors que le doute avait plané jusqu’au dernier moment sur sa présence lors de la visite par le président de la République du fameux temple de l’amour. « Franchement, c’était parfaitement grotesque, raconte un journaliste politique qui a vu de près l’irruption de la folie Carla à l’Élysée et dans les rédactions. On aurait dû se méfier et se dire que le pire allait arriver après un début pareil... »
« Il n’est pas rare qu’elle finisse ses textos par un “je suis déçue”, jouant de l’affectif, son registre préféré. »
Mais avec Point de vue, Carla Bruni touche un public plus large, plus féminin, amateur de princesses, d’intrigues de cour, d’histoires monégasques. Le magazine lui-même appartient au même groupe de presse que L’Express, partage les mêmes locaux et s’offre une prise de choix. Après les aventures de Rachida Dati largement couvertes par Point de vue, c’est une autre « princesse de la République » qui apparaît très souvent en une et permet d’élargir le lectorat. Et de se débarrasser de son image de bulletin de la vieille France royale. Ainsi, même si les relations se sont distendues entre la première dame et la patronne de l’hebdo, en 2010, sur quarante-deux couvertures, Carla Bruni fait encore la une sept fois. Alors que l’année a été dense en matière de têtes couronnées, avec un mariage royal en Suède et les fiançailles monégasques d’Albert II. Mais Carla, l’ancienne mannequin, peut rivaliser avec Caroline de Monaco ou bien Letizia d’Espagne...
Carla Bruni Sarkozy a gardé d’excellentes relations avec la presse féminine, de Elle à Vogue. En septembre 2008, elle fera la une de Vanity Fair aux États-Unis, avec ce titre : « Carla Bruni, the new Jackie O ? » En 1992, le même journal avait titré la « Dolce Carla ». Cette fois-là, pas d’image de la première dame en robe longue rouge sur les toits de l’Élysée, mais des images d’Helmut Newton qui mettent en valeur ses jambes et ses fesses avec la liste de ses amants en accroche du papier.
« Carla offre sa première interview à L’Express. Cinq jours de travail “en empathie”, comme le dira Barbier, qui devra faire face à une petite fronde de ses journalistes. »
Seize années plus tard, le ton a bien changé. La suite, médiatiquement s’entend, sera encore meilleure. Carla Bruni a été la compagne de Raphaël Enthoven, elle est la mère de son fils Aurélien. Philosophe, producteur et animateur sur France Culture, Raphaël Enthoven lui a ouvert les portes de la grande bourgeoisie de gauche, plutôt bien représentée dans les médias. Cette union qui aurait pu rester dans l’ombre a été rendue publique et largement commentée quand Justine Lévy, fille de BHL et ex-épouse de Raphaël Enthoven, a raconté dans « Rien de grave » (Stock, 2004) comment elle s’était fait piquer son mari par celle qui était alors la compagne de son beau-père... Cette publicité assassine n’affectera pas Carla Bruni. Elle gardera même de la période Enthoven de solides amitiés dans la presse. Dont celle de Christophe Barbier, le directeur de la rédaction de L’Express, éditorialiste multicartes et multisupports. Enthoven et Barbier ont été ensemble à Normale Sup, ils sont depuis restés proches. Entrée dans cet univers germanopratin qui n’est pas le sien, Carla sera présente au mariage de Barbier avec la directrice de la com’ d’Hermès. Une fois à l’Élysée, en 2008, elle offrira sa première interview de première dame à L’Express. Cinq jours de travail « en empathie », comme le dira Barbier, qui devra faire face à une petite fronde de ses journalistes dont certains n’ont toujours pas compris l’interview. « C’était un coup, dit l’un d’eux. Aujourd’hui, on voit bien que s’il faut taper Sarko, on tape. Mais on a toujours un doute, vu les relations de madame avec Christophe Barbier. » Cette question délicate — quel est le coût déontologique d’une une sur la nouvelle madame Sarkozy ? — agitera Libé à peu près à la même époque. Le quotidien lui ouvre en effet ses pages en mai 2008. Laurent Joffrin ne regrette pas « ce grand coup ». « On a fait beaucoup de ventes, même si ça nous a aussi valu beaucoup d’ennuis avec nos lecteurs. » Une « gentille » manif attendait la nouvelle première dame de France au pied de Libé, au son de « Carla Bruni au RMI », sans compter le désaveu d’une partie du service politique du journal qui refusera de participer à l’interview. Non plus que les e-mails et les courriers furieux des lecteurs. Aujourd’hui, le patron de Libé se refuse à livrer de quelconques chiffres de désabonnement, mais l’opération a donné des sueurs froides aux services commerciaux du journal. Et, quand il n’est pas content, le lecteur du quotidien de la rue Béranger est rarement tendre, lâchant sur le Web, suite à l’opération, les mots « trahison », « honte » et autres qualificatifs peu amènes.
Le patron de Libé explique aujourd’hui qu’ayant dîné avec celui de la maison de disques de Carla (la chanteuse), ce dernier lui avait proposé de monter l’interview. Qu’il avait accepté d’autant plus qu’il connaît Carla période Raphaël Enthoven. « Nous étions voisins avec sa mère, Raphaël a été le baby-sitter de mes enfants, nous sommes restés en contact, les liens sont anciens et Carla, je l’ai naturellement beaucoup croisée. » Techniquement, ladite interview se déroulera en mai 2008, dans le bureau de Laurent Joffrin à Libé, avec le rédacteur du service culture Ludovic Perrin, spécialisé en chanson française (qui rejoindra la fondation BruniSarkozy quelques mois plus tard comme rédacteur de portraits), Paul Quinio, chef de la politique, Gérard Lefort, chef de la culture à l’époque, et Marie Guichoux, alors directrice adjointe de la rédaction. Pas de rédacteur de base. « On avait boudé, dit un des journalistes du service politique. Ce truc n’avait aucun sens. Déjà que, quand on avait le malheur d’être méchants avec Sarko, elle dégainait les SMS vengeurs, alors assister à ça... » « SMS vengeurs » dans lesquels elle reproche systématiquement aux journalistes de raconter « n’importe quoi » et d’en vouloir « à son mari ». Il n’est pas rare d’ailleurs qu’elle finisse ses textos par un « je suis déçue », jouant de l’affectif, son registre préféré... Laurent Joffrin se souvient : « Elle est venue seule, sans conseiller, avec ses gardes du corps, mais c’est tout. » Elle boira du Coca light avec eux dans le bureau tout en parlant et restera une bonne partie de la journée pour voir comment le journal se fait. Et grimpe sur la terrasse de la rue Béranger pour admirer la vue. « Elle n’a de toute façon pas besoin de conseiller com’, elle sait parfaitement maîtriser sa parole, poursuit Joffrin. Elle est un peu trop charmante dans le fond, toujours d’accord avec tout le monde. On la dit de gauche, mais bon si c’est être pour la paix et contre la guerre, alors oui, elle est de gauche... » C’est l’anti-Cécilia.
« En 2010, sur 42 couvertures de Point de vue, Carla Bruni fait la une sept fois. »
L’épouse précédente de Nicolas Sarkozy gérait tout, passait des coups de fil aux journalistes et aux patrons de presse pour vérifier comment allaient se dérouler les interviews, qui était susceptible de venir aux déjeuners, jusqu’à vérifier le menu, sans pour autant user de la méthode Carla : communication par la séduction, simplicité feinte ou réelle, proximité. « Et il faut dire que, lorsqu’elle te regarde dans les yeux en mettant la tête de côté, tu ne peux pas t’empêcher d’être séduit, même si tu veux garder tes distances, tu oublies que tu es là pour faire du journalisme et de la politique », rigole un journaliste télé. Pas besoin de dire aux caméras quand elles peuvent tourner, Carla Bruni est toujours raccord dès qu’il y a des journalistes autour. Elle sait d’autorité comment se placer, bouger pour apparaître sous son meilleur jour à l’image. Et quand elle refuse d’être filmée, parce que la lumière la gêne ou qu’elle a le soleil dans les yeux, « elle nous le fait comprendre, poursuit le même journaliste. Honnêtement, on peut attendre pour elle et lui faire plaisir ». Bref, personne ne bronche.
Cette séduction, c’est son rôle politique. Ou plus exactement une arme à laquelle aucun journaliste accrédité à l’Élysée n’est habitué. Ni Danièle Mitterrand, ni Bernadette Chirac, ni Cécilia Sarkozy n’ont fonctionné de cette façon. Non pas qu’elles n’aient pas eu de relais, de réseaux, ou de bons amis dans la presse. Mais « il doit leur manquer le passé de top modèle et de grande séductrice », poursuit le même journaliste. Carla n’a pas peur de parler de sujets privés, de rire avec ses interlocuteurs, voire de laisser son numéro de portable sans réticence.
De cette période rive gauche, sont également restés des liens forts avec Denis Olivennes, alors boss de la Fnac et désormais patron du Nouvel Obs, ainsi qu’avec la rédaction des Inrocks. Frédéric Allary, ancien directeur général des Inrocks, explique ainsi qu’elle n’a pas hésité à faire un gros chèque, en toute discrétion, au journal qui cherchait de l’argent en 2005 et qu’elle lui ouvrira son carnet d’adresses pour trouver des donateurs. L’hebdo avait chaleureusement soutenu sa reconversion en chanteuse. Comme Libé ou Télérama, soit dit en passant... Dans ces journaux qui ont encensé son premier album, on rappelle que l’époque était à la renaissance d’une certaine chanson française, soutenue par la presse de gauche. Simple affaire de goût et de libre arbitre, qu’on n’aille surtout pas chercher d’autre explication à son succès média. « Quelqu’un m’a dit », son premier album, qui remportera une Victoire de la musique, a été encensé par la critique. Mais quand la chanteuse devient la femme de Nicolas Sarkozy, le président que la gauche adore de plus en plus détester, comment continuer à avoir des liens d’amitié, ou supposés tels, avec la femme de l’homme qu’on brocarde à longueur de unes ? Et comment traiter ses nouveaux disques, notamment le dernier, conçu à l’Élysée ? À Télérama, on cherchera un subterfuge, en proposant une interview croisée entre Christine Angot et la chanteuse — laquelle annulera au dernier moment pour cause d’« agenda trop chargé ». Télérama, sous la plume de Valérie Lehoux et Hugo Cassavetti, se fendra d’un édito pour expliquer que cette annulation vaut brevet d’indépendance, dans la mesure où ils ne « s’estiment pas conquis par avance » par le disque... Comme à Libé, les lecteurs de Télérama ne comprendraient pas qu’on déroule le tapis rouge à l’épouse du Président. D’ailleurs, à Libé, la consigne est désormais claire : si nouvel album il y a, il sera traité comme tous les autres dans les pages culture. Y compris si Carla se donne la peine d’inviter à des séances d’écoutes le journaliste spécialisé, presque en tête-à-tête dans son intérieur cosy.
« Il n’est pas rare qu’elle finisse ses textos par un “je suis déçue”, jouant de l’affectif, son registre préféré... »
Les relations se sont, semble-t-il, refroidies aussi avec Point de vue, qui titrait le 27 octobre : « Carla et Nicolas, un couple dans la tourmente. » Ce n’est plus le ton des reportages flatteurs d’il y avait quelques mois. Certes, la politique de la séduction continue à opérer, comme à Madame Figaro. Un numéro spécial de mars 2008, né dans la tête de Pierre Charon qui fait alors encore office de conseiller com’, qui tient la main de la présidente et met en scène une Carla modeste, timide, effacée, fille de bonne famille. Le visage de la « rédactrice en chef » exceptionnelle de ce numéro s’affichera sur tous les kiosques et abribus de Paris. Dans les pages shopping, elle donne notamment ses conseils d’achat, ses bonnes adresses, ses coups de cœur, bien évidemment inaccessibles au Français moyen. Certes, on est dans Madame Figaro, sauf que le numéro spécial tombe pile au milieu des élections régionales, calamiteuses pour la droite. Un certain nombre d’élus UMP, qui louaient les vertus apaisantes de Carla sur le Président, trouvent que ça commence à bien faire, que les relations directes avec l’opposition et les journalistes, c’est formidable, mais qu’il ne faudrait pas que la première dame joue trop contre son camp.
Ces mêmes élus voient sa jolie main derrière certaines nominations que la droite d’en bas ne comprend pas toujours. Frédéric Mitterrand à la Culture, ou bien l’arrivée de Jean-Luc Hees à la tête de Radio France puis celle de Philippe Val, l’ancien patron de Charlie Hebdo — journal peu connu pour sa sarkophilie — à la tête de France Inter. Val, Jean Luc Hees et Carla Bruni se connaissent bien, mais les amis de Philippe Val qualifient de ridicule un quelconque soupçon de favoritisme.
On voit aussi son influence dans l’adoption de la loi Hadopi, qui sanctionne le piratage Internet. Une loi directement tirée d’un rapport rendu à l’Élysée par Denis Olivennes. Plus récemment, ses amis cinéastes ont pu plaider, grâce à elle, leur cause à l’Élysée, alors que le financement du cinéma aurait pu être menacé par la décision sur la TVA qui touche les tarifs triple play. « Évidemment, moi, je ne peux pas lui passer un coup de fil pour mobiliser quinze cinéastes et producteurs qui défendront mon business, note, perfide, un opérateur de l’Internet. Alors, pour moi, la TVA augmente sans que je puisse plaider ma cause avec des stars. » Reste que ce mélange de séduction et d’affectif dans la politique et dans les médias peut se retourner avec brutalité. Au printemps 2010, alors que bruissaient des rumeurs d’infidélité dans le couple présidentiel, Carla Bruni Sarkozy a dû aller gérer elle-même les dégâts collatéraux sur Europe 1. Provoquant un pataquès au sommet de l’État, tout en essayant de minimiser la guerre qu’elle mènerait contre Rachida Dati, accusée par certains de colporter les rumeurs. Le 30 janvier, elle avait déjà eu fort à faire avec Harry Roselmack, qui présente le journal inattendu sur RTL, dont elle était ce jour-là rédactrice en chef. En pleine tourmente de l’affaire Clearstream, le journaliste lui pose légitimement une question sur les suites du procès. Pendant la pause de pub, furieuse, sous les yeux médusés des réalisateurs et des journalistes qui assistent à l’émission de l’autre côté de la vitre du fameux studio rouge, elle se décompose et, physiquement transformée, menace de quitter l’antenne si d’autres questions du même genre lui sont posées. Une attitude jamais vue dans cet exercice généralement très apprécié par les invités qui sont mis en valeur, font un journal qui leur plaît et mettent en avant des personnalités qu’ils souhaitent faire découvrir aux auditeurs de la station.
« Avec Harry Roselmack, sur RTL, Carla Bruni menace de quitter l’antenne si d’autres questions du même genre lui sont posées. »
Depuis, la première dame se fait plus rare. À part dans les deux bios 1, sorties simultanément qui lui sont consacrées. Un documentaire programmé en catimini sur France 3 en octobre, « La voie de Carla », réalisé par Marc Berdugo, fait le miel des internautes qui moquent le ton et les poses de la première dame, qui visite les cuisines et supervise le rangement de la vaisselle de l’Élysée. Comme cette scène, reprise des milliers de fois sur le Web, où l’on voit Carla Bruni sous la caméra du réalisateur s’extasier devant une petite cuillère qu’il « faut légèrement secouer » pour que le sucre tombe. Avec moult détails sur le raffinement français en matière d’argenterie... Résultat, on l’entend moins, on la voit moins dans les déplacements. Sa fondation est au point mort. Elle se tait. En attendant la campagne de 2012, dont elle dit souvent aux journalistes qu’elle ne la souhaite pas comme épouse. « Elle sait qu’elle doit faire attention, dit Laurent Joffrin. Elle pourrait vite tomber dans le syndrome Marie-Antoinette. » Riche, belle, intello, bien élevée, drôle, très, très loin du peuple. Un régal pour les journalistes qu’elle fréquente. Une possible catastrophe sur les électeurs de son mari. ■

Revue Médias















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