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Ma vie avec les médias

Pierre Cassen : "Les médias n’osent pas se frotter à l’islam"

par Robert Ménard et Emmanuelle Duverger / Photos : Pierre-Anthony Allard

Il a fait parler de lui lors de l’apéro « saucisson-pinard » du 18 juin 2010. Dans la presse, il a été vite — un peu vite ? — traité de « laïcard » et de « facho ». Que Pierre Cassen déteste l’islam, cela ne fait guère de doute. Pour le reste, le parcours pour le moins étonnant de cet ancien typographe « syndicat du Livre » laisse entrevoir une personnalité plus complexe. Rencontre.

Vous avez démarré votre carrière comme typographe.

À l’époque de la transition entre le plomb et la photocomposition. J’ai fait partie des gens qui ont été formés à la typographie à 14 ans et qui, à 22 ans, n’avaient plus de métier.

On dit que les typographes étaient de véritables aristocrates.

Notre métier demandait quatre années d’apprentissage. Il fallait être bon en orthographe et avoir une bonne culture générale. D’où les « aristocrates de la classe ouvrière » : à l’époque où seuls les nobles portaient l’épée, les typographes avaient aussi ce droit. Un symbole très fort. Dans la presse parisienne, les typographes étaient les rois. Tout le monde les respectait et les craignait. Il suffisait qu’ils décident d’arrêter de travailler pour que tout soit bloqué. La profession la plus structurée, la plus organisée, la plus professionnelle.

Très « organisée » ou très corporatiste ?

Pas un corporatisme négatif, mais la fierté de notre culture, de notre savoirfaire, de nos traditions. On défendait les auxiliaires, ceux qui nettoyaient les ateliers par exemple, mais on n’allait pas se battre pour qu’ils aient le même salaire que nous. Nous formions un syndicat de métier, alors que, en province, la tradition allait plus vers les syndicats interprofessionnels. À la CGT, finalement, on défendait les acquis, les salaires, les conditions de travail, mais moins la compétence, l’outil professionnel, la valeur. Nous, on y tenait.

Vous n’étiez pas tous d’accord entre vous...

C’est vrai. Les conflits internes à la CGT étaient souvent plus féroces que les conflits entre CGT et CFDT. Tant que l’opulence régnait dans la presse, qu’on pouvait payer les effectifs, tout allait bien. Les ouvriers du Livre n’étaient pas les seuls à bien vivre, les rédactions aussi en profitaient... Ça s’est dégradé quand la presse a commencé à gagner moins d’argent, et avec l’arrivée de certains outils qui ont mis sur le même plan ouvriers du Livre, journalistes et secrétaires de rédaction. Dans nos professions, les traditions démocratiques n’étaient pas forcément de mise... Certains rotativistes étaient très influencés par la culture du Parti communiste : celui qui tape le plus fort a raison !

Cette aristocratie coûtait cher. Vous n’aviez pas des salaires d’OS. Et si la presse française coûte 20 % de plus qu’à l’étranger, c’est en partie dû à vous ! Oui et non. Très souvent, les journalistes pointaient du doigt les ouvriers du Livre. Mais dans les rédactions aussi, on savait bien vivre ! Souvent, ils nous assénaient : « Oui, mais nous, on a fait des longues études, alors que vous, vous n’avez que votre certificat d’études plus trois ans de formation. » Où est le problème ? Avoir des salaires « exorbitants », ou n’être que des ouvriers par rapport à des gens qui se croient des intellectuels ? Intéressant à approfondir, non ? Au Figaro, par exemple, je n’ai jamais entendu dire que Alain Peyrefitte était trop payé, alors qu’il touchait dix plaques mensuelles, avait un chauffeur, mais ne passait au journal qu’une fois de temps en temps...

« Le Livre avait développé un service d’ordre capable de se déployer très vite, avec 300 types disponibles en permanence et capables d’entrer dans les ministères. »

À la grande époque du syndicat du Livre, personne ne se tuait au boulot...

La particularité de notre travail, qui justifiait nos effectifs, c’est qu’il se faisait dans un temps très réduit. Trente-cinq heures, en presse, ça n’a pas de sens ! Dans un quotidien, l’essentiel du travail était concentré sur les deux dernières heures, et là, il fallait du monde si vous vouliez sortir à temps. On avait des impératifs : un journal qui boucle avec un quart d’heure de retard peut louper les transports et la province ne sera pas approvisionnée ! Mais je ne vous cache pas que le syndicat savait jouer de son rapport de force pour négocier des effectifs qui étaient parfois plus que suffisants pour faire le journal.

Tout cela est terminé maintenant : la crise est passée par là...

C’est plus que terminé : dans les rédactions, le syndicat du Livre en tant que tel n’existe plus. On ne trouve plus qu’une poignée de syndicalistes CGT devenus, pour quelques très rares d’entre eux, journalistes.

C’est quand même le syndicat du Livre qui, aujourd’hui, prend la presse à la gorge. Pas les typographes en tout cas : il va falloir trouver autre chose, il n’y en a plus ! Le vrai problème est la presse écrite elle-même... Toutes les dernières expériences ces vingt dernières années ont été des fiascos.

Il n’y en a quasiment pas eu. Même le Bild, qui voulait s’installer en France, a reculé à cause des surcoûts, directement liés au syndicat.

Mais les journaux qui se font en dehors des entreprises de presse traditionnelles ne marchent pas forcément mieux.

À quel âge êtes-vous parti à la retraite ?

À 53ans, avec environ 85 % de mon salaire. J’étais alors à La Tribune. Je ne suis pas parti par paresse, mais parce qu’on n’avait pas le choix ! Les patrons de presse sont allés voir Nicolas Sarkozy qui était, à l’époque, ministre des Finances. Ils lui ont expliqué que la presse allait mal, ce qui était vrai, qu’elle coûtait cher, sans doute, et qu’il fallait sauver la démocratie (je suis plus perplexe sur l’argument). Il fallait donc que le gouvernement participe à un gigantesque plan social, pour « nettoyer les écuries ». Ils ont signé un accord pour des départs en préretraite à partir de 50ans. Un accord financé à 70 % par l’État, avec vos impôts et les miens, et à 30 % par les patrons de presse. On devait partir sans être remplacés, évidemment.

Le syndicat du Livre était très violent : quid de l’attentat contre André Bergeron ?

C’était durant le conflit du Parisien libéré, entre 1975 et 1978. Je ne suis entré en presse qu’en 1977, donc je ne sais pas. J’ai effectivement été confronté à la haine qui prévalait à l’égard de FO, accusé d’avoir été un briseur de grève pendant le conflit du Parisien libéré, mais je n’ai jamais participé à un rodéo et je suis incapable de vous dire si c’est un coup du Livre. J’ai pourtant beaucoup fréquenté leur service d’ordre mais je n’ai jamais entendu quoi que ce soit sur cette affaire.

Émilien Amaury, le patron du Parisien, victime d’une chute de cheval... à pic, non ?

Si vous voulez me faire dire que le service d’ordre de la CGT a piqué le cul du cheval pour qu’il tombe, vous n’y arriverez pas. Tout simplement parce que je n’y étais pas.

Et le journaliste de l’AFP, mort par erreur parce qu’il portait le même nom que le rédacteur en chef du Parisien... Mort comment ? Assassiné ! Sans aucune poursuite judiciaire. L’omerta complète !

Je ne peux tout de même pas vous parler de choses que je ne connais pas ! On m’a parlé des rodéos, on m’a raconté comment se passaient les attaques de camions, les consignes données à ceux qui étaient arrêtés par les flics, ce qu’il fallait dire au tribunal... J’ai connu quelques-unes de ces actions violentes. Le Livre avait développé un service d’ordre capable de se déployer très vite, avec 300 types disponibles en permanence et capables d’entrer dans les ministères... La dernière grande action s’est passée en 1988, chez Didier, à Montsouris. Deux ouvriers s’étaient battus et avaient été licenciés par l’imprimeur. La CGT proteste et il vire une vingtaine de ses militants. Là, c’est l’épreuve de force. On est en 1988, une période de transition politique avec des préfets qui ne savent pas trop quoi faire. Un lundi matin, à cinq heures, 1 500 mecs de chez nous se pointent devant l’imprimerie. En face, 300 nervis yougoslaves casqués. Le Livre réussit à entrer. Un nervi sort un fusil et tire sur un de nos hommes. Les journalistes sont là, des images sortent... On avait gagné la bataille de la communication ! Trente blessés chez nous. Certains très salement atteints. Après, le Livre a cessé ces pratiques.

« Le Livre avait développé un service d’ordre capable de se déployer très vite, avec 300 types disponibles en permanence et capables d’entrer dans les ministères... »

Et le monopole à l’embauche ?

J’ai surtout connu le monopole de la débauche (pas dans le sens du vice). Ce qu’un dirigeant syndical appelait le « recul en bon ordre ». Quand je suis arrivé dans ce métier, les anciens, conscients du déclin, tapaient sur l’épaule des jeunes en leur disant : « Petit, t’as pas de chance, t’as pas connu les années d’or, tu vas souffrir. » Triste réalité : les vieux typographes avaient l’habitude d’être incontournables. Ils ont découvert que, finalement, leur métier était complètement obsolète ! Et, comble de l’humiliation, des dactylographes, qui n’avaient pas leur culture mais tapaient trois fois plus vite qu’eux avec leurs petits doigts, s’en sortaient mieux ! Tout le monde touchait le même salaire au syndicat du Livre ? Effectivement, le système peut surprendre : un jeune qui faisait son premier service et un typo avec trente ans de métier gagnaient la même chose. C’était un principe égalitaire auquel on tenait. Il y avait quand même possibilité de promotion professionnelle, mais décidée par l’équipe.

Ce n’est pas le patron qui décidait de l’évolution des employés ?

Surtout pas ! Il n’avait même pas le droit de décider qui il embauchait ! L’organisation syndicale était incontournable. Concrètement, si vous vouliez lancer un journal, vous deviez aller lui expliquer votre projet : « Je voudrais faire un vingt-quatre pages, j’ai fait mes comptes, je ne suis pas très riche, je peux vous prendre vingt ouvriers. » On vous répondait : « Vous ne vous rendez pas compte, ce ne sont pas des casseroles qu’on fabrique, il faut en prendre quarante ! » On finissait par conclure un accord à vingt-cinq. Une fois le cadre fixé, l’organisation syndicale fournissait les effectifs. On en était responsables : les gars devaient faire du bon boulot derrière. Ça ne pouvait marcher qu’à partir du moment où il y avait respect de la parole donnée.

À l’époque, vous étiez déjà laïque ?

Je l’ai toujours été mais pas vraiment militant. En 1984, quand les curés défilaient dans les rues de Paris, ça m’énervait. Je partais seul la nuit, peinture à la main, et je bombais les écoles catholiques. Pas question que mes impôts financent l’école privée !

Et Riposte laïque ?

C’est ma seconde vie ! Beaucoup de Français partagent un côté anticlérical. La lutte contre l’hégémonie de l’Église catholique a construit la France. Mon grandpère haïssait les curés. Il disait : « On ne peut pas faire confiance à des types qui célèbrent des mariages mais n’ont pas le droit de se marier ! » Plus sérieusement, je me suis lancé dans le combat laïque... grâce à Sarkozy ! En 2003, il était alors ministre de l’Intérieur, il participe au Congrès de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF). Et leur accorde un paquet de dérogations communautaristes. Il crée le Conseil français du culte musulman (CFCM) et s’en vante devant une assemblée de milliers de personnes, hommes à gauche, femmes à droite, pratiquement tous barbus et toutes voilées...

Ça devait vous convenir, il n’y a pas plus macho que le syndicat du Livre !

C’était vrai jusqu’en 1980. Plus ensuite. Bref, après toutes les dérogations accordées, Sarkozy annonce simplement un petit bémol : pas de voile sur les photos d’identité. Cela ne semble pas être une agression énorme, mais il est sifflé dix minutes par toute la salle ! Les images passent en boucle. Pour moi, c’est un électrochoc. Je me dis qu’on ne peut pas accepter ça. Pourtant, personne ne bouge. La gauche ne dit rien et se couche lamentablement devant les barbus. Pas non plus de réaction de la part des médias. J’ai donc lancé avec quelques amis les pétitions pour une loi contre les signes religieux à l’école. J’ai décidé de m’engager. Je me suis rapidement retrouvé à la tête du journal en ligne Respublica que j’ai contribué à développer. Peut-être du fait d’avoir été ouvrier du Livre, j’étais inconsciemment très content de diriger une rédaction ! Peu à peu, des désaccords sont apparus et ont divisé l’équipe. J’en avais marre de tous ces laïques bien-pensants qui se sentaient obligés d’attaquer le Vatican ou la religion juive dès qu’ils critiquaient l’islam ! Impossible d’attaquer l’islam sans immédiatement se protéger. Et puis, le sectarisme de gauche m’énerve. Après tout, les idées de laïcité et de République ne sont pas leur monopole. Et j’ai décidé de fonder Riposte laïque.

« Les médias sont totalement déconnectés des réalités, ils sont dans un politiquement correct consternant. Ils n’osent pas se frotter à l’islam. Aujourd’hui, si vous critiquez l’islam, vous êtes un facho. »

On vous connaît surtout pour les apéros « saucissonpinard ». Pourtant, l’argument de Daniel Vaillant, maire du XVIIIe arrondissement de Paris, selon lequel « il n’y a pas de mosquées, il faut bien qu’ils prient quelque part », est recevable, non ?

Dire qu’il n’y a pas de mosquées, c’est faux. Dalil Boubakeur, le recteur de la Grande Mosquée de Paris, leur a d’ailleurs proposé de venir prier chez lui. Même là-bas, les musulmans prient dans la rue le vendredi ! L’argument du manque de place est celui de la culpabilité et de la repentance. J’aimerais voir en Algérie des catholiques dire : « Il n’y a pas d’église, on fait notre prière dans la rue. » D’après vous, ça durerait combien de temps ? Pourquoi l’accepterait-on en France ? Prétendre que, grâce aux mosquées, on va sortir de l’islam des caves, vous y croyez vraiment ? Il serait temps d’avoir en France un vrai débat sur les constructions de mosquées ! L’islam, le Coran ne disent pas qu’on a besoin d’une mosquée pour prier. On peut faire sa prière chez soi, dans un cadre privé. On avait quatre mosquées en France en 1985. Aujourd’hui, on en a plus de 2000. Des projets de « mosquée cathédrale » voient le jour dans chaque grande ville : Bordeaux, Toulouse, Marseille. Lorsqu’une mosquée est construite dans un quartier, cela se traduit-il par davantage d’intégration ? Ou, favorise-t-elle un repli communautariste ?

Ce n’est pas le discours dominant dans les médias...

Les médias sont totale ment déconnectés des réalités, ils sont dans un politiquement correct consternant. Ils n’osent pas se frotter à l’islam. C’est tellement plus confortable de qualifier d’extrême droite tous ceux qui osent remettre en cause ce système et tous ceux qui s’inquiètent de l’islamisation de la France et de l’Europe. Comme dans les années 1950, quand vous n’osiez pas parler des goulags et de la politique liberticide des pays socialistes. Comme lorsque l’on qualifiait les ouvriers hongrois en 1956 de fascistes ou de contre-révolutionnaires. Aujourd’hui, si vous critiquez l’islam, vous êtes un facho.

Lors de l’apéro saucisson-pinard, vous étiez effectivement au coude à coude avec la droite de l’extrême droite...

Pas d’accord ! Le Bloc identitaire n’est pas la droite de l’extrême droite.

C’est quoi alors ?

La droite populiste.

Vous plaisantez ? Comment pouvez-vous défendre des alliances pareilles ?

En 1995, j’étais encore à La Tribune. Une journaliste revient d’une manifestation assez violente. Livide, elle me dit : « Je viens d’appeler le commissaire, ils ont arrêté cent jeunes qui se sont livrés à de la casse, qui ont commis des agressions. C’est terrible, ce sont tous des enfants d’immigrés... » Elle était au bord des larmes : « Tu te rends compte, je ne peux rien dire, si je le dis, je fais le jeu de Le Pen ! » Eh bien, moi j’estime que c’est en ne disant rien que l’on fait le jeu de Le Pen. Sept ans plus tard, qui avait raison ?

Vous parlez de « duplicité » de la part de la presse ?

Plus qu’une duplicité, une véritable chape de plomb ! Le politiquement correct empêche d’aborder des problèmes comme l’islam ou l’immigration : impossible de les évoquer sans être immédiatement stigmatisé. Le Pen a une responsabilité écrasante làdedans : à cause des propos qu’il a tenus, il a empêché tout débat serein sur ces questions pendant vingt ans. Mais on ne peut pas tout lui imputer. La culture bobo et la bien-pensance de gauche en sont aussi responsables !

« Marianne a été capable de s’émanciper de la culture dominante, du bobo, du politiquement correct, mais pourquoi sont-ils incapables de se faire les islamos” ? »

Vous ne pensez pas que c’est en train de changer ?

Éric Zemmour a réussi à diffuser un discours populaire qui met les pieds dans le plat et attaque frontalement le politiquement correct. Mais regardez les réactions des médias à son encontre ! Autre exemple ? Le vote des Suisses contre les minarets. Tout le monde condamnait l’Union démocratique du centre (UDC). Les sondages lui donnaient 40 %. Ils ont fait 57 % ! Libération, le lendemain matin, a osé titrer : « Le vote de la honte ». Les Suisses se sont fait insulter par l’ensemble de la presse et des laïques. Caroline Fourest est allée jusqu’à les traiter de talibans ! Un sondage en France nous apprenait pourtant, au même moment, que 80 % des Français auraient fait comme les Suisses. Beaucoup étaient même prêts à aller plus loin : « Nous, il n’y a pas que les minarets qu’on aurait interdits !

Les mosquées aussi ! » Les gens en ont marre de l’islam, marre du discours pleurnichard et victimaire des dignitaires musulmans. Les gens ont envie qu’on réaffirme des principes laïques et républicains, et qu’on arrête de s’excuser ! On ne s’est quand même pas débarrassés des curés il y a un siècle pour se coltiner les imams aujourd’hui.

Pourquoi les médias, toujours à la recherche de lecteurs, d’auditeurs, de téléspectateurs, seraient-ils incapables d’entendre les gens ?

Le rouleau compresseur « critique de l’islam = raciste = extrême droite » est très fort et tétanise beaucoup de gens. Y compris les journalistes. Un journal comme Marianne s’est construit contre Le Monde, Libé et les discours bien-pensants. Et pourtant, regardez sa timidité sur la question laïque. Abonné absent sur l’islamisation de la France ! Alors qu’ils devraient être en première ligne. Ils ont été capables de s’émanciper de la culture dominante, du bobo, du politiquement correct, mais pourquoi sont-ils incapables de se faire les « islamos » ?

Les femmes voilées vous dérangent, mais pas les loubavitch avec leurs papillotes et leur chapeau, ou les religieuses qui, elles aussi, portent le voile.

Ça m’agace, mais ce n’est pas le même symbole. Une façon d’exhiber leur particularité religieuse, mais en aucun cas un message d’oppression de la femme comme l’est le voile islamique.

Les femmes des loubavitch ne doivent pas rire tous les jours...

C’est probable, mais le phénomène ne progresse pas. Le voile islamique et la cornette de la bonne sœur n’ont rien à voir ! La bonne sœur, en décidant de porter la cornette, ne porte pas un regard désapprobateur dans le genre : « Vous êtes des mauvaises femmes parce que vous n’en portez pas. » En revanche, c’est le message du voile : celle qui le porte est une bonne musulmane, autrement dit celle qui le refuse est une salope.

Votre apéro « saucisson-pinard » a été très critiqué par la presse, y compris la presse de droite, comme Le Figaro...

Je m’en fiche. Je me suis construit une peau de rhinocéros. Mais c’est quand même dommage de noter qu’au Figaro, ils sont aussi bien-pensants qu’au Monde ou à Libération. Même la droite ne fait plus son boulot !

Qui vous a défendu ? L’extrême droite ?

Même pas. Au contraire, elle nous a beaucoup critiqués, comme les identitaires qui ont été accusés d’avoir pactisé avec les judéo-maçonniques ! Les intégristes catholiques ne nous ont pas ratés non plus : pour eux, on incarne le diable, des laïcards qui ont osé représenter en une le pape qui boit un demi au lieu du calice ! Les remous viennent autant de l’extrême droite que de la gauche. On est vaccinés maintenant.

Que lisez-vous avec plaisir ?

Le Parisien. Avant, j’achetais Marianne et Le Canard enchaîné. Aujourd’hui, je ne peux plus ! Sur l’islam, Le Canard est très décevant... Ils tapent comme des brutes sur l’Église catholique, très bien. Mais pas un mot sur l’islam qu’ils cautionnent ! Un discours d’une complaisance crapuleuse.

Vous trouvez que la presse est à côté de la plaque sur cette question, autant qu’elle l’a été avec l’Europe ?

Elle a un discours qui relève de la pensée unique.

Et Internet ?

C’est Internet qui permet de sortir du silence sur l’islam, sur des phénomènes passés sous silence par les autres médias. C’est ce que certains appellent la « fachosphère », la « réacosphère ». Des sites, comme F de souche, comme Bivouac. Internet est le seul moyen d’informer. À Riposte laïque, nous avons 30000 abonnés et 25000 visites par jour. On est tous des bénévoles. Nos ressources ? Des personnes qui nous aiment bien et nous envoient des chèques d’un montant parfois surprenant. L’apéro saucisson-pinard nous a fait connaître : nos visites ont progressé de 50 %. On a quand même perdu quelques personnes : à peu près 5 % de nos abonnés. Mais on tient bon.


 
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