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	<title>Revue M&#233;dias</title>
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	<description>M&#233;dias d&#233;crypte l'information, donne la parole &#224; ceux qui ne l'ont pas, combat le politiquement correct, la bien-pensance et toutes les formes de connivence. Parce que sans libert&#233; d'expression, sans presse ind&#233;pendante, pas de v&#233;ritable d&#233;mocratie.</description>
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		<title>Revue M&#233;dias</title>
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		<title>Je ne suis pas un dandy</title>
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		<dc:date>2006-12-02T15:50:19Z</dc:date>
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		<dc:subject>En ouverture</dc:subject>
		<dc:subject>Wilson</dc:subject>

		<description>&#171; Manquant &#224; la pudeur la plus &#233;l&#233;mentaire, Dois-je, pour les besoins de la cause publicitaire, Divulguer avec qui, et dans quelle position, Je plonge dans le stupre et la fornication ? &#187; (Georges Brassens, 1961). Les choses ont-elles chang&#233; depuis ? Selon Lambert Wilson, ce n'est pas si s&#251;r... D&#233;cid&#233;ment, Trompettes de la renomm&#233;e, vous &#234;tes bien mal embouch&#233;es ! Que lisait-on chez vous lorsque vous &#233;tiez enfant ? Mes parents ne lisaient pas les journaux. Mon p&#232;re &#233;tait abonn&#233; &#224; L'Argus de la presse (...)

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&lt;a href="http://www.revue-medias.com/+-en-ouverture,11-+.html" rel="tag"&gt;En ouverture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.revue-medias.com/+-wilson,192-+.html" rel="tag"&gt;Wilson&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L120xH150/arton257-e8616.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='120' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:120px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&#171; &lt;i&gt;Manquant &#224; la pudeur la plus &#233;l&#233;mentaire, Dois-je, pour les besoins de la cause publicitaire, Divulguer avec qui, et dans quelle position, Je plonge dans le stupre et la fornication ?&lt;/i&gt; &#187; (Georges Brassens, 1961). Les choses ont-elles chang&#233; depuis ? Selon Lambert Wilson, ce n'est pas si s&#251;r... D&#233;cid&#233;ment, Trompettes de la renomm&#233;e, vous &#234;tes bien mal embouch&#233;es !&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que lisait-on chez vous lorsque vous &#233;tiez enfant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mes parents ne lisaient pas les journaux. Mon p&#232;re &#233;tait abonn&#233; &#224; &lt;i&gt;L'Argus de la presse&lt;/i&gt; parce qu'il &#233;tait le directeur d'un grand th&#233;&#226;tre national. J'imagine que de voir son nom dans cette revue de presse lui faisait plaisir, m&#234;me si, au fond, il s'en fichait un peu. Il &#233;tait plus attir&#233; par la cr&#233;ation que par ce que l'on en disait. Pour cette g&#233;n&#233;ration, m&#233;dia &#233;galait critique, un point c'est tout. Quant &#224; moi, ma foi, j'&#233;tais comme tous les m&#244;mes de l'&#233;poque... Je lisais &lt;i&gt;Pilote&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Journal de Mickey&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Pif Gadget&lt;/i&gt;. J'ai commenc&#233; &#224; m'int&#233;resser &#224; la presse s&#233;rieuse en classe terminale. J'&#233;tais fascin&#233; par &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, ma premi&#232;re approche de la presse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avez-vous gard&#233; cette fascination ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'aime bien ce journal qui para&#238;t &#224; une heure o&#249; les autres ne paraissent pas. C'est comme une r&#233;compense. Il n'est pas noy&#233; dans la masse. C'est celui qui m'int&#233;resse le plus. Cela dit, j'en lis d'autres : &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt;, et j'adore &lt;i&gt;Courrier international&lt;/i&gt;. On y trouve un panorama complet de l'information internationale vue au travers de quotidiens et magazines &#233;trangers auxquels on n'a pas acc&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous regardiez la t&#233;l&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai des souvenirs tr&#232;s pr&#233;cis des &#171; Dossiers de l'&#233;cran &#187;, avec cette musique g&#233;n&#233;rique volontairement dramatique et le grand film qui donnait lieu &#224; un d&#233;bat. C'&#233;tait carr&#233;ment la messe ! On ne les ratait pas. Il faut dire qu'&#224; l'&#233;poque, il n'y avait pas un choix &#233;norme.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; On est en permanence red&#233;couvert par les nouvelles g&#233;n&#233;rations de journalistes. Avec ceux que je ne connais pas, il faut tout recommencer depuis le d&#233;but. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous lisiez aussi en anglais ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est venu plus tard, quand je suis all&#233; &#224; Londres suivre des cours de th&#233;&#226;tre. Mais lire la presse est, &#224; Londres, une occupation quasi nationale ! C'est comme au Japon. Le matin, dans le m&#233;tro, rares sont ceux qui ne voyagent pas le nez plong&#233; dans un quotidien. J'adorais l'&lt;i&gt;Evening Standard&lt;/i&gt;... avec son horoscope absolument g&#233;nial !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lorsque vous &#233;tiez enfant, faisiez-vous la diff&#233;rence entre ce que vous saviez des personnalit&#233;s que recevaient vos parents et ce qu'on en disait dans les m&#233;dias ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pas tout seul, mon p&#232;re m'y aidait. Mais l'important de ce qu'il m'a appris est ceci : qui que l'on soit et aussi c&#233;l&#232;bre que l'on puisse &#234;tre, on est en permanence red&#233;couvert par les nouvelles g&#233;n&#233;rations de journalistes. Comme s'il n'y avait aucune m&#233;moire de ce qui avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; fait et v&#233;cu. Je le constate r&#233;guli&#232;rement. Avec chaque journaliste que je ne connais pas, il faut recommencer tout depuis le d&#233;but et r&#233;pondre &#224; des questions qui datent des calendes grecques... ou presque ! Comme si on n'avait jamais rien &#233;crit ni dit sur moi, comme si j'&#233;tais un d&#233;butant qui vient de faire son premier film ou son premier spectacle. Un nouveau journaliste, et &#231;a repart : &#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes le fils de l'acteur-metteur en sc&#232;ne Georges Wilson ?&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Vous avez fait vos &#233;tudes au Center Drama de Londres ?&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Vous avez eu le prix Jean-Gabin en 1989 ?&lt;/i&gt; &#187;... Doit-on encore parler de tout &#231;a ? Je pensais qu'on savait, qu'on pouvait passer &#224; la suite, &#224; ce qui motivait l'interview : le film ou la pi&#232;ce o&#249; je joue, le tour de chant que je donne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#199;a vous irrite ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#199;a donne surtout l'impression de perdre du temps. Catherine Deneuve disait quelque chose de semblable dans une interview r&#233;cente. Elle se plaignait de la m&#233;moire courte dans le monde du cin&#233;ma. On peut penser avoir fait quelque chose d'important qui a eu un gros impact populaire &#224; un certain moment de sa carri&#232;re et l'on se rend compte qu'un jeune journaliste qui vient vous interroger n'en a ni connaissance ni souvenir. C'est un peu d&#233;solant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les m&#233;dias n'ont pas de m&#233;moire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une personnalit&#233; s'inscrit dans l'actualit&#233; imm&#233;diate et elle est soumise aux al&#233;as du temps qui passe. L'information a des app&#233;tits d'ogre ! Prenez le coup de boule de Zidane en juin dernier. Un &#233;v&#233;nement international... qui sera oubli&#233; rapidement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est donc une m&#233;moire s&#233;lective...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est le fait des secr&#233;tariats qui fournissent, principalement &#224; la t&#233;l&#233;, les fiches aux intervieweurs. On ne peut pas &#233;chapper aux vieux bazars... C'est un serpent qui se nourrit de lui-m&#234;me. Les vieilles fiches servent &#224; faire les nouvelles ! Pour moi, c'est simple : mon p&#232;re, le dandy romantique, et l'engagement pour Greenpeace. Quand j'ai produit mon spectacle de chant, &#171; Nuit am&#233;ricaine &#187;, l'an dernier, la m&#234;me question dite &#171; fondamentale &#187; est revenue : &#171; &lt;i&gt;Etes-vous acteur ou chanteur ?&lt;/i&gt; &#187; Entre-temps, j'avais quand m&#234;me donn&#233; deux spectacles musicaux et j'avais eu l'occasion de m'expliquer l&#224;-dessus ! Que vouliez-vous que je dise d'autre ? M&#234;me chez Fogiel. J'y allais pour parler de musique et pr&#233;senter mon spectacle, mais non... Il me reposait les m&#234;mes vieilles questions. Et, en prime, il voulait absolument me faire tomber dans le jeu des r&#233;v&#233;lations &#171; exclusives &#187; concernant ma vie priv&#233;e, ce qui, et je le lui ai dit, &#224; mon sens n'int&#233;resse personne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le succ&#232;s de la presse dite &#224; scandale vous fait mentir...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne crois pas que des r&#233;v&#233;lations d'ordre priv&#233; ajoutent quoi que ce soit au talent d'un acteur. Et je ne crois pas non plus qu'elles attirent davantage de public dans les salles. Prenez Anthony Hopkins. Est-il mari&#233; ? A-t-il des enfants ? O&#249; vit-il ? Je n'en sais rien et je m'en fiche absolument. Par contre, quand je le vois &#224; l'&#233;cran, je crois dur comme fer qu'il pourrait vraiment &#234;tre le monstre du &#171; Silence des agneaux &#187;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A une &#233;poque, vous aviez cr&#233;&#233; un magazine ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais non ! Simplement, quand j'&#233;tais gamin, j'avais moi-m&#234;me bricol&#233; un journal perso qui &#233;tait un m&#233;lange d'&lt;i&gt;Elle&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;Pif Gadget&lt;/i&gt;. Toutes les rubriques - cuisine, d&#233;co, beaut&#233;, mode, people - &#233;taient pr&#233;sent&#233;es par des chiens et des chats. Je dessinais les illustrations, j'&#233;crivais les articles bourr&#233;s d'infos que je r&#233;cup&#233;rais dans le magazine f&#233;minin que lisait ma m&#232;re. Et comme &#224; l'&#233;poque il y avait dans ces magazines des &#233;chantillons qui &#233;taient offerts, coll&#233;s aux pages de publicit&#233;, j'avais fait la m&#234;me chose... Mais dans mes pubs &#224; moi, &#231;a devait plut&#244;t &#234;tre des &#233;pingles &#224; nourrice ! J'ai d&#251; faire deux num&#233;ros de ce magazine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous auriez aim&#233; &#234;tre journaliste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#199;a ne m'aurait pas d&#233;plu. J'aime aussi la publicit&#233;. En fait, le rapport au public : que ce soit par le biais de l'information, du langage, de la formule ou du mot. C'est peut-&#234;tre pour &#231;a qu'il m'arrive quelquefois de me voir moi-m&#234;me comme un objet, un produit sur lequel je dois communiquer...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il faut avoir une s&#233;rieuse dose d'humour et une certaine distance vis-&#224;-vis de soi pour en arriver l&#224;, non ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et qui vous dit que je ne les ai pas ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#199;a ne cadre pas tout &#224; fait avec l'image que l'on a de vous...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous voil&#224; au c&#339;ur du sujet ! L'image que vous avez de moi... Et quelle est cette image ? Ne r&#233;pondez pas, je vais vous le dire : un jeune premier romantique - ce qui entre nous est plut&#244;t flatteur parce que j'ai quand m&#234;me 48 ans -, un intellectuel bourgeois, une sorte de dandy raffin&#233; &#224; la Proust ou &#224; la Wilde !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'o&#249; vient cette image ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des m&#233;dias en g&#233;n&#233;ral, et de la t&#233;l&#233;vision en particulier. Ce qui m'ennuie, c'est qu'elle s'est construite au fil des ans, non pas au travers des r&#244;les que j'ai tenus au th&#233;&#226;tre ou au cin&#233;ma, mais uniquement sur mes apparitions dans les m&#233;dias, sp&#233;cialement &#224; la t&#233;l&#233;vision. C'est un personnage parall&#232;le qui d&#233;teint sur mon travail d'acteur. C'est sans doute de ma faute. Je n'aime pas beaucoup le monde de la t&#233;l&#233;vision. J'y apparais donc toujours un peu distant. Je choisis mes mots, donc je passe pour un intellectuel ; je ne suis pas habill&#233; dans le genre cradingue, donc je suis un dandy raffin&#233;, pr&#233;cieux, alors m&#234;me que dans la vie je suis quasiment toujours en tee-shirt et en jeans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette image fix&#233;e, forg&#233;e par la t&#233;l&#233;vision, &#224; quoi tient-elle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'audience de la t&#233;l&#233;vision est bien plus importante que celle du cin&#233;ma. C'est donc l'image qu'un acteur donne de lui &#224; la t&#233;l&#233;vision qui s'impose et perdure. J'ai jou&#233; des r&#244;les tr&#232;s diff&#233;rents, de &#171; L'Abb&#233; Pierre &#187; &#224; &#171; Jet Set &#187;, de Matrix &#187; &#224; &#171; On conna&#238;t la chanson &#187;. Je ratisse large, quand m&#234;me ! Eh bien, non ! Malgr&#233; tout, quand on parle de moi, c'est toujours pour me coller sur le dos cette image du dandy, raffin&#233;, intellectuel, romantique et j'en passe, alors que cela ne correspond pas du tout &#224; mes r&#244;les.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais pourquoi cette image passe-t-elle particuli&#232;rement par la t&#233;l&#233;vision ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parce que c'est de l'image instantan&#233;e et qu'elle ne demande pas de la part du t&#233;l&#233;spectateur un &#233;norme effort de r&#233;flexion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est une manipulation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non, c'est un faux &#233;clairage. Je n'aime pas aller &#224; la t&#233;l&#233;vision. Je m'y sens mal &#224; l'aise, pas &#224; ma place. Je n'aime pas non plus les rapports de force que j'y observe. Le public se laisse si facilement leurrer par ces gens brillants &#224; l'antenne, dr&#244;les et sympathiques, alors que, lorsqu'on les c&#244;toie sur les plateaux, lorsqu'on a directement affaire &#224; eux, ils sont tr&#232;s diff&#233;rents. Ils me font peur. Ils sont effrayants. Ils illustrent quelque chose de terriblement dur et cruel dans le jeu des pouvoirs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous pouvez refuser de participer &#224; ces &#233;missions...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est impossible ! La pr&#233;occupation permanente des productions, quand un film sort, est d'envoyer les acteurs et les r&#233;alisateurs au casse-pipe dans les &#233;missions d'&#233;coute populaires afin que l'on parle du film ! Or, sur ces plateaux, tout le monde se contrefout de ce pourquoi vous &#234;tes l&#224;. Et je ne suis pas certain que &#231;a ne soit pas non plus le cas du public. Certaines de ces &#233;missions s'apparentent aux jeux du cirque : on y est malmen&#233;, et c'est la r&#232;gle. Par exemple, lorsque j'ai commenc&#233; &#224; produire mes spectacles musicaux, j'&#233;tais parfaitement arm&#233; pour me d&#233;fendre sur le sujet de mon amateurisme suppos&#233; ou de l'ambigu&#239;t&#233; qu'il pouvait y avoir &#224; &#234;tre &#224; la fois chanteur, acteur, producteur et metteur en sc&#232;ne... Je ne l'&#233;tais pas sur les questions d'ordre priv&#233; qui vous tombent dessus au moment o&#249; vous ne vous y attendez pas. Le sensationnalisme &#224; tous crins, la confusion des priorit&#233;s sont les r&#232;gles du jeu ! Et encore faut-il faire les &#171; bonnes t&#233;l&#233;s &#187;, celles que le public regarde. Sans quoi, &#231;a ne sert &#224; rien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les films ont besoin de la t&#233;l&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des m&#233;dias en g&#233;n&#233;ral. La sortie d'un film exige de l'information. Comment voulez-vous que le public aille voir un film, une pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre, un concert s'il n'est pas averti de leur existence ? Le paradoxe, c'est que dans certaines &#233;missions o&#249; l'on sait que vous viendrez parce que vous avez un service &#224; assurer, on en profite pour parler de tout autre chose que du film. A moins, bien s&#251;r, que votre r&#244;le dans ce film soit un personnage scandaleux. Et l&#224; encore, on ne vous interroge pas sur votre travail d'acteur pour arriver &#224; cr&#233;dibiliser ce personnage, mais on veut vous faire dire ce qu'il y a en vous de profond&#233;ment cach&#233;, d'inavouable, de trouble, qui justifie que vous ayez accept&#233; de jouer ce r&#244;le.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce que cette image vous a g&#234;n&#233; dans vos rapports avec des r&#233;alisateurs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Peut-&#234;tre, mais je ne le sais pas, et ne veux pas le savoir. Je rencontre souvent des r&#233;alisateurs qui me disent que je ne suis pas du tout comme ils m'imaginaient. En fait, la question est : &#171; &lt;i&gt; A quel moment &#231;a a d&#233;conn&#233; ? Quand et o&#249; exactement ont-ils vu ou cru voir un individu qui a ma t&#234;te mais qui n'est pas moi ? O&#249; ai-je commis l'erreur ?&lt;/i&gt; &#187; Mais il ne faut pas non plus vouloir tout analyser et tout contr&#244;ler. A ce petit jeu-l&#224;, on risque la schizophr&#233;nie !&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_446 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/Wilson-Lambert_Andre-Rau_3159_021.jpg&quot; title='Photos : Andr&#233; Rau pour H&amp;K' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L239xH324/Wilson-Lambert_Andre-Rau_3159_021-8568d-57a76.jpg' width='239' height='324' alt='Photos : Andr&#233; Rau pour H&amp;K' style='height:324px;width:239px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-446 spip_doc_titre' style='width:239px;'&gt;&lt;strong&gt;Photos : Andr&#233; Rau pour H&amp;K&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Je suis persuad&#233; que plus que les gens sont discrets et plus ils sont puissants. C'est une question d'action sur l'imaginaire du public. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#234;tes vous-m&#234;me metteur en sc&#232;ne.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au th&#233;&#226;tre, oui, et je suis bien plac&#233; pour comprendre le probl&#232;me du &#171; raccourci &#187; que doit faire un metteur en sc&#232;ne qui, par obligation, r&#233;duit l'acteur &#224; son plus simple - quelquefois &#224; son pire - clich&#233;, parce que distribuer un acteur dans un r&#244;le induit une part de risque &#233;norme. Il faut avoir une sacr&#233;e dose de courage, voire des certitudes absolues, et suffisamment d'imagination pour mesurer ce qu'il pourrait faire dans un r&#244;le diff&#233;rent de ce que l'on sait qu'il peut faire. La solution consiste &#224; faire des essais. Je trouve d'ailleurs &#231;a beaucoup plus sain. L&#224;, tout le monde sait &#224; quoi s'en tenir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les m&#233;dias vous font peur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pas du tout ! Je b&#233;n&#233;ficie d'une sorte de cote d'affection chez les journalistes. Je voudrais simplement que l'on s'int&#233;resse &#224; moi en tant qu'acteur, chanteur ou metteur en sc&#232;ne. Pas pour ma vie priv&#233;e. Ce n'est pas de l'affectation, croyez-moi. Sans doute une grande dose de pudeur et le sentiment que, personnellement, je ne vois pas ce qu'il y a d'autre que ce que je fais qui pourrait int&#233;resser des gens qui ne sont pas des intimes. Je suis tr&#232;s envieux du myst&#232;re dont savent s'entourer ces peintres qui, quand ils d&#233;cident qu'ils sont pr&#234;ts, donnent leurs toiles &#224; voir sans appara&#238;tre personnellement. Je souhaiterais n'avoir &#224; montrer, n'avoir &#224; d&#233;fendre, si n&#233;cessaire, que mes cr&#233;ations dans les films. Je suis persuad&#233; que plus les gens sont discrets et plus ils sont puissants. C'est une question d'action sur l'imaginaire du public. Regardez Garbo ! Aujourd'hui, les d&#233;tails anecdotiques de la vie priv&#233;e envahissent tout l'espace de cr&#233;ation et occultent le travail de l'acteur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;On vous a tout demand&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout. Et j'ai tout donn&#233; ! J'ai montr&#233; mon appartement, j'ai donn&#233; des photos de moi enfant, dans les bras de ma m&#232;re ou tenant la main de mon p&#232;re. Un acteur doit fournir &#233;norm&#233;ment. Je suis le mouvement. Je m'expose, avec le sentiment perp&#233;tuel que, malgr&#233; tout, ce n'est pas suffisant. Mais qu'est-ce que je peux donner de plus ? J'ai une attach&#233;e de presse avec laquelle j'essaie de construire des choses par rapport aux m&#233;dias. Mais, de leur c&#244;t&#233;, ils ne savent plus quoi poser comme questions, quoi demander comme photos &#224; des acteurs que l'on voit deux ou trois fois chaque ann&#233;e dans des films. Alors il y a une escalade. O&#249; tout cela va-t-il s'arr&#234;ter ? Je garde toute la presse parue sur moi. Eh bien, quand, &#224; l'occasion d'une op&#233;ration de promotion, je jette un coup d'&#339;il sur les dossiers, il m'arrive de rougir : en d&#233;finitive, on balance soi-m&#234;me tout sur soi ! A la fin, on est vid&#233;. J'ai r&#233;cemment v&#233;cu une exp&#233;rience des plus d&#233;sagr&#233;ables. C'&#233;tait dans une &#233;mission en direct sur une t&#233;l&#233; suisse, men&#233;e par un journaliste r&#233;put&#233; pour son s&#233;rieux, o&#249; j'&#233;tais venu parler des fables de La Fontaine. Subitement, &#171; la &#187; question, pos&#233;e cr&#251;ment et sans pr&#233;alable sur ma vie priv&#233;e ! Et l&#224;, je n'&#233;tais pas chez Fogiel ou Ardisson, parce que, lorsque l'on va chez eux, on s'attend &#224; ce genre d'attaque et on travaille son revers... Non, en Suisse ! Un journaliste de l'importance de Poivre d'Arvor. Et bang ! le sensationnalisme people ambiant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est ce qu'un acteur doit donner pour rester dans l'actualit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#233;v&#233;nement le concernant devrait suffire. Mais c'est utopique, et, en disant cela, je sais bien que je me rends impopulaire parce que l'on peut estimer que c'est du manque de g&#233;n&#233;rosit&#233; et de simplicit&#233;. Je comprends que le public ait envie, besoin, de mieux conna&#238;tre les gens qu'il affectionne. En entrant dans l'intimit&#233; des personnalit&#233;s qu'il aime, il a sans doute le sentiment qu'elles font partie de la famille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais un acteur n'a-t-il pas besoin des m&#233;dias pour vivre professionnellement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un acteur a besoin de montrer r&#233;guli&#232;rement qu'il est multiforme. Nous sommes sur une montagne russe. &#199;a monte. &#199;a descend. Si on reste fig&#233; dans la m&#234;me cabine, on glisse tr&#232;s vite vers le bas en fonction des lois de la gravit&#233;. Il faut continuer &#224; travailler, &#224; changer, &#224; surprendre. Le succ&#232;s est tellement &#233;ph&#233;m&#232;re qu'il faut toujours provoquer le d&#233;sir, et ne jamais h&#233;siter &#224; aller ailleurs, m&#234;me - et surtout - l&#224; o&#249; on ne vous attend pas.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Lorsqu'on va chez Fogiel ou Ardisson, on s'attend aux attaques sur la vie priv&#233;e et on travaille son revers ... &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourtant, on ne vous voit pas beaucoup dans la presse &#224; scandale...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'en suis plut&#244;t heureux. Il n'y a d'ailleurs pas grand risque que l'on m'y voie. Parce que je ne suis pas un bon p&#233;tard pour cette presse-l&#224; : pas assez populaire. Je ne l'int&#233;resse qu'en fonction des actrices que j'approche. Ainsi il y a eu des fr&#233;missements avec Sharon Stone, Greta Sacchi ou Demi Moore... Des articles, surtout dans la presse am&#233;ricaine, du genre : &#171; &lt;i&gt; Son mari s'est pr&#233;cipit&#233; en Europe pour r&#233;cup&#233;rer Demi qui a succomb&#233; au charme de l'acteur fran&#231;ais&lt;/i&gt; &#187; ou des balivernes du genre. Il faudrait un vrai gros, gros scandale ! Sinon, je ne suis pas un bon client pour la presse &#224; scandale. Il existe une sorte de loi du silence en ce qui me concerne. On me laisse peinard et je m'en porte bien. Et si je veux passer des vacances discr&#232;tes et tranquilles avec quelqu'un, je ne vais pas &#224; Saint-Tropez l'&#233;t&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au moment de l'affaire Marie Trintignant, avec qui vous tourniez &#224; Vilnius, avez-vous &#233;t&#233; en butte aux m&#233;dias ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui. A un point choquant m&#234;me. Des journalistes amis, tr&#232;s proches, quelquefois des parents, m'appelaient pour me &#171; saluer &#187; et, tout d'un coup, je me rendais compte qu'ils &#233;taient en train de faire une interview ! Pire : mon num&#233;ro de portable est dans pratiquement toutes les r&#233;dactions, donc il m'est arriv&#233; d'&#234;tre appel&#233; par des journalistes radio et mis en direct sur l'antenne sans m&#234;me en &#234;tre averti. Avec toujours cette horrible question : &#171; &lt;i&gt;Quelle est votre r&#233;action ?&lt;/i&gt; &#187; ou, apr&#232;s les larmoiements d'usage : &#171; &lt;i&gt;Mais comment cela s'est-il pass&#233; ?&lt;/i&gt; &#187; Quelle impudeur ! Quelle impudence ! Sordide, sans aucune dignit&#233;. On voulait du sang, voil&#224; tout.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais n'est-ce pas ce que le public r&#233;clame aux m&#233;dias ? Du sang... sationnel ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne faut pas mettre tous les m&#233;dias ni tous les publics dans le m&#234;me sac. Les m&#233;dias donnent &#224; leurs clients ce qu'ils attendent. Tout d&#233;pend donc de qui lit quoi, qui &#233;coute quoi, qui regarde quoi. Le danger n'est pas que des informations plus ou moins v&#233;ridiques circulent, mais que ces informations fixent une image fauss&#233;e qui, elle, perdure dans l'inconscient du public. On oublie le d&#233;tail d'origine. On garde en m&#233;moire ce qu'il sugg&#232;re d'une personnalit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous savez quand m&#234;me utiliser les m&#233;dias quand cela vous arrange.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je n'aime pas cette id&#233;e d'&#171; utiliser &#187; les m&#233;dias. Je ne suis pas un manipulateur. Ce que j'utilise, c'est mon acc&#232;s aux m&#233;dias pour faire passer, comme ce fut le cas pour Greenpeace, un message d'alerte quand je pense qu'il est de mon devoir de le faire. Et l&#224;, je ne suis plus un acteur mais un citoyen qui se sert des m&#233;dias pour transmettre une information sur un sujet que le public pourrait penser r&#233;barbatif.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez une strat&#233;gie de m&#233;dias ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Strat&#233;gie... Le mot est un peu fort. J'essaye d'entretenir un rapport permanent avec la presse et je ratisse large. De la presse d'opinion &#224; la presse de jeunes... Les hommes, dans notre m&#233;tier, ont moins d'opportunit&#233;s que les femmes &#224; faire les couvertures des magazines. J'ai consid&#233;r&#233; que c'&#233;tait important d'engager une attach&#233;e de presse pour s'en occuper, tenter d'avoir des id&#233;es originales au moment de la sortie des films. Si je b&#233;n&#233;ficie d'un capital sympathie, c'est sans doute parce que les r&#233;dactions savent qu'elles peuvent m'embarquer dans pas mal de directions diff&#233;rentes et qu'il y aura du r&#233;pondant. Cela dit, j'ai aussi pris des risques. Aller jouer les Candide dans une &#233;mission de t&#233;l&#233;vision en direct, o&#249; il n'y a que des journalistes sp&#233;cialis&#233;s dans la politique ou le social, demande un gros travail de pr&#233;paration sur l'actualit&#233; et de r&#233;flexion personnelle qui permettent, le cas &#233;ch&#233;ant, d'&#233;tayer un raisonnement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le direct n'a pas que des mauvais c&#244;t&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La t&#233;l&#233;vision m'a appris quelque chose d'important. Si l'on veut que le propos soit entendu, il faut &#234;tre clair, rapide, concis. Il faut &#234;tre m&#233;diatiquement efficace. Il n'y a pas de place pour l'erreur ou l'h&#233;sitation. C'est un nouveau langage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est un langage que vous pratiquez couramment ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je prends des cours...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> &quot;La vitessologie, vite fait&quot;</title>
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		<dc:date>2006-12-02T15:49:36Z</dc:date>
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		<dc:subject>Carte blanche</dc:subject>

		<description>&#171; J'ai lu &#8220;Guerre et Paix&#8221; en lecture rapide, disait Woody Allen. &#199;a se passe en Russie. &#187; Je viens de lire en lecture tr&#232;s rapide un livre qui s'appelle &#171; Quand la vitesse change le monde &#187; (Editions Apog&#233;e). &#199;a se passe partout. L'auteur, Jean Ollivro, est un sp&#233;cialiste de la vitesse. Il plaide pour une nouvelle discipline : la &#171; vitessologie &#187;. Autant dire que j'ai fait de la &#171; vitessologie &#187; appliqu&#233;e en lisant son livre : j'ai lu des bouts par-ci, par-l&#224; et par-l&#224;, par-ci. Suffisamment, en tout cas, (...)

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&lt;a href="http://www.revue-medias.com/+-carte-blanche,56-+.html" rel="tag"&gt;Carte blanche&lt;/a&gt;

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;J'ai lu &#8220;Guerre et Paix&#8221; en lecture rapide&lt;/i&gt;, disait Woody Allen. &lt;i&gt;&#199;a se passe en Russie.&lt;/i&gt; &#187; Je viens de lire en lecture tr&#232;s rapide un livre qui s'appelle &#171; Quand la vitesse change le monde &#187; (Editions Apog&#233;e). &#199;a se passe partout. L'auteur, Jean Ollivro, est un sp&#233;cialiste de la vitesse. Il plaide pour une nouvelle discipline : la &#171; vitessologie &#187;. Autant dire que j'ai fait de la &#171; vitessologie &#187; appliqu&#233;e en lisant son livre : j'ai lu des bouts par-ci, par-l&#224; et par-l&#224;, par-ci. Suffisamment, en tout cas, pour en ressortir &#224; la fois passionn&#233; et &#233;pouvant&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sa th&#232;se, c'est qu'on assiste aujourd'hui &#224; une &#171; acc&#233;l&#233;ration de l'acc&#233;l&#233;ration &#187; : non seulement on va de plus en plus vite, mais la vitesse &#224; laquelle on va de plus en plus vite va elle-m&#234;me de plus en plus vite. Plus tu p&#233;dales moins vite, moins t'avances davantage, disait un dicton de mon enfance. C'&#233;tait un dicton du temps d'avant, celui de la lenteur pour tous. Aujourd'hui, plus tu p&#233;dales plus vite, plus tu veux aller encore plus vite. Et plus, effectivement, &#231;a va plus vite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De quelle vitesse parle-t-il ? La &#171; vitesse m&#233;canique &#187;, d'abord. C'est-&#224;-dire celle des moyens de transport (le chariot, la cal&#232;che, puis le train, l'auto, l'avion...) Des origines de l'humanit&#233; jusqu'au milieu du xixe si&#232;cle, rappelle l'auteur, l'homme s'est toujours d&#233;plac&#233; &#224; des vitesses comparables, autour de un m&#232;tre par seconde. Et tout d'un coup, vraoum ! Les records de vitesse tombent les uns apr&#232;s les autres. En quelques dizaines d'ann&#233;es, le monde devient un village. Mais aussi la vitesse de l'information et des t&#233;l&#233;communications. Et, surtout, des technologies interactives (Internet et tout le bazar). Tout se compresse : les distances comme le temps (o&#249; l'on voit que la &#171; vitessologie &#187; vient en droite ligne d'Einstein, combinant le temps et l'espace et vice versa). Exemple d'acc&#233;l&#233;ration spatio-temporelle : &#171; &lt;i&gt;Alors que l'invention des t&#233;l&#233;phones portables ne date que d'une quinzaine d'ann&#233;es, 2,3 milliards d'&#234;tres humains disposent aujourd'hui d'un mobile qui est parfois assimilable &#224; un ordinateur multifonctions.&lt;/i&gt; &#187; Quant &#224; ce qu'on appelle les nouvelles technologies d'information et de communication (Internet, MP3, carte &#224; puce, GPS, portable, cl&#233; USB...), elles ont pour fonction d'acc&#233;l&#233;rer les op&#233;rations les plus communes. Et, accessoirement, de nous suivre &#224; la trace dans tous nos gestes, nos d&#233;placements. Tous fich&#233;s, tous pist&#233;s ! Mais il ne faut pas trop le r&#233;p&#233;ter. &#199;a g&#226;cherait le plaisir grisant de la vitesse.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_447 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/png/ILLUST-ALAIN-REMONDV2-ap.png&quot; title='illustration : Virginie Faur&#233;' type=&quot;image/png&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L245xH324/ILLUST-ALAIN-REMONDV2-ap-d61ed-57e47.png' width='245' height='324' alt='illustration : Virginie Faur&#233;' style='height:324px;width:245px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-447 spip_doc_titre' style='width:245px;'&gt;&lt;strong&gt;illustration : Virginie Faur&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, on ne voit pas trop pourquoi &#231;a s'arr&#234;terait. Ni m&#234;me pourquoi &#231;a se ralentirait. Fonce, Alphonse, roule, Raoul ! comme disait Belmondo dans &#171; A bout de souffle &#187;. C'est fascinant. C'est merveilleux. C'est vertigineux. C'est paniquant. &#171; &lt;i&gt;C'est quand qu'on va o&#249; ?&lt;/i&gt; &#187;, chantait Renaud. La r&#233;ponse est : imm&#233;diatement. Et plus vite que &#231;a ! Quant &#224; savoir o&#249;, c'est une autre affaire. En tout cas, on y va, l'&#339;il riv&#233; sur l'&#233;cran de notre mobile, zappant de la t&#233;l&#233; aux SMS, des mails aux sites Internet. Comme d'autres, jadis, allaient confiants vers un avenir radieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais la &#171; vitessologie &#187; ne s'arr&#234;te pas l&#224;. Son champ d'application est immense, de l'obsession de l'info en continu &#224; l'id&#233;ologie de l'urgence, en passant par l'obligation de la rentabilit&#233; imm&#233;diate, le culte de la performance ou la course &#224; la consommation. Etre partout, aller vite et vivre dans l'instant : tel est, conclut l'auteur, le credo de l'&#233;poque. La n&#244;tre, faut-il le rappeler. Autour de mai 68, de jeunes maos scandaient : &#171; &lt;i&gt;Ce que nous voulons ? Tout !&lt;/i&gt; &#187; Aujourd'hui, c'est : tout, tout de suite ! Vraoum !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bon, maintenant, ce que je devrais peut-&#234;tre faire, c'est lire ce livre tranquillement, &#224; tr&#232;s petite vitesse. &#199;a me ferait peut-&#234;tre moins peur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alain R&#233;mond&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dernier ouvrage paru : &#171; Je marche au bras du temps &#187; aux &#233;ditions du Seuil, janvier 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>entretien avec Christine Ockrent</title>
		<link>http://www.revue-medias.com/entretien-avec-Christine-Ockrent,259.html</link>
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		<dc:subject>Grand entretien</dc:subject>
		<dc:subject>en UNE</dc:subject>
		<dc:subject>Ockrent</dc:subject>

		<description>Sur le m&#233;tier, &#233;crit ou t&#233;l&#233;visuel, sur l'&#171; ignorance consternante du monde &#187; en France, sur le triomphe de la simplification, Christine Ockrent ne m&#226;che pas ses mots. De quoi parle-t-on ? On peut commencer par la Belgique... La Belgique ?... Oui. Votre p&#232;re &#233;tait un diplomate belge. Quels journaux lisait-on en famille ? La Libre Belgique ? Le Soir ? J'ai quitt&#233; Bruxelles quand j'avais neuf ou dix ans et, franchement, je n'&#233;tais pas encore papivore ! Mon p&#232;re, qui avait dirig&#233; le cabinet de (...)

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&lt;a href="http://www.revue-medias.com/+-ockrent,157-+.html" rel="tag"&gt;Ockrent&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L118xH150/arton259-87b61.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='118' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:118px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Sur le m&#233;tier, &#233;crit ou t&#233;l&#233;visuel, sur l'&#171; ignorance consternante du monde &#187; en France, sur le triomphe de la simplification, Christine Ockrent ne m&#226;che pas ses mots.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De quoi parle-t-on ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;On peut commencer par la Belgique...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La Belgique ?...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Oui. Votre p&#232;re &#233;tait un diplomate belge. Quels journaux lisait-on en famille ? &lt;i&gt;La Libre Belgique&lt;/i&gt; ? &lt;i&gt;Le Soir&lt;/i&gt; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai quitt&#233; Bruxelles quand j'avais neuf ou dix ans et, franchement, je n'&#233;tais pas encore papivore ! Mon p&#232;re, qui avait dirig&#233; le cabinet de Paul-Henri Spaak, avait &#233;t&#233; l'un des hommes du plan Marshall pour la Belgique et avait &#233;t&#233; nomm&#233; ambassadeur &#224; l'OECE - devenue l'OCDE. Nous sommes venus &#224; Paris lorsque j'&#233;tais enfant, et les souvenirs de ce d&#233;racinement et de cette transplantation n'&#233;taient pas du tout des souvenirs de presse.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_451 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/02.jpg&quot; title='Photos : Marc Riboud' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L217xH324/02-68ad7-b9a3b.jpg' width='217' height='324' alt='Photos : Marc Riboud' style='height:324px;width:217px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-451 spip_doc_titre' style='width:217px;'&gt;&lt;strong&gt;Photos : Marc Riboud&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous dites &#171; d&#233;racinement &#187;...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avec un peu d'ironie...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourtant, quand Gaston Deferre vous propose la nationalit&#233; fran&#231;aise, vous d&#233;clinez...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A la diff&#233;rence de mon ami Albert du Roy, oui, j'ai d&#233;clin&#233;, par fid&#233;lit&#233; &#224; la m&#233;moire de mon p&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand avez-vous commenc&#233; &#224; t&#233;moigner de l'int&#233;r&#234;t pour les m&#233;dias ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oh ! adolescente, lorsqu'on commence &#224; regarder autour de soi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel &#233;tait alors votre m&#233;dia de pr&#233;dilection ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; &#233;tait &#233;videmment une habitude familiale. Honn&#234;tement, je ne peux pas dire qu'il me fascinait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous aviez d&#233;j&#224; un plan de vie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aucun. Je n'en ai d'ailleurs toujours pas. Je suis contre les plans. Surtout dans notre m&#233;tier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourtant, choisir Sciences Po, &#231;a y ressemble. Vous aviez bien une id&#233;e en t&#234;te ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non... J'ai choisi Sciences Po par go&#251;t pour les affaires internationales et par tradition familiale. Mais sans id&#233;e pr&#233;cise. Ce sont les hasards, la chance, les rencontres, qui m'ont fait abandonner la bourse que j'avais obtenue pour la Kennedy School &#224; Harvard. J'avais d&#233;croch&#233; un stage de trois semaines &#224; &lt;i&gt;NBC News&lt;/i&gt; &#224; Paris, j'y suis rest&#233;e, j'ai laiss&#233; tomber la bourse, puis j'ai pu rejoindre &lt;i&gt;CBS News&lt;/i&gt; et le magazine &#171; Sixty Minutes &#187;, o&#249; j'ai fait mes classes...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gr&#226;ce &#224; cette exp&#233;rience, vous avez une vision un peu distanci&#233;e des m&#233;dias am&#233;ricains, m&#234;me si vous semblez aussi nourrir une certaine r&#233;v&#233;rence &#224; leur &#233;gard...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'est pas de la r&#233;v&#233;rence, plut&#244;t de la reconnaissance. Nous exer&#231;ons un m&#233;tier o&#249; l'apprentissage est permanent. Si l'on n'a pas la chance de rencontrer des gens qui nous apprennent &#224; travailler, &#224; nous comporter, &#224; analyser sans cesse notre m&#233;tier, on risque de se prendre au s&#233;rieux, on confond vite la notori&#233;t&#233; ou la gloriole avec la gloire, on oublie l'humilit&#233;. J'ai eu la chance de commencer par d&#233;sapprendre - c'est important, surtout quand on est impr&#233;gn&#233; d'une formation fran&#231;aise, imbue d'elle-m&#234;me, o&#249; l'on estime qu'avec des plans en deux parties on domine son sujet. Pendant des ann&#233;es, j'ai pu travailler avec Mike Wallace&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Mike Wallace a &#233;t&#233; le correspondant de l'&#233;mission &#171; 60 minutes &#187; sur CBS News (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt; . Il a aujourd'hui 87 ans et il m'appelle encore pour me demander : &#171; &lt;i&gt;Tu n'aurais pas un scoop pour moi ?&lt;/i&gt; &#187; Il a pris sa retraite contraint et forc&#233;. Lui, Dan Rather&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Dan Rather &#233;tait le journaliste vedette de la cha&#238;ne am&#233;ricaine CBS News. En (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt; , Don Hewitt&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt; [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Don Hewitt, &#226;g&#233; de 80 ans, a d&#233;but&#233; &#224; CBS News en 1948. Il est le cr&#233;ateur du (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt; sont des gens que j'admire. Contrairement &#224; sa caricature, la t&#233;l&#233;vision am&#233;ricaine est, plus que la n&#244;tre, capable aussi de continuit&#233; et d'ambition. Les grandes &#233;missions politiques du dimanche - toujours les m&#234;mes, depuis cinquante ans - n'ont pas chang&#233; d'horaires. Le journaliste qui va remplacer mon ami Peter Jennings&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt; [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Peter Jennings a &#233;t&#233; l'un des journalistes am&#233;ricains les plus prim&#233;s. Grand (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt; , mort l'ann&#233;e derni&#232;re, a 63 ans. On ne consid&#232;re pas n&#233;cessairement qu'il faut &#234;tre... comment dire &#231;a gentiment... ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un perdreau de l'ann&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voil&#224; ! Bien s&#251;r, la t&#233;l&#233; est un m&#233;tier injuste qui s'appuie sur l'image, la morphologie d'un visage, une voix - mais j'ai appris aux Etats-Unis qu'il s'agit d'un vrai m&#233;tier, pas seulement d'un jeu de r&#244;les. A l'&#233;poque, l'ORTF d&#233;livrait la voix de la France : &#224; mon sens, l'histoire a pes&#233; longtemps sur la mani&#232;re dont les journalistes de t&#233;l&#233;vision en France sont consid&#233;r&#233;s et se consid&#232;rent. J'ai eu la chance d'&#234;tre form&#233;e &#224; une &#233;cole de libert&#233;, d'ind&#233;pendance, avec de gros moyens et beaucoup d'acharnement face &#224; une concurrence effr&#233;n&#233;e, et ce avant que ne s&#233;vissent l'infotainment et la confusion des genres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avez-vous vu le film de George Clooney, &#171; Good Night, and Good Luck &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je l'ai vu deux fois et je sais que Dan Rather - tr&#232;s amer, &#224; 74 ans, d'avoir d&#251; quitter &lt;i&gt;CBS News&lt;/i&gt; - va de temps en temps le revoir &#224; la s&#233;ance de 14 heures. J'&#233;tais tr&#232;s jeune &#224; l'&#233;poque, mais je me souviens d'avoir crois&#233; Fred Friendly, le h&#233;ros du film, celui qui, aux c&#244;t&#233;s d'Ed Murrow, avait tenu t&#234;te &#224; McCarthy et qui dirigeait encore &lt;i&gt;CBS News&lt;/i&gt;. Lorsque j'ai &#233;t&#233; engag&#233;e, j'ai, comme tout le monde, sign&#233; un code de bonne conduite. Je me souviens notamment d'une r&#232;gle - quand on voit la mani&#232;re dont on travaille aujourd'hui, cela fait vraiment ancien combattant ! - selon laquelle il n'&#233;tait pas question de mettre sur une image un son qui n'&#233;tait pas d'origine. C'&#233;tait un principe absolu !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les m&#233;dias am&#233;ricains n'ont-ils pas &#233;t&#233; frapp&#233;s de plein fouet par une certaine d&#233;gradation des m&#339;urs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r. Mais avant de porter un jugement de valeur, il faut souligner la puissance et la rapidit&#233; avec lesquelles la technologie s'est empar&#233;e des m&#233;dias. Quand Desgraupes m'a confi&#233; le &#171; 20 heures &#187; au d&#233;but des ann&#233;es 1980, les liaisons satellites devenaient courantes, mais ce n'&#233;tait pas encore la routine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y avait des prompteurs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, et on avait m&#234;me invent&#233; l'&#233;lectricit&#233;... Aujourd'hui on re&#231;oit l'image avant de savoir ce qui s'est pass&#233;. La technologie s'est empar&#233;e de la t&#233;l&#233;vision. Le tempo &#233;lectronique a gomm&#233; totalement le temps de r&#233;flexion. S'agissant de la presse &#233;crite, on assiste &#224; une course au scoop qui a toujours exist&#233;, mais qui s'est encore acc&#233;l&#233;r&#233;e. J'ai pas mal de copains au &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt;. J'ai vu cette institution subir de plein fouet quelques grands scandales et aussi donner les coups de rein n&#233;cessaires pour faire elle-m&#234;me...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;... le m&#233;nage ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui. M&#234;me si &#231;a laisse des traces... Mais, encore une fois, c'est une &#233;vidence, la technologie et l'&#233;lectronique ont boulevers&#233; notre m&#233;tier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A ce propos, vous avez dit que la formation multicarte se faisait au d&#233;triment de la culture g&#233;n&#233;rale des jeunes journalistes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand on en vient &#224; reprocher des choses aux jeunes, on se rend vraiment compte qu'on vieillit !&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_449 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/03.jpg&quot; title='' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L324xH217/03-141ed-4e090.jpg' width='324' height='217' alt='' style='height:217px;width:324px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s m'&#233;corchent souvent l'oreille...Je sais, &#231;a fait vieux con. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez dit qu'ils n&#233;gligeaient la culture g&#233;n&#233;rale et l'&#233;criture...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est &#233;vident, non ? La t&#233;l&#233;vision n&#233;glige de plus en plus la qualit&#233; de l'&#233;criture, qui devrait en &#234;tre une dimension sp&#233;cifique. Je l'ai appris en r&#233;alisant des documentaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aujourd'hui, les documentaires ne sont plus &#233;crits ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus vraiment, &#224; part ceux de Patrick Rotman&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Patrick Rotman est r&#233;alisateur. Il a notamment tourn&#233; &#171; L'Et&#233; 44 &#187;, auquel a (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt; et quelques autres... Les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s m'&#233;corchent souvent l'oreille... Je sais, &#231;a fait vieux con. Peut-&#234;tre faisions-nous le m&#234;me effet lorsque nous avions trente ans !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce que vous avez l'impression d'&#234;tre l'un des derniers Mohicans ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'aime beaucoup Fenimore Cooper, mais je n'ai aucune envie de finir la t&#234;te r&#233;duite sur une pique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a dix ans, vous pr&#233;sentiez une &#233;mission intitul&#233;e &#171; Qu'avez-vous fait de vos 20 ans ? &#187;, o&#249; vous laissiez beaucoup de temps &#224; vos invit&#233;s. Aujourd'hui, cela serait inconcevable de proposer un tel programme &#224; une cha&#238;ne...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est une &#233;mission o&#249; le silence avait sa place. Je crois que les silences sont importants. Ils le sont dans la vie. A la t&#233;l&#233;vision, le temps est devenu trop cher. &#171; France Europe Express &#187; est la derni&#232;re &#233;mission politique hebdomadaire sur une cha&#238;ne hertzienne, la seule &#224; durer une heure et demie, l'une des rares o&#249; l'on s'efforce d'expliquer une r&#233;alit&#233; complexe. C'est tout &#224; l'honneur de &lt;i&gt;France 3&lt;/i&gt;, m&#234;me si nous passons &#224; onze heures du soir. J'appartiens &#224; une &#233;cole, singuli&#232;- rement celle de Pierre Desgraupes, o&#249; l'on pense qu'en prenant les gens au s&#233;rieux, en pariant sur leur go&#251;t de comprendre, on rencontre un public. Bien s&#251;r, nos audiences ne sont pas gigantesques, mais &#224; partir du moment o&#249; l'on r&#233;ussit &#224; int&#233;resser pr&#232;s d'un million de gens, ce n'est pas si mal ! Si on est peu nombreux &#224; avoir encore le go&#251;t et l'ambition de faire ce genre d'&#233;mission, pas question de baisser les bras.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous trouvez la profession machiste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle s'est f&#233;minis&#233;e, mais cela ne suffit pas &#224; gommer le machisme. A l'exception des journaux f&#233;minins, tr&#232;s peu de femmes sont aujourd'hui aux commandes. Pour avoir dirig&#233; des &#233;quipes et quelques r&#233;dactions, j'ai pu v&#233;rifier que souvent les femmes sont plus accrocheuses, plus ambitieuses. Normal : dans ce m&#233;tier comme dans d'autres, on nous demande ind&#233;finiment de faire nos preuves, rien n'est jamais acquis, il faut toujours prouver qu'on m&#233;rite &#224; peu pr&#232;s d'&#234;tre l&#224; o&#249; nous sommes.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Comme si l'impertinence pouvait masquer la plupart du temps l'ignorance, et l'absence de pertinence. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pensez-vous que l'indignation soit une qualit&#233; pour un journaliste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut entretenir l'indignation. L'indiff&#233;rence conduit au cynisme, au ricanement, &#224; la d&#233;rision permanente - &#224; cette forme de facilit&#233; journalistique que l'on croit masquer en invoquant sans arr&#234;t l'impertinence. Comme si l'impertinence pouvait masquer la plupart du temps l'ignorance, et l'absence de pertinence ! J'ai bien connu, et beaucoup admir&#233; Oriana Falacci&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Oriana Falacci est journaliste et &#233;crivain. Elle est italienne et r&#233;side &#224; (...)' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt; : elle entretenait l'indignation comme une forme d'hygi&#232;ne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Son indignation s'est transform&#233;e...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, en hyst&#233;rie. Le temps a pass&#233;, et les cruaut&#233;s de la vie. Elle me disait : &#171; &lt;i&gt;Piccolina - &#171; Petite &#187;, alors qu'elle-m&#234;me n'est pas bien grande -, il faut toujours &#234;tre en col&#232;re !&lt;/i&gt; &#187; Evidemment, sa ma&#238;trise du reportage et surtout de l'interview datait d'avant la t&#233;l&#233;. Aujourd'hui, la technologie ne s'accommoderait plus de ce qui s'apparentait, dans son cas, &#224; des exercices de sorcellerie florentine...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez tout fait : radio, t&#233;l&#233;vision, presse &#233;crite, Internet... Quel est le m&#233;dia avec lequel vous avez le plus d'affinit&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les m&#233;dias sont comme la musique. Quand on aime la musique, et qu'on a la chance de jouer de plusieurs instruments, on peut pr&#233;f&#233;rer l'un ou l'autre selon l'occasion, l'humeur, mais on fait toujours de la musique. Il se trouve que j'ai pratiqu&#233; davantage la t&#233;l&#233;vision. J'aurais volontiers poursuivi l'aventure de &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;, m&#234;me si d'&#233;vidence la presse magazine, comme les quotidiens traditionnels, ont de s&#233;rieux efforts de r&#233;invention &#224; faire. Et j'aime l'&#233;criture.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez dirig&#233; L'Express, fond&#233; L'Europ&#233;en, et vous pr&#233;sentez une &#233;mission appel&#233;e &#171; France Europe Express &#187;. C'est dire si l'Europe compte pour vous. Pourtant, on ne peut pas dire qu'elle vous ait port&#233; bonheur...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourquoi ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au lendemain du r&#233;f&#233;rendum, on vous a reproch&#233;...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, comme aux quatre cinqui&#232;mes des &#233;ditorialistes...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un article dans &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt; vous qualifiait de &#171; grande vestale du oui &#187;, par exemple.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est plut&#244;t flatteur, j'ai eu droit &#224; pire...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment avez-vous v&#233;cu cette mise &#224; l'encan des journalistes institutionnels, notamment par les blogs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je mets au d&#233;fi tous ces gens, &#224; commencer par les confr&#232;res qui s'&#233;rigent en Saint-Just au nom d'une vertu dont on se demande d'ailleurs &#224; quel moment ils l'ont eux-m&#234;mes exerc&#233;e, de prendre mon &#233;mission en d&#233;faut. J'ai toujours eu le souci, avec Dominique Rotival et Jean-Michel Blier, de maintenir les &#233;quilibres. Nous avons invit&#233; des gens de toutes opinions. Quand on explique le fonctionnement du Conseil des ministres de l'Union ou la signification de telle ou telle partie du texte constitutionnel, est-ce de la propagande ou de la p&#233;dagogie ? Les &#233;quilibres politiques, les temps de parole ont &#233;t&#233; respect&#233;s &#224; la lettre. Par d&#233;finition, on est l&#224; pour &#231;a.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une &#233;mission a &#233;t&#233; particuli&#232;rement montr&#233;e du doigt : celle du 20 mai.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous parlez de celle o&#249; j'avais invit&#233; Henri Emmanuelli ? Cet homme politique qui a pr&#233;tendu que je l'interrompais alors qu'il ne r&#233;pondait pas &#224; nos questions et coupait assez grossi&#232;rement la parole &#224; tout le monde ? Je respecte infiniment les &#233;lus de la Nation, mais ils doivent aussi savoir se conduire. Cela dit, l'anecdote cache une question beaucoup plus importante : celle du divorce entre les commentateurs qui ont pignon sur rue, qui tiennent les tribunes, qui signent les &#233;ditos, et tout un courant d'opinion qui a estim&#233; ne pas &#234;tre repr&#233;sent&#233;, ne pas &#234;tre incarn&#233; de la m&#234;me mani&#232;re. Les blogs, autre fruit de la r&#233;volution technologique, le prouvent : les gens ne supportent plus l'ordre &#233;tabli, l'impression qu'on leur parle d'en haut ; ils estiment que personne n'a de comp&#233;tence sup&#233;rieure &#224; la leur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je grossis le trait, mais les blogs permettent de dire : &#171; &lt;i&gt; Moi, je pense que, et je me fous du reste.&lt;/i&gt; &#187; Il y a eu une cristallisation violente entre ces nouveaux moyens d'expression et un courant d'opinion qui estime qu'il n'est pas repr&#233;sent&#233; suffisamment dans les m&#233;dias dominants. Certains titres en font leur miel, comme Marianne, qui est contre tout. En France, les raisons de ce d&#233;calage sont multiples, et d&#233;passent de beaucoup la question de l'Europe. Les gens consid&#232;rent, et ce n'est pas faux, que dans ce pays extraordinairement centralis&#233;, les politiques parlent aux journalistes qui parlent aux politiques. Tout &#231;a se passe dans une esp&#232;ce de bulle aussit&#244;t tax&#233;e de connivence, sinon pire, en tout cas d&#233;connect&#233;e de la r&#233;alit&#233; de leurs soucis quotidiens.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_448 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/09.jpg&quot; title='' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L220xH324/09-14875-e3f99.jpg' width='220' height='324' alt='' style='height:324px;width:220px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous dites que &#231;a n'est pas faux...&lt;/strong&gt; Ce serait idiot de nier l'&#233;vidence.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les m&#233;dias fran&#231;ais seraient plus que d'autres r&#233;gis par la connivence ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On v&#233;rifie aussi ce ph&#233;nom&#232;ne en Grande-Bretagne, m&#234;me si la &lt;i&gt;BBC&lt;/i&gt; a une histoire et des traditions autrement remarquables que notre t&#233;l&#233;vision. Et regardez ce qui s'est pass&#233; aux Etats-Unis avec Bob Woodward&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt; [&lt;a href='#nb7' class='spip_note' rel='footnote' title='Bob Woodward est un journaliste am&#233;ricain, n&#233; le 26 mars 1943, c&#233;l&#232;bre pour (...)' id='nh7'&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;, l'homme du Watergate, dans l'histoire du Plame Gate avec Judith Miller - la derni&#232;re grande affaire qui a &#233;clabouss&#233; les deux grands journaux de la c&#244;te Est. Woodward a &#233;t&#233; convaincu, au sens presque judiciaire du terme, d'avoir cach&#233; &#224; sa propre r&#233;daction des informations qu'il d&#233;tenait et d'&#234;tre entr&#233; ainsi dans le cercle et le jeu du pouvoir. La d&#233;nonciation est plus courante chez nous, parce que la politique, ou ce qui en tient lieu, occupe toujours plus de place qu'ailleurs. En France, presque tous les patrons des r&#233;dactions sont des journalistes politiques !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et dans cette lutte des classes symbolique, il y a des professionnels qui s'enflamment d&#232;s qu'on prononce les mots tabous : &#171; Europe &#187;, &#171; lib&#233;ralisme &#187;, &#171; mondialisation &#187;, &#224; l'image de Serge Halimi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Serge Halimi, comme prolo, on fait mieux ! A chacun ses obsessions, ou ses blocages. Mais nous cultivons en France la religion du verbe. Notre culture se crispe sur le langage, &#224; tel point que nos esprits les plus brillants, d&#232;s qu'ils ont trouv&#233; les mots, la formule qui fait mouche, estiment qu'ils ont pratiquement r&#233;gl&#233; le probl&#232;me. C'est un grand travers fran&#231;ais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les formations au journalisme n'y sont pas pour rien.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sans pr&#234;cher pour ma paroisse d'origine, Sciences Po a beaucoup chang&#233;. La cr&#233;ation par Richard Descoing d'un centre d'apprentissage des m&#233;dias est une bonne chose. La formation continue d'insister sur la culture g&#233;n&#233;rale. Il y a d'autres mamelles &#224; t&#233;ter que la sociologie post-marxiste... Heureusement, on croise aussi des jeunes journalistes qui ont l'app&#233;tit, l'envie, l'&#233;tincelle dans l'&#339;il, qui ont le go&#251;t du terrain et qui ne discutent pas seulement de leurs RTT !&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; A la t&#233;l&#233;vision, il faut de la chair fra&#238;che, des visages avenants et, pour les filles, obligatoirement des d&#233;collet&#233;s plongeants. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Toujours autant de talents, mais peut-&#234;tre plus dilu&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les vecteurs d'expression sont de plus en plus nombreux, les hi&#233;rarchies fluctuantes, le temps de la formation sur le vif compress&#233;. Ce qui me pr&#233;occupe &#224; la t&#233;l&#233;vision, et surtout sur le c&#226;ble et la TNT, c'est la formatisation : il faut de la chair fra&#238;che, des visages avenants et, pour les filles, obligatoirement des d&#233;collet&#233;s plongeants. C'est &#224; mourir de rire, ou de consternation ! Au moment o&#249; il faut conforter le lien de confiance qui s'affaiblit &#224; vue d'&#339;il dans notre soci&#233;t&#233;, c'est g&#234;nant. Si l'on expose &#224; l'antenne des petits jeunes gens ravissants qui transmettent, je ne dirais pas une sensation de vacuit&#233;, mais une absence de connaissances &#233;l&#233;mentaires, ce n'est bon pour personne. Pour autant, on y trouve aussi d'excellents programmes, notamment l'&#233;mission de politique internationale de &lt;i&gt;LCI&lt;/i&gt;, qui n'a pas d'&#233;quivalent ailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Desgraupes n'avait-il pas d&#233;sign&#233; le pr&#233;curseur de ce &#171; journalisme joli-c&#339;ur &#187; en la personne de Poivre d'Arvor ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il l'appelait m&#234;me le &#171; condiment &#187;, ce qui n'&#233;tait pas tr&#232;s gentil. Desgraupes avait peu d'estime pour lui, pensant que ce n'&#233;tait pas bien d'avoir &#233;t&#233; pr&#233;sident des Jeunes Giscardiens et que le charme ne suffisait pas. C'&#233;tait tr&#232;s injuste : Poivre n'aurait jamais dur&#233; si longtemps s'il n'avait pas beaucoup de talent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour en revenir &#224; ces relations entre politiques et journalistes, parlons de Bernard Kouchner, votre compagnon. Vous ne l'avez jamais invit&#233; &#224; &#171; France Europe Express &#187;, bien qu'il soit un Europ&#233;en convaincu...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne fais pas une &#233;mission pour les Europ&#233;ens convaincus !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Posons la question autrement : comment avez-vous r&#233;agi &#224; la pol&#233;mique initi&#233;e autour du couple Sch&#246;nberg-Borloo ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Personnellement, je leur souhaite le plus grand bonheur ! Remettons les arguments dans l'ordre. Ce n'est pas parce qu'on est une femme qu'on est incapable de penser toute seule, et de conduire son parcours professionnel en toute ind&#233;pendance. J'ai rencontr&#233; Bernard &#224; une &#233;poque o&#249; je pr&#233;sentais le &#171; 20 heures &#187;. Lui dirigeait M&#233;decins du Monde apr&#232;s avoir fond&#233; M&#233;decins Sans Fronti&#232;res. Il est devenu ministre bien des ann&#233;es plus tard. Moi, j'ai continu&#233; &#224; faire mon m&#233;tier, &#224; vivre diff&#233;rentes p&#233;rip&#233;ties professionnelles : des hauts, des bas, du risque, de nouvelles aventures. Je ne vois pas au nom de quoi lui ou moi devrions d&#233;cider de nos choix professionnels en fonction du calendrier de l'autre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;On dit qu'il y aurait une jurisprudence &#224; respecter...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'en ai assez de cette pr&#233;tendue jurisprudence. Elle est approximative, contraire &#224; la r&#233;alit&#233; des dates et des faits. J'essaie de replacer les choses dans leur contexte et dans leur dur&#233;e. Bien &#233;videmment, je n'ai jamais invit&#233; Bernard dans mes &#233;missions, et lui ne m'a pas demand&#233; d'&#234;tre &#224; son cabinet. S'agissant de B&#233;atrice Sch&#246;nberg, c'est &#224; elle, &#224; sa hi&#233;rarchie, de d&#233;cider ce qu'il convient de faire, avec honn&#234;tet&#233; et bon sens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Poser cette question, c'est inconsciemment pr&#233;supposer qu'une femme d&#233;pend de son mari ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S&#251;rement. Et pas inconsciemment ! Personne n'a demand&#233;, en tout cas pour l'instant, &#224; Fran&#231;ois Hollande de d&#233;missionner de son poste de premier secr&#233;taire sous pr&#233;texte que S&#233;gol&#232;ne grimpe dans les sondages. Connaissez-vous un homme qui a d&#233;missionn&#233; d'un poste pour cause d'ascension de sa femme ? Je suis tr&#232;s sensible &#224; ces signaux car j'appartiens &#224; une g&#233;n&#233;ration qui s'est beaucoup bagarr&#233;e pour faire oublier qu'aux yeux des autres, et bien s&#251;r des hommes, on est d'abord une femme. Journaliste ou pas, la convenance voudrait qu'en toutes circonstances on se soumette ? S&#251;rement pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Question tarte &#224; la cr&#232;me : si votre compagnon devenait pr&#233;sident de la R&#233;publique...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors, je demanderais l'exil politique quelque part !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cesseriez-vous le journalisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si les choses vont dans cette direction, ce qui peut faire plaisir &#224; un certain nombre de gens, &#224; commencer par lui, il me reste quelques mois pour prendre ma d&#233;cision. (rire)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce ne serait pas mal : lui, pr&#233;sident de la R&#233;publique, et vous au &#171; 20 heures &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non, pr&#233;sidente de &lt;i&gt;France T&#233;l&#233;visions&lt;/i&gt;, tant qu'&#224; faire. Li&#233;e &#224; l'oreillette du pr&#233;sentateur, comme le faisait Elkabbach selon la rumeur...&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_450 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/08.jpg&quot; title='' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L219xH324/08-33992-1c29b.jpg' width='219' height='324' alt='' style='height:324px;width:219px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Il y a d'autres mamelles &#224; t&#233;ter que la sociologie post-marxiste... &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous connaissez bien Serge July. Que pensez-vous de son d&#233;part de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur le plan personnel, c'est s&#251;rement tr&#232;s douloureux, et c'est la fin d'une tr&#232;s longue et belle aventure qui a marqu&#233; nos g&#233;n&#233;rations. La crise correspond aux difficult&#233;s actuelles de la presse &#233;crite, surtout quotidienne. Et puis, au sein m&#234;me de &lt;i&gt;Lib&#233;&lt;/i&gt;, le mythe July, l'ascendant qu'il a pu exercer, l'&#233;pop&#233;e qu'il a fait vivre au titre et aux &#233;quipes qui se sont succ&#233;d&#233;, cette influence s'est us&#233;e. Pour autant, je connais assez Serge pour savoir qu'il n'a jamais voulu entrer au Panth&#233;on, momifi&#233;, camp&#233; sur un journal fossilis&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est diff&#233;rent quand vous d&#233;cidez d'y mettre fin vous-m&#234;me...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le conflit avec l'actionnaire, c'est assez banal. Cela a &#233;t&#233; mon cas &#224; &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; que j'ai d&#251; quitter &#224; cause d'un changement d'actionnaire. Le nouvel arrivant &#233;tait &#224; l'&#233;poque beaucoup plus &#224; l'&#233;coute de l'Elys&#233;e...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comme, par exemple, Genestar &#224; &lt;i&gt;Paris-Match&lt;/i&gt; ?...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je crois que ce n'est pas comparable. Ce qu'il faut souhaiter, c'est que Lib&#233;ration parvienne &#224; renouveler son lectorat, &#224; le rajeunir. Les jeunes lisent peu, la technologie, encore une fois, bouleverse les besoins et les habitudes. C'est pour cela que j'ai accept&#233; d'&#233;pauler le lancement et le d&#233;veloppement du quotidien gratuit &lt;i&gt;M&#233;tro&lt;/i&gt;. Au risque de choquer quelques belles &#226;mes de la profession...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comme Serge July, d'ailleurs...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, il s'&#233;tait fendu d'un &#233;dito stupide, ce que je n'ai pas manqu&#233; de lui dire, o&#249; il pr&#233;tendait que les Su&#233;dois investissaient en France pour &#233;viter le fisc. Le concept de journal gratuit, tr&#232;s proche de celui de la radio, est apparu dans les pays scandinaves, et marche formidablement en France. On le v&#233;rifie tous les jours : de nouveaux lecteurs sont apparus, des jeunes, des femmes, toutes sortes de gens qui estiment, &#224; tort ou &#224; raison, que les journaux traditionnels ne sont pas pour eux et qu'ils sont trop chers. Il y a cinq ans, les barons de la profession se tordaient le nez, non sans arrogance ; aujourd'hui ils veulent tous leur gratuit ! C'est r&#233;jouissant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez dit : &#171; &lt;i&gt;Ce m&#233;tier expose &#224; beaucoup d'ennemis et de d&#233;sagr&#233;ments, mais aussi &#224; deux risques dont il faut se pr&#233;munir : le cynisme et la tentation de se taire&lt;/i&gt; &#187;...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le cynisme et la tentation de se taire... Par lassitude, oui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce n'est pas votre cas...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ah non ! pas du tout ! (rire)&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Revenons au d&#233;ficit de confiance entre la Nation et l'aristocratie m&#233;diatique. Avez-vous des recettes pour r&#233;soudre ce probl&#232;me ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La seule mani&#232;re, je crois, c'est de faire son travail. De tenter d'expliquer que le monde est compliqu&#233;. Rien ne m'irrite davantage que cette d&#233;rive qui frappe les politiques autant que les journalistes et qui consiste &#224; tout simplifier &#224; l'exc&#232;s. Voil&#224; le d&#233;fi qui, au-del&#224; des d&#233;couragements, entretient mon go&#251;t du m&#233;tier : faire comprendre que si nous ne prenons pas le monde &#224; bras-le-corps, si nous n'assumons pas ses complexit&#233;s, nous le d&#233;figurons, nous l'abandonnons, il continue sans nous. La scl&#233;rose de certains courants de pens&#233;e en France, l'ignorance du monde, sont consternantes. Il suffit de lire certains journaux &#233;trangers pour s'en rendre compte. Alors, je reprends mon &#233;mission, le dimanche. Et je r&#233;fl&#233;chis &#224; de nouveaux projets. M&#234;me si la t&#233;l&#233;vision est un m&#233;dia simplificateur, elle permet d'atteindre un grand nombre de gens, et elle m&#233;rite l'effort !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bref, ce qui vous anime, c'est la p&#233;dagogie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non, ce qui m'anime, c'est que j'aime mon &#233;poque. Je ne supporte pas de voir des gens, et surtout des jeunes, qui ne l'aiment pas. Ou qui, par frilosit&#233;, par crainte, refusent de s'y colleter. N'ayons pas peur des banalit&#233;s : c'est une chance extraordinaire, pour chacun d'entre nous, de b&#233;n&#233;ficier aujourd'hui, dans un pays libre, de tous les outils possibles pour comprendre, pour s'exprimer, et pour partager.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;Mike Wallace a &#233;t&#233; le correspondant de l'&#233;mission &#171; 60 minutes &#187; sur &lt;i&gt;CBS News&lt;/i&gt; depuis sa premi&#232;re diffusion en 1968. Parmi de nombreux scoops, il a &#233;t&#233; notamment l'auteur d'une interview exclusive de John Nash, math&#233;maticien g&#233;nial souffrant de schizophr&#233;nie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;Dan Rather &#233;tait le journaliste vedette de la cha&#238;ne am&#233;ricaine &lt;i&gt;CBS News&lt;/i&gt;. En mars 2005, il a cess&#233; de pr&#233;senter le journal t&#233;l&#233;vis&#233; qu'il animait depuis vingt-quatre ans. Son image avait &#233;t&#233; ternie lorsqu'il a pr&#233;sent&#233; des documents &#224; l'authenticit&#233; non v&#233;rifi&#233;e mettant en cause le pass&#233; militaire de Bush. A 73 ans, il incarnait depuis pr&#232;s de quarante ans un certain mod&#232;le du journalisme &#224; l'am&#233;ricaine.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;Don Hewitt, &#226;g&#233; de 80 ans, a d&#233;but&#233; &#224; &lt;i&gt;CBS News&lt;/i&gt; en 1948. Il est le cr&#233;ateur du magazine &#171; 60 minutes &#187;, qui a inspir&#233; tant d'&#233;missions de reportage dans le monde - comme par exemple &#171; Envoy&#233; sp&#233;cial &#187; sur &lt;i&gt;France 2&lt;/i&gt;. Il a &#233;galement initi&#233; le premier d&#233;bat pr&#233;sidentiel en produisant l'&#233;mission historique entre John F. Kennedy et Richard Nixon.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;Peter Jennings a &#233;t&#233; l'un des journalistes am&#233;ricains les plus prim&#233;s. Grand reporter &#171; &#233;tranger &#187;, il &#233;tait r&#233;put&#233; pour son ind&#233;pendance. Il pr&#233;sentait l'&#233;mission World News Tonight &#187; sur &lt;i&gt;ABC&lt;/i&gt;. Il est d&#233;c&#233;d&#233; en ao&#251;t 2005 des suites d'un cancer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;Patrick Rotman est r&#233;alisateur. Il a notamment tourn&#233; &#171; L'Et&#233; 44 &#187;, auquel a &#233;t&#233; d&#233;cern&#233; un Troph&#233;e du Film fran&#231;ais en 2004.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh6' id='nb6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;Oriana Falacci est journaliste et &#233;crivain. Elle est italienne et r&#233;side &#224; Manhattan. R&#233;sistante antifasciste, elle a interview&#233; tous les grands chefs d'Etat et &#233;crit plusieurs livres, dont &#171; La Rage et l'Orgueil &#187;, violent pamphlet antimusulman.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh7' id='nb7' class='spip_note' title='Notes 7' rev='footnote'&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;Bob Woodward est un journaliste am&#233;ricain, n&#233; le 26 mars 1943, c&#233;l&#232;bre pour avoir d&#233;clench&#233;, en 1972, avec son coll&#232;gue Carl Bernstein, pour le Washington Post, le scandale du Watergate, qui entra&#238;na la d&#233;mission, deux ans plus tard, du pr&#233;sident Richard Nixon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Avis de temp&#234;te sur Le journal hebdomadaire</title>
		<link>http://www.revue-medias.com/avis-de-tempete-sur-le-journal,260.html</link>
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		<dc:date>2006-12-02T15:48:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Vie publique</dc:subject>

		<description>A Casablanca, Le Journal paie le prix de son irr&#233;v&#233;rence &#224; l'endroit de la monarchie ch&#233;rifienne. Histoire de cet hebdomadaire iconoclaste n&#233; de la rencontre d'un jeune cadre bancaire, d'un brillant financier, d'un courtier d'assurances fortun&#233; et d'un journaliste mal &#233;lev&#233;. Un vent mauvais souffle sur Le Journal hebdomadaire, le titre phare de la presse magazine francophone aux prises avec la justice du royaume. Une justice qui a la main lourde. Le directeur de la publication, Aboubakr Jama&#239;, a &#233;t&#233; (...)

-
&lt;a href="http://www.revue-medias.com/-no10,21-.html" rel="directory"&gt;n&#176;10&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://www.revue-medias.com/+-vie-publique,12-+.html" rel="tag"&gt;Vie publique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L115xH150/arton260-5814d.png&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='115' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:115px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;A Casablanca, &lt;i&gt;Le Journal&lt;/i&gt; paie le prix de son irr&#233;v&#233;rence &#224; l'endroit de la monarchie ch&#233;rifienne. Histoire de cet hebdomadaire iconoclaste n&#233; de la rencontre d'un jeune cadre bancaire, d'un brillant financier, d'un courtier d'assurances fortun&#233; et d'un journaliste mal &#233;lev&#233;.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un vent mauvais souffle sur &lt;i&gt;Le Journal hebdomadaire&lt;/i&gt;, le titre phare de la presse magazine francophone aux prises avec la justice du royaume. Une justice qui a la main lourde. Le directeur de la publication, Aboubakr Jama&#239;, a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; payer l'&#233;quivalent de 270 000 euros pour &#171; diffamation &#187;. La somme est d&#233;mesur&#233;e. Incapable de la r&#233;unir, le journaliste vit depuis le printemps sous la menace de devoir mettre la cl&#233; sous la porte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Longtemps num&#233;ro 1 incontest&#233; des magazines d'information en langue fran&#231;aise, l'hebdomadaire tire le diable par la queue. La publicit&#233; est chiche. Elle oscille entre deux et trois pages par num&#233;ro. Suffisant pour ne pas mourir, mais trop maigre pour vivre. Les entreprises publiques ignorent &lt;i&gt;Le Journal&lt;/i&gt;. Les firmes priv&#233;es le snobent - peut-&#234;tre pour ne pas incommoder le pouvoir. Et l'hebdomadaire, qui emploie une vingtaine de salari&#233;s - dont la moiti&#233; de journalistes -, &#224; Casablanca, son si&#232;ge, croule sous les dettes. Le Journal doit de l'argent &#224; l'Etat, aux banques, &#224; un imprimeur... D'o&#249; les rumeurs de cession du magazine. Des n&#233;gociations ont bien eu lieu il y a quelques mois, mais sans aboutir. Qui voudrait racheter un titre prestigieux mais proche de la faillite et, de surcro&#238;t, en d&#233;licatesse avec le palais royal ? Rien ne s'est produit, mais les comptes des trois principaux dirigeants du magazine ont &#233;t&#233; gel&#233;s &#224; la demande des banques...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'histoire est ingrate qui malm&#232;ne un enfant de l'&#171; alternance &#187;. A la fin des ann&#233;es 1990, Hassan II, vieillissant mais fin politique et soucieux de consolider le tr&#244;ne, appela en bonne place au gouvernement ses adversaires historiques, les socialistes de l'USFP, h&#233;ritiers de Mehdi Ben Barka. L'heure &#233;tait &#224; l'optimisme comme allait en t&#233;moigner la floraison de titres dans les kiosques du royaume.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Journal fut de ceux-l&#224;, fond&#233; par des &#171; aventuriers en journalisme &#187; que rien ne retenait. Eplucher les couvertures de l'hebdomadaire, feuilleter les pages de ce newsmagazine sans &#233;quivalent dans le monde arabo-musulman, c'est raviver vingt ans d'histoire du Maroc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au d&#233;part, il y a le r&#234;ve un peu fou de trois francs-tireurs &#233;gar&#233;s dans le monde de la presse : Aboubakr Jama&#239;, un financier brillant, marqu&#233; par les combats politiques men&#233;s par son grand-p&#232;re et son p&#232;re, mais plus familier du d&#233;cryptage des bilans d'entreprises que de l'analyse &#233;lectorale ; Fadel Iraki, un courtier d'assurances fortun&#233;, amateur d'art ; et Ali Amar, jeune cadre bancaire que les humeurs de la Bourse de Casablanca, son gagne-pain, ennuyaient ferme. Pour les &#233;pauler, une autre &#171; t&#234;te br&#251;l&#233;e &#187; bien d&#233;cid&#233;e &#224; jouer les journalistes mal &#233;lev&#233;s : Ali Lmrabet, r&#233;dacteur en chef du &lt;i&gt;Journal&lt;/i&gt; avant d'aller cr&#233;er une autre publication iconoclaste, Demain - qui ne tardera pas &#224; &#234;tre interdite.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_452 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/png/Fadel.png&quot; title='Fadel Iraki' type=&quot;image/png&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L324xH268/Fadel-ed5bc-8c984.png' width='324' height='268' alt='Fadel Iraki' style='height:268px;width:324px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-452 spip_doc_titre' style='width:324px;'&gt;&lt;strong&gt;Fadel Iraki&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='crayon document-descriptif-452 spip_doc_descriptif' style='width:324px;'&gt;photos : Karim Selmaoui&lt;/dd&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Ce qui les a r&#233;unis pour une aventure exaltante et risqu&#233;e ? Peut-&#234;tre la recherche d'un suppl&#233;ment d'&#226;me dans un Maroc qui commen&#231;ait &#224; respirer le parfum de libert&#233; flottant dans l'air. &#171; &lt;i&gt;On a cru que la d&#233;mocratie allait s'imposer&lt;/i&gt; &#187;, raconte le directeur du&lt;i&gt; Journal&lt;/i&gt; qui fera vite ses classes d'apprenti journaliste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Etonnante &#233;poque o&#249; &lt;i&gt;Le Journal&lt;/i&gt;, oubliant rapidement l'image de magazine &#224; dominante &#233;conomique des premiers num&#233;ros, pouvait r&#233;clamer en une la t&#234;te de l'homme fort de la monarchie, le ministre de l'Int&#233;rieur Driss Basri ; demander le retour au Maroc d'Abraham Serfaty, l'opposant embl&#233;matique &#224; Hassan II exil&#233; en France ; monter un dossier sur la disparition de Mehdi Ben Barka ; ou publier un entretien avec l'une des filles d'Oufkir, le &#171; g&#233;n&#233;ral f&#233;lon &#187;, sans encourir les foudres du palais royal. &#171; &lt;i&gt;On n'a jamais eu le moindre coup de fil ni l'annulation de budgets publicitaires &#224; cause du contenu&lt;/i&gt; &#187;, se souvient Aboubakr Jama&#239;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Journal&lt;/i&gt; prend go&#251;t &#224; la libert&#233; de plume. Pas le palais royal. Mohammed VI mont&#233; sur le tr&#244;ne de son p&#232;re, les relations - apr&#232;s une br&#232;ve lune de miel - ne tardent pas &#224; se d&#233;grader entre l'hebdomadaire iconoclaste et la monarchie en qu&#234;te de &#171; changement dans la continuit&#233; &#187;. Ce ne fut pas un affrontement brutal, mais un lent divorce entre, d'un c&#244;t&#233;, un journal impertinent, peu d&#233;cid&#233; &#224; courber l'&#233;chine et &#224; se p&#226;mer devant &#171; &lt;i&gt; le roi des pauvres, qui conduit lui-m&#234;me sa voiture, tapote la joue des bambins...&lt;/i&gt; &#187;, et, de l'autre, un pouvoir qui campe sur des &#171; lignes rouges &#187; fix&#233;es par lui seul. Il fallait &#233;crire &#171; Sa Majest&#233; &#187; plut&#244;t que de parler du &#171; roi &#187; ; d&#233;fendre la &#171; marocanit&#233; &#187; du Sahara occidental ; s'abstenir de critiquer le chef de la diplomatie marocaine...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Peine perdue. &lt;i&gt;Le Journal&lt;/i&gt; est irr&#233;cup&#233;rable. Interdit de para&#238;tre au printemps 2000 &#224; la suite d'un entretien avec le chef du Polisario, b&#234;te noire de la monarchie, le magazine passe outre. Les imprimeurs marocains se d&#233;filent ? Le Journal trouve un &#233;diteur en France et sort avec des pages en blanc pour ridiculiser les censeurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Entre le journal irr&#233;v&#233;rencieux et le r&#233;gime, la guerre est d&#233;clar&#233;e. Profitant de la publication d'un dossier sulfureux sur les accointances entre gauche et putschistes dans les ann&#233;es 1970, le gouvernement, peupl&#233; de socialistes convertis &#224; la monarchie, passe &#224; l'offensive. &lt;i&gt;Le Journal&lt;/i&gt; est &#171; d&#233;finitivement &#187; interdit de para&#238;tre, ainsi que, pour faire bonne mesure, l'hebdo satirique lanc&#233; par Ali Lmrabet. &#171; &lt;i&gt;Ces journaux ont os&#233; s'attaquer &#224; l'arm&#233;e qui est une institution respect&#233;e dans nos pays. C'est inadmissible&lt;/i&gt; &#187;, explique beno&#238;tement le Premier ministre socialiste Abderahmane Youssoufi au quotidien &lt;i&gt;El Pais&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_454 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/png/Amar-2-mod.png&quot; title='' type=&quot;image/png&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L215xH324/Amar-2-mod-a3044-0b45d.png' width='215' height='324' alt='' style='height:324px;width:215px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Aboubakr Jama&#239; pense contourner l'obstacle en relan&#231;ant Le Journal sous un titre l&#233;g&#232;rement modifi&#233;. Des difficult&#233;s administratives surgissent qui l'en emp&#234;chent. Il faudra une gr&#232;ve de la faim du directeur de l'hebdomadaire annonc&#233;e devant un parterre de journalistes &#233;trangers venus couvrir le congr&#232;s de la F&#233;d&#233;ration internationale des ligues des droits de l'homme qui, pure co&#239;ncidence, se tient au m&#234;me moment au Maroc, pour que le gouvernement fasse machine arri&#232;re. &lt;i&gt;Le Journal&lt;/i&gt; est mort. Vive &lt;i&gt;Le Journal Hebdo&lt;/i&gt;. D'un titre &#224; l'autre, le ton demeure. &#171; &lt;i&gt;On ne s'&#233;tait pas assagis contrairement &#224; ce qu'esp&#233;rait le pouvoir&lt;/i&gt; &#187;, dit Aboubakr Jama&#239;. Et c'est vrai : &lt;i&gt;Le Journal Hebdo&lt;/i&gt; m&#232;ne la charge contre les d&#233;rives des services de s&#233;curit&#233;, d&#233;nonce l'envol&#233;e du budget du palais royal vot&#233; chaque ann&#233;e sans discussion par le Parlement, part en guerre contre les socialistes accus&#233;s de renier leurs engagements... Personne n'est &#233;pargn&#233;, mais les lecteurs ne suivent pas. L'envol&#233;e du prix du magazine a &#233;clairci leurs rangs. Et la publicit&#233; est pass&#233;e &#224; la concurrence, davantage attach&#233;e aux faits de soci&#233;t&#233; qu'aux blocages politiques. Le d&#233;ficit est l&#224;, qui ne va cesser de se creuser au fil des ann&#233;es...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A l'heure du bilan, Aboubakr Jama&#239;, 38 ans, qui a re&#231;u en 2003 le Prix de la libert&#233; de la presse d&#233;cern&#233; par une association am&#233;ricaine, le CPJ, ne regrette rien, m&#234;me si, reconna&#238;t-il, &#171; &lt;i&gt;les maladresses ont &#233;t&#233; nombreuses&lt;/i&gt; &#187;. Il y a eu ces photos inutilement provocatrices -comme celle montrant en couverture un Mohammed VI comme sonn&#233; par un coup de poing -, ces titres approximatifs, ces dossiers un peu h&#226;tifs. &#171; &lt;i&gt; On a toujours &#233;t&#233; du c&#244;t&#233; des faibles, des opprim&#233;s, tout en sachant que c'&#233;tait suicidaire. On a pris la d&#233;fense des islamistes tortur&#233;s apr&#232;s les attentats de Casablanca, mais on a applaudi lorsque le roi a d&#233;cid&#233; de changer le statut de la femme marocaine. Contrairement &#224; d'autres, Le Journal n'a jamais fait la une sur la famille royale. Il a &#233;t&#233; un lieu de d&#233;bats. On a men&#233; les bons combats.&lt;/i&gt; &#187; Difficile d'imaginer que c'est le dernier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> &quot;Si tu mens aux m&#233;dias, tu es mort...&quot;</title>
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		<dc:subject>Vie publique</dc:subject>
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		<description>Une &#233;pouse opini&#226;tre, des comit&#233;s de soutien et beaucoup de presse ont sauv&#233; l'ex-plus c&#233;l&#232;bre taulard de France. Comment ? Lors de votre tout premier proc&#232;s, la presse doute de votre culpabilit&#233;. Pourtant, vous &#234;tes condamn&#233;. Les m&#233;dias ne sont donc pas si influents qu'on le dit ? Roland Agret : Au cours du proc&#232;s, certainement pas. Les articles sont &#233;crits le soir pour le lendemain. Or, &#224; l'&#233;poque, &#233;tant compl&#232;tement inconscient, je n'avais fait aucun travail en amont avec la presse. Le matin o&#249; j'ai (...)

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&lt;a href="http://www.revue-medias.com/-no10,21-.html" rel="directory"&gt;n&#176;10&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.revue-medias.com/+-vie-publique,12-+.html" rel="tag"&gt;Vie publique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.revue-medias.com/+-en-une,63-+.html" rel="tag"&gt;en UNE&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.revue-medias.com/+-agret,64-+.html" rel="tag"&gt;Agret&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L105xH150/arton261-b362e.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='105' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:105px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Une &#233;pouse opini&#226;tre, des comit&#233;s de soutien et beaucoup de presse ont sauv&#233; l'ex-plus c&#233;l&#232;bre taulard de France. Comment ?&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lors de votre tout premier proc&#232;s, la presse doute de votre culpabilit&#233;. Pourtant, vous &#234;tes condamn&#233;. Les m&#233;dias ne sont donc pas si influents qu'on le dit ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roland Agret :&lt;/strong&gt; Au cours du proc&#232;s, certainement pas. Les articles sont &#233;crits le soir pour le lendemain. Or, &#224; l'&#233;poque, &#233;tant compl&#232;tement inconscient, je n'avais fait aucun travail en amont avec la presse. Le matin o&#249; j'ai comparu devant les assises, le journal r&#233;gional, &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt;, titrait : &#171; Trois hommes risquent leur t&#234;te. &#187; Je ne m'&#233;tais rendu compte de rien et mes avocats eux-m&#234;mes n'avaient cess&#233; de me rassurer, me certifiant que je serai acquitt&#233;. Mes parents, des petits-bourgeois gaullistes, m'avaient &#233;lev&#233; dans le respect de la justice : j'&#233;tais certain qu'on ne pouvait condamner quelqu'un pour un acte qu'il n'avait pas commis. Pendant le proc&#232;s, deux journalistes, Maurice Rouquette, de &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt;, et Fran&#231;oise Laborde, pour &lt;i&gt;France Soir&lt;/i&gt;, avaient exprim&#233; des doutes. Mais une fois condamn&#233;, c'&#233;tait trop tard.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A quel moment prenez-vous conscience de l'importance des m&#233;dias pour votre combat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roland Agret :&lt;/strong&gt; Quand on m'a incarc&#233;r&#233;, j'&#233;tais sous le choc. J'avais l'impression d'&#234;tre dans un monde &#224; l'envers. J'&#233;tais innocent. Les juges, les jur&#233;s s'&#233;taient tromp&#233;s sur mon compte. Je le hurlais aux gardiens et en retour, les coups pleuvaient. J'ai pris conscience de la n&#233;cessit&#233; des m&#233;dias en observant l'affaire Goldman. Pierre Goldman avait &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; perp&#233;tuit&#233;, accus&#233; &#224; tort d'avoir assassin&#233; deux pharmaciennes. Mais &#224; l'occasion de son pourvoi en cassation, la pression des m&#233;dias et de ses comit&#233;s de soutien &#233;tait si forte que la cour a &#171; invent&#233; &#187; un vice de forme. Et il a &#233;t&#233; acquitt&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est l'&#233;l&#233;ment d&#233;clencheur qui vous fait prendre conscience que vous ne pourriez pas vous en sortir tout seul ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roland Agret :&lt;/strong&gt; Je suis devenu enfin lucide quand je me suis r&#233;veill&#233; un matin apr&#232;s une tentative de suicide par pendaison. J'ai vu Marie-Jo et ma m&#232;re en pleurs &#224; mon chevet. Je ne savais pas pourquoi elles &#233;taient l&#224;. J'avais pris tellement de m&#233;dicaments pour dormir et me calmer que j'en &#233;tais devenu accro. Je me suis r&#233;veill&#233; en r&#233;animation sans m&#234;me savoir ce qui s'&#233;tait pass&#233;. L&#224;, quelque chose s'est d&#233;chir&#233; dans ma t&#234;te. J'ai d&#233;cid&#233; d'agir &#224; la fa&#231;on de Pierre Goldman. Tout en sachant que ce serait difficile parce que lui &#233;tait un &#171; prisonnier politique &#187;, alors que je n'&#233;tais qu'un &#171; droit commun &#187;. Le politique &#224; l'&#233;poque repr&#233;sentait l'aristocratie des prisons. C'est Marie-Jo qui a r&#233;ussi l'exploit d'aller voir les gens, taper aux portes, pendant des ann&#233;es. Mais j'ai tr&#232;s vite compris que, pour lui donner du grain &#224; moudre, il fallait que je fasse quelque chose. On ne pouvait pas int&#233;resser les m&#233;dias avec notre seul dossier. Je devais prendre mon corps en otage. Si j'avais tent&#233; de prendre un maton en otage, c'est moi qui devenais le salopard. Au d&#233;but, j'ai eu des gestes de gamin - avaler des manches de fourchette, par exemple. J'avais droit &#224; trois lignes dans la presse locale. Alors, peu &#224; peu, pour attirer l'attention des m&#233;dias, j'ai &#233;t&#233; oblig&#233; de commettre des actes inhumains, mais qui &#233;taient concert&#233;s et calcul&#233;s au millim&#232;tre pr&#232;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est ce qui fait que &#231;a marche ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roland Agret :&lt;/strong&gt; Il fallait sans cesse donner &#224; la presse de quoi parler. C'est pour cela que Marie-Jo a fait elle aussi une gr&#232;ve de la faim, qu'elle est all&#233;e camper devant le domicile de Jean Lecanuet, qui &#233;tait alors garde des Sceaux - elle avait eu son adresse par un jeune journaliste en &#233;change de l'exclusivit&#233;. Chaque fois qu'elle tentait quelque chose, je me mettais un peu en retrait pour reprendre la main d&#232;s que le bruit retombait. La presse en redemandait d'ailleurs !&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_458 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/04.jpg&quot; title='photos : Audey Bardou' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L324xH229/04-925c1-b5eac.jpg' width='324' height='229' alt='photos : Audey Bardou' style='height:229px;width:324px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-458 spip_doc_titre' style='width:324px;'&gt;&lt;strong&gt;photos : Audey Bardou&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; On ne pouvait pas int&#233;resser les m&#233;dias avec notre seul dossier. Je devais faire quelque chose. Je devais prendre mon corps en otage. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Son c&#244;t&#233; &#171; petite fille fragile &#187; vous a aid&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roland Agret :&lt;/strong&gt; Certainement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous en avez jou&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marie-Jo Agret :&lt;/strong&gt; Bien s&#251;r ! J'&#233;tais le relais entre les comit&#233;s de soutien et les journalistes. Les journalistes sont tr&#232;s gentils, mais quand ils ont fait un ou deux papiers, il leur faut quelque chose de neuf &#224; dire. Une gr&#232;ve de la faim qui dure, cela ne fait pas un article tous les jours... Je faisais donc en sorte qu'ils aient de la mati&#232;re. Je donnais de moi-m&#234;me. Et comme j'avais une apparence fragile, ils avaient tendance &#224; me prot&#233;ger. Parfois m&#234;me, ils r&#233;pondaient pour moi...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Certains journalistes allaient donc plus loin que leur r&#244;le d'informateur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marie-Jo Agret :&lt;/strong&gt; Certains sont m&#234;me devenus des amis. Ils formaient ce que j'appelais &#171; ma garde rapproch&#233;e &#187;. Leur aide nous a &#233;t&#233; tr&#232;s pr&#233;cieuse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Concr&#232;tement, comment faisiez-vous pour mobiliser les journalistes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marie-Jo Agret :&lt;/strong&gt; J'habitais et je travaillais &#224; N&#238;mes &#224; l'&#233;poque, et Roland &#233;tait incarc&#233;r&#233; aux quatre coins de France. Je venais r&#233;guli&#232;rement &#224; Paris pour faire le tour des r&#233;dactions. Je demandais des rendez-vous &#224; tous les journalistes qui s'occupaient des faits divers. J'arrivais avec mes quatre papiers et mon petit dossier pour parler de Roland. La premi&#232;re fois, j'ai vu tous les journaux qui existaient. Ils m'ont gentiment &#233;cout&#233;e, mais il fallait toujours ces fameuses actions. Ils ne pouvaient pas faire un papier pour mes beaux yeux et je devais les &#171; nourrir &#187;. Ils ne pouvaient pas non plus me croire sur parole, car j'ai retenu une chose de ces ann&#233;es : toutes les femmes qui attendent devant les prisons ont des maris innocents. Il m'a donc fallu trouver les mots diff&#233;rents pour convaincre que Roland &#233;tait effectivement victime d'une erreur judiciaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Globalement, les m&#233;dias &#233;taient plut&#244;t r&#233;ceptifs &#224; votre histoire ou plut&#244;t dans le registre &#171; pas de fum&#233;e sans feu &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marie-Jo Agret :&lt;/strong&gt; J'ai plut&#244;t eu un bon accueil. Il faut dire que je m'empressais d'oublier les d&#233;sagr&#233;ables. Mais j'&#233;tais toujours oblig&#233;e de faire monter la mayonnaise. Envoyer les articles parus dans les journaux r&#233;gionaux, relater les actions de Roland, pr&#233;venir des miennes &#233;galement. Et comme on bougeait beaucoup, les journalistes avaient davantage de raisons d'en parler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais c'est votre acharnement, &#224; force de rencontres personnalis&#233;es avec les journalistes, qui finit par payer !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marie-Jo Agret :&lt;/strong&gt; Au d&#233;but, oui. Ensuite, j'ai &#233;t&#233; aid&#233;e par les comit&#233;s de soutien. J'ai rencontr&#233; le pasteur de N&#238;mes qui voyait Roland en prison et qui a mont&#233; le premier comit&#233;. A partir de l&#224;, des gens se sont rassembl&#233;s et j'ai eu des relais. C'est devenu un peu plus facile. Ils me faisaient rencontrer de nouveaux interlocuteurs qui pouvaient &#224; leur tour aider Roland. Cela faisait boule de neige.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est alors que vous devez encore franchir un degr&#233; dans le spectaculaire, dans l'horreur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roland Agret :&lt;/strong&gt; Les hauteurs minist&#233;rielles ne s'inqui&#232;tent du sort d'un d&#233;tenu que dans la mesure o&#249; la justice est dans la rue. Cela arrive par l'interm&#233;diaire des m&#233;dias. J'entame ma derni&#232;re gr&#232;ve de la faim, qui va durer plus d'un an, pour maintenir la pression. Je suis entr&#233; dans une logique de guerre. Par la suite, je me suis coup&#233; un doigt. Puis un deuxi&#232;me.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous dites qu'avoir &#171; &lt;i&gt;la presse avec soi, c'est une chose, mais savoir l'utiliser en est une autre&lt;/i&gt; &#187;...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roland Agret :&lt;/strong&gt; Evidemment. On ne peut compter sur les m&#233;dias qu'&#224; une seule condition : ne jamais leur mentir. Ils doivent se rendre compte que tout ce que tu fais et que tu dis est vrai, incontestable. Si tu racontes une connerie, tu es mort. C'est pour cela que les &#233;l&#233;ments un peu &#171; ennuyeux &#187; de mon dossier - qui n'&#233;taient pas des preuves &#224; charge mais qui pouvaient induire un doute - on les pla&#231;ait toujours sur le haut du dossier et on en parlait. Pour expliquer, pour jouer franc-jeu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;dias de droite et m&#233;dias de gauche se sont comport&#233;s diff&#233;remment &#224; votre sujet ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roland Agret :&lt;/strong&gt; Peut-&#234;tre un peu diff&#233;remment &#224; certains moments. Mais le clivage droite-gauche n'a pas vraiment fonctionn&#233;. La presse de droite a &#233;t&#233; plus difficile &#224; mettre en route, mais un des meilleurs articles publi&#233;s sur notre affaire l'a &#233;t&#233; dans &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez fait une &#233;mission sur &lt;i&gt;RMC&lt;/i&gt; en direct alors que vous &#233;tiez en prison ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roland Agret :&lt;/strong&gt; Oui. J'&#233;tais &#224; l'h&#244;pital &#224; l'&#233;poque et Marie-Jo &#233;tait entr&#233;e truff&#233;e de micros en murmurant : &#171; &lt;i&gt;Il faut que tu parles &#224; la radio&lt;/i&gt;. &#187; Mon premier r&#233;flexe a &#233;t&#233; de lui demander qui lui avait pos&#233; du scotch partout sur la poitrine ! Et elle me disait : &#171; &lt;i&gt; Mais parle, tu es en direct sur &lt;i&gt;RMC&lt;/i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Alors je me suis ressaisi et j'ai fait une &#233;mission en direct. Ils se sont d'ailleurs fait taper sur les doigts pour l'avoir diffus&#233;e...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#234;me r&#233;habilit&#233;, votre lutte n'est pas termin&#233;e, et passe une fois de plus par les m&#233;dias. C'est durant un &#171; Sept &#224; Huit &#187; que vous avez annonc&#233; votre intention de vous tirer une balle dans le pied si l'Etat ne vous indemnisait pas pour les ann&#233;es pass&#233;es &#224; tort en d&#233;tention. Et quand vous passez &#224; l'acte, c'est encore en pr&#233;sence de journalistes.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roland Agret :&lt;/strong&gt; Comme &#224; chaque fois. J'ai toujours signal&#233; mes actions &#224; l'avance et j'ai toujours fait ce que j'avais pr&#233;vu. C'est d'ailleurs encore ainsi aujourd'hui avec notre association &#171; Action Justice&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt; [&lt;a href='#nb1-1' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; Action Justice &#187; est une association loi 1901 directement issue des &#171; (...)' id='nh1-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt; &#187;. Si j'annonce que nous allons nous encha&#238;ner au minist&#232;re de la Justice, je le fais.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_459 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/05.jpg&quot; title='' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L324xH229/05-8af1e-edd5a.jpg' width='324' height='229' alt='' style='height:229px;width:324px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez regrett&#233; certaines de vos actions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roland Agret :&lt;/strong&gt; Non. M&#234;me si elles &#233;taient graves et douloureuses. M&#234;me si elles n'ont jamais &#233;t&#233; &#233;videntes. J'&#233;tais entr&#233; dans cette fameuse logique de guerre et j'&#233;tais oblig&#233; d'inventer quelque chose de toujours plus dur. A chaque &#233;tape.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Souvent les affaires sont m&#233;diatis&#233;es par les avocats. Cela n'a jamais &#233;t&#233; votre cas.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roland Agret :&lt;/strong&gt; Non. L'important pour un avocat, c'est qu'il soit bon. Ce n'est pas souvent le cas de ceux qui sont m&#233;diatiques. Nous, on sait monter une conf&#233;rence de presse, avec des &#233;l&#233;ments et un dossier solides. Pas besoin des conseils d'un avocat. La m&#233;diatisation n'est pas toujours positive. Un avocat tr&#232;s m&#233;diatique peut aussi g&#234;ner la Chancellerie et cela se retourne contre le client. Pas besoin d'une belle danseuse. Mes avocats, je leur demande simplement de bosser. Dans l'affaire Dany Leprince&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt; [&lt;a href='#nb1-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Dany Leprince a &#233;t&#233; condamn&#233; le 16 d&#233;cembre 1997 &#224; perp&#233;tuit&#233; pour quadruple (...)' id='nh1-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt; un des avocats que j'ai fait travailler, Samuel Cornu, ne s'est pas content&#233; de survoler le dossier. Il fallait descendre au fond d'un puits de dix-sept m&#232;tres de profondeur. Il s'est habill&#233; en &#233;goutier et il est descendu. Chapeau !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que s'est-il pass&#233; avec Serge July pour que vous en disiez autant de mal ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Roland Agret : Quand je me suis coup&#233; le premier doigt et que je suis arriv&#233; dans les locaux de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, July &#233;tait pr&#233;sent et s'est d&#233;tourn&#233; avec une mine de d&#233;go&#251;t en me voyant. Il ne m'a m&#234;me pas serr&#233; la main. Cette gauche, avec sa science de la r&#233;volution d'un c&#244;t&#233; et sa science de la nouvelle soci&#233;t&#233; de l'autre, m'a trahi. Je ne les int&#233;ressais plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez vous-m&#234;me touch&#233; au journalisme quand vous avez fait des enqu&#234;tes pour &lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roland Agret :&lt;/strong&gt; Je l'ai fait avec grand plaisir. Et &lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt; &#233;tait ma tirelire. Avec &#171; Enqu&#234;te publique &#187;, on m'a donn&#233; tous les moyens pour aider les pauvres gens. S'il l'avait fallu, on m'aurait m&#234;me fourni un h&#233;licopt&#232;re ! Je dis merci &#224; Monsieur Bouygues, mais il doit aussi me dire merci parce que je faisais de l'audimat pour lui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est le couple journalistes-Marie-Jo qui vous a sorti de l&#224; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roland Agret :&lt;/strong&gt; Absolument. Si Marie-Jo n'avait pas &#233;t&#233; l&#224; pour mobiliser les m&#233;dias, je serais mort en prison. Un jour, on m'a demand&#233; si je regrettais quelque chose. J'aurais trop &#224; regretter. Une seule cependant : quand elle avait &#224; peine dix-huit ans, Marie-Jo m'a demand&#233; de l'enlever. A l'&#233;poque je ne l'ai pas fait. Aujourd'hui, je le ferais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh1-1' id='nb1-1' class='spip_note' title='Notes 1-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;&#171; Action Justice &#187; est une association loi 1901 directement issue des &#171; Comit&#233;s Agret &#187;. Rencontres d'experts, &#171; Action Justice &#187; participe &#224; la recherche de la v&#233;rit&#233; en cas de dysfonctionnement judiciaire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh1-2' id='nb1-2' class='spip_note' title='Notes 1-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;Dany Leprince a &#233;t&#233; condamn&#233; le 16 d&#233;cembre 1997 &#224; perp&#233;tuit&#233; pour quadruple assassinat. La commission de r&#233;vision des peines a ordonn&#233; un suppl&#233;ment d'enqu&#234;te le 5 avril 2006.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ariel Wizman</title>
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		<dc:subject>Vie publique</dc:subject>
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		<description>O&#249; l'on apprend que L&#233;vinas et le Palace ont &#233;t&#233; l'&#233;cole de l'inclassable touche-&#224;-tout. Comment &#234;tes-vous arriv&#233; dans ce m&#233;tier apr&#232;s des &#233;tudes de philo ? Je suis quelqu'un de plut&#244;t indolent, un m&#233;ditatif contrari&#233;. Le contraire d'un hyperactif. Je ne pensais pas du tout exercer un jour un m&#233;tier. J'ai eu le bac en 1979, une &#233;poque o&#249; une certaine aisance de vie existait encore. On n'&#233;tait pas trop angoiss&#233; par le ch&#244;mage. J'ai choisi de faire des &#233;tudes de philo, simplement parce que cela me passionnait. En (...)

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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L149xH150/arton262-5ec00.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='149' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:149px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;O&#249; l'on apprend que L&#233;vinas et le Palace ont &#233;t&#233; l'&#233;cole de l'inclassable touche-&#224;-tout.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment &#234;tes-vous arriv&#233; dans ce m&#233;tier apr&#232;s des &#233;tudes de philo ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis quelqu'un de plut&#244;t indolent, un m&#233;ditatif contrari&#233;. Le contraire d'un hyperactif. Je ne pensais pas du tout exercer un jour un m&#233;tier. J'ai eu le bac en 1979, une &#233;poque o&#249; une certaine aisance de vie existait encore. On n'&#233;tait pas trop angoiss&#233; par le ch&#244;mage. J'ai choisi de faire des &#233;tudes de philo, simplement parce que cela me passionnait. En m&#234;me temps, je sortais beaucoup le soir, je d&#233;couvrais les mouvements underground, disco, punk, etc. Les deux ann&#233;es avant le bac, j'&#233;tais dans une &#233;cole &#224; moiti&#233; religieuse et &#224; moiti&#233; communautaire, dirig&#233;e par Emmanuel L&#233;vinas. J'ai donc pu d&#233;velopper ma passion pour la philosophie &#224; l'ombre d'une sorte de tuteur qui m'a donn&#233; des rep&#232;res. Cela m'a men&#233; &#224; un mode de vie un peu particulier, o&#249;, durant le shabbat, j'&#233;coutais les lectures talmudiques de L&#233;vinas et, le soir, je sortais au Palace. Ces ann&#233;es-l&#224; ont donn&#233; une tonalit&#233; particuli&#232;re &#224; tout ce que j'allais entreprendre par la suite.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Mon principal reproche aux journalistes ? Ecrivez mieux et peut-&#234;tre que vos journaux se vendront mieux. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment avez-vous d&#233;but&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un jour, quelqu'un m'a demand&#233; de raconter ce que je faisais la nuit pour &lt;i&gt;City&lt;/i&gt;, un magazine un peu branch&#233; des ann&#233;es 1980, le premier &#224; avoir une rubrique &#171; bonnes adresses &#187;. J'ai h&#233;rit&#233; de Paris. Mes histoires ont plu. Pour moi, ce n'&#233;tait pas tr&#232;s compliqu&#233;. J'ai encha&#238;n&#233; avec &lt;i&gt;Vogue&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Vogue Hommes&lt;/i&gt;. Et puis j'ai voulu faire des papiers sur des mouvements de mode ; de l&#224;, je suis pass&#233; &#224; la tendance sociale qui les construisait. J'ai fini par r&#233;aliser de vrais reportages et travailler pour plusieurs magazines &#224; la fois. J'ai commenc&#233; &#224; avoir une influence, &#224; &#234;tre comme un journaliste, quoi ! Apr&#232;s &#234;tre devenu &#171; r&#233;dac &#187; chef adjoint de &lt;i&gt;Globe&lt;/i&gt;, je suis pass&#233; chez &lt;i&gt;Actuel&lt;/i&gt;. Et de l&#224;, un seul &#233;tage me s&#233;parait de &lt;i&gt;Radio Nova&lt;/i&gt;. Un jour, j'ai fait un essai, qui s'est r&#233;v&#233;l&#233; concluant. J'ai donc fait appel &#224; un bon copain, Edouard Baer, avec qui j'ai commenc&#233; une &#233;mission.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; La Grosse Boule &#187;. Au d&#233;part, elle devait durer quinze minutes quotidiennes et puis on est tr&#232;s vite pass&#233; &#224; deux heures.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; La Grosse Boule &#187; nous apprenait le m&#233;tier. On interviewait des gens, on faisait des reportages sonores, on improvisait, on chantait, on faisait des sketches, tout et n'importe quoi !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous vous &#234;tes qualifi&#233; d'&#171; &lt;i&gt; intello, c'est-&#224;-dire quelqu'un qui pouvait &#234;tre tr&#232;s chiant&lt;/i&gt; &#187;. C'est votre conception des intellectuels ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne crois pas &#224; cet esprit de s&#233;rieux qui a caract&#233;ris&#233; les intellectuels pendant des ann&#233;es, mais parall&#232;lement, &#234;tre un intellectuel demande beaucoup de rigueur. Je suis assez oppos&#233; au fait qu'aujourd'hui, tout ce qui peut &#234;tre complexe doit &#234;tre &#233;limin&#233; de l'attention commune, c'est-&#224;-dire des m&#233;dias. Si on ne dit pas aux gens : &#171; &lt;i&gt;Il faut faire un effort, aller dans les choses compliqu&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, on ne joue pas son r&#244;le.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='spip_document_461 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L500xH750/19H10-PETANTES-_-FES_C_1_-d1b73.jpg' width='500' height='750' alt=&quot;photos : Daniel Bardou / Canal+&quot; title=&quot;photos : Daniel Bardou / Canal+&quot; style='height:750px;width:500px;' /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les journalistes ne le font pas ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le journalisme est encore constitu&#233; en guilde, en esp&#232;ce de corporation qui consid&#232;re qu'elle a des talents, des connaissances et un savoir-faire que le commun des mortels n'a pas. Mais la profession n'est pas du tout &#224; la hauteur de cette ambition-l&#224;. Elle subit autant que les autres le marketing ou la simplification du message ; la plupart des articles n'ont pas de fond mais sont &#233;crits d'une fa&#231;on prodigieusement complexe qui les rend d&#233;courageants. C'est vrai pour tous les journaux. Pour un message d'une pauvret&#233; incroyable, on est oblig&#233; de reprendre une phrase trois ou quatre fois pour la comprendre. Mon principal reproche aux journalistes ? Ecrivez mieux et peut-&#234;tre que vos journaux se vendront mieux aussi. Le d&#233;ficit d'&#233;criture est &#233;pouvantable !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Andr&#233; Comte-Sponville dit : &#171; &lt;i&gt;La plupart des journalistes sont des rat&#233;s d'autre chose.&lt;/i&gt; &#187; Il a raison ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De m&#234;me qu'on ne grandit pas en r&#234;vant d'&#234;tre contr&#244;leur des imp&#244;ts, on ne grandit pas en r&#234;vant d'&#234;tre critique. Finalement, les journalistes sont pour beaucoup des critiques, surtout dans le culturel. Mais avec Internet, on se rend compte que la plupart des gens ont autant de talent que les professionnels, voire davantage. Aujourd'hui, on est quasiment s&#251;r en lisant la critique d'un journaliste qu'elle ne repr&#233;sente que lui. Leur &#233;chec principal, c'est leur incapacit&#233; &#224; repr&#233;senter quelque chose de commun. Pour autant, on ne peut pas dire que les journalistes sportifs sont des sportifs rat&#233;s ou les journalistes litt&#233;raires des &#233;crivains rat&#233;s. C'est un mauvais proc&#232;s. Il para&#238;t que m&#234;me Mitterrand avait l'impression d'avoir rat&#233; sa vie. Mais l'&#233;chec fait partie de la construction d'une personnalit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que pensez-vous des blogs o&#249; tout le monde dit ce qu'il veut ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le brouhaha des opinions &#233;tait d&#233;j&#224; d&#233;nonc&#233; par Platon dans l'Antiquit&#233;. Dans cette esp&#232;ce d'agora o&#249; tout le monde parle pour finalement dire la m&#234;me chose, il n'y a rien de plus nivelant pour la pens&#233;e que la diversit&#233; car on arrive toujours &#224; une sorte d'opinion dominante. L'id&#233;e dissidente devient une opinion dominante, dans le sens grec de la doxa, c'est-&#224;-dire fausse et partag&#233;e par tous. C'est un ph&#233;nom&#232;ne tr&#232;s fran&#231;ais : le manque de courage de penser autrement. Le manque de rigueur aussi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est aussi ce que vous reprochez aux journalistes : le manque de courage et le manque de rigueur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non. Je comprends que les journalistes aient peur de se faire virer. Pourquoi les journaux disent-ils &#224; peu pr&#232;s tous la m&#234;me chose ? Pourquoi personne ne s'est-il moqu&#233; de Jean-Marie Messier quand il est pass&#233; - au sommet de sa gloire - chez Michel Drucker pour faire une d&#233;monstration de la cuisson de la c&#244;te de b&#339;uf ? Tout simplement parce qu'&#224; l'&#233;poque, il aurait &#233;t&#233; tr&#232;s compliqu&#233; de se moquer de lui. Ce que je comprends moins, c'est le manque de clart&#233;, de d&#233;sir de transmettre, qui vient d'un manque de passion et d'un manque de personnalit&#233;. Cette id&#233;e que le journalisme doit &#234;tre objectif m&#232;ne &#224; un journalisme totalement d&#233;pourvu d'&#226;me.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Les gens qui ont recours &#224; l'engagement sont souvent des personnes qui ne sont pas elles-m&#234;mes convaincues. D'o&#249; le besoin d'&#234;tre avec d'autres, qui pensent la m&#234;me chose. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez l'impression de faire du journalisme militant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne crois pas du tout au militantisme. Je crois bien davantage &#224; ce que disait Hannah Arendt : &#171; &lt;i&gt;Etre une libert&#233; qui soit l'exemple d'une libert&#233;&lt;/i&gt;. &#187; C'est la chose la plus simple. Je ne crois pas aux gens qui se sentent investis d'une mission et qui ont une dimension sacrificielle, surtout dans nos soci&#233;t&#233;s o&#249; r&#232;gnent confort et libert&#233;. Je pense en revanche qu'&#224; un moment on doit essayer de donner l'exemple d'une certaine authenticit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous vous consid&#233;rez comme journaliste ou animateur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis un peu un immigr&#233; dans la t&#233;l&#233;. De m&#234;me que je suis Fran&#231;ais d'origine marocaine, je suis animateur d'origine journaliste. Je garde certaines racines. Il ne faut pas se pr&#233;tendre journaliste quand on fait des blagues sur un plateau. Ce serait pr&#233;somptueux. Mais je suis toujours capable d'&#233;crire un article sur un sujet donn&#233; et je fais du journalisme dans les documentaires que je r&#233;alise. Je cloisonne. Dans l'&#233;cole de mes enfants o&#249; j'expliquais mon m&#233;tier, je me suis d&#233;fini comme &#171; journaliste et un peu clown &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;A &#171; 20 h 10 p&#233;tantes &#187;, votre &#233;mission sur &lt;i&gt;Canal +&lt;/i&gt;, vous avez dit ne pas avoir le choix des invit&#233;s mais que vous pouviez en refuser certains. Journalisme et convictions sont compatibles ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, mais la chose la plus importante dans l'art de s'exprimer, c'est la nuance. Pour moi, est intellectuel tout ce qui proc&#232;de de la nuance. Lorsqu'un journaliste a une conviction, son talent sera de la faire passer par des nuances d'expression, d'approche, et non par un point de vue militant ou engag&#233;. Les gens qui ont recours &#224; l'engagement sont souvent des personnes qui ne sont pas elles-m&#234;mes convaincues. D'o&#249; le besoin d'&#234;tre avec d'autres, qui pensent la m&#234;me chose, le besoin de se stimuler.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est ce manque de nuances qui vous fait reprocher &#171; l'indulgence permanente &#187; des m&#233;dias fran&#231;ais face au terrorisme palestinien ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je n'ai pas souvenir de cela. Je ne suis pas du tout engag&#233; dans le d&#233;bat &#171; Isra&#235;l-Palestine &#187;. Il existe des probl&#232;mes insolubles qui le sont autant dans la Bible que dans l'actualit&#233;. Dans ce conflit comme dans d'autres, je consid&#232;re effectivement qu'on ne peut pas toujours donner la posture victimaire aux m&#234;mes. Encore une fois, l'absence de nuances conduit &#224; des extr&#233;mit&#233;s d&#233;sastreuses.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_460 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/VENDREDI-ET-SAMEDI-PE_C_1_.jpg&quot; title='' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L216xH324/VENDREDI-ET-SAMEDI-PE_C_1_-97b94-a520f.jpg' width='216' height='324' alt='' style='height:324px;width:216px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les attaques verbales, parfois tr&#232;s violentes, que vous avez essuy&#233;es lorsque vous avez d&#233;fendu les droits d'auteur dans les affaires de t&#233;l&#233;chargement vous ont bless&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elles d&#233;montrent surtout une violence totalement d&#233;pourvue de r&#233;flexion. Les gens ne sont m&#234;me pas conscients de leurs propres contradictions. On ne peut pas &#224; la fois d&#233;fendre les artistes et d&#233;fendre le partage de leurs &#339;uvres gratuitement. C'est absurde ! Par le fruit d'un hasard et d'une erreur personnelle, j'ai point&#233; du doigt ces contradictions, et l&#224;, les gens se sont d&#233;cha&#238;n&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez dit des Guignols : &#171; &lt;i&gt;Ils ne rigolent plus quand ils ont fini leur sketch ; moi, je continue &#224; rire, m&#234;me apr&#232;s l'antenne.&lt;/i&gt; &#187; Ils se prennent tr&#232;s au s&#233;rieux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai 44 ans et j'estime qu'il y a une partie du monde adulte dans laquelle je n'ai pas encore p&#233;n&#233;tr&#233;. S&#251;rement une partie du comique qui sert de base aux Guignols. Comme rire du percepteur, des hommes politiques, ou des informations du &lt;i&gt;Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt;. Ma vie est beaucoup plus frivole que cela. Je suis plus enclin &#224; rire de quelqu'un qui glisse sur une peau de banane que d'une blague sur Fran&#231;ois Hollande. J'ai &#233;t&#233; tr&#232;s dur envers les Guignols. Pourtant, lorsque je les regarde, ils commencent &#224; me faire rire : je dois &#234;tre en train de vieillir...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est votre pire souvenir d'antenne ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un sketch o&#249; je d&#233;chiquetais un poulet avec les dents, d&#233;guis&#233; en hard-rocker devant les chanteurs de Led Zeppelin. Une fois mon num&#233;ro termin&#233;, Jimmy Page a juste l&#226;ch&#233; : &#171; &lt;i&gt;Thank you, I am a vegetarian&lt;/i&gt;. &#187; Je me suis senti totalement ridicule...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une maxime que vous aimeriez transmettre &#224; vos enfants ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je dis souvent que la joie est un devoir. On a trop vite tendance &#224; tomber dans la n&#233;gativit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un mod&#232;le ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est plus difficile. L'existence d'intervieweur de talk-shows am&#232;ne &#224; beaucoup de d&#233;senchantement. Il est rarissime de se trouver devant quelqu'un les bras ballants d'admiration. Cela ne m'est jamais arriv&#233;. Bien au contraire. J'ai peut-&#234;tre rencontr&#233; 80 % des gens qui font l'agitation m&#233;diatique et je n'y ai jamais trouv&#233; qui que ce soit avec qui j'avais envie d'&#234;tre ami. Mes mod&#232;les sont inaccessibles dans le temps. Ils appartiennent &#224; l'Antiquit&#233;. Mais je n'aurai jamais un milli&#232;me de leur sagesse, ni de leur &#233;veil &#224; la vie. La curiosit&#233; des premiers hommes ? De l'adr&#233;naline pure...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> &quot;j'ai test&#233; pour vous le testing...&quot;</title>
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		<dc:subject>D&#233;cryptage</dc:subject>

		<description>Cet &#233;t&#233; bien s&#251;r, j'ai fait comme beaucoup de gens, je me suis &#233;loign&#233; de ma t&#233;l&#233;. Sauf le lundi 17 juillet &#224; 20 heures o&#249;, comme tout le monde, j'ai regard&#233; les d&#233;buts d'Harry Roselmack sur TF1. Mon p&#232;re avait fait pareil quand la premi&#232;re femme a pr&#233;sent&#233; le &#171; 20 heures &#187;. Et demain ma fille fera sans doute la m&#234;me chose quand le premier Asiatique lancera un sujet sur le co&#251;t de la rentr&#233;e des classes. Donc je regarde TF1 en mangeant un melon, ensuite je regarde &#171; Palais royal &#187; lou&#233; par erreur au vid&#233;oclub (...)

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&lt;a href="http://www.revue-medias.com/-no10,21-.html" rel="directory"&gt;n&#176;10&lt;/a&gt;

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cet &#233;t&#233; bien s&#251;r, j'ai fait comme beaucoup de gens, je me suis &#233;loign&#233; de ma t&#233;l&#233;. Sauf le lundi 17 juillet &#224; 20 heures o&#249;, comme tout le monde, j'ai regard&#233; les d&#233;buts d'Harry Roselmack sur&lt;i&gt; TF1&lt;/i&gt;. Mon p&#232;re avait fait pareil quand la premi&#232;re femme a pr&#233;sent&#233; le &#171; 20 heures &#187;. Et demain ma fille fera sans doute la m&#234;me chose quand le premier Asiatique lancera un sujet sur le co&#251;t de la rentr&#233;e des classes. Donc je regarde &lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt; en mangeant un melon, ensuite je regarde &#171; Palais royal &#187; lou&#233; par erreur au vid&#233;oclub (un film raciste sur les aristos...). Ensuite je me couche et je dors.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et c'est l&#224; que les choses se g&#226;tent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ignore si c'est la faute de ce Harry et de cette France des &#233;ditos et des revues de presse qui n'en revient pas de se laisser conter les nouvelles par un Noir ; je ne sais pas si c'est li&#233; aux sujets consacr&#233;s ces derniers temps aux activit&#233;s de testing en nightclub ou en agence immobili&#232;re de SOS Racisme, mais je fais ce dr&#244;le de r&#234;ve.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un d&#238;ner, organis&#233; chez moi, disons l'hiver prochain. On est dix &#224; table. J'ai pr&#233;par&#233; du boudin blanc avec des pommes fruits l&#233;g&#232;rement caram&#233;lis&#233;es. Au dessert, il y a une dame blanche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On sonne &#224; la porte. Ce sont les deux types de &#171; Men in Black &#187;, sauf qu'&#233;pingl&#233;e sur le revers de leur veste, ce n'est pas le badge du FBI mais la main jaune de SOS Testing.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Bonjour, on vient faire un testing &#224; votre domicile. On vous propose de v&#233;rifier si votre d&#238;ner est repr&#233;sentatif de la diversit&#233; fran&#231;aise. Ensuite, on vous d&#233;cerne un certificat avec des pistes d'am&#233;lioration. &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Des pistes d'am&#233;lioration ?
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Ben oui, une sorte de check-list avec des progr&#232;s &#224; faire sur le choix de vos invit&#233;s, un choix qui respecte un peu plus les minorit&#233;s culturelles, ethniques, agissantes, silencieuses, sexuelles, etc.
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Vous avez votre carte de testeur, juste pour v&#233;rifier ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai r&#233;fl&#233;chi, les types avaient l'air r&#233;glo, et donc j'ai demand&#233; &#224; ma femme si elle pouvait rajouter deux couverts. J'ai imm&#233;diatement pr&#233;cis&#233; aux &#171; Men in Black &#187; que j'avais mis la table et fait la cuisine pour qu'ils ne confondent pas ce que je venais de dire &#224; ma femme avec une insulte sexiste. Les types sont entr&#233;s dans le salon et ont pris place &#224; table avec nous en prenant des notes sur un cahier d'auditeur, le m&#234;me qu'ils ont chez KPMG pour v&#233;rifier les comptes des multinationales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ma femme m'a demand&#233; :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Ils font quoi tes nouveaux amis ?
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Ils d&#233;marrent le testing, d&#233;tends-toi, je suis s&#251;r qu'on est dans les clous.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_462 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/illuABIKER-OK.jpg&quot; title='illustration : Virginie Faur&#233;' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L251xH324/illuABIKER-OK-e823a-ae741.jpg' width='251' height='324' alt='illustration : Virginie Faur&#233;' style='height:324px;width:251px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-462 spip_doc_titre' style='width:251px;'&gt;&lt;strong&gt;illustration : Virginie Faur&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Mais j'ai parl&#233; un peu vite. Certes il y a chez moi ce soir autant de femmes que d'hommes, je soup&#231;onne m&#234;me ma voisine de table d'avoir des tendances homo, mais niveau diversit&#233;, &#231;a s'arr&#234;te l&#224;. Il y a bien un ou deux juifs, des cathos ramolos qui vont &#224; l'&#233;glise une fois par d&#233;cennie. Mon copain Ren&#233; a certes une surcharge pond&#233;rale, mais on ne peut pas encore parler d'ob&#233;sit&#233;. Le seul qui puisse &#234;tre assimil&#233; &#224; une sorte de Maghr&#233;bin, c'est moi, avec mes origines nord-africaines de chez Casa'. A part &#231;a, pas un Noir &#224; l'horizon. A la fin du d&#238;ner, les &#171; Men in Black &#187; me remettent un certificat avec des pistes d'am&#233;lioration.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le chef des testeurs me dit :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; Votre bonne foi n'est pas en cause mais vous pouvez faire mieux. Si Ren&#233; grossit un peu et qu'il y a la prochaine fois une jeune femme noire bac + 5 et membre d'un comit&#233; de direction d'une entreprise qui ne soit pas nord-am&#233;ricaine, vous pourriez pr&#233;tendre &#224; une certification ISO correct. Elle permet de d&#233;duire de votre revenu imposable le co&#251;t des denr&#233;es p&#233;rissables utilis&#233;es pour la pr&#233;paration du d&#238;ner. Mieux, si vous avez pr&#233;vu un menu pour les minorit&#233;s halal, casher et v&#233;g&#233;talienne, vous pourrez d&#233;duire le co&#251;t du chauffage au prorata du temps qu'aura dur&#233; le d&#238;ner. Ma femme s'est rapproch&#233;e, soudain int&#233;ress&#233;e :
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-cebf5.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; &#199;a vaut le coup, dis donc !
On a trinqu&#233; au testing et les types sont partis auditer un th&#233; dansant chez les retrait&#233;s du septi&#232;me &#233;tage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; est moins amusante. En me r&#233;veillant ce matin, je cherche dans mon entourage et je ne trouve pas. J'ai un ou deux copains asiatiques. Pareil, j'ai un ou deux potes maghr&#233;bins. J'ai m&#234;me une copine suisse. J'ai des copains libanais et je m'inqui&#232;te comme tout le monde. J'ai de la famille en Isra&#235;l et je m'inqui&#232;te comme quelqu'un qui a de la famille en Isra&#235;l. Pour les autres, ce sont plut&#244;t des copains avec des &#171; racines &#187; europ&#233;ennes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais pas un seul Noir. M&#234;me pas un m&#233;tis. J'ai bien eu un copain noir, mais c'&#233;tait &#224; l'universit&#233;. On s'est perdus de vue. J'ai eu des relations professionnelles noires mais c'&#233;tait du temps o&#249; je travaillais dans le d&#233;veloppement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il existe tout un tas d'explications : des bonnes et des mauvaises. Je ne suis pas assez curieux des autres. Je ne suis pas assez &#224; gauche (donc &#224; droite). Je vis dans Paris. J'ai un style de vie qui m'&#233;loigne de cette communaut&#233;. Je ne vais pas assez souvent visiter nos amis maliens &#224; Montreuil. Pourtant, je crois que l'explication n'est pas si personnelle qu'il y para&#238;t. Je crois m&#234;me que nous sommes assez nombreux &#224; n'avoir pas de copains noirs. Pas par conviction, pas par manque de c&#339;ur, pas parce que nous l'avons d&#233;cid&#233;. Je crois que c'est une histoire de milieu, d'&#233;tanch&#233;it&#233; des classes sociales, d'indiff&#233;rence, de ghetto&#239;sation de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise, d'imperm&#233;abilit&#233;, de trajectoires ou de tangentes. Par exemple, je n'ai pas d'ami m&#233;decin. Je n'ai pas non plus d'ami charcutier. Je n'ai pas d'ami milliardaire. Le comble, c'est que je n'ai pas non plus d'ennemi noir, m&#233;tis ou maghr&#233;bin. M&#234;me pas d'ennemi, c'est vous dire !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En attendant, je pratique le testing en r&#234;ve et je constate &#224; quel point je cloisonne, je place des barri&#232;res &#224; l'entr&#233;e ; inconsciemment, je bunk&#233;rise. Et si je vous en parle aujourd'hui, ce n'est &#233;videmment pas pour m'en excuser, mais parce que j'ai l'intime conviction de ne pas &#234;tre le seul.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A vrai dire, il y a de fortes chances, dans l'imm&#233;diat, que le seul Noir que je fr&#233;quente r&#233;guli&#232;rement dans les semaines &#224; venir soit ce Harry, ressortissant de &lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt; natif de &lt;i&gt;Canal +&lt;/i&gt; et n&#233; &#224; la radio. C'est d&#233;j&#224; &#231;a, mais c'est pas encore &#231;a.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pourquoi &quot;les guignols&quot; n'aiment pas les m&#233;dias </title>
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		<dc:subject>D&#233;cryptage</dc:subject>

		<description>Et si, outre les politiques, la cible favorite des terreurs en caoutchouc &#233;tait le &#171; quatri&#232;me pouvoir &#187; et ses ma&#238;tres ? Pour les Guignols, pas question de respecter un de ces pactes de non agression qui r&#233;gissent le plus souvent les rapports entre r&#233;dactions. Yves Le Rolland a rep&#233;r&#233; un truc chez les journalistes. Ils lui posent tous la m&#234;me question : &#171; L'&#233;lection de Chirac en 1995, avouez que c'est gr&#226;ce &#224; vous, hein ? &#187; Onze ans que &#231;a dure. Onze ans que le producteur des &#171; Guignols de l'info &#187; doit (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L136xH150/arton264-5bfe0.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='136' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:136px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Et si, outre les politiques, la cible favorite des terreurs en caoutchouc &#233;tait le &#171; quatri&#232;me pouvoir &#187; et ses ma&#238;tres ? Pour les Guignols, pas question de respecter un de ces pactes de non agression qui r&#233;gissent le plus souvent les rapports entre r&#233;dactions.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Yves Le Rolland a rep&#233;r&#233; un truc chez les journalistes. Ils lui posent tous la m&#234;me question : &#171; &lt;i&gt;L'&#233;lection de Chirac en 1995, avouez que c'est gr&#226;ce &#224; vous, hein ?&lt;/i&gt; &#187; Onze ans que &#231;a dure. Onze ans que le producteur des &#171; Guignols de l'info &#187; doit r&#233;pondre de d&#233;lit de chiraquisme &#224; chaque interview. Il y a des jours o&#249; il aurait bien envie d'accrocher son interlocuteur &#224; un pommier. Au lieu de &#231;a, il allume une &#233;ni&#232;me cigarette et d&#233;roule calmement : &#171; &lt;i&gt;Non, franchement non. Croire que les Fran&#231;ais se font leur opinion en regardant une &#233;mission satirique, cela rel&#232;ve du m&#233;pris.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est lui qui raconte cette anecdote, devant un caf&#233;-cr&#232;me. Elle en dit long sur la fa&#231;on dont les auteurs des Guignols jugent les m&#233;dias de leur pays. M&#233;diocres. Moutonniers. Ivres d'eux-m&#234;mes et de connivence avec les puissants. Il y a dans la bande &#224; Gaccio un plaisir non dissimul&#233; &#224; d&#233;zinguer les m&#233;diacrates en vogue. Marc-Olivier Fogiel ? Croqu&#233; sous les traits d'un minable autosatisfait qui ricane plus fort que sa hy&#232;ne de compagnie. Guillaume Durand ? Un bon &#224; rien muni d'une raquette de tennis en toutes circonstances. Jean-Pierre Elkabbach ? Un laquais aux ordres de Sarkozy, qui lui dicte ses propos dans l'oreillette.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans ce jeu de ball-trap hilarant, tout se passe comme si les hommes politiques ne suffisaient pas &#224; l'imagination des marionnettistes de Canal +. A la tradition des chansonniers de cabaret, ils ont apport&#233; leur propre touche : une d&#233;construction m&#233;thodique des symboles les plus visibles de la presse et du petit &#233;cran. Et c'est un PPDA de latex qui se charge de nous le rappeler en ouverture de chaque &#233;mission hebdomadaire : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes en 2006 et vous croyez toujours ce qu'on vous raconte &#224; la t&#233;l&#233;vision.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'incr&#233;dulit&#233; est leur m&#233;tier. Le rire, au fond, n'est qu'un pr&#233;texte. En pr&#233;sentant les mass media comme des m&#233;dias &#224; la masse, les concepteurs des Guignols ont r&#233;ussi &#224; capter le sentiment g&#233;n&#233;ral de d&#233;fiance &#224; l'&#233;gard du journalisme. Port&#233;s par leurs trois millions de t&#233;l&#233;spectateurs quotidiens, ils ne se contentent pas de tourner en d&#233;rision le grand Barnum de l'information pour le plaisir d'un bon mot : ils attaquent ceux qu'ils tiennent pour &#171; responsables de la crise de la repr&#233;sentation &#187;.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_463 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/png/LES-AUTEURS.png&quot; title='' type=&quot;image/png&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L324xH181/LES-AUTEURS-2da9a-c8051.png' width='324' height='181' alt='' style='height:181px;width:324px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On avait fabriqu&#233; un &#8220;Lagaf&#8221;,&lt;/i&gt; raconte l'un des concepteurs. &lt;i&gt;Mais lors des r&#233;p&#233;titions, on a trouv&#233; qu'il n'y avait pas lieu d'en rajouter sur un type qui se pr&#233;sente en GO du Club Med. Il est sinc&#232;re, au moins.&lt;/i&gt; &#187; Bref, tout le contraire des &#233;ditorialistes du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, selon lui. Il aura suffi que le quotidien du soir consacre une s&#233;rie de manchettes aux implications suppos&#233;es de Dominique de Villepin dans l'affaire Clearstream pour que la marionnette de Sarkozy se transforme en vendeur &#224; la cri&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Demandez Le Monde, lisez Le Monde, qui veut Le Monde ?&lt;/i&gt; &#187; Commentaire d'Yves Le Rolland : &#171; &lt;i&gt;Le parti pris semblait &#233;vident. A la lecture, on sentait que Le Monde faisait dans le lynchage ad hominem. Nous n'avons d'ailleurs pas attendu que Marianne r&#233;v&#232;le que la plupart des sources provenaient du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur pour &#233;crire cette sayn&#232;te.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Que le quatri&#232;me pouvoir puisse &#234;tre un sujet de moquerie populaire, alors que la critique bourdieusienne ne passionne gu&#232;re les foules, les Guignols l'ont compris d&#232;s leurs d&#233;buts. C'&#233;tait pendant l'hiver 1991, lors de la premi&#232;re guerre du Golfe. A l'&#233;poque, les cibles favorites ne s'appellent ni George Bush ni Fran&#231;ois Mitterrand. Pour se d&#233;marquer du &#171; B&#233;b&#234;te Show &#187; et de leur mod&#232;le britannique &#171; Spitting Image &#187;, &#171; Les Ar&#232;nes de l'info &#187; choisit de mettre en sc&#232;ne la caravane m&#233;diatique de l'intervention en Irak. CNN et ses bancs-titres catastrophistes. Les commentaires de plateaux sur les &#171; frappes chirurgicales &#187; et la guerre &#171; propre &#187; qui ne devaient faire aucun mort. La Cinq et ses experts militaires qui s'obstinent &#224; d&#233;crypter un magma d'images film&#233;es de nuit par l'arm&#233;e am&#233;ricaine au t&#233;l&#233;objectif. &#171; &lt;i&gt;Il y avait quelque chose d'absolument obsc&#232;ne dans le traitement de ce conflit,&lt;/i&gt; se rappelle Le Rolland. &lt;i&gt;Et ce qui nous g&#234;nait davantage encore, c'est que personne n'osait s'insurger contre &#231;a.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comprendre : personne, sauf nous. Voil&#224; peut-&#234;tre la force des r&#233;alisateurs des Guignols vis-&#224;-vis des m&#233;dias : ils ne se vivent pas en journalistes et se fichent pas mal des pactes de non-agression tacites qui existent entre r&#233;dactions. Lib&#233;ration les estampille &#171; meilleurs &#233;ditorialistes de France &#187; et consacre une quatri&#232;me de couve dithyrambique &#224; Bruno Gaccio ? Ils en rient encore, sans oublier de noter que la d&#233;mission de Serge July, &#171; la France s'en fout &#187;. Eux pr&#233;f&#232;rent s'en prendre aux nouvelles &#171; forces culturelles du pays &#187;. A Patrick Le Lay, le patron de TF1 qu'ils ont grim&#233; en obs&#233;d&#233; sexuel, le peignoir sur les &#233;paules, toujours pr&#234;t &#224; aller honorer Loana pour faire remonter l'audimat. Ou au groupe Lagard&#232;re, r&#233;duit sans nuances &#224; un &#171; marchand de canons &#187; qui s&#232;me la mort en Afrique. &#171; &lt;i&gt;Nous travaillons sans penser aux cons&#233;quences&lt;/i&gt;, se f&#233;licite Ahmed Hamidi, 36 ans, ex-barman entr&#233; dans la bande des auteurs en 1999. &lt;i&gt;Nous r&#233;clamons un droit &#224; la blague, m&#234;me si celle-ci peut froisser ou blesser.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Les auteurs des Guignols ne sont jamais aussi bons, h&#233;las, que lorsque les m&#233;dias sont mauvais. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Leurs victimes s'en souviennent. Combien d'entre elles rasent d&#233;sormais les murs d&#232;s lors qu'on &#233;voque leur double en caoutchouc ? &#171; &lt;i&gt;Ils ont &#233;t&#233; durs avec moi. Mais je pr&#233;f&#232;re prendre cela comme une cons&#233;cration&lt;/i&gt; &#187;, &#233;lude poliment Christine Ockrent. &#171; &lt;i&gt;Je n'ai pas tellement le temps de les regarder,&lt;/i&gt; sourit Patrick Poivre d'Arvor. &lt;i&gt;Mais j'ai une excuse : je travaille &#224; la m&#234;me heure.&lt;/i&gt; &#187; Seul Guillaume Durand aura pouss&#233; le malaise jusqu'&#224; consacrer un livre &#224; ses tortionnaires : &#171; &lt;i&gt;Nous ne sommes pas dans l'ironie et la moquerie des puissants ou des m&#233;diatiques, mais dans la &#8220;beauferie&#8221; militante qui se prendrait pour la cause du peuple,&lt;/i&gt; &#233;crit-il dans &#8220;La Peur bleue&#8221;. &lt;i&gt;Ils se croient les repr&#233;sentants d'une t&#233;l&#233;vision alternative, alors qu'ils ne sont que la caricature de la t&#233;l&#233; qui m&#233;prise les livres, flingue les perdants, assassine ceux qui ne rentrent pas dans le cadre&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; La Peur bleue &#187;, Grasset, 2000.' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;.&lt;/i&gt; &#187; M&#234;me violence chez Alain Finkielkraut qui voit en eux &#171; &lt;i&gt;l'&#233;ducation quotidienne &#224; la simplification et &#224; la m&#233;chancet&#233; rigolarde,&lt;/i&gt; expliquait-il au Figaro.&lt;i&gt; Si les hommes politiques s'y opposaient, les &#233;ditorialistes d&#233;nonceraient aussit&#244;t une atteinte totalitaire &#224; la libert&#233; d'expression.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus compliqu&#233; que &#231;a, en fait. L'histoire des Guignols avec les m&#233;dias est un m&#233;lange de r&#233;flexion altermondialiste - qui tend &#224; chercher les puissances de l'argent derri&#232;re chaque journaliste - et de d&#233;m&#234;l&#233;s personnels. On se souvient d'une interview d&#233;lirante dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; o&#249; Bruno Gaccio aurait lanc&#233; &#224; son interlocutrice, qui lui demandait des d&#233;tails sur la r&#233;partition des r&#244;les au sein de l'&#233;quipe : &#171; &lt;i&gt;J'ai pas envie de parler de &#231;a. Par contre, je peux t'apprendre des positions que tu ne connais pas.&lt;/i&gt; &#187; On se rappelle aussi l'empressement des agences de presse, en 2000, pour annoncer le plus s&#233;rieusement du monde la fin des Guignols &#224; la suite d'un simple sketch qui racontait leur mort. &#171; &lt;i&gt;Ce soir-l&#224;,&lt;/i&gt; se souvient Le Rolland, &lt;i&gt;un mec est entr&#233; dans mon bureau &#224; 20 heures 15 avec un Nagra, en me disant : &#8220;RTL, trois questions sur l'arr&#234;t de votre &#233;mission, s'il vous pla&#238;t.&#8221; C'est l&#224; que j'ai compris qui &#233;taient les v&#233;ritables guignols.&lt;/i&gt; &#187; Et Ahmed Hamidi de rench&#233;rir : &#171; &lt;i&gt;Les reporters ont quitt&#233; le domaine de l'intelligence pour celui de l'&#233;motion. Au lieu d'analyser les faits, ils transforment l'&#233;v&#233;nement en produit d'appel pour la pub. Tsunami, grippe aviaire, &#233;meutes de banlieue, tout devient info spectacle.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_464 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/png/LES-GUIGNOL-DER.png&quot; title='' type=&quot;image/png&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L324xH307/LES-GUIGNOL-DER-ff044-f9acb.png' width='324' height='307' alt='' style='height:307px;width:324px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; L'histoire des guignols avec les m&#233;dias est un m&#233;lange de r&#233;flexion altermondialiste et de d&#233;m&#234;l&#233;s personnels. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;On les sent presque d&#233;pit&#233;s, ces rigolos professionnels. Comme &#224; l'&#233;poque de leur &#171; bo&#238;te &#224; cons &#187; (qui d&#233;signait &lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt;), lorsque Claire Chazal tombait en pamoison devant les costumes crois&#233;s d'Edouard Balladur. &#171; &lt;i&gt;Les Guignols ne sont jamais aussi bons, h&#233;las, que lorsque les m&#233;dias sont mauvais&lt;/i&gt; &#187;, remarque le magistrat Philippe Bilger, qui conna&#238;t les coulisses de la machine pour avoir dialogu&#233; avec Bruno Gaccio dans un ouvrage commun&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt; [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; Le Guignol et le Magistrat &#187;, Flammarion, 2004.' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;. &#171; &lt;i&gt;Autant dire qu'en ce moment, ils comblent un s&#233;rieux vide.&lt;/i&gt; &#187; A un an de la pr&#233;sidentielle, ils se demandent d&#233;j&#224; comment traiter le cas de l'omnipr&#233;sent Nicolas Sarkozy, qu'ils voient &#171; &lt;i&gt;perdant malgr&#233; tout, avec son discours de la peur servi chaud &#224; l'heure du repas. C'est triste mais nous ne pouvons pas faire une parodie du &#8220;20 heures&#8221; digne de ce nom sans convoquer le personnage pr&#233;f&#233;r&#233; des r&#233;dactions.&lt;/i&gt; &#187; Putain, neuf mois !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;&#171; La Peur bleue &#187;, Grasset, 2000.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;&#171; Le Guignol et le Magistrat &#187;, Flammarion, 2004.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les m&#233;diateurs de presse, pour retrouver la cr&#233;dibilit&#233; </title>
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		<dc:date>2006-12-02T15:42:34Z</dc:date>
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		<dc:subject>D&#233;cryptage</dc:subject>

		<description>La cr&#233;ation, &#224; partir de 1994, d'une dizaine de postes de m&#233;diateurs de presse dans les quotidiens et dans l'audiovisuel public, est une r&#233;ponse &#224; la m&#233;fiance envers les m&#233;dias. Encore timide. Un Fran&#231;ais sur deux ne fait pas confiance aux m&#233;dias pour lui fournir des informations fiables [1]. La cr&#233;dibilit&#233; des journalistes est l'une des questions majeures du syst&#232;me m&#233;diatique. Elle est pourtant absente des r&#233;flexions et des propositions de la plupart des dirigeants de presse comme des hommes politiques. (...)

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&lt;a href="http://www.revue-medias.com/+-decryptage,13-+.html" rel="tag"&gt;D&#233;cryptage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L117xH150/arton266-55d05.png&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='117' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:117px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;La cr&#233;ation, &#224; partir de 1994, d'une dizaine de postes de m&#233;diateurs de presse dans les quotidiens et dans l'audiovisuel public, est une r&#233;ponse &#224; la m&#233;fiance envers les m&#233;dias. Encore timide.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un Fran&#231;ais sur deux ne fait pas confiance aux m&#233;dias pour lui fournir des informations fiables&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt; [&lt;a href='#nb1-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Barom&#232;tre annuel de TNS-SOFRES pour La Croix et Le Point, janvier (...)' id='nh1-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;. La cr&#233;dibilit&#233; des journalistes est l'une des questions majeures du syst&#232;me m&#233;diatique. Elle est pourtant absente des r&#233;flexions et des propositions de la plupart des dirigeants de presse comme des hommes politiques. Dominique Baudis, pr&#233;sident du CSA, a voulu secouer le cocotier en &#233;voquant la n&#233;cessit&#233; d'un code d&#233;ontologique et d'une instance de contr&#244;le charg&#233;e de le faire respecter dans la profession&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt; [&lt;a href='#nb1-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Jeudi 6 avril 2006 devant la commission parlementaire sur l'affaire (...)' id='nh1-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;. Protestations ou silence dans les r&#233;dactions... Sujet tabou. Une position constante depuis... 1898, quand cette question fut soulev&#233;e pour la premi&#232;re fois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quelques m&#233;dias ont pourtant pris conscience, depuis une douzaine d'ann&#233;es, de ces manquements qui sapent jour apr&#232;s jour la confiance du public. Des chartes d&#233;ontologiques ont &#233;t&#233; adopt&#233;es. L'instauration des &#171; m&#233;diateurs de presse &#187; est aussi une r&#233;ponse. La nouvelle charte de &lt;i&gt;Radio France Internationale&lt;/i&gt; rappelle que leur &#171; raison d'&#234;tre est de conforter la cr&#233;dibilit&#233; &#187; des m&#233;dias. Le m&#233;diateur, fonction inaugur&#233;e au &lt;i&gt;Washington Post&lt;/i&gt; en 1970, est un journaliste chevronn&#233;, issu de la r&#233;daction, charg&#233; notamment d'entendre les griefs du public sur le traitement de l'information, de s'en faire l'&#233;cho aupr&#232;s des journalistes et de donner son avis sur les probl&#232;mes soulev&#233;s (gr&#226;ce &#224; une chronique ou une &#233;mission). En toute ind&#233;pendance, en th&#233;orie, c'est le principe de la m&#233;diation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le premier m&#233;diateur fran&#231;ais a &#233;t&#233; nomm&#233; au &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; en 1994. L'audiovisuel public a suivi &#224; partir de 1998, apr&#232;s l'incitation du ministre de la Communication de l'&#233;poque, Catherine Trautmann&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt; [&lt;a href='#nb1-3' class='spip_note' rel='footnote' title='D&#233;claration au cours d'un colloque de Reporters sans fronti&#232;res en novembre (...)' id='nh1-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;. Ces derni&#232;res ann&#233;es, la presse quotidienne r&#233;gionale, confront&#233;e &#224; un effritement chronique de sa diffusion, s'est int&#233;ress&#233;e &#224; son tour aux m&#233;diateurs : &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt; a le sien depuis 2004, Paris-Normandie depuis le printemps 2006. D'autres titres se sont interrog&#233;s. Dix m&#233;diateurs de presse sont actuellement en fonction&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt; [&lt;a href='#nb1-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Le Monde, La Nouvelle R&#233;publique du Centre-Ouest, La D&#233;p&#234;che du Midi, Midi (...)' id='nh1-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;. C'est bien peu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Chaque fois qu'un poste est cr&#233;&#233;, on le doit &#224; une volont&#233; patronale et non &#224; une pression des journalistes. Jean-Marie Colombani au &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, Jean-Michel Baylet &#224; &lt;i&gt;La D&#233;p&#234;che du Midi&lt;/i&gt;, etc. Le nouveau patron de &lt;i&gt;France T&#233;l&#233;visions&lt;/i&gt;, Patrick de Carolis, est intervenu pour confirmer le m&#233;diateur &#224;&lt;i&gt; France 2&lt;/i&gt; et renforcer la fonction &#224; &lt;i&gt;RFO&lt;/i&gt;. Les journalistes, eux, dans leur majorit&#233;, ont au d&#233;part toutes les peines du monde &#224; supporter le regard critique des lecteurs, auditeurs ou t&#233;l&#233;spectateurs, sur leur travail. Les syndicats ou les soci&#233;t&#233;s de journalistes ne se sont pas battus pour cr&#233;er les postes de m&#233;diateur, ils les ont toutefois appuy&#233;s ensuite.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Les relations des m&#233;diateurs avec les r&#233;dactions ne sont pas toujours au beau fixe. Les plus r&#233;fractaires sont les membres de la hi&#233;rarchie. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sur quoi portent les critiques du public ? La plupart des courriers (essentiellement des courriels d&#233;sormais) re&#231;us par les m&#233;diateurs sont r&#233;currents : violence des images &#224; la t&#233;l&#233;vision ou des photos de presse, gros sujets d'actualit&#233; (Outreau, banlieues...), critique de la politique &#233;ditoriale (parti pris, hi&#233;rarchie de l'info, etc.), respect des personnes, informations erron&#233;es, forme (langue, orthographe, titres, bidonnages, m&#233;lange d'images d'actualit&#233; et d'archives, etc.)... Mais le ton diff&#232;re selon le m&#233;dia. Souvent acerbe ou ironique au &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt; et &#224; &lt;i&gt;France 2&lt;/i&gt;, par exemple, il l'est beaucoup moins &#224; l'&#233;gard de la presse dite &#171; de proximit&#233; &#187;, &lt;i&gt;France 3&lt;/i&gt; et les journaux de la PQR.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La forte croissance des courriers re&#231;us par les m&#233;diateurs, lorsque leur fonction est install&#233;e dans la visibilit&#233;, t&#233;moigne d'une demande &#233;galement forte des publics &#224; &#234;tre consid&#233;r&#233;s par les journalistes comme des partenaires qui ont leurs exigences et non comme des g&#234;neurs. Patrick P&#233;pin (&lt;i&gt;Radio France&lt;/i&gt;) r&#233;sume ce que ressentent les quatorze m&#233;diateurs et anciens m&#233;diateurs que nous avons interrog&#233;s : &#171; &lt;i&gt; Si vous voulez qu'on vous &#233;coute, &#233;coutez-nous.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Ils nous demandent simplement de faire correctement notre m&#233;tier&lt;/i&gt; &#187;, ajoute-t-il. Les critiques, parfois muscl&#233;es, ne sont pas une contestation radicale des m&#233;dias, &#224; la mani&#232;re de certains sites sur Internet. Elles t&#233;moignent au contraire non seulement d'un int&#233;r&#234;t pour l'information mais d'un attachement au titre ou &#224; la cha&#238;ne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le plus grand m&#233;rite des m&#233;diateurs est de prendre (enfin ?) en consid&#233;ration ces publics. Le premier succ&#232;s de la fonction de m&#233;diateur est l&#224;, et concourt &#224; la restauration de la cr&#233;dibilit&#233;. R&#233;pondre au courrier. Donner ouvertement la parole pour exprimer ses critiques. Ce besoin de reconnaissance est tellement fort que la r&#233;ponse personnalis&#233;e suffit bien souvent &#224; contenter un lecteur, auditeur ou t&#233;l&#233;spectateur irrit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le m&#233;diateur sera d'autant mieux respect&#233; &#224; l'ext&#233;rieur, sa fonction totalement reconnue, qu'il saura donner tort publiquement &#224; son m&#233;dia ou &#224; un confr&#232;re. Le sentiment est en effet largement r&#233;pandu (et pour cause...) que, quelle que soit l'erreur ou la faute du journaliste, il est absous. Et c'est l&#224; que le b&#226;t blesse. Si le m&#233;diateur se voit comme &#171; &lt;i&gt;un double avocat, des lecteurs vers la r&#233;daction et de la r&#233;daction vers les lecteurs&lt;/i&gt; &#187; (Jean-Claude Escaffit, &#233;ph&#233;m&#232;re m&#233;diateur de l'hebdomadaire &lt;i&gt;La Vie&lt;/i&gt;), il penche naturellement vers la seconde partie de la proposition. Sa position est inconfortable, tiraill&#233; entre deux extr&#234;mes : &#171; charg&#233; de communication &#187; de son entreprise ou &#171; porte-parole &#187; du public aupr&#232;s de la r&#233;daction.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; La forte croissance des courriers re&#231;us par les m&#233;diateurs t&#233;moigne d'une demande &#233;galement forte des publics &#224; &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des partenaires et non comme des g&#234;neurs. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comment s'en sort-il ? Parfois dans la douleur. &#171; &lt;i&gt;On me voyait en interne comme une esp&#232;ce de flic, d'inspecteur&lt;/i&gt; &#187;, regrette Albert-Max Briand, ancien m&#233;diateur &#224; &lt;i&gt;RFO&lt;/i&gt;. &#171; &lt;i&gt;J'ai failli d&#233;missionner plusieurs fois, constatant que personne ne m'&#233;coutait, que je ne servais &#224; rien&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne Jean-Claude Allanic, ancien m&#233;diateur de &lt;i&gt;France 2&lt;/i&gt;. Son successeur Christian-Marie Monnot n'est pas en reste : &#171; &lt;i&gt;Pendant les deux premiers mois, j'ai eu un immense doute. Sommes-nous vraiment si mauvais ? Si approximatifs ? Si n&#233;gligents ? Si peu &#224; l'&#233;coute ?...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La plupart d'entre eux mettent en avant leur r&#244;le d'&#171; interface &#187;, de &#171; point d'ancrage &#187;, de &#171; sage &#187;, &#171; d'alerte &#187;, et tous insistent sur la retenue dont ils doivent faire preuve vis-&#224;-vis des journalistes. &#171; &lt;i&gt;On m'a remis la bombe atomique, je ne dois pas abuser de mon pouvoir&lt;/i&gt; &#187;, confie Robert Sol&#233; (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;), &#171; &lt;i&gt;Ce n'est pas &#224; moi de faire de proc&#232;s de la r&#233;daction&lt;/i&gt; &#187; (Christian-Marie Monnot,&lt;i&gt; France 2&lt;/i&gt;), &#171; &lt;i&gt;Je ne suis pas un juge, je n'ai pas envie de d&#233;valoriser le travail de mes confr&#232;res&lt;/i&gt; &#187; (Olivier Clerc, &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le m&#233;diateur, issu des cadres de la r&#233;daction&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt; [&lt;a href='#nb1-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Sauf &#224; RFI avec No&#235;l Copin, venant de La Croix, et maintenant Lo&#239;c Hervouet, (...)' id='nh1-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt; et pay&#233; par l'entreprise, a toujours tendance a priori &#224; justifier la conduite de ses confr&#232;res et de son m&#233;dia. Diverses &#233;tudes nord-am&#233;ricaines montrent que la fonction de m&#233;diateur favorise ainsi davantage la compr&#233;hension mutuelle entre journalistes et publics que la critique des pratiques professionnelles&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt; [&lt;a href='#nb1-6' class='spip_note' rel='footnote' title='Voir notamment &#171; L'ombudsman de Radio-Canada, protecteur du public ou des (...)' id='nh1-6'&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;. Tous les m&#233;diateurs fran&#231;ais confessent qu'ils ont le souci de faire sans cesse de la p&#233;dagogie &#224; l'&#233;gard de ces publics, de leur expliquer &#224; travers leurs r&#233;ponses les contraintes de la fabrication de l'information. Ce n'est pas inutile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les relations avec les r&#233;dactions ne sont pourtant pas toujours au beau fixe. Les plus r&#233;fractaires sont les membres de la hi&#233;rarchie. Le m&#233;diateur d&#233;range. A ses d&#233;buts de m&#233;diateur pour &lt;i&gt;La D&#233;p&#234;che du Midi&lt;/i&gt;, Henri Amar a eu des difficult&#233;s avec les directeurs d&#233;partementaux, jaloux de leurs pr&#233;rogatives. Celles de Robert Sol&#233;, au &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, avec l'ancien directeur de la r&#233;daction Edwy Plenel sont notoires. A &lt;i&gt;La Vie&lt;/i&gt;, un nouveau directeur de la r&#233;daction a r&#233;ussi &#224; faire supprimer le poste quatre ans apr&#232;s sa cr&#233;ation en 1999. A &lt;i&gt;France 2&lt;/i&gt;, la fronde est venue de la haute hi&#233;rarchie et des pr&#233;sentateurs vedettes... La &#171; base &#187;, en revanche, au bout d'un moment, s'habitue et comprend l'utilit&#233; de la fonction.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&#234;me s'il n'est jamais agr&#233;able de se faire parfois rappeler &#224; l'ordre. &#171; &lt;i&gt;Il y a une grande susceptibilit&#233; chez les journalistes,&lt;/i&gt; note Olivier Clerc &#224; &lt;i&gt;Midi Libre&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Mais ils comprennent et disent souvent que cela les aide &#224; avancer.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Lorsque j'exige un droit de r&#233;ponse, la le&#231;on porte et ensuite on est plus vigilant&lt;/i&gt; &#187;, confirme Henri Amar. Les interventions en priv&#233; ou en public (chronique, &#233;mission) d'un m&#233;diateur ont &#171; &lt;i&gt;un effet dissuasif&lt;/i&gt; &#187;, estime Robert Sol&#233;. Elles incitent &#224; une plus grande prudence &#171; &lt;i&gt;parce qu'il n'y a plus d'impunit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, analyse Didier Epelbaum, premier m&#233;diateur de l'audiovisuel &#224; &lt;i&gt;France 2&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On est encore loin du but. Les r&#233;sultats obtenus par les m&#233;diateurs sur la qualit&#233; de l'information sont encore modestes, &#171; &lt;i&gt;hom&#233;opathiques&lt;/i&gt; &#187;, observe Marie-Laure Augry (&lt;i&gt;France 3&lt;/i&gt;). Mais ils sont palpables. D'autant que, de fil en aiguille, le m&#233;diateur devient un &#171; Monsieur d&#233;ontologie &#187;, que l'on vient consulter amicalement. Sa position &#171; hors hi&#233;rarchie &#187; y aide.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh1-1' id='nb1-1' class='spip_note' title='Notes 1-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;Barom&#232;tre annuel de TNS-SOFRES pour La Croix et Le Point, janvier 2006.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh1-2' id='nb1-2' class='spip_note' title='Notes 1-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt; Jeudi 6 avril 2006 devant la commission parlementaire sur l'affaire d'Outreau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh1-3' id='nb1-3' class='spip_note' title='Notes 1-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;D&#233;claration au cours d'un colloque de Reporters sans fronti&#232;res en novembre 1997, puis lettres aux pr&#233;sidents de cha&#238;nes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh1-4' id='nb1-4' class='spip_note' title='Notes 1-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Monde, La Nouvelle R&#233;publique du Centre-Ouest, La D&#233;p&#234;che du Midi, Midi Libre, Paris-Normandie&lt;/i&gt; (et titres associ&#233;s), &lt;i&gt;France 2, France 3, RFO, Radio France, RFI&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh1-5' id='nb1-5' class='spip_note' title='Notes 1-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;Sauf &#224; &lt;i&gt;RFI&lt;/i&gt; avec No&#235;l Copin, venant de &lt;i&gt;La Croix&lt;/i&gt;, et maintenant Lo&#239;c Hervouet, ancien directeur g&#233;n&#233;ral de l'Ecole sup&#233;rieure de journalisme de Lille, tous deux retrait&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh1-6' id='nb1-6' class='spip_note' title='Notes 1-6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;Voir notamment &#171; L'ombudsman de Radio-Canada, protecteur du public ou des journalistes ? &#187;, Marc-Fran&#231;ois Bernier, Les Presses de l'Universit&#233; Laval, 2005.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> &quot;La terreur m&#233;diatique&quot;</title>
		<link>http://www.revue-medias.com/la-terreur-mediatique,268.html</link>
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		<dc:subject>A contre-courant</dc:subject>

		<description>Roland Barthes recommandait de vivre la publicit&#233; &#171; comme une citation, non comme une fatalit&#233; &#187;. Faisant le constat, toujours actuel, que, tr&#232;s souvent, r&#232;gne &#171; dans l'imagination publicitaire un conformisme tout entier soumis aux mod&#232;les issus d'une sorte de vulgate de la culture &#187;, il ne versait pas pour autant dans une d&#233;nonciation grossi&#232;re, lui pr&#233;f&#233;rant la traque subtile de la duplicit&#233; de son langage. Sa force, soulignait-il, c'est de raconter autre chose sous couvert de son apparente franchise (...)

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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L100xH150/arton268-04c4d.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='100' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:100px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Roland Barthes recommandait de vivre la publicit&#233; &#171; &lt;i&gt;comme une citation, non comme une fatalit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Faisant le constat, toujours actuel, que, tr&#232;s souvent, r&#232;gne &#171; &lt;i&gt;dans l'imagination publicitaire un conformisme tout entier soumis aux mod&#232;les issus d'une sorte de vulgate de la culture&lt;/i&gt; &#187;, il ne versait pas pour autant dans une d&#233;nonciation grossi&#232;re, lui pr&#233;f&#233;rant la traque subtile de la duplicit&#233; de son langage. Sa force, soulignait-il, c'est de raconter autre chose sous couvert de son apparente franchise marchande. Symbole de cette ali&#233;nation que l'auteur de &#171; Mythologies &#187; n'a cess&#233; de percer &#224; jour, elle naturalise des pr&#233;jug&#233;s, convertit de l'id&#233;ologie en &#233;vidence, transforme le conformisme en libert&#233;, la soumission en adh&#233;sion, la domination en &#233;ternit&#233;, le tout par une efficace op&#233;ration de dessaisissement du r&#233;el.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Voici donc un publicitaire qui s'inqui&#232;te. Aux d&#233;tracteurs de l'horreur &#233;conomique, qu'il abhorre d'&#233;vidence, il oppose la vraie menace qu'il a su distinguer : la terreur m&#233;diatique. C'est &#224; l'article &#171; M&#233;dias &#187; d'une sorte de dictionnaire dont il est l'auteur, vade-mecum en cent mots de son m&#233;tier et de ce qui lui tient, lui, de s&#233;same, &#171; la communication &#187;, ce vieil adversaire des travailleurs de l'information. L'article est bref et ses r&#233;f&#233;rences sont maigres, pour ne pas dire pauvres. On passe, dans la m&#234;me phrase, de &lt;i&gt;La Gazette de Renaudot&lt;/i&gt; &#224; l'actuelle r&#233;volution industrielle qui bouleverse nos professions pour, sans transition, imputer aux m&#233;dias quelques-unes des pires catastrophes du si&#232;cle pass&#233;. Citation, qui a la musique d'un sermon de salon : &#171; &lt;i&gt;Instruments incontestables de progr&#232;s et de libert&#233;, ils peuvent &#234;tre aussi vecteurs d'une propagande politique et id&#233;ologique - la prise de pouvoir d'Hitler ou plus r&#233;cemment la dictature en Irak, au Cambodge, au Chili en sont de tristes illustrations.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut donc surveiller de pr&#232;s les m&#233;dias, les rappeler &#224; leur responsabilit&#233;, veiller &#224; leur &#233;thique, insiste notre auteur, avant de l&#226;cher sa proph&#233;tie : &#171; &lt;i&gt;Avec le Net, les jeux vid&#233;o, les blogs, la t&#233;l&#233;phonie mobile, on assiste &#224; un v&#233;ritable &#8220;1789 des m&#233;dias et de la publicit&#233;&#8221;... Veillons &#224; ce que cela ne soit pas suivi d'un 1793.&lt;/i&gt; &#187; La terreur, donc. Ces lignes sont fran&#231;aises et r&#233;centes : elles ont &#233;t&#233; publi&#233;es dans notre pays en mars 2006. On les lit et on se pince d'incr&#233;dulit&#233;. En guise de terreur &#224; venir, ne serait-ce pas plut&#244;t la grande normalisation m&#233;diatique, l'argument &#233;conomique servant une politique active d'assagissement et d'uniformisation, r&#233;duisant les poches r&#233;fractaires, faites de distance et d'ind&#233;pendance ? L'auteur n'a pourtant pas l'excuse de la m&#233;connaissance : certes mondial - &#224; la quatri&#232;me place, derri&#232;re deux am&#233;ricains et un anglais -, le groupe que dirige Maurice L&#233;vy, Publicis, est toujours au c&#339;ur des strat&#233;gies m&#233;diatiques fran&#231;aises. Par exemple, il conna&#238;t parfaitement, &#224; travers leurs r&#233;gies auxquelles il est associ&#233;, les situations des deux quotidiens nationaux ind&#233;pendants dont l'exception a &#233;t&#233; r&#233;cemment r&#233;duite - &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_466 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/png/illuPLENEL-DEF.png&quot; title='' type=&quot;image/png&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L251xH324/illuPLENEL-DEF-2abea-3b539.png' width='251' height='324' alt='' style='height:324px;width:251px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;D&#233;nich&#233; dans un &#171; Que sais-je ? &#187; (&#171; Les 100 mots de la communication &#187;, PUF, 2006), c'est-&#224;-dire une &#171; collection encyclop&#233;dique &#187; suppos&#233;e d&#233;livrer des savoirs plut&#244;t que des croyances, ce d&#233;ni de r&#233;alit&#233; est bavard comme un lapsus. Proph&#233;tie autor&#233;alisatrice, il ne dit pas ce qui est, mais ce qui doit &#234;tre : mise en ordre, fin des incontr&#244;lables. La hi&#233;rarchie de l'&#233;nonc&#233; - les graves dangers d'une libert&#233; plut&#244;t que la d&#233;fense farouche de son ind&#233;pendance - diff&#232;re d'autres passages de l'opuscule o&#249; d'optimistes mensonges deviennent des v&#233;rit&#233;s r&#233;v&#233;l&#233;es : &#171; Rien n'est plus honn&#234;te que la publicit&#233; &#187; ; &#171; La publicit&#233; est &#224; l'oppos&#233; de la propagande &#187;. On comprend mieux de quoi il retourne quand on lit, dans &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; du 13 juillet 2006, le lamento id&#233;ologique de Maurice L&#233;vy sur la France, ses &#171; rigidit&#233;s sociales &#187;, ses imp&#244;ts trop lourds, ses habitants qui ne travaillent pas assez. C'est sans doute ce que se disent les capitaux internationaux qui n'ont jamais autant investi dans notre pays...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La terreur m&#233;diatique &#224; venir reste une hypoth&#232;se, tandis que cette irr&#233;alit&#233; bien-pensante est d&#233;j&#224; de ce monde. Or un monde dessaisi du r&#233;el a de quoi terrifier, tant nous n'aurions plus prise sur lui. Parmi d'autres vertus d&#233;mocratiques, le journalisme de qualit&#233; peut lui faire obstacle. Et c'est bien pourquoi la r&#233;elle crise &#233;conomique de la presse est utilis&#233;e comme pr&#233;texte &#224; sa normalisation &#233;ditoriale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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