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	<title>Revue M&#233;dias</title>
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	<description>M&#233;dias d&#233;crypte l'information, donne la parole &#224; ceux qui ne l'ont pas, combat le politiquement correct, la bien-pensance et toutes les formes de connivence. Parce que sans libert&#233; d'expression, sans presse ind&#233;pendante, pas de v&#233;ritable d&#233;mocratie.</description>
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		<title>Revue M&#233;dias</title>
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		<title>Je nous d&#233;teste</title>
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		<dc:creator>Hugo</dc:creator>


		<dc:subject>Carte blanche</dc:subject>

		<description>Nadine, 35 ans, esth&#233;ticienne, mari&#233;e deux enfants, Le Mans. Jean-Claude, chef d'entreprise, 53 ans, p&#232;re de famille, Aubervilliers. S&#233;bastien, &#233;tudiant, Aubagne, 23 ans. Gilles, coiffeur, pacs&#233;, 31 ans, Saint-Flour. Annie, divorc&#233;e, 45 ans, en recherche d'emploi, Pau. Personnellement, je ne les supporte plus. Il para&#238;t qu'ils sont repr&#233;sentatifs de nous. Paris, province ; ch&#244;meurs, salari&#233;s ; hommes, femmes ; ch&#244;meurs, en activit&#233; ; h&#233;t&#233;ros, homos ; &#224; gauche, &#224; droite ; retrait&#233;, actif ; etc. Il para&#238;t (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L150xH112/arton573-c953b.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='112' class='spip_logos' style='height:112px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nadine, 35 ans, esth&#233;ticienne, mari&#233;e deux enfants, Le Mans. Jean-Claude, chef d'entreprise, 53 ans, p&#232;re de famille, Aubervilliers. S&#233;bastien, &#233;tudiant, Aubagne, 23 ans. Gilles, coiffeur, pacs&#233;, 31 ans, Saint-Flour. Annie, divorc&#233;e, 45 ans, en recherche d'emploi, Pau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Personnellement, je ne les supporte plus. Il para&#238;t qu'ils sont repr&#233;sentatifs de nous. Paris, province ; ch&#244;meurs, salari&#233;s ; hommes, femmes ; ch&#244;meurs, en activit&#233; ; h&#233;t&#233;ros, homos ; &#224; gauche, &#224; droite ; retrait&#233;, actif ; etc. Il para&#238;t qu'on les s&#233;lectionne avec pr&#233;caution pour qu'ils nous ressemblent. S'ils nous ressemblent, alors je nous hais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette mani&#232;re de r&#233;clamer, d'&#233;taler leur d&#233;tresse, d'afficher leur sexualit&#233;, d'interpeller les &#233;lus devant nous tous pour r&#233;clamer du boulot, moins de charges, un vrai contrat de mariage, le droit &#224; l'&#233;ternit&#233;, c'est ignoble. Enfin, je trouve. Solliciter les &#233;lus, il y a des endroits pour &#231;a. Des lieux intimes, ferm&#233;s aux cam&#233;ras, o&#249; l'on peut faire ses petites affaires citoyennes ; des permanences &#233;lectorales, des bureaux en mairie, des conseils municipaux, des assembl&#233;es d&#233;partementales et r&#233;gionales, des enqu&#234;tes publiques, un espace blanc sur une feuille de papier &#224; lettres, des associations. Tu parles, ce qui les int&#233;resse, c'est de faire t&#233;l&#233;-citoyen dans un panel.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De toute mani&#232;re, ils sont partout. Ils ont fait leur d&#233;but dans les &#233;missions de vari&#233;t&#233; et puis, petit &#224; petit, ils ont pris de la graine. C'est Julien Courbet qui les a sortis de l'anonymat. Sans aucun doute. C'est lui qui a r&#233;v&#233;l&#233; leur puissance, l'&#233;clat de leurs coups de gueule, cette mani&#232;re de r&#233;clamer sans d&#233;col&#233;rer, cet art impudique de sugg&#233;rer, avec un regard mouill&#233; de chien, qu'ils sont la mis&#232;re du monde. C'est simple, ils me d&#233;go&#251;tent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis m&#233;chant car dans les &#233;missions politiques, ils se tiennent &#224; peu pr&#232;s. On les aide &#224; pr&#233;parer leur unique question et souvent, ils ne pleurent pas en la bafouillant. Parfois, ils se r&#233;v&#232;lent dans &#171; &lt;i&gt;leur tr&#232;s grande dignit&#233;&lt;/i&gt; &#187; ; c'est ce que disent les commentateurs, le lendemain, quand l'un d'entre eux a crev&#233; l'&#233;cran. Le bouquet, c'est quand on oblige les politiques &#224; discuter avec eux. Il se passe toujours quelque chose. Un jour, un cariste, 35 ans, habitant M&#226;con, a forc&#233; un d&#233;put&#233; &#224; dire qu'il n'aimait pas les riches. Un ch&#244;meur exp&#233;riment&#233;, 53 ans, de Rennes, a d&#233;montr&#233; au Premier ministre qu'un texte de loi l'emp&#234;chait de cr&#233;er son entreprise. On n'a jamais su o&#249; &#233;tait le texte en question. On s'en fiche. Ce qui &#233;tait chouette, &#224; l'image, je veux dire, c'&#233;tait l'impuissance politique qui explosait l'audimat. On appelle &#231;a le &#171; &lt;i&gt;d&#233;calage criant&lt;/i&gt; &#187; entre les Fran&#231;ais et leurs &#233;lites technocratiques et politiques. &#192; la t&#233;l&#233;, le d&#233;calage devient ravin, fosse, trou b&#233;ant, oc&#233;an ! Et bien s&#251;r, c'est inqui&#233;tant. Surtout pour ceux qui regardent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Face aux Fran&#231;ais du panel, il y a trois possibilit&#233;s. A) Dire des choses abominables qui leur clouent le bec. Les effrayer, donc : leur parler d'invasion, de pand&#233;mie, de spoliation, d'horreurs aux portes de nos fronti&#232;res. &#199;a ils adorent, ils n'osent rien dire et regardent le tribun comme s'ils &#233;taient devant &#171; Massacre &#224; la tron&#231;onneuse &#187;. B) On peut aussi faire copain-copain, se prendre pour le 101e Fran&#231;ais du panel, leur faire comprendre qu'on est un des leurs. &#199;a dure le temps de l'&#233;mission, et puis apr&#232;s ils rentrent chez eux, on est d&#233;barrass&#233;. C) On peut aussi leur parler clair, &#233;voquer les politiques publiques, la solidarit&#233;, l'imp&#244;t n&#233;cessaire, la redistribution, l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#201;voquer autre chose que leurs probl&#232;mes &#224; eux, pour parler de nos probl&#232;mes &#224; nous. Je veux dire nos probl&#232;mes collectifs. Mais &#231;a se fait de moins en moins. Certains politiques essaient encore. Mais dans ce cas, je zappe. Je ne vaux pas mieux qu'eux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La d&#233;mocratie au p&#233;ril du bruit</title>
		<link>http://www.revue-medias.com/La-democratie-au-peril-du-bruit,572.html</link>
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		<dc:creator>Hugo</dc:creator>


		<dc:subject>Carte blanche</dc:subject>

		<description>L'UBM, vous connaissez ? C'est la nouvelle invention des marchands de vent, d'intox et de manip. UBM pour &#171; Unit&#233; de bruit m&#233;diatique &#187;&#8230; Imaginez-les, chaque matin, quand ils ne pensent qu'&#224; cela en se rasant, tous ces hommes de pouvoir et d'argent. Miroir, &#244; mon beau miroir&#8230; Ai-je fait beaucoup de bruit m&#233;diatique ? Et que dit le bruit m&#233;diatique ? Bruitais-je m&#233;diatiquement hier ou avant-hier ? Et, demain ou apr&#232;s-demain, comment faire pour bruiter suffisamment, soir et matin ? Unit&#233; de bruit m&#233;diatique (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L100xH150/arton572-24e39.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='100' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:100px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'UBM, vous connaissez ? C'est la nouvelle invention des marchands de vent, d'intox et de manip. UBM pour &#171; &lt;i&gt;Unit&#233; de bruit m&#233;diatique&lt;/i&gt; &#187;&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Imaginez-les, chaque matin, quand ils ne pensent qu'&#224; cela en se rasant, tous ces hommes de pouvoir et d'argent. Miroir, &#244; mon beau miroir&#8230; Ai-je fait beaucoup de bruit m&#233;diatique ? Et que dit le bruit m&#233;diatique ? Bruitais-je m&#233;diatiquement hier ou avant-hier ? Et, demain ou apr&#232;s-demain, comment faire pour bruiter suffisamment, soir et matin ? Unit&#233; de bruit m&#233;diatique ? Un attrape-communicant, un sucre d'orge marketing, une barbe &#224; papa pour &lt;i&gt;spin doctors&lt;/i&gt; ! Plus je te mesure ton bruit m&#233;diatique, plus tu vivras dans ta bulle m&#233;diatique, plus tu me feras confiance puisque je l'ai construite et, bien s&#251;r, plus tu me r&#233;mun&#233;reras.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais ne nous arr&#234;tons pas &#224; cette imposture marchande. Dans cette invention, il y a un mot important, un mot qui fait sens et qui me glace : bruit. Ainsi donc, l'unit&#233; de mesure de ce qui circule dans nos tuyaux, papier imprim&#233;, radio parl&#233;e, &#233;cran t&#233;l&#233;vis&#233;, r&#233;seaux informatiques, num&#233;rique et t&#233;l&#233;matique, sites et portails, podcasts et blogs, etc., l'unit&#233; de mesure de la mati&#232;re premi&#232;re qui fait vivre toutes ces machines, ce serait le bruit ? Faire du bruit, du boucan, du bazar. Pas du texte, du bruit. Pas du son, du bruit. Pas de l'image, du bruit. Pas du sens, du bruit. Pas de l'information, pas de l'intelligibilit&#233;, pas de la r&#233;flexion ! Non, du bruit, encore du bruit, toujours du bruit !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je devine d&#233;j&#224; votre r&#233;action : il d&#233;couvre la lune, ce journaliste ! Depuis le temps que &#171; &lt;i&gt;les&lt;/i&gt; &#187; m&#233;dias nous servent du bruit ! Un bruit indistinct, uniforme et univoque, un fatras de n'importe quoi, un flot de conformisme et de suivisme&#8230; Je connais bien cette musique n&#233;gative &#8212; j'en connais surtout les ravages et les d&#233;sastres. Car, &#224; force de mettre tout dans le m&#234;me sac, la qualit&#233; et la facilit&#233;, l'exigence et la l&#226;chet&#233;, l'ind&#233;pendance et la servilit&#233;, on finit par faire le jeu du bruit, du bruit m&#233;diatique. Par assurer sa victoire, son r&#232;gne, sa domination sur un paysage normalis&#233;, sans voix dissidentes ou indociles. Et l'av&#232;nement du bruit, c'est la petite mort de la d&#233;mocratie. D'une d&#233;mocratie v&#233;ritable, c'est-&#224;-dire de partage de l'information, du savoir, de la connaissance. Pas de d&#233;mocratie sans ce levier fragile qui permet au citoyen de juger, d'appr&#233;cier, de d&#233;cider, de choisir, de participer : une information de qualit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En notre &#233;poque apparemment cl&#233;mente, ces r&#233;flexions para&#238;tront sans doute trop graves. Mais si vous tombez sur cet avertissement, &#233;crit en d'autres temps, vous arr&#234;terez peut-&#234;tre de me moquer. Lisez, &#233;coutez : &#171; &lt;i&gt;N'avions-nous pas, en tant que nation, trop pris l'habitude de nous contenter de connaissances incompl&#232;tes et d'id&#233;es insuffisamment lucides ? Notre r&#233;gime de gouvernement se fondait sur la participation des masses. Or, ce peuple auquel on remettait ainsi ses propres destin&#233;es et qui n'&#233;tait pas, je crois, incapable, en lui-m&#234;me, de choisir les voies droites, qu'avons-nous fait pour lui fournir ce minimum de renseignements nets et s&#251;rs, sans lesquels aucune conduite rationnelle n'est possible ? Rien en v&#233;rit&#233;. Telle fut, certainement, la grande faiblesse de notre syst&#232;me, pr&#233;tendument d&#233;mocratique, tel, le pire crime de nos pr&#233;tendus d&#233;mocrates.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est de Marc Bloch, dans &#171; L'&#201;trange d&#233;faite &#187;, r&#233;dig&#233; durant l'&#233;t&#233; 1940. Le grand historien des &#171; &lt;i&gt;Annales&lt;/i&gt; &#187; et futur martyr de la R&#233;sistance mettait l'&#233;tat pitoyable de l'information d'avant-guerre, notamment sa corruption par l'argent, parmi les causes principales de l'abandon, du renoncement et du reniement. Le jour o&#249; il n'y aura plus de vrai mais que du bruit, plus de journaux mais que des produits, plus de public mais que de l'audience, plus de citoyens mais que des foules, il sera trop tard pour s'en souvenir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Vous allez voter pour qui, ou bien ?</title>
		<link>http://www.revue-medias.com/vous-allez-voter-pour-qui-ou-bien,571.html</link>
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		<description>Ceci est un sondage. Ce ne sera pas long, vous verrez. Juste quelques instants. Je vais d'abord vous citer plusieurs qualit&#233;s indispensables &#224; un futur pr&#233;sident de la R&#233;publique. Pour chacune de ces qualit&#233;s, vous direz si elles s'appliquent &#233;norm&#233;ment, beaucoup, suffisamment, juste un peu, un tout petit peu, pas du tout &#224; chacun des candidats. Vous &#234;tes pr&#234;t ? Je commence : 1. La beaut&#233;. 2. L'humour. 3. L'&#233;l&#233;gance. 4. Le go&#251;t pour la cuisine. 5. L'habilet&#233; manuelle. 6. L'amour des animaux. 7. Le sens de (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L101xH150/arton571-5bdc0.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='101' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:101px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ceci est un sondage. Ce ne sera pas long, vous verrez. Juste quelques instants. Je vais d'abord vous citer plusieurs qualit&#233;s indispensables &#224; un futur pr&#233;sident de la R&#233;publique. Pour chacune de ces qualit&#233;s, vous direz si elles s'appliquent &#233;norm&#233;ment, beaucoup, suffisamment, juste un peu, un tout petit peu, pas du tout &#224; chacun des candidats.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous &#234;tes pr&#234;t ? Je commence : 1. La beaut&#233;. 2. L'humour. 3. L'&#233;l&#233;gance. 4. Le go&#251;t pour la cuisine. 5. L'habilet&#233; manuelle. 6. L'amour des animaux. 7. Le sens de l'orientation. 8. La ma&#238;trise du coup droit au tennis. 9. Une bonne hygi&#232;ne corporelle. 10. La main verte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je vais maintenant vous poser une deuxi&#232;me s&#233;rie de questions. R&#233;fl&#233;chissez bien avant de r&#233;pondre. Prenez votre temps. Diriez-vous que ce sondage est : 1. Passionnant. 2. Indispensable. 3. Utile. 4. Inutile. 5. Compl&#232;tement idiot. Si vous avez r&#233;pondu oui &#224; n'importe laquelle de ces questions, tapez 1. Sinon, tapez 2. Sinon encore, sortez le chien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est le moment d'aborder une nouvelle sous-s&#233;rie de sous-questions. Avec laquelle de ces propositions &#234;tes-vous d'accord : 1. Les journaux devraient arr&#234;ter de publier des sondages stupides. 2. Les journaux devraient publier encore plus de sondages stupides. 3. Les journaux devraient donner des pr&#233;visions m&#233;t&#233;o un peu plus fiables. 4. Les journaux devraient donner le tierc&#233; dans l'ordre avant le d&#233;part de la course.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si vous avez r&#233;pondu n'importe quoi &#224; chacune de ces questions, vous avez le droit de continuer &#224; r&#233;pondre. Et justement, voici quelques questions concernant votre situation personnelle. Cochez la case correspondante : 1. Vous avez plus de 18 ans et moins de 65 ans. 2. Vous avez plus de 65 ans et un chat angora. 3. Vous &#234;tes futur ch&#244;meur et/ou ancien retrait&#233;. 4. Vous &#234;tes mari&#233; et propri&#233;taire d'une Clio rouge. 5. Vous votez communiste depuis avant-hier. 6. Vous n'avez jamais entendu parler de Johnny Hallyday. 7. Vous n'avez pas que &#231;a &#224; faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Compte tenu de la case que vous avez coch&#233;e, &#234;tes-vous plut&#244;t favorable, raisonnablement favorable, moyennement favorable, juste favorable, un peu favorable, plut&#244;t d&#233;favorable, raisonnablement d&#233;favorable, juste d&#233;favorable, un peu d&#233;favorable &#224; : 1. L'interdiction de fumer dans les &#233;glises. 2. Le port du foulard Herm&#232;s sur les parcours de golf. 3. La mixit&#233; dans le m&#233;tro sur la ligne 13. 4. La tol&#233;rance z&#233;ro pour les pubs de la Matmut &#224; la radio. Additionnez la 1 et la 4. Divisez par la 3. Multipliez par la 2. &#199;a y est ? C'est fait ? Vous venez d'obtenir la marge d'erreur, qui se calcule en pourcentage. Si vous n'avez pas obtenu un pourcentage, c'est que c'est une erreur. Comme, par d&#233;finition, un sondage ne se trompe jamais, c'est que c'est vous qui &#234;tes dans l'erreur. Je passe l'&#233;ponge pour cette fois, mais n'y revenez pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tant qu'on y est et puisqu'on est l&#224;, autant en profiter : avez-vous d&#233;j&#224; go&#251;t&#233; le yaourt citoyen et &#233;cologiquement responsable Nadone ? Si oui, le trouvez-vous : 1. Long en bouche mais court sur pattes. 2. Trop sucr&#233; mais faible en &#233;mission de gaz &#224; effet de serre. 3. Immangeable. Si vous avez r&#233;pondu 3, soyez gentil d'en manger quand m&#234;me, sinon vous mettez en p&#233;ril l'&#233;quilibre de la plan&#232;te, c'est prouv&#233; scientifiquement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui m'am&#232;ne &#224; vous demander si vous accepteriez de faire partie d'un &#233;chantillon repr&#233;sentatif de la population fran&#231;aise et des alentours (au moins jusqu'au p&#233;riph&#233;rique) qui servirait de cobaye pour tester r&#233;guli&#232;rement les cr&#232;mes anti-&#226;ge, jusqu'&#224; une totale et irr&#233;versible r&#233;gression infantile. Si oui, signez tout de suite la d&#233;charge, c'est gratuit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ah ! au fait, j'allais oublier la question essentielle : vous allez voter pour qui, ou bien ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les &#233;l&#233;phants et la porcelaine</title>
		<link>http://www.revue-medias.com/Les-elephants-et-la-porcelaine,323.html</link>
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		<dc:date>2007-03-21T15:30:30Z</dc:date>
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		<dc:subject>Edito</dc:subject>

		<description>La &quot;guerre au terrorisme&quot; et l'obsession s&#233;curitaire qu'elle propage rendent peu &#224; peu acceptables toutes sortes de restrictions. Y compris dans les m&#233;dias. S'il faut se d&#233;shabiller avant de monter dans un avion, se d&#233;faire d'un biberon louche ou d'un dentifrice d&#233;lictueux, les portails ne tarderont pas &#224; couiner pour d&#233;noncer le porteur de nouvelles. Il nous semble parfois qu'on pr&#233;pare les esprits &#224; trouver naturelle cette absurde anticipation. A la r&#233;pression brutale des tyrans s'ajoute d&#233;sormais la (...)

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&lt;a href="http://www.revue-medias.com/+-edito,1-+.html" rel="tag"&gt;Edito&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La &quot;&lt;i&gt;guerre au terrorisme&lt;/i&gt;&quot; et l'obsession s&#233;curitaire qu'elle propage rendent peu &#224; peu acceptables toutes sortes de restrictions. Y compris dans les m&#233;dias. S'il faut se d&#233;shabiller avant de monter dans un avion, se d&#233;faire d'un biberon louche ou d'un dentifrice d&#233;lictueux, les portails ne tarderont pas &#224; couiner pour d&#233;noncer le porteur de nouvelles. Il nous semble parfois qu'on pr&#233;pare les esprits &#224; trouver naturelle cette absurde anticipation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A la r&#233;pression brutale des tyrans s'ajoute d&#233;sormais la vertueuse coercition de d&#233;mocraties qui ont fait de la pr&#233;caution un principe, donc un devoir indiscutable. Dans son expression la plus douce, cela donne les appels r&#233;it&#233;r&#233;s &#224; la &quot;&lt;i&gt;prudence&lt;/i&gt;&quot;, au &quot;&lt;i&gt;sens des responsabilit&#233;s&lt;/i&gt;&quot;, au respect de ceci et de ceux-l&#224;. Bien s&#251;r, il n'est pas question de s'en prendre au droit d'informer, mais on sent bien que ce dernier - c'est le cas de le dire - est plus ou moins ouvertement invit&#233; &#224; se soumettre &#224; des int&#233;r&#234;ts sup&#233;rieurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'il convient de se garder de ses ennemis, faudra-t-il aussi se charger de ses amis ? Au sein m&#234;me de la profession se font jour le doute pernicieux, la mise en cause lancinante, voire le d&#233;faitisme. Le doute est utile quand il est f&#233;cond, disait Elie Faure, et il n'est jamais mauvais de se remettre en cause. Cet examen de conscience serait donc salutaire si l'on y reconnaissait, en creux, la d&#233;fiance g&#233;n&#233;rale dont il vient d'&#234;tre question. Les coups de semonce &#224; r&#233;p&#233;tition, les mises en garde, les proc&#232;s d'intention produisent d'autant mieux leur effet corrosif qu'ils s'appuient sur d'ind&#233;niables b&#233;vues et des ratages d'anthologie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand on a failli, l'estampille &quot;&lt;i&gt;lynchage m&#233;diatique&lt;/i&gt;&quot; appliqu&#233;e &#224; la moindre r&#233;v&#233;lation, l'accusation d'&quot;&lt;i&gt;irresponsabilit&#233;&lt;/i&gt;&quot;, accol&#233;e &#224; un propos tant soit peu pugnace, sont de nature &#224; aiguiser le sentiment de culpabilit&#233;. Et si, non contents d'&#234;tre des indigents &#233;conomiques &#224; la merci d'une charette de passage, nous &#233;tions par surcro&#238;t des malfaisants, incontr&#244;lables et arrogants ? Et si les journalistes se comportaient comme des &#233;l&#233;phants dans un magasin de porcelaine ? Pourquoi pas, en effet ? Sauf &#224; dire qu'au bout du compte la porcelaine, elle, n'est pas une esp&#232;ce menac&#233;e...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur le chemin tr&#232;s fr&#233;quent&#233; de la repentance, on s'adonne &#224; l'usage personnel du cilice ou de l'anath&#232;me confraternel. Puisqu'il s'agit d'un combat douteux, d'un travers p&#233;rim&#233;, expions courageusement. Et abandonnons le terrain : d'un c&#244;t&#233; &#224; la com', de l'autre au blogging matinal, tellement plus frais, tellement plus tendance et exempt de toute r&#232;gle. Un confr&#232;re recommandait r&#233;cemment d'apprendre &#224; nager dans le sens du courant. C'est pr&#233;cis&#233;ment le conseil que Balzac donnait, non aux esprits libres, notez bien, mais aux carri&#233;ristes. Allons ! Le d&#233;bat n'est pas clos. Tant mieux : un bon vieux d&#233;bat discordant est, en d&#233;finitive, moins p&#233;nible &#224; entendre que la basse continue de la d&#233;ploration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Fernando Savater, penser sous la menace</title>
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		<dc:date>2007-03-20T14:38:55Z</dc:date>
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		<description>A 60 ans, Fernando Savater ne m&#226;che pas ses mots. Pour lui, philosopher &#171; n'est pas un travail sur soi mais une r&#233;flexion sur la cit&#233; &#187;. Il ne m&#233;dite pas, il dialogue, il pol&#233;mique. Non sans risque : il vit &#224; Madrid sous protection polici&#232;re, les terroristes de l'ETA l'ayant condamn&#233; &#224; mort. Entretien tonique. Fernando Savater, originaire de Saint-S&#233;bastien, au Pays basque espagnol, est aujourd'hui le philosophe le plus c&#233;l&#232;bre de son pays. Il y est &#233;galement connu pour son combat contre le terrorisme de (...)

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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L114xH150/arton322-c1a39.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='114' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:114px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;A 60 ans, Fernando Savater ne m&#226;che pas ses mots. Pour lui, philosopher &#171; &lt;i&gt;n'est pas un travail sur soi mais une r&#233;flexion sur la cit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Il ne m&#233;dite pas, il dialogue, il pol&#233;mique. Non sans risque : il vit &#224; Madrid sous protection polici&#232;re, les terroristes de l'ETA l'ayant condamn&#233; &#224; mort. Entretien tonique.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fernando Savater, originaire de Saint-S&#233;bastien, au Pays basque espagnol, est aujourd'hui le philosophe le plus c&#233;l&#232;bre de son pays. Il y est &#233;galement connu pour son combat contre le terrorisme de l'ETA, lequel lui a valu le prix Sakharov des droits de l'homme en 2001.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Incarc&#233;r&#233; &#224; trois reprises sous le franquisme, il occupe d&#233;sormais dans la vie intellectuelle espagnole (et au-del&#224; des fronti&#232;res) une position que nul ne lui conteste, mais qui d&#233;range souvent : celle d'un penseur libre, irr&#233;ductible &#224; toute chapelle, d'abord soucieux d'&#233;thique. &#171; &#201;thique &#224; l'usage de mon fils &#187; (Points Seuil) est d'ailleurs un best-seller international.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fernando Savater a r&#233;pondu aux questions de M&#233;dias dans son appartement de Madrid o&#249; il vit sous protection, l'ETA l'ayant condamn&#233; &#224; mort... Chez lui, Tintin, John Wayne, J&#252;rgen Habermas et Lara Croft cohabitent, t&#233;moignant cocassement de dilections nombreuses et vari&#233;es. Ce philosophe fr&#233;quente assid&#251;ment les salles de cin&#233;ma et les hippodromes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Derniers ouvrages traduits chez Calmann-Levy : &#171; Choisir la libert&#233; &#187; (2005) et &#171; Sur l'art de vivre &#187; (2005) o&#249; il disserte brillamment sur Marc Aur&#232;le, le western, l'abolition de la prison, le scepticisme ou le manzanilla et les tapas de Sanl&#250;car de Barrameda.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il existe une lign&#233;e de philosophes &#171; &lt;i&gt;publicistes&lt;/i&gt; &#187;. En France : Voltaire, Alain, Camus, Sartre ; en Espagne : Ortega y Gasset, etc. Rien de neuf donc ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rien de plus naturel. La philosophie a commenc&#233; dans la sph&#232;re publique, ce que sont d&#233;sormais les m&#233;dias, nouvelle agora. Le philosophe a besoin d'interlocuteurs, car on ne peut philosopher en solitaire, &#224; l'inverse de la pratique orientale o&#249; l'on m&#233;dite, seul, dans le silence d'une grotte. Le philosophe moderne recherche le public pour dialoguer, pol&#233;miquer, penser. La philosophie n'est pas un travail sur soi mais une r&#233;flexion sur la cit&#233;, n&#233;e en m&#234;me temps que la d&#233;mocratie. Elle est au champ intellectuel ce que la d&#233;mocratie est au champ politique : rupture avec la pens&#233;e traditionnelle, dogmatique, avec la r&#233;p&#233;tition du sacr&#233;. Elle est d&#233;couverte du sens par le dialogue. Il est vrai qu'avec le temps, surtout &#224; partir du xixe si&#232;cle, la philosophie est devenue l'apanage de professeurs confin&#233;s dans leurs universit&#233;s. Au d&#233;but du xxe, les philosophes sortent et se rencontrent &#224; nouveau.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_403 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/Savater_6.jpg&quot; title='photos : Fernando Moreno' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L249xH324/Savater_6-7b943-7b365.jpg' width='249' height='324' alt='photos : Fernando Moreno' style='height:324px;width:249px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-403 spip_doc_titre' style='width:249px;'&gt;&lt;strong&gt;photos : Fernando Moreno&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Cela m'amuse toujours qu'on parle de philosophe, d'intellectuel &#171; &lt;i&gt;m&#233;diatiques&lt;/i&gt; &#187;. C'est une sorte de pl&#233;onasme. Premier philosophe &#224; &#234;tre canonis&#233; comme tel, Voltaire fut le d&#233;couvreur du pouvoir des moyens de la communication. Voyez sa correspondance et imaginez ce qu'il aurait pu faire d'un fax ou des e-mails ! Maintenant si vous me demandez quel est le bon usage des m&#233;dias par un intellectuel - philosophe est un terme grandiloquent -, je r&#233;pondrais que tout r&#233;side dans la fa&#231;on de traiter les autres comme des intellectuels. C'est la seule d&#233;finition qui vaille. Autrement dit, il ne s'agit pas d'hypnotiser, de s&#233;duire ou d'intimider autrui, mais de solliciter la part intellectuelle de chacun. Et les m&#233;dias sont aujourd'hui le seul lieu o&#249; l'on peut consid&#233;rer les personnes comme des intellectuels. Pas comme des &#233;rudits ni des professeurs, mais des &#234;tres humains dot&#233;s de raison, donc capables d'&#234;tre persuad&#233;s et de persuader, ce qui est la base du principe d&#233;mocratique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il existe, en France, un &#171; &lt;i&gt;courant&lt;/i&gt; &#187; de philosophes comme Finkielkraut, Glucksmann, Bernard-Henri L&#233;vy, parfois qualifi&#233;s de &#171; &lt;i&gt;lib&#233;raux de gauche&lt;/i&gt; &#187;, mais aussi de &#171; &lt;i&gt;n&#233;or&#233;acs&lt;/i&gt; &#187; voire de &#171; &lt;i&gt;n&#233;ocons&lt;/i&gt; &#187;. Vous y reconnaissez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je me sens proche de certaines prises de position de Finkielkraut, moins de Glucksmann. En fait, on assiste &#224; un &#233;clatement des repr&#233;sentations fig&#233;es de la droite ou de la gauche. En Espagne, malheureusement, le pays se divise encore entre ceux qui &#233;coutent Francino (commentateur radio de gauche) et ceux qui pr&#233;f&#232;rent entendre Jim&#233;nez Losantos (&#233;ditorialiste de droite). Nous qui n'aimons ni l'un ni l'autre, il nous faut chercher notre salut ailleurs. De plus en plus de gens n'acceptent plus ce clivage droite-gauche qui obligeait, si tu &#233;tais de droite, &#224; penser comme ci en mati&#232;res &#233;conomique, sociale, &#233;rotique, cin&#233;matographique ; et comme &#231;a si tu &#233;tais de gauche. Je crois qu'aujourd'hui tout un chacun peut faire son propre menu et prendre un peu d'&#233;conomie ici, de soci&#233;t&#233; l&#224;... Je parle &#233;videmment de ceux qui pensent par eux-m&#234;mes, pas de ceux qui adoptent une pens&#233;e pr&#233;fabriqu&#233;e, ferm&#233;e, totalisante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment expliquez-vous que les valeurs pr&#233;pond&#233;rantes des Lumi&#232;res, disons le libre-arbitre, le lib&#233;ralisme, sont devenues p&#233;joratives et qu'en Europe qui dit &#171; &lt;i&gt;lib&#233;ralisme&lt;/i&gt; &#187; ne dit plus que &#171; &lt;i&gt;capitalisme&lt;/i&gt; &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le terme lib&#233;ral, qui a connu de nombreuses d&#233;finitions au long de l'histoire, s'est en effet r&#233;duit, de nos jours, au champ strictement &#233;conomique. Or, les &#171; &lt;i&gt;lib&#233;raux&lt;/i&gt; &#187; en mati&#232;re &#233;conomique (l'&#233;cole de Chicago, par exemple), le sont parfois tr&#232;s peu dans d'autres domaines. En Espagne, les partisans de l'&lt;i&gt;Opus Dei&lt;/i&gt;, r&#233;actionnaires en mati&#232;re sociale, conservateurs, aussi peu lib&#233;raux que possible, sont les plus lib&#233;raux en &#233;conomie. Aux &#201;tats-Unis, le terme lib&#233;ral d&#233;signe au contraire un progressiste, nous dirions ici un social-d&#233;mocrate. On peut &#234;tre lib&#233;ral et partisan de l'&#233;cole publique car quiconque n'est pas &#233;duqu&#233; ne peut &#234;tre libre. Et d&#233;fendre la s&#233;curit&#233; sociale parce qu'il s'agit l&#224; d'une grande avanc&#233;e qui nous prot&#232;ge contre le hasard et les al&#233;as de la vie.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_401 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/Savater_1.jpg&quot; title='' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L215xH324/Savater_1-fea5e-50b66.jpg' width='215' height='324' alt='' style='height:324px;width:215px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Affirmer que la grande richesse des &#234;tres humains est leur diversit&#233; est un mensonge. Leur richesse est dans leur ressemblance. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les m&#233;dias recourent volontiers &#224; nombre de clich&#233;s id&#233;ologiques que L&#233;on Bloy appelait &#171; &lt;i&gt;lieux communs et id&#233;es re&#231;ues&lt;/i&gt; &#187;. Par exemple : la diff&#233;rence n'est jamais mauvaise donc il existe un droit imprescriptible &#224; la diff&#233;rence... Ou encore : les minorit&#233;s ont toujours raison parce que la majorit&#233; les opprime... Enfin : les particularismes sont forc&#233;ment bons puisque le mal absolu est l'uniformit&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il s'agit l&#224; d'un de mes th&#232;mes de pr&#233;dilection. En Espagne, ce recours est m&#234;me devenu une sorte de maladie en phase terminale. On professe ainsi que toute &#233;galit&#233; est mauvaise, sinon fasciste, tandis que toute diversit&#233; est bonne. Ce qui est compl&#232;tement absurde. Tout progr&#232;s en politique r&#233;sulte de la recherche de l'&#233;galit&#233;, jamais de la diff&#233;rence. &#201;galit&#233; dans le domaine de l'&#233;ducation, &#233;galit&#233; homme-femme, &#233;galit&#233; dans la protection sociale, assistance m&#233;dicale pour tous, etc. Les soci&#233;t&#233;s les plus attard&#233;es sont celles dans lesquelles subsiste le plus grand nombre de diff&#233;rences. Voyez les castes en Inde ou chez nous, jadis, les s&#233;gr&#233;gations m&#233;di&#233;vales. L'id&#233;e que toute diff&#233;rence est bonne et toute &#233;galit&#233; mauvaise est une id&#233;e absurde et nuisible. Affirmer que la grande richesse des &#234;tres humains est leur diversit&#233; est un mensonge. Leur richesse est dans leur ressemblance. C'est parce que nous nous ressemblons que nous pouvons collaborer, traduire nos id&#233;es d'une langue &#224; l'autre, que nous pourrons un jour penser une gestion commune de la plan&#232;te. La diff&#233;rence est un fait, mais la ressemblance est un droit pour lequel nous devons lutter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous &#233;voquiez le &#171; &lt;i&gt;droit imprescriptible &#224; la diff&#233;rence&lt;/i&gt; &#187;. C'est crucial. Il existe des fa&#231;ons diff&#233;rentes de vivre. Comparant les libert&#233;s religieuses des Anglais et des Fran&#231;ais &#224; son &#233;poque, Voltaire disait que chaque Anglais allait au ciel ou en enfer par le chemin qu'il voulait... Le droit &#224; la diff&#233;rence est une chose. La diff&#233;rence de droits en est une autre. En Espagne, par exemple, ce que cherchent les nationalismes, c'est une diff&#233;rence de droits et non un droit &#224; la diff&#233;rence, qui existe d&#233;j&#224;... Malheureusement, cela se transmet par l'&#233;ducation des plus jeunes. Si on leur dit unit&#233;, ils pensent imm&#233;diatement aux troupes nazies faisant le pas de l'oie. Par contre, entendant le mot diversit&#233;, ils se voient gambader dans un jardin fleuri.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#234;tes consid&#233;r&#233; comme l'introducteur de Nietzsche et de Cioran dans votre pays. Et, &#224; ce titre, la gauche officielle vous a reproch&#233; de semer un nihilisme anarchisant durant la lutte contre Franco. &#202;tes-vous nihiliste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une chose est de s'int&#233;resser &#224; un auteur, une autre de s'identifier &#224; lui. J'ai traduit Cioran, qui fut mon ami, mais je ne partageais pas compl&#232;tement ses id&#233;es. Je le consid&#233;rais comme un homme extraordinairement stimulant, un tonique intellectuel. Nietzsche m'a toujours int&#233;ress&#233; et je m'en sens plus proche, car il est le grand d&#233;culpabilisateur de la volont&#233;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'id&#233;e de d&#233;culpabiliser la volont&#233; humaine a toujours fait partie de ma philosophie sur le plan &#233;thique. Mais ceci ne veut pas dire que je sois moi-m&#234;me strictement nietzsch&#233;en, j'ai d'ailleurs plut&#244;t &#233;t&#233; spinozien. Il est vrai que ces auteurs introduisaient en politique une dimension culturelle que la gauche rejetait souvent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette gauche, qui se voulait politiquement et culturellement monolithique, n'admettait pas le fait qu'une id&#233;e de progr&#232;s diff&#233;rent &#233;tait en gestation, comme on l'a vu en mai 68. Avec l'ing&#233;nuit&#233; de la jeunesse, certains, dont moi, introduisaient des id&#233;es qui, par la suite, devinrent partout communes. Avec le temps, chacun &#233;volue, ajuste son attitude selon qu'il a affaire &#224; un pouvoir d&#233;mocratique ou qu'il est confront&#233; &#224; une dictature. On me dit : &#171; &lt;i&gt;Vous avez chang&#233; d'opinion, vous &#233;tiez anarchiste face &#224; Franco et vous &#234;tes d&#233;mocrate face au gouvernement actuel.&lt;/i&gt; &#187; Mais c'est incomparable ! J'&#233;tais dans une r&#233;bellion beaucoup plus tranch&#233;e vis-&#224;-vis de la dictature, tandis qu'en d&#233;mocratie je suis en d&#233;saccord sur certains points mais d'accord avec le r&#233;gime. Tout &#234;tre pensant module sa pens&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_400 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/Savater_2.jpg&quot; title='' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L324xH197/Savater_2-33805-f1c4c.jpg' width='324' height='197' alt='' style='height:197px;width:324px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les m&#233;dias occidentaux sont, par principe, favorables &#224; la libert&#233; d'expression. Mais parfois, on a l'impression qu'ils la d&#233;fendent mollement. Serait-ce qu'il faut &#234;tre priv&#233; de libert&#233; pour l'aimer ? Ou bien la libert&#233; d'expression est-elle quelque chose de relatif ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aucune libert&#233; n'existe dans l'absolu. Nous sommes tous pour la libert&#233; d'expression mais pas pour qu'on enseigne n'importe quoi aux enfants. On dit que les mots peuvent faire mal mais qu'ils ne tuent pas. Le directeur de la revue &lt;i&gt;Raz&#243;n Pr&#225;ctica&lt;/i&gt; (que je codirige), Javier Pradera, affirme le contraire. Pour lui, certaines paroles peuvent r&#233;ellement tuer, par exemple : &#171; &lt;i&gt;&#192; vos armes ! Feu !&lt;/i&gt; &#187; D&#233;signer nomm&#233;ment quelqu'un &#224; la vindicte populaire est une forme d'agression par les mots. Il est vrai que nous devons d&#233;fendre la libert&#233; d'expression, surtout la libert&#233; de penser et d'argumenter, mais il faut le faire avec les mots. Je suis totalement contre cette id&#233;e de condamner ceux qui nient l'Holocauste. Ce sont des faussaires qu'on doit combattre par des livres, des arguments, des d&#233;bats. Pas les mettre en prison et les transformer ainsi en victimes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les m&#233;dias se font de plus en plus souvent prescripteurs d'interdits, ou, en tout cas, ne remettent pas ceux-ci en cause : prohibition du tabac, bient&#244;t de l'alcool, du foie gras, de la corrida et, peut-&#234;tre un jour, des courses de chevaux - que vous aimez tant...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis depuis longtemps d&#233;fenseur de la d&#233;p&#233;nalisation des drogues. C'est, pour moi, une affaire d'information et de d&#233;cision personnelle. La notion m&#234;me de &#171; &lt;i&gt;sant&#233; publique&lt;/i&gt; &#187; me fait l'effet d'une guillotine. Certes, la soci&#233;t&#233; peut aider les personnes qui n'ont pas les moyens de se soigner, mais je ne crois pas que ce qui rel&#232;ve de la sant&#233; de chacun doive &#234;tre mis entre les mains de tous... Je trouve bien que l'on restreigne les endroits o&#249; l'on puisse fumer, question de politesse, de civilit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;G&#233;n&#233;raliser ces mesures revient &#224; interdire tout type de plaisirs, comme manger du lard. Si on appliquait aujourd'hui les r&#232;gles politiquement correctes en Europe, le camembert n'existerait plus, ni le foie gras, ni le jambon Jabugo. Toutes choses invent&#233;es parce qu'il n'existait pas encore de code de bonne conduite &#233;dict&#233; par le politiquement correct... Chacun sait qu'il y a en Espagne certaines traditions barbares (pour moi la corrida est quelque chose de stylis&#233; et d'artistique) et r&#233;pudiables. S'il faut changer ces pratiques, faisons-le en d&#233;battant, pas seulement &#224; coup d'interdits. Les pires d'entre eux sont marqu&#233;s du sceau religieux. Il existe chez nous des f&#234;tes traditionnelles appel&#233;es &#171; &lt;i&gt;Maures et Chr&#233;tiens&lt;/i&gt; &#187;. Eh bien, par peur d'une suppos&#233;e intransigeance islamique, on est en train de supprimer les Maures de ces f&#234;tes et il ne reste que les chr&#233;tiens. C'est comme si on faisait dispara&#238;tre les Romains des processions de la semaine sainte pour ne pas contrarier le gouvernement italien. Certaines coutumes passent pour ind&#233;fendables parce qu'elles sont tr&#232;s anciennes, mais tout ce qui est ancien n'est pas mauvais et ne peut &#234;tre &#233;limin&#233; juste pour une question d'asepsie plastique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les m&#233;dias seraient-ils d&#233;sormais plus rousseauistes - pour aller vite : nous ne sommes responsables de rien, c'est la soci&#233;t&#233; qui est coupable de tout - que voltairiens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La majorit&#233; de ceux que je lis aujourd'hui sont les h&#233;ritiers de Herder&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='Johann Gottfried Herder (1744-1803) : philosophe allemand, &#233;l&#232;ve de Kant. (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt; et de son id&#233;e romantique, populiste, qui, d'ailleurs, a triomph&#233;. Herder fut la premi&#232;re grande r&#233;action, antirationnelle au fond. Elle a impos&#233; l'id&#233;e de peuples romantiques, qui sont bons ou mauvais, qui ont une personnalit&#233; sp&#233;cifique et dont les individus ne sont que des &#233;l&#233;ments fa&#231;onn&#233;s par la nature de ces peuples.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_399 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/Savater_0.jpg&quot; title='' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L324xH229/Savater_0-339e6-f5533.jpg' width='324' height='229' alt='' style='height:229px;width:324px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Les gens qui pr&#233;tendent que le t&#233;l&#233; abrutit ne disent jamais qu'eux-m&#234;mes sont devenus idiots. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T&#233;l&#233;vision. Sartre disait que d'un c&#244;t&#233; elle ali&#233;nait le t&#233;l&#233;spectateur mais, d'un autre c&#244;t&#233;, le rapprochait de la r&#233;alit&#233; lointaine. Est-elle, pour vous, cette &#171; &lt;i&gt;bo&#238;te idiote&lt;/i&gt; &#187; qui emp&#234;che de penser ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les gens qui pr&#233;tendent que la t&#233;l&#233; abrutit ne disent jamais qu'eux-m&#234;mes sont devenus idiots. &#199;a n'arrive qu'aux autres. On peut regarder la t&#233;l&#233; impun&#233;ment. C'est un m&#233;dia comme un autre. Important dans la prise de conscience des grandes catastrophes humanitaires. S'il y a une famine quelque part, ce que souhaitent les victimes, c'est que la t&#233;l&#233;vision vienne, car si elles n'apparaissent pas &#224; l'&#233;cran, elles n'auront ni nourriture ni argent. Bien s&#251;r, la t&#233;l&#233;vision est soumise &#224; des crit&#232;res commerciaux. Les informations y sont donc simplifi&#233;es &#224; l'extr&#234;me, sans raisonnement ni discussion possibles, mais ce sont aussi des d&#233;fauts inh&#233;rents &#224; la mani&#232;re dont nous, t&#233;l&#233;spectateurs, l'utilisons. J'ai fait partie d'une commission charg&#233;e par le gouvernement espagnol de r&#233;former les m&#233;dias audiovisuels publics. Nous avons d&#233;battu pendant des mois, notamment de leur fonction &#171; &lt;i&gt;positive et interactive&lt;/i&gt; &#187;. L'id&#233;e qu'un instrument est en lui-m&#234;me plus fort qu'une personne nous ram&#232;ne &#224; la question de la drogue : comme il existe des drogues, il faut que j'en prenne. Non, ce n'est pas une obligation. Vous pouvez ne pas en prendre ou en consommer certaines avec mod&#233;ration. De m&#234;me, je ne suis pas compulsif au point de vouloir regarder la t&#233;l&#233; tout le temps. Parfois m&#234;me, la t&#233;l&#233;vision est le rem&#232;de ad&#233;quat &#224; d'autres d&#233;ficiences compulsives.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et Internet. N'avez-vous pas l'impression que le miracle de libert&#233; d'expression promis et c&#233;l&#233;br&#233; ressemble souvent &#224; une cacophonie narcissique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est une chose de produire de la libert&#233; d'expression, c'en est une autre d'acc&#233;der &#224; la libert&#233; de connaissance. Cette derni&#232;re est plus importante que le fait d'&#233;couter les gens s'exprimer sans que ce qu'ils racontent nous int&#233;resse vraiment. Quelques-uns de mes &#233;tudiants ont cr&#233;&#233; un site Internet. Pour en faire la publicit&#233;, ils m'ont interview&#233;. R&#233;pondant &#224; une de leurs questions semblable &#224; la v&#244;tre, j'ai expliqu&#233; que les blogs n&#233;cessitaient beaucoup de discernement pour faire la part de l'information et de l'arbitraire. Quelques jours apr&#232;s avoir mis cet entretien en ligne, mes &#233;tudiants ont re&#231;u une vol&#233;e de e-mails indign&#233;s : je pr&#244;nais une attitude &#233;litiste en soutenant qu'il y avait des opinions vraies et d'autres qui ne le sont pas. Mon argumentation allait &#224; l'encontre de l'id&#233;e que, comme tout le monde a le droit de s'exprimer, tout le monde a raison. Les blogs favorisent, en effet, l'expression mais aussi l'illusion que toute opinion est &#233;gale et int&#233;ressante. Mon avis sur l'univers n'a strictement aucun int&#233;r&#234;t, celui de Stephen Hawking, oui. C'est pourquoi je pense qu'on se m&#233;prend en voyant dans cette technologie un progr&#232;s pour l'&#233;ducation. On dit qu'on va installer un &#233;cran connect&#233; &#224; chaque pupitre. C'est une bonne chose, comme le fait que chaque &#233;l&#232;ve ait de quoi &#233;crire. Sauf qu'Internet n'&#233;duque pas, il n&#233;cessite m&#234;me une &#233;ducation pr&#233;alable. Pour un &#233;rudit, c'est un outil merveilleux. Si vous &#234;tes vers&#233; dans la philosophie orientale, vous pouvez partager votre passion avec d'autres connaisseurs, &#233;changer des informations, apprendre. Mais si vous n'y connaissez rien ou si vous &#234;tes peu form&#233;, vous ne recevrez que de la publicit&#233;, c'est-&#224;-dire 90 % de ce qui transite sur le Net. Il n'est pas donn&#233; &#224; n'importe qui de trier dans le flux d'informations, de savoir les analyser et les hi&#233;rarchiser.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_402 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/Savater_9.jpg&quot; title='' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L324xH215/Savater_9-937fb-7b014.jpg' width='324' height='215' alt='' style='height:215px;width:324px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette boulimie d'informations ne ressemble-t-elle pas &#224; ce que Borges nommait la &#171; nostalgie du pr&#233;sent &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout &#224; fait. Nous voulons savoir tout ce qui se passe et nous avons la possibilit&#233; de le faire. C'est une sorte de vertige maladif de la connaissance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;Johann Gottfried Herder (1744-1803) : philosophe allemand, &#233;l&#232;ve de Kant. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; pr&#233;dicateur, il th&#233;orisa l'id&#233;e que la v&#233;rit&#233; r&#233;sidait dans le g&#233;nie de la langue, le fonds populaire et national. Il fut aussi l'un des premiers propagateurs du relativisme historique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> &quot;La t&#233;l&#233; rend fou ; moi, elle m'a rendu lucide&quot;</title>
		<link>http://www.revue-medias.com/La-tele-rend-fou-moi-elle-m-a,321.html</link>
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		<dc:date>2007-03-20T14:37:05Z</dc:date>
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		<dc:subject>Ma vie apr&#232;s</dc:subject>
		<dc:subject>Gicquel</dc:subject>

		<description>&#171; La France a peur &#187;. Les moins jeunes s'en souviennent encore. On en frissonnait dans les chaumi&#232;res. Roger Gicquel &#233;tait alors une star, aux manettes du &#171; 20 heures &#187; de TF1 o&#249; il officia durant six ans. Il vit aujourd'hui en Bretagne. Heureux, serein. Sans un regard dans le r&#233;troviseur. Comment &#234;tes-vous devenu la premi&#232;re &#171; star &#187; de l'information ? Je suis arriv&#233; sur TF1 au bon moment, celui de l'&#233;clatement de l'ORTF fin 1974. J'avais une revue de presse sur France Inter dans laquelle je donnais mon (...)

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&lt;a href="http://www.revue-medias.com/-no12,30-.html" rel="directory"&gt;n&#176;12&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.revue-medias.com/+-gicquel,120-+.html" rel="tag"&gt;Gicquel&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L150xH107/arton321-34aa2.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='107' class='spip_logos' style='height:107px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&#171; &lt;i&gt;La France a peur&lt;/i&gt; &#187;. Les moins jeunes s'en souviennent encore. On en frissonnait dans les chaumi&#232;res. Roger Gicquel &#233;tait alors une star, aux manettes du &#171; 20 heures &#187; de TF1 o&#249; il officia durant six ans. Il vit aujourd'hui en Bretagne. Heureux, serein. Sans un regard dans le r&#233;troviseur.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment &#234;tes-vous devenu la premi&#232;re &#171; &lt;i&gt;star&lt;/i&gt; &#187; de l'information ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis arriv&#233; sur &lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt; au bon moment, celui de l'&#233;clatement de l'ORTF fin 1974. J'avais une revue de presse sur &lt;i&gt;France Inter&lt;/i&gt; dans laquelle je donnais mon avis en contrepoint des citations que je faisais. Le directeur de l'information de &lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt;, Henri Marque, qui venait de &lt;i&gt;RTL&lt;/i&gt;, et le directeur g&#233;n&#233;ral, Jean-Louis Guillaud, m'ont alors recrut&#233; pour cela.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un proc&#233;d&#233; que vous avez appliqu&#233; au JT ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je voulais un journal personnalis&#233;, tr&#232;s concurrentiel de celui d'&lt;i&gt;Antenne 2&lt;/i&gt;. J'ai pos&#233; mes conditions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il fallait un nouveau ton ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ils ont choisi le mien. J'employais peu de mots et simples. Je voulais &#234;tre compris par tout le monde, par mes parents de condition modeste et peu inform&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez le sentiment d'avoir cr&#233;&#233; un style ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pas le sentiment : j'ai cr&#233;&#233; un style !&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Montrez le m&#234;me homme chaque soir &#224; la m&#234;me heure pendant des ann&#233;es et il devient automatiquement une c&#233;l&#232;bre ! &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#233;tiez politiquement catalogu&#233; ?&lt;/strong&gt; `&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non... Rien ne devait laisser deviner mes pr&#233;f&#233;rences politiques. La photo de De Gaulle dans mon bureau &#233;tait une marque de respect et, dans mon esprit, un signe de neutralit&#233;. Franchement, qui &#233;tait encore gaulliste &#224; l'&#233;poque ? Ma revue de presse sur &lt;i&gt;Inter&lt;/i&gt; couvrait l'ensemble des journaux, de &lt;i&gt;Royaliste&lt;/i&gt; &#224; &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;. Pour le JT, j'ai tout de suite &#233;t&#233; per&#231;u par les t&#233;l&#233;spectateurs comme quelqu'un d'ind&#233;pendant, capable de donner son sentiment sur les informations qu'il pr&#233;sentait. Mais &#233;videmment, pour la gauche, j'&#233;tais giscardien, et pour la droite, un gaulliste de gauche attard&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est ce qui a fait votre c&#233;l&#233;brit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oh ! vous savez, il ne faut pas se leurrer : montrez le m&#234;me homme chaque soir &#224; la m&#234;me heure pendant des ann&#233;es et il devient automatiquement c&#233;l&#232;bre ! Il suffit de lui donner un nom...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il n'y avait quand m&#234;me pas que &#231;a...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non, bien s&#251;r, il y avait aussi le travail de toute une &#233;quipe. Ce n'est pas de la fausse modestie. Je ne faisais pas l'unanimit&#233;. J'en irritais certains. Je recevais des tonnes de courrier et l'une des questions qui revenait souvent &#233;tait : &#171; &lt;i&gt;Pourquoi ne dites-vous pas comme vos confr&#232;res : bonsoir Madame, bonsoir Mademoiselle, bonsoir Monsieur ?&lt;/i&gt; &#187; Ce qui montre assez que la t&#233;l&#233; &#224; l'&#233;poque &#233;tait consid&#233;r&#233;e comme une sorte de service administratif. Pour moi, dire bonsoir suffisait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous aviez &#233;galement une fa&#231;on diff&#233;rente de traiter l'information...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et pourtant, je n'&#233;tais pas le r&#233;dacteur en chef du JT. Il m'est souvent arriv&#233; de donner des informations, voire de les d&#233;velopper, alors que nous n'avions pas d'images &#224; montrer. Quand un raz-de-mar&#233;e faisait 600 000 sans-abri au Bangladesh, et qu'il n'y avait pas d'images, on me disait de le traiter en une br&#232;ve ou d'attendre que les images arrivent... pour peu qu'elles arrivent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je pensais au contraire que le manque d'images ne devait pas m'emp&#234;cher d'en parler, m&#234;me si je devais me contenter des d&#233;p&#234;ches. Le bon ton aurait voulu que j'ouvre le journal avec ce qu'on appelle une &#171; &lt;i&gt;fausse ouverture&lt;/i&gt; &#187;, par exemple un baleineau n&#233; dans le zoo de Tokyo et dont nous avions les images. C'&#233;tait se moquer des t&#233;l&#233;spectateurs alors qu'il y avait des milliers de personnes qui mouraient noy&#233;es, pratiquement &#224; c&#244;t&#233; du baleineau ! Cela m'a valu pas mal de conflits avec la r&#233;daction en chef de l'&#233;poque.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aujourd'hui, l'information t&#233;l&#233;vis&#233;e est assujettie &#224; l'image ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est assez frappant dans les JT. L'info d&#233;pend beaucoup trop d'images, elles-m&#234;mes trop souvent anecdotiques. Les pr&#233;sentateurs - ils ne sont pas personnellement en cause, car toutes et tous sont d'excellents journalistes - ressemblent &#224; des chefs de gare dans un centre de tri. En une demi-heure, il faut faire passer le maximum de trains, c'est-&#224;-dire d'informations illustr&#233;es. Cela donne quelquefois des situations &#233;tranges. Une image que l'on ne replace pas dans son contexte est nulle et non avenue. Elle t&#233;moigne d'un fait inexistant, le rend abstrait. C'est une image factuelle qui devient virtuelle. Je ne dis pas que le commentaire doit &#234;tre pol&#233;mique, mais il doit exister comme explication de texte visuelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui a motiv&#233; votre d&#233;part du JT en d&#233;cembre 1981 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au moment de l'ex&#233;cution de Christian Ranucci, j'avais pr&#233;sent&#233; un court reportage, une d&#233;monstration &#171; &lt;i&gt;&#224; vide&lt;/i&gt; &#187; de ce qu'&#233;tait une guillotine. J'ai re&#231;u des menaces de mort, des courriers qui nous mettaient en danger, ma famille et moi : &#171; &lt;i&gt;Vous d&#233;fendez un tueur d'enfant, nous allons vous montrer ce que c'est.&lt;/i&gt; &#187; Visiblement ces gens savaient tout de moi. Mon adresse, mes habitudes, celles de ma famille... La police m'a imm&#233;diatement adjoint des anges gardiens charg&#233;s de me prot&#233;ger pendant quelques jours. Tout &#231;a m'a fait r&#233;fl&#233;chir sur ce que je faisais l&#224;. Et puis, six ans, c'est beaucoup : je ne voulais pas rester un homme-tronc toute ma vie. Il y avait, en prime, les bagarres internes &#224; l'approche des &#233;lections de 1981... Je me souviens avoir &#233;t&#233; invit&#233; &#224; d&#233;jeuner par un responsable du Parti communiste qui, apr&#232;s avoir longuement tourn&#233; autour du pot, a fini par me dire : &#171; &lt;i&gt;Si la gauche passe, on vous garde !&lt;/i&gt; &#187; J'&#233;tais accabl&#233; ! Fou furieux ! Je n'avais besoin ni d'&#234;tre gard&#233;, ni d'&#234;tre prot&#233;g&#233;, ni d'&#234;tre choisi. Toute ma vie, j'ai choisi ma route seul.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Qu'avez-vous fait ensuite : un &#171; &lt;i&gt;placard aux chim&#232;res&lt;/i&gt; &#187; pour reprendre le titre de l'un de vos livres ? Pas du tout ! J'ai quitt&#233; le JT de ma propre d&#233;cision. J'ai certes, pendant un temps, &#233;t&#233; mis en retrait, mais tr&#232;s vite j'ai r&#233;alis&#233; des grands reportages et je peux vous dire que j'ai &#233;t&#233; combl&#233; ! D'ailleurs, je n'ai quitt&#233; &lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt; qu'en 1986, au moment o&#249; Francis Bouygues est arriv&#233;.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_398 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/Gicquel.jpg&quot; title='photo : Thierry Gicquel' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L218xH324/Gicquel-38f2b-0ab6e.jpg' width='218' height='324' alt='photo : Thierry Gicquel' style='height:324px;width:218px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-398 spip_doc_titre' style='width:218px;'&gt;&lt;strong&gt;photo : Thierry Gicquel&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; C'est vrai que lorsqu'un avion tombait, on aurait dit que c'&#233;tait sur mes godasses. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au moment de la privatisation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui. Je suis un homme du service public.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La formule est un peu lapidaire, non ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faudra vous en contenter...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;La m&#233;canique de l'information vous int&#233;resse-t-elle toujours ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#199;a me chiffonne beaucoup. Une information, l&#226;ch&#233;e par on ne sait trop qui, donne lieu &#224; un scoop qui tout de suite est repris par les m&#233;dias, lesquels montent l'affaire en &#233;pingle jusqu'&#224; ce qu'une autre information donne lieu &#224; un nouveau scoop qui fait oublier le pr&#233;c&#233;dent. &#192; mon sens, les r&#233;dactions manquent de recul et d'originalit&#233;. Elles font du suivisme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aujourd'hui, il y a des informations que vous ne traiteriez pas ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si j'&#233;tais en exercice, il y a des informations que je ne traiterais surtout pas, justement parce que le commentaire devrait tellement &#234;tre conjugu&#233; au conditionnel, que l'information en elle-m&#234;me n'offrirait aucun int&#233;r&#234;t. Il y a une diff&#233;rence entre information et rumeur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand vous avez quitt&#233; la t&#233;l&#233;vision, vous aviez le sentiment que c'&#233;tait d&#233;finitif ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En ce qui concernait &lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt;, oui. Je suis entr&#233; humblement dans la presse et j'ai &#233;t&#233; tr&#232;s heureux d'&#234;tre reconnu d'abord comme un bon professionnel et ensuite comme un journaliste qui avait l'oreille du public, tant &#224; la radio qu'&#224; la t&#233;l&#233;vision. Mais les choses ont pris des proportions d&#233;mesur&#233;es et j'&#233;tais en &#233;tat de refus. Cette &#171; &lt;i&gt;c&#233;l&#233;brit&#233;&lt;/i&gt; &#187; ne me convenait pas du tout. On dit que la t&#233;l&#233; rend fou ; moi, elle m'a rendu lucide...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourtant, cette c&#233;l&#233;brit&#233; vous a servi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Totalement. Et j'en ai profit&#233;... Actuellement, c'est un peu diff&#233;rent. Ma notori&#233;t&#233; de l'&#233;poque &#233;tait violente. Aujourd'hui, elle a chang&#233;, elle est devenue tr&#232;s amicale et implique, avec les gens que je rencontre, des rapports plus vrais, plus sympathiques, plus humains.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand vous avez quitt&#233; la t&#233;l&#233;vision, la Bretagne fut un refuge ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne me suis ni r&#233;fugi&#233;, ni exil&#233; en Bretagne. Je suis simplement rentr&#233; chez moi. C'est l&#224; que je me sens bien. J'ai une grande affinit&#233; avec cette convivialit&#233; bretonne qui n'est jamais m&#233;diocre. C'est un pays d'&#234;tres vrais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que reste-t-il de votre image dans la m&#233;moire des gens ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Probablement l'image d'un homme m&#233;lancolique. Un regard triste port&#233; sur la fa&#231;on dont allait le monde. La phrase de Coluche &#233;tait tr&#232;s juste. C'est vrai que quand un avion tombait, on aurait dit que c'&#233;tait sur mes godasses ! En fait, c'&#233;tait de la sensibilit&#233;. Un journaliste qui relate un &#233;v&#233;nement effroyable, s'il n'a pas cette once d'&#233;motion naturelle, n'est pas humain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui, l'information &#224; la t&#233;l&#233;vision est d&#233;sincarn&#233;e, directe et sans &#233;tat d'&#226;me. Je ne suis pas d'accord. Prendre le temps d'expliquer les choses et donner aux autres le temps de les entendre et de les comprendre, c'est une qualit&#233;. Pas seulement professionnelle. C'est aussi une qualit&#233; de vie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&quot;La presse est manipul&#233;e par la justice&quot;</title>
		<link>http://www.revue-medias.com/La-presse-est-manipulee-par-la,320.html</link>
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		<dc:date>2007-03-20T14:31:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>D&#233;cryptage</dc:subject>

		<description>Le 21 d&#233;cembre 2006, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a confirm&#233; le renvoi de Gilbert Tordjemann devant la cour d'assises pour douze viols et trois agressions sexuelles sur quinze de ses anciennes patientes. Ma&#238;tre Jacques-Georges Bitoun, son avocat, s'interroge sur l'attitude de la presse qui n'a jamais dout&#233; de la culpabilit&#233; du sexologue. &#171; De l'hypnose au viol &#187; [1], &#171; La chute du pape de la sexologie &#187; [2], &#171; Tordjemann savait choisir ses proies parmi les plus faibles &#187; (...)

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&lt;a href="http://www.revue-medias.com/-no12,30-.html" rel="directory"&gt;n&#176;12&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.revue-medias.com/+-decryptage,29-+.html" rel="tag"&gt;D&#233;cryptage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L150xH125/arton320-ab2d7.png&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='125' class='spip_logos' style='height:125px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Le 21 d&#233;cembre 2006, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris a confirm&#233; le renvoi de Gilbert Tordjemann devant la cour d'assises pour douze viols et trois agressions sexuelles sur quinze de ses anciennes patientes. Ma&#238;tre Jacques-Georges Bitoun, son avocat, s'interroge sur l'attitude de la presse qui n'a jamais dout&#233; de la culpabilit&#233; du sexologue.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; De l'hypnose au viol &#187;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt; [&lt;a href='#nb1-1' class='spip_note' rel='footnote' title='France Soir, 16 mars 2002.' id='nh1-1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;, &#171; La chute du pape de la sexologie &#187;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt; [&lt;a href='#nb1-2' class='spip_note' rel='footnote' title='Le Point, 9 ao&#251;t 2002.' id='nh1-2'&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;, &#171; Tordjemann savait choisir ses proies parmi les plus faibles &#187;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt; [&lt;a href='#nb1-3' class='spip_note' rel='footnote' title='Lib&#233;ration, 12 janvier 2004.' id='nh1-3'&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;... Tous les articles parus depuis d&#233;cembre 2000 sont accablants pour le sexologue. Mais, pour vous, le pire n'est pas que les journalistes se soient prononc&#233;s avant la justice. Ce que vous ne comprenez pas, c'est que personne n'ait r&#233;ellement enqu&#234;t&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans cette affaire, des journalistes ont choisi de se limiter &#224; quelques arguments des parties civiles, pour profiter d'un bout du scandale. Certains en ont fait un fonds de commerce. Tous ont amplifi&#233; les d&#233;clarations, n'employant le conditionnel que lorsque Gilbert Tordjemann parlait. Les d&#233;clarations, m&#234;me aberrantes, des plaignantes &#233;taient publi&#233;es sans aucune distance critique, sans aucune v&#233;rification. Je n'ai jamais lu le mot &#171; &lt;i&gt;doute&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Ce qui est grave, c'est moins la manipulation de la justice par la presse que celle de la presse par les parties civiles et les juges. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En outre, il y a eu appel &#224; la d&#233;lation : un journaliste du &lt;i&gt;Parisien&lt;/i&gt; a suscit&#233; des t&#233;moignages et s'est r&#233;joui que son &#171; &lt;i&gt;enqu&#234;te&lt;/i&gt; &#187; entra&#238;ne le d&#233;p&#244;t de six nouvelles plaintes. En d&#233;fendant les victimes pr&#233;tendues contre &#171; &lt;i&gt;une personne notoire et ayant autorit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, certains avaient le sentiment de faire une bonne action. Ils ont renvoy&#233; des &#171; &lt;i&gt;t&#233;moins&lt;/i&gt; &#187; vers l'Ancas, une association de victimes cr&#233;&#233;e par d'anciennes patientes de Gilbert Tordjemann&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt; [&lt;a href='#nb1-4' class='spip_note' rel='footnote' title='Ancas CPPS, association nationale de lutte contre les abus sexuels commis (...)' id='nh1-4'&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt; . L'association les redirigeait vers un policier z&#233;l&#233;, toujours le m&#234;me, qui les recevait longuement et les invitait &#224; d&#233;poser plainte. Il s'av&#232;re que, pour lui, un examen m&#233;dical du vagin est une p&#233;n&#233;tration, et une p&#233;n&#233;tration est un viol. Donc, tous les gyn&#233;cologues - et le docteur Tordjemann est gyn&#233;cologue et sexologue - sont des violeurs. Ce &#171; &lt;i&gt;d&#233;tail&lt;/i&gt; &#187; n'a troubl&#233; aucun des journalistes. Du moins ceux qui ont &#233;crit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les journalistes avaient-ils acc&#232;s &#224; toute l'information ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non, et c'est bien ce qui aurait d&#251; les inciter &#224; plus de prudence. Tous ont suivi les experts, aucun n'a remis les t&#233;moignages des patientes en question. Or, la plupart d'entre elles souffrent ou ont souffert de graves probl&#232;mes psychiques. Elles ont choisi de rendre Gilbert Tordjemann responsable d'une situation dans laquelle elles l'avaient investi du r&#244;le de p&#232;re et d'amant. Ce sont des manifestations typiques d'hyst&#233;rie, dans lesquelles r&#233;alit&#233; et fantasme sont confondus. Devant le refus de Gilbert Tordjemann de passer &#224; l'acte &#224; la fin de la th&#233;rapie, le &#171; &lt;i&gt;transfert n&#233;gatif&lt;/i&gt; &#187; les a incit&#233;es &#224; tuer le p&#232;re. Mais quel est le journaliste qui va relire Freud, Charcot ou Lacan pour comprendre ? Seul un psychanalyste peut comprendre que les pr&#233;tendues victimes ne racontent pas ce qui s'est pass&#233;, mais ce qu'elles croient avoir v&#233;cu. D'ailleurs, la plupart l'ont reconnu, souvent par &#233;crit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Selon les experts, les t&#233;moignages sont tous cr&#233;dibles. Vous contestez leurs conclusions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand on a demand&#233; aux experts de juger la cr&#233;dibilit&#233; des personnes, on leur a dit que les faits &#233;taient &#233;tablis, avant m&#234;me que Gilbert Tordjemann n'ait &#233;t&#233; entendu. La cr&#233;dibilit&#233; des gens qui d&#233;posent une plainte pour viol, comme celle des enfants et des adultes dans Outreau, c'est l'assurance de la v&#233;racit&#233; de leurs dires. Elles sont cr&#233;dibles, donc leurs d&#233;clarations sont vraies. Ce caract&#232;re simpliste, arbitraire, rudimentaire des conclusions des experts d&#233;sign&#233;s pla&#238;t &#224; la presse, qui conclut : &#171; &lt;i&gt;Tordjemann aura bien du mal &#224; r&#233;pondre, puisque les plaignantes sont toutes cr&#233;dibles.&lt;/i&gt; &#187; Comme dans Outreau. Pourtant, la chancellerie a interdit aux experts de poser la question de la cr&#233;dibilit&#233;. La Cour europ&#233;enne des droits de l'homme a m&#234;me condamn&#233; la France pour de tels errements. Que fait la presse ? Elle persiste et signe.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Je le reconnais, Gilbert Tordjemann a eu tort de respecter le secret m&#233;dical et de respecter le secret de l'instruction. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;N'appartient-il pas au docteur Tordjemann de dire : nous sommes dans une situation d'hyst&#233;rie collective, quitte &#224; rompre le secret m&#233;dical ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; l'&#233;vidence, le seul moyen de cr&#233;er un v&#233;ritable &#233;quilibre, ce serait qu'il raconte cas par cas les maladies physiques et mentales de ses patientes. Qu'il remette aux journalistes les lettres qu'elles lui ont &#233;crites, dans lesquelles elles d&#233;crivaient leurs fantasmes ou sollicitaient un passage &#224; l'acte. Celles que ni le juge d'instruction ni la chambre de l'instruction n'ont voulu lire et qu'on cherchera vainement dans les actes d'accusation. Mais Gilbert Tordjemann n'a jamais voulu parler de cela. Lors du proc&#232;s &#224; l'ordre, c'est lui qui a demand&#233; le huis clos. Il se sentait tenu par le secret m&#233;dical et ne pouvait r&#233;pondre que par le caract&#232;re anatomique, physiologique de ses examens. &#192; partir du moment o&#249; il refusait de r&#233;pondre sur le mode croustillant, il n'&#233;tait plus entendu par les journalistes. En dehors de celui de Marie-Claire, tous les articles sont tristement racoleurs et partisans parce que Tordjemann ne r&#233;pond pas. Il ne dit pas aux journalistes ce qu'ils voudraient entendre pour vendre du papier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'&#233;tait peut-&#234;tre &#224; vous de faire certaines r&#233;v&#233;lations...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je le reconnais, Gilbert Tordjemann a eu tort de respecter le secret m&#233;dical et de respecter le secret de l'instruction. Quant &#224; moi, on me reproche de faire mon m&#233;tier en respectant les textes, les gens, mon client, son m&#233;tier, ses patientes. Il va falloir pourtant que la v&#233;rit&#233; &#233;clate. Car si la presse a rendu la justice &#224; la place des juges, c'est que ces derniers n'ont pas fait leur travail. Une des femmes a &#233;crit &#224; Gilbert Tordjemann apr&#232;s la th&#233;rapie : &#171; &lt;i&gt;Maintenant, je ne suis plus votre patiente, j'ai lu l'ouvrage que vous m'avez demand&#233; de lire sur le transfert, je suis all&#233;e voir un psychanalyste selon votre demande, nous sommes deux adultes consentants et nous pouvons passer &#224; l'acte, soit dans votre cabinet, soit &#224; l'h&#244;tel.&lt;/i&gt; &#187; C'est sur plainte de cette patiente, chef de file de l'Ancas, que Gilbert Tordjemann est poursuivi pour viol !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Estimez-vous que les magistrats sont influenc&#233;s par ce qu'ils lisent dans les journaux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure qu'avance le dossier, on constate qu'il n'existe plus aucune preuve. Restent les d&#233;clarations des plaignantes qui sont d&#233;lirantes. De quarante plaintes pour viol, le juge d'instruction arrive &#224; sept accusations, dont cinq pour p&#233;n&#233;tration digitale par surprise lors du premier examen. L'acte d'accusation devient ridicule. Alors, la chambre de l'instruction va tenter de sauver la justice du ridicule. Elle tra&#238;ne Gilbert Tordjemann aux assises, car il n'est plus question de rendre des non-lieux complets apr&#232;s la condamnation de la presse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;In fine&lt;/i&gt;, le mal caus&#233; par la presse &#224; la pr&#233;somption d'innocence et &#224; Gilbert Tordjemann, dont elle a fait un coupable avant qu'il ne soit jug&#233;, est d&#233;risoire &#224; c&#244;t&#233; du mal que causent les dysfonctionnements de la Justice. Dans cette affaire, moi qui ne suis pas p&#233;naliste, je suis effar&#233;, c'est pire qu'Outreau, car c'est apr&#232;s Outreau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous souhaiteriez que le dossier soit communiqu&#233; &#224; la presse ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les dossiers devraient &#234;tre communiqu&#233;s &#224; tout journaliste qui le demande. Toutes les instructions, toutes les auditions par les policiers devraient &#234;tre film&#233;es. Avec toutes les d&#233;rives qui peuvent s'ensuivre. Au moins, on pourrait revenir sur ce qui a &#233;t&#233; dit, noter les contradictions. Sinon le secret de l'instruction devrait &#234;tre total et pour tous. En m&#234;me temps, je comprends bien que si l'on donne &#224; la presse tous les moyens d'enqu&#234;ter, la justice n'aura plus de raison d'&#234;tre en dehors de la sanction. Il suffirait d'une conf&#233;rence de presse des parties. On en voit ici les limites. Dans &#171; Le Gardien des promesses &#187;, Antoine Garapon&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt; [&lt;a href='#nb1-5' class='spip_note' rel='footnote' title='Odile Jacob, Paris, 1996. Antoine Garapon est magistrat et secr&#233;taire (...)' id='nh1-5'&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt; &#233;crit : &#171; &lt;i&gt;Tout se joue avec la mise au pilori des suspects par le juge d'instruction et les m&#233;dias. Tout est public dans les pires conditions qui soient, puisque c'est finalement la presse qui dit qui est coupable et qui est innocent. Et ce n'est &#233;videmment pas son m&#233;tier.&lt;/i&gt; &#187; Ce qui est grave, dans cette affaire, c'est moins la manipulation de la justice par la presse que la manipulation de la presse par les parties civiles et les juges.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh1-1' id='nb1-1' class='spip_note' title='Notes 1-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;France Soir&lt;/i&gt;, 16 mars 2002.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh1-2' id='nb1-2' class='spip_note' title='Notes 1-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt;, 9 ao&#251;t 2002.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh1-3' id='nb1-3' class='spip_note' title='Notes 1-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 12 janvier 2004.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh1-4' id='nb1-4' class='spip_note' title='Notes 1-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;Ancas CPPS, association nationale de lutte contre les abus sexuels commis par des professionnels de la sant&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class='csfoo htmla'&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh1-5' id='nb1-5' class='spip_note' title='Notes 1-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;span class='csfoo htmlb'&gt;&lt;/span&gt;Odile Jacob, Paris, 1996. Antoine Garapon est magistrat et secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'Institut des hautes &#233;tudes sur la justice (IHEJ).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le portable au secours de la presse</title>
		<link>http://www.revue-medias.com/Le-portable-au-secours-de-la,318.html</link>
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		<dc:date>2007-03-20T14:31:02Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Nouveaux M&#233;dias</dc:subject>

		<description>Derni&#232;re coqueluche des m&#233;dias : le t&#233;l&#233;phone portable. De l'Asie &#224; l'Afrique, en passant par l'Europe, le mobile s'est peu &#224; peu introduit dans les r&#233;dactions. Petit tour d'horizon. Il y aurait environ deux milliards de t&#233;l&#233;phones portables dans le monde et nous devrions atteindre le milliard suppl&#233;mentaire d'ici &#224; 2010. Les pays en voie de d&#233;veloppement, notamment l'Asie et l'Afrique, sont principalement concern&#233;s. Pour les m&#233;dias, c'est un nouveau march&#233; qui s'ouvre. Et fait r&#234;ver. En Afrique du Sud, par (...)

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&lt;a href="http://www.revue-medias.com/+-nouveaux-medias,41-+.html" rel="tag"&gt;Nouveaux M&#233;dias&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;Derni&#232;re coqueluche des m&#233;dias : le t&#233;l&#233;phone portable. De l'Asie &#224; l'Afrique, en passant par l'Europe, le mobile s'est peu &#224; peu introduit dans les r&#233;dactions. Petit tour d'horizon.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y aurait environ deux milliards de t&#233;l&#233;phones portables dans le monde et nous devrions atteindre le milliard suppl&#233;mentaire d'ici &#224; 2010. Les pays en voie de d&#233;veloppement, notamment l'Asie et l'Afrique, sont principalement concern&#233;s. Pour les m&#233;dias, c'est un nouveau march&#233; qui s'ouvre. Et fait r&#234;ver. En Afrique du Sud, par exemple, on compte 23 millions de t&#233;l&#233;phones cellulaires pour 5,3 millions d'ordinateurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Du coup, le choix est &#233;vident. Juliette Saunders, r&#233;dactrice en chef du site web du quotidien sud-africain &lt;i&gt;The Times&lt;/i&gt;, explique : &#171; &lt;i&gt;C'est tr&#232;s important pour nous, le t&#233;l&#233;phone portable nous permet surtout de rester en contact avec nos lecteurs-consommateurs tout au long de la journ&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deuxi&#232;me quotidien au monde en termes de ventes avec 12 millions d'exemplaires par jour, l'&lt;i&gt;Asahi Shimbun&lt;/i&gt; a su saisir le cr&#233;neau. &#171; &lt;i&gt;Les Japonais lisent le journal papier le matin et consultent les news sur Internet au bureau ou le soir. Le t&#233;l&#233;phone portable couvre les blancs, c'est-&#224;-dire les autres cr&#233;neaux horaires de la journ&#233;e pendant lesquels nous ne pourrions pas atteindre nos lecteurs&lt;/i&gt; &#187;, analyse Takashi Ishioka, responsable de l'&#233;quipe des projets num&#233;riques de l'&lt;i&gt;Asahi&lt;/i&gt;. Avec 265 millions d'utilisateurs en Chine, 76 millions en Inde, 77 millions au Japon, l'Asie est le continent id&#233;al pour cette strat&#233;gie, car elle poss&#232;de le plus grand march&#233; de t&#233;l&#233;phonie mobile au monde. 75 % des Japonais ont un cellulaire, dont une majeure partie de 3G (troisi&#232;me g&#233;n&#233;ration), capables d'envoyer et de recevoir de la vid&#233;o. &#171; &lt;i&gt;Nous avons d&#233;cid&#233; d'utiliser le t&#233;l&#233;phone portable afin de capter un nouveau public&lt;/i&gt; &#187;, confie M. Ishioka. Pari r&#233;ussi puisque l'&lt;i&gt;Asahi Shimbun&lt;/i&gt; a s&#233;duit un million d'abonn&#233;s pour le mobile, un record pour ce type d'information.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; La T&#233;l&#233;vision suisse romande vient de lancer un &quot;journal de 100 secondes&quot; sp&#233;cialement adapt&#233; aux t&#233;l&#233;phones portables. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Serait-ce l'une des solutions pour enrayer le recul croissant de la presse &#233;crite dans le monde ? Takashi Ishioka le pense et se r&#233;jouit, &#171; &lt;i&gt;gr&#226;ce &#224; la t&#233;l&#233;phonie mobile&lt;/i&gt; &#187;, d'avoir &#171; &lt;i&gt;obtenu 21 000 abonn&#233;s papier suppl&#233;mentaires&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;La strat&#233;gie multicanaux est importante,&lt;/i&gt; affirme-t-il. &lt;i&gt;Elle permet d'atteindre les jeunes g&#233;n&#233;rations que le papier concerne moins.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Carl Rohde, chercheur hollandais responsable d'une &#233;tude sur le comportement des jeunes face &#224; la presse et &#224; ses diff&#233;rents supports, en est &#233;galement convaincu. &#171; &lt;i&gt;Ils veulent se sentir connect&#233;s 24 heures sur 24 &#224; leurs amis. Leur &#8220;chez-soi&#8221;, ce n'est plus la maison familiale, mais leurs amis qu'ils veulent pouvoir joindre &#224; n'importe quel moment. Si les journaux ne comprennent pas &#231;a, ils sont perdus.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Europe, l'id&#233;e suit son cours. Alors que les pays du Nord se penchent s&#233;rieusement sur la question, que les Italiens semblent tout dispos&#233;s &#224; accueillir ce nouveau support et que 40 % des journaux de la PQR allemande se sont lanc&#233;s sur la diffusion de contenu r&#233;dactionnel pour t&#233;l&#233;phones portables, la T&#233;l&#233;vision suisse romande (&lt;i&gt;TSR&lt;/i&gt;) vient de lancer un &#171; Journal de 100 secondes &#187;, avec pr&#233;sentateur, sp&#233;cialement adapt&#233; aux t&#233;l&#233;phones portables. Une premi&#232;re en Europe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La Grande-Bretagne, quant &#224; elle, n'est pas aussi &#224; la pointe qu'elle le souhaiterait. Chez &lt;i&gt;ITN&lt;/i&gt;, les journalistes se sont adapt&#233;s, cr&#233;ant d&#232;s 2003, lorsque les 3G ont fait leur apparition au Royaume-Uni, &lt;i&gt;ITN On,&lt;/i&gt; un service diffusant de l'information adapt&#233;e au format des mobiles. &#171; &lt;i&gt;En trois ans, ce service est pass&#233; de six &#224; trente-cinq journalistes&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise Nicholas Wheeler, PDG de &lt;i&gt;ITN On&lt;/i&gt;. M&#234;me le &lt;i&gt;Sun&lt;/i&gt; s'y est mis en rendant disponible sur les appareils mobiles la photo de sa tr&#232;s populaire pin-up de page centrale. &#171; &lt;i&gt;Le t&#233;l&#233;phone portable va devenir le moyen de se procurer r&#233;guli&#232;rement de l'information&lt;/i&gt; &#187;, conclut Pete Clifton, responsable de &lt;i&gt;BBC&lt;/i&gt; News interactive, qui a cr&#233;&#233; il y a cinq ans un service pour t&#233;l&#233;phones portables, lequel cro&#238;t de 100 % par an.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Seul b&#233;mol &#224; ce d&#233;veloppement, les rapports houleux avec les op&#233;rateurs de t&#233;l&#233;phonie mobile qui, &#171; &lt;i&gt;tr&#232;s fragment&#233;s et poss&#233;dant le contr&#244;le&lt;/i&gt; &#187;, sont assez peu enclins &#224; trouver un terrain d'entente avec les diffuseurs de contenu. Directeur du d&#233;veloppement du Syndicat de la presse quotidienne r&#233;gionale (SPQR), Jean-Fr&#233;d&#233;ric Farny fait en France le m&#234;me constat. &#171; &lt;i&gt;Les op&#233;rateurs ne nous laissent pas une marge suffisante,&lt;/i&gt; d&#233;plore-t-il. &lt;i&gt;Tant qu'il n'y aura pas de partage &#233;quitable entre eux et les fournisseurs de contenu, l'effort d'investissement sera disproportionn&#233; par rapport &#224; sa rentabilit&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;App&#226;t&#233;e par les 48 millions de clients de la t&#233;l&#233;phonie mobile que comporte la France, la presse nationale trouve le concept &#171; &lt;i&gt;s&#233;duisant&lt;/i&gt; &#187;. Mais le manque d'impact des 3G ainsi que l'aspect &#233;conomique du concept freinent les progr&#232;s. &#171; &lt;i&gt;Nous avons d&#233;j&#224; test&#233; le principe avec de la vid&#233;o et de l'audio, notamment &#224; l'occasion du festival de Cannes pour &lt;i&gt;Studio Magazine&lt;/i&gt; &lt;/i&gt; &#187;, raconte Corinne Denis, directrice des &#233;ditions num&#233;riques du groupe &lt;i&gt;L'Express - L'Expansion&lt;/i&gt;, qui reconna&#238;t avoir &#171; &lt;i&gt;des projets mais rien de d&#233;termin&#233;&lt;/i&gt; &#187;. &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; diffuse bien des articles class&#233;s par s&#233;quence ou le dessin de une mais admet &#171; &lt;i&gt;ne pas avoir d'id&#233;e pr&#233;cise pour le moment&lt;/i&gt; &#187;. Selon la direction de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, &#171; &lt;i&gt;on ne peut pas ne pas penser &#224; &#231;a. L'int&#233;r&#234;t est &#233;vident. Mais c'est une question de choix et nous avons d'autres priorit&#233;s actuellement.&lt;/i&gt; &#187; L'int&#233;r&#234;t le plus marqu&#233; vient de la PQR fran&#231;aise dont le syndicat a cr&#233;&#233; un groupe de travail sur la t&#233;l&#233;phonie mobile d&#232;s 2004. &#171; &lt;i&gt;On a tent&#233; diff&#233;rentes exp&#233;riences, notamment au moment de la Coupe du monde de football. Certaines n'ont pas abouti, d'autres ont &#233;t&#233; plus concluantes&lt;/i&gt; &#187;, explique Jean-Yves Chalm, directeur d&#233;l&#233;gu&#233; du T&#233;l&#233;gramme de Brest et responsable de ce groupe de travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La PQR n'a pas l'intention d'abandonner le terrain. Au contraire. Craint-elle de voir les autres supports dispara&#238;tre au profit de la t&#233;l&#233;phonie mobile ? Non. &#171; &lt;i&gt;La presse papier ne va pas dispara&#238;tre mais la diffusion sur les t&#233;l&#233;phones portables va continuer &#224; augmenter.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Jusqu'&#224; ce que les m&#233;dias d&#233;nichent un nouveau gadget qu'il leur faudra apprendre &#224; domestiquer. &#171; &lt;i&gt;Il semble qu'il y ait une d&#233;couverte tous les dix ans&lt;/i&gt; &#187;, conclut Jeffrey Gralnick, sp&#233;cialiste des nouvelles technologies m&#233;diatiques et professeur de journalisme &#224; l'universit&#233; de Columbia. &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui le t&#233;l&#233;phone portable est ce que nous avons de plus passionnant et je ne sais pas quelle sera la prochaine trouvaille. Mais je suis tr&#232;s excit&#233; &#224; l'id&#233;e de ce que l'avenir nous r&#233;serve.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> la censure d'un commun accord </title>
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		<dc:subject>D&#233;cryptage</dc:subject>

		<description>1948 : Naissance d'Isra&#235;l. Le nouvel Etat h&#233;breu h&#233;rite une partie de sa l&#233;gislation de l'ancien mandat britannique. Parmi ces textes figure une loi sur la presse (1945) qui instituait une censure pr&#233;alable aux publications. Pr&#232;s de soixante ans plus tard, elle existe toujours. Partout dans le monde, le recours &#224; cette pratique soul&#232;verait une immense vague de protestations. Pas en Isra&#235;l. Ni les journalistes ni les d&#233;fenseurs des droits de l'homme ne semblent la remettre en cause. Son intitul&#233; m&#234;me - (...)

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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L150xH145/arton319-2738c.png&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='145' class='spip_logos' style='height:145px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;1948 : Naissance d'Isra&#235;l. Le nouvel Etat h&#233;breu h&#233;rite une partie de sa l&#233;gislation de l'ancien mandat britannique. Parmi ces textes figure une loi sur la presse (1945) qui instituait une censure pr&#233;alable aux publications. Pr&#232;s de soixante ans plus tard, elle existe toujours.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Partout dans le monde, le recours &#224; cette pratique soul&#232;verait une immense vague de protestations. Pas en Isra&#235;l. Ni les journalistes ni les d&#233;fenseurs des droits de l'homme ne semblent la remettre en cause. Son intitul&#233; m&#234;me - &#171; &lt;i&gt;censure militaire&lt;/i&gt; &#187; - ne choque pas. &#171; &lt;i&gt;Ici, nous appelons un chat, un chat&lt;/i&gt; &#187;, explique Amos Shapira, professeur de droit &#224; Tel-Aviv, &#233;galement membre du Conseil de la presse isra&#233;lienne.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; La liste des informations soumises &#224; la censure comporte 41 points, touchant &#224; la s&#233;curit&#233; militaire et au nucl&#233;aire, mais aussi &#224; l'immigration des Juifs en provenance des pays arabes. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Chaque ann&#233;e, l'arm&#233;e &#233;tablit, en concertation avec les grands m&#233;dias isra&#233;liens, une liste de sujets qui doivent passer entre les mains de la censure. Cet &#171; &lt;i&gt;accord de coop&#233;ration&lt;/i&gt; &#187; entre militaires et patrons de presse a &#233;t&#233; mis en place par David Ben Gourion lui-m&#234;me. &#171; &lt;i&gt;Il s'agit d'un compromis entre la libert&#233; de la presse et la s&#233;curit&#233;. Il ne faut pas oublier que nous sommes en guerre&lt;/i&gt; &#187;, indique le g&#233;n&#233;ral Sima Vaknine, une femme d'une cinquantaine d'ann&#233;es aux cheveux noirs tr&#232;s courts, responsable de la censure militaire depuis 2005.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1948, la liste des informations soumises &#224; la censure comportait 61 points. Elle concernait tout aussi bien la critique des autorit&#233;s militaires que les rumeurs ou tout ce qui portait atteinte au &#171; &lt;i&gt;moral des troupes&lt;/i&gt; &#187;. Aujourd'hui, elle en compte 41, touchant &#224; la s&#233;curit&#233; militaire et au nucl&#233;aire, mais aussi &#224; l'immigration des Juifs en provenance de pays arabes. Selon les militaires, les opinions et les critiques exprim&#233;es par la presse ne sont jamais censur&#233;es. Le contr&#244;le vise uniquement des faits pr&#233;cis, par exemple la localisation exacte des impacts de roquettes tir&#233;es depuis la bande de Gaza.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Lorsqu'un journaliste r&#233;dige un article sur l'un de ces sujets, il doit le soumettre aux militaires. Chaque jour, les trois grands quotidiens isra&#233;liens - &lt;i&gt;Yedioth Ahronoth, Maariv&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Haaretz&lt;/i&gt; - envoient entre 40 et 50 informations diff&#233;rentes (reportages, analyses, interviews, l&#233;gendes de photographies, infographie, etc.) au bureau de la censure.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 2005, environ 15 000 articles ont &#233;t&#233; examin&#233;s par les censeurs de l'arm&#233;e. Seulement deux ont &#233;t&#233; rejet&#233;s. &#171; &lt;i&gt;En g&#233;n&#233;ral, 10 % de ces articles sont retouch&#233;s, tr&#232;s l&#233;g&#232;rement. Un mot peut &#234;tre supprim&#233; ou modifi&#233;,&lt;/i&gt; pr&#233;cise le g&#233;n&#233;ral Vaknine. &lt;i&gt;Pendant la guerre du Liban, nous avons re&#231;u environ 6 000 articles, dont moins de 15 % ont &#233;t&#233; modifi&#233;s et 5 % interdits de publication, surtout parce qu'ils concernaient l'enl&#232;vement de soldats isra&#233;liens. Nous avons &#233;galement eu un probl&#232;me, une seule fois, avec une &#233;quipe de la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision &lt;i&gt;Al Hurra&lt;/i&gt; qui diffusait en direct des images des pertes isra&#233;liennes et des mouvements de troupes. Nous avons demand&#233; &#224; ce m&#233;dia de se retirer. Il l'a fait sans aucune difficult&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le grand d&#233;fi de demain pour les censeurs concerne Internet. &#171; &lt;i&gt;Tout le monde est reporter aujourd'hui. Notre plus grand probl&#232;me, c'est l'information d&#233;livr&#233;e en temps r&#233;el par les sites Internet&lt;/i&gt; &#187;, explique un cadre du bureau de la censure.
&#171; &lt;i&gt;Les d&#233;saccords entre les censeurs et les journalistes sont quotidiens&lt;/i&gt; &#187;, reconna&#238;t Sima Vaknine. Chaque fois, le g&#233;n&#233;ral prend son t&#233;l&#233;phone pour discuter avec le r&#233;dacteur en chef concern&#233;. &#171; &lt;i&gt;Si nous ne tombons pas d'accord, ce qui est rare, il y a la possibilit&#233; d'aller devant un tribunal de la censure, qui comprend un repr&#233;sentant de l'arm&#233;e, un journaliste et un magistrat. Ce tribunal tranche et je n'ai pas mon mot &#224; dire sur sa d&#233;cision&lt;/i&gt; &#187;, indique-t-elle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Peu de journalistes se plaignent de cette censure. &#171; &lt;i&gt;Chaque reporter en Isra&#235;l a fait partie de l'arm&#233;e et a quelqu'un de sa famille dans l'arm&#233;e. Ils comprennent bien les questions de s&#233;curit&#233;. La presse isra&#233;lienne est tr&#232;s critique, mais tr&#232;s responsable&lt;/i&gt; &#187;, affirme le g&#233;n&#233;ral Vaknine. La population ne semble pas davantage hostile &#224; la censure. Pendant la r&#233;cente guerre au Liban, beaucoup d'Isra&#233;liens se sont m&#234;me plaints du manque de contr&#244;le de la presse par l'arm&#233;e. De nombreux lecteurs ou t&#233;l&#233;spectateurs ont demand&#233; aux m&#233;dias de ne pas montrer autant d'images des affrontements. Selon eux, ces reportages emp&#234;chaient Tsahal d'effectuer correctement sa mission et risquaient de d&#233;moraliser les soldats.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les autorit&#233;s isra&#233;liennes ont toujours fait preuve d'une r&#233;elle prudence &#224; l'endroit des m&#233;dias. Si le pays s'est dot&#233;, d&#232;s 1948, d'une radio, il a fallu attendre 1966 pour d&#233;couvrir les programmes de la premi&#232;re cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision. Aujourd'hui, la prudence reste de mise, comme le rappelle le vice-ministre de la D&#233;fense, Ephra&#239;m Sneh, qui aime reprendre &#224; son compte la phrase prononc&#233;e, plusieurs ann&#233;es auparavant, par Shimon Peres : &#171; &lt;i&gt;La presse a rendu la dictature impossible, mais la d&#233;mocratie insupportable&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les nouveaux censeurs</title>
		<link>http://www.revue-medias.com/Les-nouveaux-censeurs,316.html</link>
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		<dc:subject>D&#233;cryptage</dc:subject>

		<description>Le conformisme serait-il en passe d'assassiner la libert&#233; d'expression ? Robert Redeker, qui a ch&#232;rement pay&#233; son refus de s'y plier, plaide ici pour le droit de d&#233;ranger. Y compris cette &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187;, aujourd'hui par&#233;e de toutes vertus... Pendant des si&#232;cles, la libert&#233; d'expression fut b&#226;illonn&#233;e par des &#201;tats, des institutions, des &#201;glises. En France, durant les p&#233;riodes les plus sombres de l'Ancien R&#233;gime, l'&#201;glise et l'&#201;tat se donnaient la main pour &#233;touffer toute vell&#233;it&#233; d'expression &#233;mancip&#233;e des (...)

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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton316-f3abd.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='113' class='spip_logos' style='height:113px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Le conformisme serait-il en passe d'assassiner la libert&#233; d'expression ? Robert Redeker, qui a ch&#232;rement pay&#233; son refus de s'y plier, plaide ici pour le droit de d&#233;ranger. Y compris cette &#171; &lt;i&gt;soci&#233;t&#233; civile&lt;/i&gt; &#187;, aujourd'hui par&#233;e de toutes vertus...&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pendant des si&#232;cles, la libert&#233; d'expression fut b&#226;illonn&#233;e par des &#201;tats, des institutions, des &#201;glises. En France, durant les p&#233;riodes les plus sombres de l'Ancien R&#233;gime, l'&#201;glise et l'&#201;tat se donnaient la main pour &#233;touffer toute vell&#233;it&#233; d'expression &#233;mancip&#233;e des dogmes. Au xviie si&#232;cle, Descartes se sentit contraint de ne point rendre publique son approbation des id&#233;es de Galil&#233;e. En plein xviiie si&#232;cle, le chevalier de La Barre fut ex&#233;cut&#233; pour crime d'impi&#233;t&#233; : il n'avait pas salu&#233; le passage d'une procession. Les totalitarismes du xxe si&#232;cle - fascismes, nazisme, communismes - ont pouss&#233; la guerre contre la libert&#233; d'expression jusqu'&#224; un point encore jamais atteint.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est au moyen de la lutte contre les formes &#233;tatiques et cl&#233;ricalo-&#233;tatiques d'oppression que la libert&#233; d'expression est parvenue &#224; s'installer dans l'histoire. La probl&#233;matique est-elle la m&#234;me aujourd'hui que du temps de Voltaire, ou du temps de la s&#233;paration de l'&#201;glise et de l'&#201;tat ? En nous r&#233;f&#233;rant exclusivement &#224; cette histoire, ne courons-nous pas le risque de nous rendre aveugles &#224; certaines mutations des offensives contre la libert&#233; d'expression ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De l'histoire est n&#233;e une propension &#224; situer les obstacles &#224; la libert&#233; d'expression uniquement du c&#244;t&#233; des pouvoirs institu&#233;s. Or, en ce d&#233;but de xxie si&#232;cle, le probl&#232;me se pose en des termes nouveaux. Alors que cette libert&#233; a &#233;t&#233; inscrite dans le droit par de nombreux &#201;tats, des mouvements &#224; l'&#339;uvre dans la soci&#233;t&#233; civile r&#233;clament sa limitation. Un pr&#233;jug&#233; tient ces associations pour des contre-pouvoirs. La m&#233;fiance - si ce n'est la haine - de la culture contemporaine &#224; l'&#233;gard des pouvoirs de forme classique conduit &#224; valoriser, encenser, v&#233;n&#233;rer tout suppos&#233; contre-pouvoir. Jamais on n'envisage que celui-ci pourrait se montrer oppressif. Jamais on n'envisage qu'il pourrait dresser des barricades pour s'opposer aux libert&#233;s. On oublie ainsi que la loi est &#233;galement faite pour lib&#233;rer les hommes de la pression sociale. Pourtant, les poursuites engag&#233;es - qui, fort heureusement, se sont r&#233;v&#233;l&#233;es vaines - contre le grand livre de l'historien Olivier P&#233;tr&#233;-Grenouilleau, &#171; Les Traites n&#233;gri&#232;res &#187;, proviennent de semblables associations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une nouvelle forme de conformisme surgit. Autrefois oppress&#233;e, la soci&#233;t&#233; menace de devenir oppressive. D'&#233;mancipatrice qu'elle &#233;tait au si&#232;cle des Lumi&#232;res - en arrachant des libert&#233;s &#224; l'&#201;tat -, la soci&#233;t&#233;, &#233;clat&#233;e en associations, communaut&#233;s, groupes, lobbys, se r&#233;v&#232;le d&#233;sormais dangereuse pour ces m&#234;mes libert&#233;s. Ainsi le blasph&#232;me, l'&#233;loge de la tabagie et l'islamophobie pourraient, sous la pression d'associations, devenir prochainement des d&#233;lits. Les associations qui placent en leur c&#339;ur l'identit&#233;, le respect et la reconnaissance se battent, parfois &#224; leur insu, pour une limitation de la libert&#233;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; La libert&#233; de d&#233;ranger suppose la capacit&#233; de se laisser d&#233;ranger. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La libert&#233; d'expression implique le droit de d&#233;ranger les associations, les corporations, les communaut&#233;s, les &#201;tats et les personnes. Mieux, la libert&#233; d'expression s'accompagne du devoir de d&#233;ranger. Or, la croyance contraire s'est r&#233;pandue : la libert&#233; d'expression se ram&#232;nerait au droit de dire et d'&#233;crire des choses qui ne d&#233;rangent, ne choquent, ni ne blessent personne. Elle ne se con&#231;oit que sur mode soft. De nombreuses associations - celles qui s'en sont prises &#224; Charlie Hebdo, par exemple - voient dans la libert&#233; d'expression le droit de dire ce qui ne les d&#233;range pas. Il est recommand&#233; - par l'id&#233;ologie ambiante, l'air du temps - de ne point s'en servir jusqu'au bout. Sur un site Internet, un professeur de philosophie a parfaitement condens&#233; cette timidit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Robert Redeker a abus&#233; de la libert&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Adh&#233;rer &#224; cette formule, c'est postuler que la libert&#233; d'expression doit demeurer une libert&#233; simplement formelle, mus&#233;ifi&#233;e, ne bousculant rien ni personne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La libert&#233; de d&#233;ranger - &#233;pine dorsale de la libert&#233; d'expression - suppose la capacit&#233; de se laisser d&#233;ranger. D&#233;finissons la tol&#233;rance comme &#233;tant cette capacit&#233;. Est tol&#233;rant l'homme, le groupe, la th&#233;orie, qui se laisse d&#233;ranger. Comme une pi&#232;ce de monnaie, la libert&#233; d'expression a deux faces solidaires : d'un c&#244;t&#233;, elle &#233;l&#232;ve le d&#233;rangement au rang de devoir, quand, de l'autre, elle exalte la tol&#233;rance, l'accueil du d&#233;rangement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Polemos - le conflit - est le v&#233;ritable p&#232;re de la d&#233;mocratie. La d&#233;mocratie repose sur la reconnaissance du conflit comme fondateur. La d&#233;mocratie suppose la permanence et la n&#233;cessit&#233; de la division conflictuelle. Rien de plus paradoxal que la d&#233;mocratie : en elle, ce sont les conflits qui tissent le lien politique. Un r&#233;gime d&#233;mocratique ne tient que parce qu'on s'y d&#233;chire publiquement. La libert&#233; d'expression est li&#233;e &#224; tous les conflits qui structurent la d&#233;mocratie, en particulier &#224; la guerre des id&#233;es. Elle est li&#233;e &#224; leur choc - au combat de titans, v&#233;ritable gigantomachie, que les id&#233;es se livrent. En d&#233;crivant sa plume comme une &#233;p&#233;e, Jean-Paul Sartre se situait au c&#339;ur de la politique d&#233;mocratique. Le parricide - assassiner Polemos au nom de la convivialit&#233; - reviendrait &#224; assassiner la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Appelons conformisme la disposition psycho-politique qui r&#233;cuse le conflit. Il travaille &#224; clore l'histoire de la libert&#233; d'expression. Qui sait si, sous la pression de ce conformisme, des associations n'auront pas r&#233;ussi &#224; faire de l'&#233;loge du tabac un d&#233;lit p&#233;nal ? Qui sait si d'autres n'auront pas r&#233;ussi &#224; transformer en d&#233;lit de racisme le rappel de la traite musulmane des Noirs ? Ou en n&#233;gationnisme l'insertion de cette traite dans un cadre plus large ? Qui sait si signaler les aspects positifs de la colonisation ne sera pas demain un d&#233;lit ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Masquant des int&#233;r&#234;ts partiels et des points de vue &#233;go&#239;stes sous un oc&#233;an de bons sentiments, le conformisme r&#233;duit comme peau de chagrin la libert&#233; d'expression. Ce n'est plus un conformisme de classe, &#224; l'instar du conformisme bourgeois de jadis, ce n'est plus un conformisme politique, impos&#233; d'en haut, c'est un conformisme soci&#233;tal. Disons soci&#233;tal plut&#244;t que social : c'est une nouvelle idol&#226;trie de la soci&#233;t&#233;, et non du social, qui alimente ce conformisme. Celui-ci rend compte aussi bien de la l&#226;chet&#233; des institutions d&#233;mocratiques que de la sid&#233;rante couardise du personnel politique europ&#233;en dans des affaires comme celle des caricatures de Mahomet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans de nombreux pays - outre les pays officiellement musulmans, Cuba, la Chine, pour ne citer qu'eux - l'ancien mod&#232;le d'une libert&#233; d'expression pourchass&#233;e et r&#233;prim&#233;e par l'&#201;tat continue de faire peser sa chape de plomb. On emprisonne, on torture, on mutile, on assassine et l'on ex&#233;cute pour d&#233;lit d'opinion. Dans certains pays occidentaux - tout particuli&#232;rement en France - c'est le morcellement de la soci&#233;t&#233; en communaut&#233;s se pensant toutes comme une fin en soi qui fait le lit des censeurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La libert&#233; d'expression est remise en cause, menac&#233;e au nom du vivre-ensemble. La d&#233;mocratie se caract&#233;risant par la coexistence conflictuelle, le n&#233;oconformisme dessine les traits d'une &#232;re post-d&#233;mocratique. Le mot d'ordre des d&#233;fenseurs de la libert&#233; devra d&#233;sormais &#234;tre : ne laissons pas le conformisme assassiner Polemos, sous pr&#233;texte d'organiser la convivialit&#233; entre les communaut&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_383 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/png/CouvLivreRedeker.png&quot; title='&quot;Il faut tenter de vivre&quot;, Seuil, janvier 2007' type=&quot;image/png&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L223xH324/CouvLivreRedeker-1dbb4-79908.png' width='223' height='324' alt='&quot;Il faut tenter de vivre&quot;, Seuil, janvier 2007' style='height:324px;width:223px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-383 spip_doc_titre' style='width:223px;'&gt;&lt;strong&gt;&quot;Il faut tenter de vivre&quot;, Seuil, janvier 2007&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Robert Redeker est membre du comit&#233; de r&#233;daction des &lt;i&gt;Temps Modernes&lt;/i&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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