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	<title>Revue M&#233;dias</title>
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	<description>M&#233;dias d&#233;crypte l'information, donne la parole &#224; ceux qui ne l'ont pas, combat le politiquement correct, la bien-pensance et toutes les formes de connivence. Parce que sans libert&#233; d'expression, sans presse ind&#233;pendante, pas de v&#233;ritable d&#233;mocratie.</description>
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		<title>Revue M&#233;dias</title>
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		<title>Max Gallo. Diriger l'information ? Un fantasme</title>
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		<dc:date>2008-07-22T13:58:03Z</dc:date>
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		<dc:subject>Grand entretien</dc:subject>
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		<dc:subject>Voir la vid&#233;o</dc:subject>

		<description>2 500 pages par an : Max Gallo est un boulimique de l'&#233;criture. Et un avide consommateur de m&#233;dias. Historien, romancier, journaliste, chroniqueur, responsable politique, il a &#233;t&#233; &#233;lu r&#233;cemment &#224; l'Acad&#233;mie fran&#231;aise. Mais son credo, c'est d'abord l'anticonformisme. De Mitterrand &#224; Sarkozy, le chemin est atypique et irrite les inconditionnels du clivage droite-gauche. &#202;tes-vous, comme l'affirmait r&#233;cemment Marianne, &#171; un intellectuel organique du sarkozisme &#187;. &#171; Il n'est plus libre, Max ? &#187; comme le titrait (...)

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&lt;a href="http://www.revue-medias.com/-no15,35-.html" rel="directory"&gt;n&#176;15&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.revue-medias.com/+-Grand-entretien,38-+.html" rel="tag"&gt;Grand entretien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.revue-medias.com/+-gallo,117-+.html" rel="tag"&gt;Gallo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.revue-medias.com/+-video-a-l-interieur,196-+.html" rel="tag"&gt;Voir la vid&#233;o&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L107xH150/arton425-bf2a4.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='107' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:107px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;2 500 pages par an : Max Gallo est un boulimique de l'&#233;criture. Et un avide consommateur de m&#233;dias. Historien, romancier, journaliste, chroniqueur, responsable politique, il a &#233;t&#233; &#233;lu r&#233;cemment &#224; l'Acad&#233;mie fran&#231;aise. Mais son credo, c'est d'abord l'anticonformisme. De Mitterrand &#224; Sarkozy, le chemin est atypique et irrite les inconditionnels du clivage droite-gauche.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#202;tes-vous, comme l'affirmait r&#233;cemment &lt;i&gt;Marianne&lt;/i&gt;, &#171; &lt;i&gt;un intellectuel organique du sarkozisme&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Il n'est plus libre, Max ?&lt;/i&gt; &#187; comme le titrait cet hebdo ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Commencer une interview &#224; partir d'un texte de Marianne, un support dont on peut consid&#233;rer qu'il est bien positionn&#233; commercialement, mais dont les articles - par exemple, sur la folie de Nicolas Sarkozy - montrent que l'objectivit&#233; n'est pas ce qui le caract&#233;rise, est plut&#244;t singulier. Je ne r&#233;pondrai donc pas &#224; cette question. Je suis pr&#234;t &#224; parler de fa&#231;on tr&#232;s pr&#233;cise, pas &#224; partir de cartes biseaut&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors, plus simplement, &#234;tes-vous devenu un intellectuel de droite ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non, je ne le crois pas. Droite ? Gauche ? J'essaie de me d&#233;terminer en conscience, librement, et ma position dans la campagne pr&#233;sidentielle a &#233;t&#233; toute simple. J'ai en effet choisi, entre deux candidats, celui qui m'est apparu le plus apte, dans la situation actuelle, &#224; tenter de sortir la France d'une crise nationale profonde. Dans le choix qui nous &#233;tait propos&#233; - rappelons qu'un choix politique est toujours un choix entre des possibles et non pas entre le bien et le mal -, il m'a paru que, pour la France, il valait mieux voter pour Nicolas Sarkozy, me d&#233;terminant uniquement sur la question de l'int&#233;r&#234;t national. Ma d&#233;termination aujourd'hui ne se fait pas en fonction de l'&#233;chiquier politique traditionnel, mais en fonction de ce que je crois &#234;tre le facteur de progr&#232;s, s'il peut y avoir progr&#232;s, et de l'int&#233;r&#234;t national.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment s'est effectu&#233; votre rapprochement avec Nicolas Sarkozy ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai publi&#233; un livre, en janvier 2006, intitul&#233; &#171; Fier d'&#234;tre fran&#231;ais &#187;, qui expliquait mon analyse de la situation historique de la France, celle d'une crise nationale de longue dur&#233;e. Nicolas Sarkozy a lu ce livre. Nous en avons discut&#233; et je lui ai fait part, d&#232;s janvier 2006, alors qu'il n'&#233;tait pas encore officiellement candidat, de l'&#233;norme courrier que j'avais re&#231;u, dans lequel se manifestait la souffrance des citoyens face &#224; une vision noire de l'histoire nationale. Ma conviction &#233;tait que la campagne pr&#233;sidentielle se jouerait autour de la question nationale. Pas simplement la question de l'identit&#233; nationale. Des deux candidats, il est clair que l'un l'a compris et l'a mis en &#339;uvre dans ses discours d&#232;s le mois de mai 2006, et tout au long de la campagne pr&#233;sidentielle. S&#233;gol&#232;ne Royal, de mani&#232;re maladroite, a couru derri&#232;re ce discours, mais s'est emp&#234;tr&#233;e dans un certain nombre de symboles : pour les socialistes - &#224; l'exception de Jean-Pierre Chev&#232;nement - il n'&#233;tait pas naturel de parler de la nation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour autant, Jean-Pierre Chev&#232;nement a soutenu S&#233;gol&#232;ne Royal et vous Nicolas Sarkozy. D'o&#249; vient cette divergence ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette divergence vient d'analyses diff&#233;rentes. Personnellement, je pensais qu'il n'y avait pas de possibilit&#233; - compte tenu de ses appuis, de son discours - que S&#233;gol&#232;ne Royal puisse r&#233;ellement r&#233;pondre &#224; cette demande en ce qui concerne la nation. J'ai lu r&#233;cemment le livre de Bernard-Henri L&#233;vy, qui se pr&#233;sente comme le porte-drapeau du s&#233;golisme. Quand il consid&#232;re que, finalement, Chev&#232;nement a fait capoter S&#233;gol&#232;ne Royal, que le th&#232;me de la nation est un th&#232;me &#233;cul&#233;, r&#233;actionnaire et que le positif de l'Europe, c'est d'avoir effac&#233; la nation, je pense qu'il n'a absolument rien compris &#224; la situation politique d'aujourd'hui. Pas seulement en France, mais dans le monde entier, o&#249; le regain national est manifeste, depuis la chute du Mur de Berlin et la fin de l'Union sovi&#233;tique.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_285 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/CHD_2467.jpg&quot; title='photo : Charles Duprat' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L218xH324/CHD_2467-5e285-f9626.jpg' width='218' height='324' alt='photo : Charles Duprat' style='height:324px;width:218px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-285 spip_doc_titre' style='width:218px;'&gt;&lt;strong&gt;photo : Charles Duprat&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles ont &#233;t&#233; vos relations avec l'&#233;quipe du pr&#233;sident pendant la campagne ? Avez-vous particip&#233; &#224; l'&#233;laboration de certains discours ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pas du tout. Personne ne m'a sollicit&#233; &#224; ce sujet. Nous avons eu des conversations, mais je ne suis pas un &#171; &lt;i&gt;speech-writer&lt;/i&gt; &#187;. Par ailleurs, j'ai beaucoup de respect, d'estime pour Henri Guaino que je connais depuis longtemps, et avec qui je partage bien des analyses. Il a &#233;crit avec Nicolas Sarkozy des discours tout &#224; fait remarquables. Y compris celui sur l'Afrique qui a &#233;t&#233; mal compris, calomni&#233; et comment&#233; de mani&#232;re inexacte par un grand nombre d'intellectuels fran&#231;ais, alors que le pr&#233;sident de l'Afrique du Sud l'a consid&#233;r&#233;, dans une longue lettre d'appr&#233;ciation, comme un discours sinc&#232;re et utile &#224; l'Afrique. Allant m&#234;me jusqu'&#224; qualifier Nicolas Sarkozy de &#171; &lt;i&gt;meilleur des Africains&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; J'ai le droit de pr&#233;f&#233;rer l'analyse de fond &#224; la gesticulation et aux attaques &lt;i&gt;ad hominem&lt;/i&gt; &#187; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui vous a le plus surpris dans cette campagne et son traitement par les m&#233;dias ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui m'a frapp&#233; durant la campagne - et qui me frappe encore -, c'est la violence des attaques formul&#233;es &#224; l'&#233;gard de Nicolas Sarkozy. &#192; commencer par celle d'&#201;ric Besson, aujourd'hui secr&#233;taire d'&#201;tat, &#233;crivant un petit pamphlet x&#233;nophobe contre Nicolas Sarkozy dans lequel il disait qu'il &#233;tait &#171; &lt;i&gt;un n&#233;o-conservateur am&#233;ricain avec un passeport fran&#231;ais&lt;/i&gt; &#187;, ce que je consid&#232;re comme de la x&#233;nophobie subliminale. On a &#233;galement parl&#233; de &#171; &lt;i&gt;pr&#233;sident cannibale&lt;/i&gt; &#187;, on lui a reproch&#233; sa taille et je passe sur le num&#233;ro de Marianne o&#249; il &#233;tait d&#233;crit comme fou. Je suis de ceux qui pensent que dans une d&#233;mocratie, l'opposition, m&#234;me tr&#232;s radicale, doit n&#233;cessairement s'exprimer. Mais j'ai le droit de pr&#233;f&#233;rer l'analyse de fond &#224; la gesticulation et aux attaques ad hominem. Cela ne s'explique, &#224; mon avis, que par le sentiment - et je ne dis pas que ceux qui le pratiquent en aient conscience - qu'avec Nicolas Sarkozy, on a affaire &#224; un usurpateur. Et que cette usurpation suscite ce que j'appellerais une &#171; &lt;i&gt;sainte alliance&lt;/i&gt; &#187; qui irait de Dominique de Villepin &#224; Bernard Thibault. Pourquoi usurpateur ? Je crois que dans le comportement et dans l'attitude, plus ou moins consciente, d'un certain nombre de Fran&#231;ais, hostiles &#224; Nicolas Sarkozy pour de nombreuses raisons l&#233;gitimes, la dimension suppl&#233;mentaire, l'aigu de leur haine ou de leur ressentiment vient de ce que ce pr&#233;sident n'est ni de Montboudif, ni de Cognac, ni de l'Auvergne. Il est de Neuilly, mais surtout de nulle part. Il ne peut pas dire &#171; &lt;i&gt;derri&#232;re moi, il y a la cha&#238;ne des Pyr&#233;n&#233;es&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;sous mes talons, il y a le sol de la Lorraine&lt;/i&gt; &#187;. C'est un Hongrois, un peu juif de Salonique. Usurpateur encore, parce qu'il n'est ni agr&#233;g&#233; de l'universit&#233;, ni &#233;narque, ni ancien &#233;l&#232;ve de l'&#201;cole normale sup&#233;rieure. Il est avocat et avocat d'affaires par-dessus le march&#233; ! Et ce &#171; &lt;i&gt;Fran&#231;ais de pr&#233;f&#233;rence&lt;/i&gt; &#187;, comme dit Aragon, aurait pu &#234;tre sur une affiche rouge aux c&#244;t&#233;s de Rachida Dati, Fadela Amara et Rama Yade. Voil&#224; la vraie rupture de cette &#233;lection et la preuve que le peuple fran&#231;ais n'est pas, contrairement &#224; ce qu'on a &#233;crit, x&#233;nophobe ou raciste.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'extr&#234;me personnalisation des candidats aura &#233;t&#233; un ph&#233;nom&#232;ne nouveau.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut le regretter, mais je ne sais pas si on peut faire autrement. La personnalisation est une donn&#233;e li&#233;e &#224; l'&#233;lection au suffrage universel du pr&#233;sident de la R&#233;publique. On ne pourra pas revenir sur ce point-l&#224;, parce que la t&#233;l&#233;vision, qui est l'&#233;l&#233;ment d&#233;cisif, bien plus que la presse &#233;crite, fonctionne par le biais de l'image. Si on est optimiste, on parle d'une d&#233;mocratie d'opinion qui s'int&#233;resse &#224; tout mais qui n'est plus li&#233;e &#224; des id&#233;ologies. C'est la participation du peuple : d&#233;bats participatifs, les auditeurs ont la parole, courriers des lecteurs, etc. Chacun est expert de la vie. Si on est pessimiste, on parle de r&#233;gression profonde. Comme s'il n'y avait plus - en laissant de c&#244;t&#233; les r&#233;gimes franchement autoritaires, dictatoriaux ou religieux - que deux types de fonctionnement : d'une part, la d&#233;mocratie d'opinion, avec les m&#233;dias, la t&#233;l&#233;vision, le show-biz, les &#233;pouses, et d'autre part, sans d'ailleurs que ce soit incompatible, une d&#233;mocratie r&#233;glement&#233;e, dirig&#233;e, le mot d&#233;mocratie &#233;tant mis entre guillemets comme en Chine ou en Russie. Nous aurions &#224; choisir entre une d&#233;mocratie r&#233;glement&#233;e, autoritaire, et une d&#233;mocratie d'opinion.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_283 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/CHD_2451.jpg&quot; title='photo : Charles Duprat' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L221xH324/CHD_2451-13c03-a1298.jpg' width='221' height='324' alt='photo : Charles Duprat' style='height:324px;width:221px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-283 spip_doc_titre' style='width:221px;'&gt;&lt;strong&gt;photo : Charles Duprat&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Un journaliste ne doit pas &#234;tre id&#233;ologue. Il ne doit pas donner de le&#231;on en politique. Cette le&#231;on, je me la fais moi-m&#234;me. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du coup, comment vous informez-vous ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'adore lire ou &#233;couter des gens qui ne sont pas de mon avis. Par go&#251;t, j'ai envie d'entendre une opinion contraire &#224; la mienne. Si bien qu'en tant que lecteur, ce sont finalement les pages &#171; D&#233;bat &#187; qui m'int&#233;ressent le plus. C'est le cas, par exemple, dans Lib&#233;ration, le reste &#233;tant des articles &#233;ditorialis&#233;s pr&#233;sent&#233;s comme des reportages. De ce point de vue, je consid&#232;re que Le Monde s'est am&#233;lior&#233;. Le quotidien que je lis avec le plus d'int&#233;r&#234;t est Le Figaro. Non pas parce que c'est un journal de droite, mais parce que c'est celui o&#249; j'ai le sentiment que la s&#233;paration entre l'information et le commentaire est la plus claire. Je peux y lire des textes, des reportages, des analyses sur l'&#233;tranger, en ayant le sentiment qu'on me donne, &#224; travers le prisme du journalisme, des textes &#233;crits par un journaliste, pas par un id&#233;ologue. Je demande &#224; un journaliste de ne pas &#234;tre id&#233;ologue. Il doit avoir un regard personnel, mais il ne doit pas donner de le&#231;on de politique. Cette le&#231;on, je me la fais moi-m&#234;me. C'est ce qui me d&#233;&#231;oit dans l'&#233;ditorialisation permanente d'un certain nombre de journaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'air du temps est pourtant au commentaire g&#233;n&#233;ralis&#233;, &#224; l'interactivit&#233;, au journalisme citoyen ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est clair que la tendance actuelle des m&#233;dias - en radio comme en presse - consiste &#224; donner la parole aux auditeurs, aux lecteurs. C'est celle d'Internet, des blogs... Chaque citoyen veut participer &#224; la cr&#233;ation, au commentaire de l'information. Si bien que d'une certaine fa&#231;on, le journaliste se noie en suscitant, pour continuer d'exister, la parole du lecteur, de l'auditeur, du t&#233;l&#233;spectateur. Au fond, l'expression de S&#233;gol&#232;ne Royal, &#171; &lt;i&gt;vous &#234;tes les meilleurs experts&lt;/i&gt; &#187;, correspond &#224; cette tendance hautement d&#233;magogique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour moi, les experts existent, ils ont un savoir. Hubert V&#233;drine est plus apte &#224; commenter la politique &#233;trang&#232;re de la France que le premier auditeur qui t&#233;l&#233;phone, scandalis&#233; par ceci ou cela. La seule mani&#232;re d'accepter la participation est de la consid&#233;rer comme relevant d'une spontan&#233;it&#233; &#224; laquelle il convient de r&#233;pondre de fa&#231;on inform&#233;e. Je ne crois pas qu'un professeur de math&#233;matiques doive consid&#233;rer que l'&#233;l&#232;ve qui entre en classe conna&#238;t d&#233;j&#224; les th&#233;or&#232;mes. C'est au professeur de les enseigner et au sp&#233;cialiste de s'exprimer, sans pour autant faire taire les autres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment expliquer ce besoin de d&#233;bats ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La France est, depuis plusieurs si&#232;cles, le pays des d&#233;bats. Celui des &#201;tats g&#233;n&#233;raux, et, m&#234;me avant 1789, le pays o&#249; les monarques consultaient, comme Henri IV ou m&#234;me Louis XIV. La R&#233;volution a fait na&#238;tre des journaux par centaines... Nous sommes un pays citoyen avant m&#234;me que le mot existe, avant m&#234;me qu'il soit charg&#233; de connotations politiques. En m&#234;me temps, je crois qu'il y a eu, qu'il y a toujours, un grand besoin de discours directif. Certains y voient &#171; &lt;i&gt;la tendance bonapartiste de l'histoire nationale&lt;/i&gt; &#187;. Au cours de la campagne &#233;lectorale de 2007, deux types de discours se sont affront&#233;s. Je qualifierais les discours de Nicolas Sarkozy de classiques. Oratoires, mais structur&#233;s, argument&#233;s, s'adressant plut&#244;t &#224; la raison. Tr&#232;s &#171; &lt;i&gt;historicis&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, parlant davantage de grands courants historiques - Jean Jaur&#232;s, L&#233;on Blum, de Gaulle, etc. - que de la soci&#233;t&#233; elle-m&#234;me, ou seulement pour renvoyer &#224; l'histoire de la soci&#233;t&#233; - &#171; &lt;i&gt;je veux des &#233;l&#232;ves qui se l&#232;vent quand le professeur entre&lt;/i&gt; &#187;, etc. En face, au contraire, on a eu comme un regain d'&#233;motion, de fusion, de soci&#233;tal, le dernier meeting &#224; Charl&#233;ty, &#224; cet &#233;gard, &#233;tant le plus spectaculaire. C'est le discours raisonn&#233;, rationnel, organis&#233; qui l'a emport&#233;. Ce discours, qui se voulait de rupture, &#233;tait, en fait, sur le plan de la forme, un discours tr&#232;s traditionnel que Clemenceau, par exemple, aurait pu prononcer. Nicolas Sarkozy s'inscrit dans la tradition des r&#233;publicains d'autorit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Je ne crois pas &#224; la possibilit&#233; de la transparence totale, mais tendre &#224; ne rien cacher est plut&#244;t sain. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Certains journalistes d&#233;noncent l'omnipr&#233;sence de Nicolas Sarkozy, sa manipulation des m&#233;dias. Ce reproche vous semble-t-il l&#233;gitime ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ils n'ont qu'&#224; faire autrement ! Je ne crois pas qu'un journaliste ait l'obligation de suivre pas &#224; pas le pr&#233;sident de la R&#233;publique. Il peut y &#233;chapper. Il se trouve que la machine sociale m&#233;diatique dans son ensemble, l'importance de la politique en France mais aussi la pr&#233;sence quotidienne de Nicolas Sarkozy dans l'action font qu'en effet, le d&#233;bat tourne autour du pr&#233;sident de la R&#233;publique. Je ne sais pas si cela a une importance majeure. Mais je ne crois pas &#224; la manipulation. D'abord parce que je pense, depuis mon exp&#233;rience au Matin de Paris, qu'on ne manipule pas les journalistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fran&#231;ois Hollande a pourtant d&#233;clar&#233;, un jour, avoir appris de vous &#224; manipuler les m&#233;dias.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne sais si le ma&#238;tre ou l'&#233;l&#232;ve ont &#233;t&#233; mauvais, mais les r&#233;sultats - de l'enseignement en tout cas - sont plut&#244;t nuls.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et pourtant, les syndicats de journalistes viennent de d&#233;clarer que les pressions ne cessent d'augmenter ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce que j'ai appris dans la presse, que ce soit &#224; &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;, o&#249; j'ai appartenu pendant une dizaine d'ann&#233;es au comit&#233; &#233;ditorial, au&lt;i&gt; Matin&lt;/i&gt; de Paris que j'ai dirig&#233;, ou comme porte-parole du gouvernement, c'est qu'il est extr&#234;mement difficile de diriger l'information. Je n'y crois pas du tout, c'est un fantasme. Le propri&#233;taire d'un journal ne peut agir de fa&#231;on m&#233;canique, comme on a tendance &#224; le croire, sur une r&#233;daction. Il existe une autonomie des r&#233;dactions et elle est r&#233;elle dans un pays d&#233;mocratique comme la France o&#249; il y a des &#233;lections, des forces d'opposition, des contre-pouvoirs - m&#234;me s'ils peuvent appara&#238;tre affaiblis.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas de pressions, que la connivence a cess&#233; d'exister entre les journalistes et les hommes politiques. Je ne le nie pas. Pour le reste, il me para&#238;t aujourd'hui que le pouvoir politique ne peut cacher sur le moyen terme, et m&#234;me sur le court terme, ni ses faiblesses ni ses contradictions. C'est devenu un jeu et j'imagine que les politiques doivent jouer avec cette possibilit&#233; : allumer des contre-feux, &#233;tablir des strat&#233;gies de communication...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est aux journalistes d'y &#233;chapper. En m&#234;me temps, chaque journaliste conna&#238;t bien les limites qu'il ne peut d&#233;passer &#224; l'int&#233;rieur de son organe de presse, l'espace dans lequel il peut se mouvoir, ce qu'il peut dire, ce qu'il peut &#233;crire ou non. Pour moi, le ph&#233;nom&#232;ne essentiel, ce n'est pas la censure, mais l'autocensure, qui est un probl&#232;me individuel. C'est par ce biais-l&#224; que p&#232;se le pouvoir social, &#224; la fois politique, &#233;conomique. Chacun, dans une soci&#233;t&#233; o&#249; il y a des rapports de forces, se d&#233;termine en fonction de ses ambitions, de sa strat&#233;gie. N'&#233;vacuons pas cette dimension.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Certains m&#233;dias invoquent le devoir de tout dire, tout montrer, d'&#234;tre le plus transparent possible. C'est pour vous une &#233;volution positive ou une r&#233;gression ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne crois pas &#224; la possibilit&#233; de la transparence totale, mais tendre &#224; ne rien cacher est plut&#244;t sain. Comme le disait Ren&#233; Char, &#171; &lt;i&gt;la lucidit&#233; est la blessure la plus rapproch&#233;e du soleil&lt;/i&gt; &#187;. Mettons au jour les blessures et voyons ce qu'il en est, que ce soit dans l'affaire EADS ou dans celle de Clearstream. Je suis tout &#224; fait pour. Mais l'id&#233;e qu'on puisse atteindre la transparence me para&#238;t une utopie. Par ailleurs, il y a des domaines r&#233;serv&#233;s comme la vie priv&#233;e. Mais c'est une tendance qu'il est difficile de refr&#233;ner parce qu'effectivement, la valeur dite de transparence est la plus forte. Enfin, n'oublions pas - c'est un point que l'on a trop tendance &#224; laisser de c&#244;t&#233; dans les discours sur les m&#233;dias - que l'information est une marchandise qui se vend, qui se monnaie. Une photo scandaleuse est une photo qui se vend bien, donc qui se montre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que vous inspire la pr&#233;sence des intellectuels dans les m&#233;dias, &#224; la t&#233;l&#233;vision notamment ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quand Philippe Meyer a lanc&#233; &#171; Esprit public &#187;, il y a huit ans, sur &lt;i&gt;France Culture&lt;/i&gt;, c'&#233;tait pratiquement la seule &#233;mission de d&#233;bat politique en radio. Est-ce son succ&#232;s ? Est-ce l'&#233;poque ? En tout cas, aujourd'hui, il n'y a plus que cela : &#171; On refait le monde &#187; sur RTL, &#171; Politiquement show &#187; sur LCI, &#171; N'ayons pas peur des mots &#187; tous les soirs sur i&gt;T&#233;l&#233;, &#171; Ce soir ou jamais &#187;, &#171; C dans l'air &#187;, &#171; Ripostes &#187;, &#171; Esprit libre &#187;, &#171; Chez Fog &#187;... Que signifie ce besoin de discussion ? Une apparence de d&#233;mocratie ou une v&#233;ritable avanc&#233;e d&#233;mocratique ? Je suis favorable aux d&#233;bats, mais ils sont de plus en plus vid&#233;s de leur substance. Il y a quelques ann&#233;es, une &#233;mission de t&#233;l&#233;vision se donnait pour but de faire conna&#238;tre votre livre, votre pens&#233;e, avec, &#224; vos c&#244;t&#233;s, des gens qui avaient lu votre ouvrage ou qui avaient des id&#233;es &#224; d&#233;fendre. D&#233;sormais, le seul but de l'animateur de t&#233;l&#233;vision est de faire de l'audimat. Vous n'&#234;tes plus invit&#233; en fonction de l'int&#233;r&#234;t que vous repr&#233;sentez, mais pour participer &#224; un spectacle. On m'a, par exemple, propos&#233; un d&#233;bat avec Fran&#231;ois Hollande, qui a &#233;t&#233; mon directeur de cabinet il y a vingt-cinq ans et pour qui j'ai de la sympathie. Th&#233;oriquement, on devait parler d'un de mes livres, mais en r&#233;alit&#233;, on cherchait un &#233;clat, des accusations. J'ai donc refus&#233;. Je n'avais aucune envie de d&#233;battre avec quelqu'un avec qui j'avais eu des relations d'amiti&#233; et de me retrouver dans l'obligation de boxer contre lui. D&#233;sormais, les quelques &#233;missions dites litt&#233;raires qui existent ob&#233;issent &#233;galement &#224; cette logique : le spectacle, plus que le d&#233;bat.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous arrive-t-il de surfer sur le Net ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non. J'ai un ordinateur, mais je ne l'utilise pas &#224; cet effet. J'ai un site et tous les jours je re&#231;ois des courriels, plus ou moins sympathiques. Mais c'est mon &#233;diteur qui g&#232;re le site et qui me faxe les messages auxquels je r&#233;ponds en g&#233;n&#233;ral. Non, je ne pratique pas Internet.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_284 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/CHD_2462.jpg&quot; title='photo : Charles Duprat' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L217xH324/CHD_2462-84908-5c266.jpg' width='217' height='324' alt='photo : Charles Duprat' style='height:324px;width:217px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-284 spip_doc_titre' style='width:217px;'&gt;&lt;strong&gt;photo : Charles Duprat&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des rumeurs pr&#233;tendent que vous avez inspir&#233; le d&#233;bat lanc&#233; par Nicolas Sarkozy sur l'h&#233;ritage de mai 68.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne vais pas les d&#233;mentir ! C'est toujours bien de sembler &#234;tre un homme d'influence, surtout quand on ne l'est pas ! Vous auriez pu l'imputer aussi bien &#224; R&#233;gis Debray, puisqu'il a &#233;crit un livre intitul&#233; &#171; Modeste contribution aux discours et c&#233;r&#233;monies officielles du dixi&#232;me anniversaire &#187;. Mon premier livre sur mai 68 date de septembre 1968 : &#171; Gauchisme, r&#233;formisme et r&#233;volution &#187;. C'est celui qui m'a fait entrer en contact avec Jean-Fran&#231;ois Revel. J'&#233;tais alors prof &#224; la fac de Nice. J'ai donc vu le mouvement de tr&#232;s pr&#232;s puisque mes &#233;tudiants d'histoire y participaient.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Premi&#232;rement, l'esprit de mai 68 court sur l'ensemble de la plan&#232;te dans les ann&#233;es 1960-1970. Il n'est pas sp&#233;cifiquement fran&#231;ais. C'est l&#224; l'illusion. Que ce soit de Berkeley &#224; Prague, en passant m&#234;me par la R&#233;volution culturelle, la pouss&#233;e d&#233;mographique fait qu'&#224; partir des ann&#233;es 1960, les nouvelles g&#233;n&#233;rations font craquer les jointures des valeurs issues du xixe si&#232;cle. La sp&#233;cificit&#233; fran&#231;aise est plut&#244;t dans le discours politique et id&#233;ologique qui a &#233;t&#233; b&#226;ti autour de mai 68, et qui en fait un mythe politique en oubliant les neuf millions de gr&#233;vistes. Car mai 68 aboutit &#224; quoi sur le plan strictement politique ? &#192; la plus grande majorit&#233; gaulliste qui ait &#233;t&#233; constitu&#233;e depuis le d&#233;but de la Ve R&#233;publique, &#224; treize ans de gouvernement de droite. La v&#233;ritable victoire de mai 68, pour ceux qui criaient &#171; &lt;i&gt; &#201;lections, trahisons !&lt;/i&gt; &#187;, c'est en fait de dire - comme je l'ai entendu le 21 mai 1981 au Panth&#233;on - &#171; &lt;i&gt;Treize ans d&#233;j&#224;, coucou, nous revoil&#224;&lt;/i&gt; &#187;. Mai 1981, d'une certaine mani&#232;re, est la traduction tardive de mai 68. Giscard est l'h&#233;ritier soci&#233;tal de mai 68, avec la volont&#233; d'en finir avec la guerre civile froide, la majorit&#233; &#224; 18 ans, la loi Veil, les d&#233;buts de la peopolisation... Mitterrand en est l'h&#233;ritier politique, avec l'obligation pour lui de s'appuyer sur l'union de la gauche, du PS et du PC, toutes choses jug&#233;es totalement obsol&#232;tes, et vomies, tant par les gens de la LCR que par Cohn-Bendit et compagnie. &#171; &lt;i&gt;&#201;lections, trahisons !&lt;/i&gt; &#187; n'est-ce-pas ? Quant &#224; la contestation de valeurs, comme la hi&#233;rarchisation de la soci&#233;t&#233;, ou l'existence de la nation, l'histoire les fait aujourd'hui repara&#238;tre dans la soci&#233;t&#233; et la gauche les revendique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment accueille-t-on son &#233;lection &#224; l'Acad&#233;mie fran&#231;aise ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On devient &#171; mortel &#187;. &#199;a veut dire qu'on est tout proche de la mort quand on entre dans une soci&#233;t&#233; o&#249; l'on se dit immortel. Il y a d'abord la surprise. Je ne savais pas si j'allais &#234;tre &#233;lu. Je pensais que l'autre candidat avait plus de chances que moi. Je l'ai &#233;t&#233; au premier tour avec quinze voix. C'est un bref moment d'&#233;motion. Je vais occuper le fauteuil de Jean-Fran&#231;ois Revel, qui a jou&#233; un r&#244;le important dans ma vie, &#224; la fois intellectuelle et professionnelle. J'ai eu beaucoup d'admiration, d'affection et d'amiti&#233; pour lui. Ensuite, c'est une sorte de vertige parce que l'on s'inscrit dans une continuit&#233; historique qui a commenc&#233; en 1634 et qui s'est prolong&#233;e depuis. La derni&#232;re institution de l'Ancien R&#233;gime... La longue dur&#233;e plus que l'&#233;v&#233;nement. Dans ce fauteuil s'est assis Colbert !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>On a tous quelque chose en nous de Sarkozy</title>
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		<dc:subject>Sanan&#232;s</dc:subject>

		<description>Bernard Sanan&#232;s, directeur g&#233;n&#233;ral de Euro Rscg C&amp;O, conseille de tr&#232;s grandes entreprises : Orange, McDonald's, A&#233;roports de Paris, Veolia... C'est lui qui a pilot&#233; en 2005 l'entr&#233;e en bourse d'EDF. Expert en &#171; communication d'influence &#187;, il ne jure que par Internet et la politique. Vous avez commenc&#233; votre vie professionnelle comme journaliste ? Je suis varois et j'ai d&#233;but&#233; sur une toute petite radio locale, Littoral FM, &#224; Toulon. Je faisais &#224; la fois les commentaires des matchs de foot en direct (...)

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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Bernard Sanan&#232;s, directeur g&#233;n&#233;ral de Euro Rscg C&amp;O, conseille de tr&#232;s grandes entreprises : Orange, McDonald's, A&#233;roports de Paris, Veolia... C'est lui qui a pilot&#233; en 2005 l'entr&#233;e en bourse d'EDF. Expert en &#171; communication d'influence &#187;, il ne jure que par Internet et la politique.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez commenc&#233; votre vie professionnelle comme journaliste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis varois et j'ai d&#233;but&#233; sur une toute petite radio locale, &lt;i&gt;Littoral FM&lt;/i&gt;, &#224; Toulon. Je faisais &#224; la fois les commentaires des matchs de foot en direct et les interviews politiques. Mon plus grand regret est de n'avoir gard&#233; aucune bande de ces ann&#233;es 1982-1983. Au fond de moi, j'ai d'ailleurs toujours ce r&#234;ve de refaire de la radio.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;rieusement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La radio, c'est un truc &#224; part. Une excitation - quand le rouge s'allume - tr&#232;s diff&#233;rente des autres m&#233;dias, y compris de la t&#233;l&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et ensuite ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis devenu correspondant du &lt;i&gt;Quotidien de Paris&lt;/i&gt; &#224; sa grande &#233;poque, celle de Tesson. J'&#233;tais correspondant local, mais dans le Sud-Est, il se passait beaucoup de choses. J'ai couvert la crise des chantiers navals de La Seyne-sur-Mer, l'ascension de Fran&#231;ois L&#233;otard, les &#233;lections annul&#233;es &#224; cause des fraudes communistes, etc. Je suis &#233;galement pass&#233; par le service politique de l'Agence centrale de presse (ACP) avant qu'elle ne ferme. Cinq ans de journalisme avant de m'orienter vers la politique. Un vrai choix, car j'avais en 1985 une proposition de Jean-Marie Cavada et Patrice Duhamel pour participer au lancement de la 5.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous le regrettez ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Non, mais diriger une r&#233;daction me passionnerait.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;On parle de vous comme d'un &#171; &lt;i&gt;expert en communication d'influence&lt;/i&gt; &#187;. Qu'est-ce que cela veut dire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La communication d'influence, c'est le capital relationnel de l'entreprise. Son premier capital est sa marque, qui s'exprime par la publicit&#233;, son identit&#233; visuelle. Il y a ensuite son capital humain. C'est-&#224;-dire la fa&#231;on dont l'entreprise g&#232;re ses talents, &#224; la fois pour les attirer, les mobiliser, les fid&#233;liser. Enfin, le &#171; &lt;i&gt;capital relationnel&lt;/i&gt; &#187; concerne les relations avec les parties prenantes de l'entreprise, que l'on appelle dans notre jargon les &#171; &lt;i&gt;stakeholders&lt;/i&gt; &#187; : journalistes, d&#233;cideurs - politiques, associations de consommateurs, syndicats ou experts - et, &#233;videmment, la communaut&#233; financi&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et votre r&#244;le dans tout cela ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'accompagne des dirigeants d'entreprises et leurs soci&#233;t&#233;s dans des op&#233;rations strat&#233;giques pr&#233;cises, comme l'introduction en Bourse d'EDF, ou sur la dur&#233;e, comme Orange ou McDonald's. Depuis quatre ans, pour McDo, nous d&#233;montrons aux &#233;lus, aux m&#233;dias que, contrairement aux id&#233;es re&#231;ues, 80 % des emplois sont des CDI et que l'entreprise est un formidable int&#233;grateur social. L'&#171; &lt;i&gt;influence&lt;/i&gt; &#187; est un vrai m&#233;tier qui s'est structur&#233;, professionnalis&#233;. Il y a vingt ans, on pouvait se contenter d'un carnet d'adresses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais concr&#232;tement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour emporter une d&#233;cision, vous pouvez aller voir un ministre ou un directeur de cabinet, leur parler en face &#224; face. Vous pouvez aussi choisir d'exposer votre point de vue dans une tribune ou une interview, dans &lt;i&gt;Les &#201;chos&lt;/i&gt; par exemple, en sachant que ceux qui contribuent &#224; la d&#233;cision vont la lire. Vous essayez de convaincre des parlementaires ou des experts de votre argumentation pour qu'&#224; leur tour, ils relayent vos messages dans la presse ou aupr&#232;s du ministre. Vous pouvez montrer le soutien de l'opinion &#224; votre cause via des sondages, vous pouvez chercher &#224; interpeller le grand public en faisant appel &#224; la publicit&#233;. La communication d'influence peut mobiliser tous les m&#233;tiers de la communication.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous animez un blog, et pourtant vous &#234;tes oppos&#233; &#224; la notion de &#171; journalisme citoyen &#187;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les internautes produisent de l'information mais ne sont pas journalistes. Un journaliste a une d&#233;ontologie, il confronte ses sources. Le blogueur &#233;crit ce qu'il veut. Le ph&#233;nom&#232;ne des blogs renforce le niveau d'exigence vis-&#224;-vis du journalisme &#171; &lt;i&gt;classique&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Avec Internet, le militantisme retrouve une certaine forme de libert&#233;, et la logique d'appareil n'est plus du tout la m&#234;me. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les blogs pourraient se r&#233;v&#233;ler b&#233;n&#233;fiques au journalisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La profession de journaliste peut sortir renforc&#233;e de sa confrontation avec Internet. En l'int&#233;grant - le journalisme peut s'enrichir de certains m&#233;dias citoyens - et en reprenant son r&#244;le qui est de hi&#233;rarchiser l'information. Dans un portail d'information, tout est au m&#234;me niveau. Dans un journal papier, vous avez une hi&#233;rarchie gr&#226;ce aux titres, aux accroches. C'est la vraie valeur ajout&#233;e du journalisme, avec, bien s&#251;r, l'investigation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les gens sont sensibles &#224; cette hi&#233;rarchisation ? En ont-ils vraiment besoin ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ils ont besoin de tout. Internet, c'est l'information d&#233;mocratique, accessible, continue et permanente. Mais sur Internet aussi, on a besoin de rep&#232;res et de marques. &lt;i&gt;Lemonde.fr&lt;/i&gt; est une v&#233;ritable marque sur le Web. Et je suis certain que les &#233;tudiants qui ne s'informent que par Internet le font aussi avec &lt;i&gt;lemonde.fr&lt;/i&gt;. La Toile &#233;volue. Le ph&#233;nom&#232;ne des blogs est d&#233;j&#224; en train de se tasser. On se dirige vers un individu de plus en plus adulte, de plus en plus expert, qui cherche des informations s&#251;res et des rep&#232;res. Ces rep&#232;res seront les marques m&#233;dias, ou des marques de journalistes, comme la marque Christophe Barbier ou Jean-Michel Aphatie par exemple. La recherche de l'information cr&#233;dible va se d&#233;velopper. Et il y aura certainement d'autres &#233;volutions qui vont passer par la fr&#233;quentation de m&#233;dias tr&#232;s engag&#233;s, comme &lt;i&gt;Rue89&lt;/i&gt;, &#224; l'image de ce qui se passe aux &#201;tats-Unis, avec une expression tr&#232;s cliv&#233;e, bloc contre bloc.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Plus rien n'est off&lt;/i&gt; &#187;, dites-vous. &#171; &lt;i&gt;Il faut juste apprendre &#224; vivre avec&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les entreprises commencent &#224; le comprendre. Un patron am&#233;ricain a choisi de rendre publique sur son blog une r&#233;organisation interne plut&#244;t que l'info ne &#171; &lt;i&gt;fuite&lt;/i&gt; &#187; quelques heures plus tard via une source interne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et &#224; l'utiliser ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si je sais qu'une information qui concerne mon entreprise va se trouver demain dans les m&#233;dias, je pr&#233;f&#232;re &#171; &lt;i&gt;prendre la main&lt;/i&gt; &#187; d&#232;s aujourd'hui. Plut&#244;t que de subir, ou de dire no comment, j'explique, je mets en perspective, j'&#171; &lt;i&gt;encode&lt;/i&gt; &#187;. J'&#233;vite ainsi qu'elle ne soit comment&#233;e qu'en &#171; &lt;i&gt;n&#233;gatif&lt;/i&gt; &#187;. Ce c&#244;t&#233; &#171; &lt;i&gt;plus rien n'est off&lt;/i&gt; &#187;, y compris dans le monde &#233;conomique, est un changement essentiel dans la communication des entreprises. Il faut y ajouter la multiplication du cercle des preneurs de parole. Entreprise de taille moyenne, dix journalistes &#233;crivaient sur vous ; aujourd'hui, vous int&#233;ressez aussi vingt sites et deux cents blogueurs. De m&#234;me, quand cent personnes assistaient &#224; votre assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale, cinq cents personnes commentent chaque jour le cours de votre action sur le site &lt;i&gt;boursorama.fr&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_282 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/SANANSE-03.jpg&quot; title='photo : Pierre Payan' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L324xH128/SANANSE-03-95783-ef2e5.jpg' width='324' height='128' alt='photo : Pierre Payan' style='height:128px;width:324px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-282 spip_doc_titre' style='width:324px;'&gt;&lt;strong&gt;photo : Pierre Payan&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et les journalistes &#171; &lt;i&gt;&#224; tiroirs&lt;/i&gt; &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'ils pr&#233;cisent d'o&#249; ils parlent et pour qui ou quel support ils enqu&#234;tent, cela ne me g&#234;ne pas. L'important, c'est la transparence. Je veux savoir si un journaliste m'interroge pour son blog, pour son site, pour son journal papier ou pour un futur livre. En mati&#232;re d'op&#233;rations financi&#232;res, on accorde une interview sous embargo. Elle doit &#234;tre publi&#233;e dans l'&#233;dition d'un quotidien le lendemain matin, parce que le communiqu&#233; doit tomber &#224; 7 h 30. Si l'information est disponible sur le site Internet la veille au soir, je contreviens aux r&#232;gles tr&#232;s strictes de la communication financi&#232;re.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je vous cite : &#171; &lt;i&gt; Avec les blogs, les journalistes sont mis sous surveillance&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est davantage vrai aux &#201;tats-Unis, o&#249; l'on assiste parfois &#224; de v&#233;ritables traques &#224; l'erreur ; des blogs d&#233;cortiquent les papiers des journalistes. Il est arriv&#233; qu'une personne donne une interview &#224; un journaliste, et que ce dernier n'en garde que la moiti&#233;. L'interview&#233;, consid&#233;rant que le journaliste n'a pas rendu compte de son point de vue de fa&#231;on exhaustive, met en ligne la totalit&#233; de ses propos... En France, on n'en est pas l&#224;, mais comme ailleurs, la source devient elle aussi productrice d'information. Les syndicats, qui &#233;taient fr&#233;quemment des sources pour les journalistes d'information sociale, tout comme les associations de consommateurs, utilisent tr&#232;s bien la Toile pour faire monter leurs revendications.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cela fait partie de ce que vous appelez la &#171; soci&#233;t&#233; de d&#233;fiance g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La premi&#232;re tentation de l'opinion est de se m&#233;fier de tout le monde : entreprises, politiques, communicants, m&#233;dias. C'est un r&#233;flexe g&#233;n&#233;ralis&#233;. Y compris dans des domaines o&#249; la parole faisait foi. Le succ&#232;s de sites comme &lt;i&gt;&lt;a href='http://www.doctissimo.fr/' class='spip_out' rel='external'&gt;doctissimo.fr&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; montre que m&#234;me la parole du m&#233;decin de famille, sacr&#233;e s'il en &#233;tait, peut &#234;tre contr&#244;l&#233;e, v&#233;rifi&#233;e, confront&#233;e &#224; l'avis de &#171; &lt;i&gt;quelqu'un comme moi&lt;/i&gt; &#187; &#224; qui il est arriv&#233; la m&#234;me chose... Un tiers des Fran&#231;ais s'informent sur le Net avant ou apr&#232;s avoir consult&#233; un m&#233;decin... Remettre en cause ce qu'on me dit et &#234;tre s&#251;r que ce que l'on me dit est vrai.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme tout le monde a acc&#232;s &#224; l'information, m&#234;me la plus technique, c'est facile. Je suis tr&#232;s frapp&#233; d'entendre &#224; propos de certains faits divers ou &#171; &lt;i&gt;affaires&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;De toute fa&#231;on, on ne saura jamais ce qui s'est vraiment pass&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Le besoin de transparence est insatiable. Et c'est une donn&#233;e qu'il faut absolument prendre en compte dans la communication d'entreprise. Les salari&#233;s, les consommateurs, les syndicats, les actionnaires ne font pas spontan&#233;ment confiance &#224; l'entreprise. Aujourd'hui, une des fonctions de la communication &#171; &lt;i&gt;corporate&lt;/i&gt; &#187; est d'exprimer de mani&#232;re transparente les objectifs de l'entreprise. Alors que longtemps, la communication ne servait qu'&#224; d&#233;tourner l'attention, voire &#224; masquer la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Transparence ou mise en sc&#232;ne ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les deux notions ne sont pas antinomiques. Je mets en sc&#232;ne ce qui est vrai. &#201;videmment, le r&#244;le du communicant est de pr&#233;senter la r&#233;alit&#233; le mieux possible, mais surtout de lui donner du sens et de la coh&#233;rence. Les entreprises ont fait beaucoup d'efforts en ce sens et l'opinion y est assez sensible. L'image des marques est positive. Prenez la grande distribution. On assiste &#224; un d&#233;calage incroyable entre le regard des leaders d'opinion qui n'ont pas encore per&#231;u son utilit&#233;, et la perception de l'opinion elle-m&#234;me qui con&#231;oit la distribution comme un secteur de qualit&#233;, de s&#233;curit&#233; et de proximit&#233;. R&#233;sultat, les politiques font campagne sur les march&#233;s, plut&#244;t que sur les parkings de supermarch&#233;s...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est le r&#244;le d'Internet dans cette communication d'influence ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les nouvelles technologies ont boulevers&#233; la production et la consommation de l'information. On &#233;volue dans un univers de boulimie : zapping, multi-tasking, etc. Autant de ph&#233;nom&#232;nes qui font que le rapport de l'individu &#224; l'information n'est plus le m&#234;me. Dans la communication, notre principal souci devient l'&#171; &lt;i&gt;&#233;mergence&lt;/i&gt; &#187; : comment faire pour que l'information de mon client &#233;merge dans ce brouhaha, cette profusion m&#233;diatique ? Comment faire pour qu'elle reste plus de deux heures sur le portail de Orange ou Yahoo ? Et puis bien s&#251;r, la cr&#233;ativit&#233;. Il faut sans cesse se renouveler pour int&#233;resser, trouver des angles diff&#233;rents pour chaque m&#233;dia.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le changement radical des modes de production de l'information implique &#233;galement une modification du niveau et du fonctionnement des leaders d'opinion. Prenez un exemple : qui &#233;tait l'opposant au Trait&#233; de Maastricht ? Philippe S&#233;guin. Qui &#233;tait l'opposant au Trait&#233; europ&#233;en de 2005 ? &#201;tienne Chouard, citoyen sans parti, sans &#233;tiquette et sans ambitions politiques personnelles. Il a r&#233;ussi son pari en expliquant le premier, sur Internet, le Trait&#233; europ&#233;en, en le d&#233;cortiquant avec des mots simples de telle mani&#232;re que tout le monde pouvait le comprendre.
Internet permet l'&#233;mergence de nouveaux visages. L'arriv&#233;e de nouveaux leaders d'opinion, moins institutionnalis&#233;s, &#171; &lt;i&gt;d&#233;sacralis&#233;s&lt;/i&gt; &#187; change radicalement le paysage de l'influence. Ce sont eux aussi qui construisent l'opinion.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; S&#233;gol&#232;ne Royal a pens&#233; qu'une certaine forme d'amateurisme allait plaire &#224; l'opinion. Elle s'est tromp&#233;e. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Importante en 2005, l'influence d'Internet l'a &#233;t&#233; beaucoup moins lors de la derni&#232;re &#233;lection pr&#233;sidentielle. D&#233;sirs d'avenir fut un flop, non ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne partage pas compl&#232;tement votre avis. Internet a contribu&#233; &#224; l'int&#233;r&#234;t de l'opinion et notamment des jeunes pour la campagne. C'est un des facteurs qui explique un taux de participation record. La d&#233;mocratie participative sur Internet a probablement permis &#224; S&#233;gol&#232;ne Royal de gagner sa primaire. Ce qui m'int&#233;resse, c'est la culture Internet et comment elle irrigue les autres m&#233;dias. Regardez le nombre d'&#233;missions interactives aujourd'hui. Lors de la campagne pr&#233;sidentielle, Internet s'est affirm&#233; comme le m&#233;dia de la segmentation. Celui qui s'adresse &#224; des petits groupes d'individus, des communaut&#233;s, ce que les politiques ne pouvaient plus faire avec la t&#233;l&#233;vision, m&#233;dia global par excellence qui parle &#224; tout le monde. Deux exemples assez frappants. Durant les campagnes pr&#233;c&#233;dentes, on s'adressait aux parents d'&#233;l&#232;ves. Nicolas Sarkozy, lui, a parl&#233; des &#171; &lt;i&gt;orphelins de 16 heures&lt;/i&gt; &#187;. Parents d'&#233;l&#232;ves aujourd'hui, cela ne veut plus rien dire. Entre ceux qui font garder leurs enfants, ceux qui leur font faire du soutien scolaire avec Acadomia et ceux dont les enfants restent seuls, la notion n'a plus de sens. S&#233;gol&#232;ne Royal, elle, a parl&#233; des &#171; &lt;i&gt;petites retraites&lt;/i&gt; &#187;. Si vous parlez aux retrait&#233;s en g&#233;n&#233;ral, vous ne distinguez pas entre les seniors qui bronzent sur la C&#244;te d'Azur et les agriculteurs qui touchent 750 euros par mois. Cette culture Internet a pes&#233; sur la strat&#233;gie de campagne. Traditionnellement, la politique a toujours &#233;t&#233; un marketing de l'offre : on mettait un projet sur la table. Aujourd'hui, le marketing de la demande a pris le pas. L'illustration la plus forte en a &#233;t&#233; donn&#233;e par l'&#233;mission phare de la campagne &#171; J'ai une question &#224; vous poser &#187; (&lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt;). Les deux finalistes se sont impos&#233;s dans leur camp et dans l'opinion parce qu'ils ont le mieux r&#233;ussi &#224; r&#233;pondre &#224; toutes les demandes de toutes les franges de l'opinion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez &#233;crit dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; : &#171; Internet est le triomphe des int&#233;r&#234;ts particuliers contre l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. &#187; Ce n'est pourtant plus sp&#233;cifique &#224; la Toile...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le m&#233;dia Internet est un m&#233;dia contestataire, le m&#233;dia pour dire non. En termes d'influence, c'est extr&#234;mement int&#233;ressant puisque vous pouvez dire non &#224; tout ce que vous voulez sur la Toile. Non aux OGM, non aux bretelles d'autoroutes, non au Trait&#233; constitutionnel, etc. En plus, vous pouvez solidifier et structurer des alliances qui auraient plus de difficult&#233; &#224; se mettre en place dans la &#171; &lt;i&gt; vraie vie&lt;/i&gt; &#187;. Alliances qui peuvent, d'ailleurs, se r&#233;v&#233;ler tr&#232;s &#233;ph&#233;m&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous allez m&#234;me jusqu'&#224; parler de &#171; &lt;i&gt;cyber renouveau des partis politiques&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'en parle depuis 2001. Les partis politiques, qui avaient longtemps &#233;t&#233; une &#233;cole de formation, de socialisation, sont devenus des cours vides dans les ann&#233;es 1980-1990. Internet a revivifi&#233; le militantisme politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais un militantisme pratiqu&#233; dans son propre int&#233;r&#234;t.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pas seulement. Le militant adh&#232;re parfois pour un int&#233;r&#234;t particulier, s'engage pour un bout du programme, ou pour une cause qui lui tient &#224; c&#339;ur. Mais aujourd'hui, il s'engage surtout pour agir. &#202;tre militant dans les ann&#233;es 1980-1990, c'&#233;tait coller des enveloppes et distribuer des tracts. Aujourd'hui, vous avez une vraie capacit&#233; d'action sur Internet - on l'a bien vu, notamment sur D&#233;sirs d'avenir. Quand on vous donne un tract &#224; distribuer sur un march&#233;, vous n'avez pas d'influence sur le contenu. Sur votre blog, vous prenez l'argumentaire du parti, vous faites un copi&#233;-coll&#233; et vous ne gardez que la partie qui vous int&#233;resse ou que vous approuvez. Le militantisme retrouve ainsi une certaine forme de libert&#233; et la logique d'appareil n'est plus du tout la m&#234;me. Le rapport &#224; la hi&#233;rarchie de l'appareil politique change. Internet a fait perdre au militantisme son fonctionnement &#233;litiste. Il ne faut pas &#234;tre &#233;lu ou premier secr&#233;taire pour avoir le droit de s'exprimer. Un cybermilitant a la m&#234;me part de voix qu'un grand &#233;lecteur.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_281 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/SANANSE-02.jpg&quot; title='photo : Pierre Payan' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L324xH112/SANANSE-02-40024-d5d9d.jpg' width='324' height='112' alt='photo : Pierre Payan' style='height:112px;width:324px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-281 spip_doc_titre' style='width:324px;'&gt;&lt;strong&gt;photo : Pierre Payan&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Selon vous, la Toile a &#171; transform&#233; les partis en r&#233;seaux et d&#233;natur&#233; les organigrammes &#187;. Cela implique &#233;galement une perte de respect pour la parole du chef ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S&#251;rement. Elle n'est plus intangible. Les expressions dans les partis sont beaucoup moins cadenass&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cela explique le fait que S&#233;gol&#232;ne Royal ait &#233;t&#233; en partie d&#233;sacralis&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il ne faut pas perdre de vue la situation &#224; ce moment-l&#224;. S&#233;gol&#232;ne Royal a &#233;t&#233; choisie parce qu'elle &#233;tait la seule, en octobre 2006, qui pouvait permettre la victoire aux yeux des militants du PS. Elle n'a pas perdu &#224; cause de son positionnement, mais parce qu'elle a &#233;t&#233; incapable de le traduire. Prenez le discours de Villepinte : elle n'y parle &#224; aucun moment de l'&#171; &lt;i&gt;ordre juste&lt;/i&gt; &#187;, alors qu'elle a gagn&#233; la primaire sur cette notion. Sa campagne n'avait pas de fil directeur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chez Euro RSCG, vous aimez les slogans, les formules. Est-ce que S&#233;gol&#232;ne Royal en a abus&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle n'en a pas abus&#233;, elle ne les a pas rendus concrets. L'&#171; &lt;i&gt;ordre juste&lt;/i&gt; &#187; a percut&#233; dans l'opinion, mais s'est effondr&#233; quand le public s'est rendu compte qu'il n'y avait rien derri&#232;re. La promesse ne suffit plus en politique, pas davantage que dans la communication d'entreprise. Un slogan doit se traduire concr&#232;tement. Les gens aujourd'hui sont tr&#232;s matures en ce domaine. Ils attendent des faits, des preuves. La preuve a remplac&#233; la promesse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elle aurait d&#251; &#234;tre mieux conseill&#233;e ? Fran&#231;ois Mitterrand, &#224; l'&#233;poque, avait son gourou en la personne de S&#233;gu&#233;la...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aujourd'hui, une campagne de communication ne peut plus se permettre d'&#234;tre amateur. Ce n'est pas une question de gourou ou de communicant. S&#233;gol&#232;ne Royal a pens&#233; qu'une certaine forme d'amateurisme allait plaire &#224; l'opinion. Elle s'est tromp&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Euro RSCG n'a pas conseill&#233; de candidat dans cette &#233;lection pr&#233;sidentielle.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous n'avons pas fait campagne cette fois-ci, mais nous avons conseill&#233; un certain nombre de personnalit&#233;s qui y ont exerc&#233; un r&#244;le. Pas de campagne d'appareil : cela ne s'est pas pr&#233;sent&#233; et on ne l'a pas beaucoup cherch&#233; non plus. En revanche, cela nous a donn&#233; une belle libert&#233; de parole que nous avons utilis&#233;e. Et puis, la communication politique et publique de l'agence doit repr&#233;senter aujourd'hui entre 2 et 3 % de notre activit&#233;...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;lection de Nicolas Sarkozy a marqu&#233; un tournant dans la communication politique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tr&#232;s clairement. Et ce qui est int&#233;ressant maintenant, c'est d'observer si cette nouvelle communication politique va conduire &#224; un changement dans la communication tout court. Dans celle des dirigeants d'entreprises notamment. L'ascension politique, la campagne puis l'&#233;lection de Sarkozy battent en br&#232;che la doctrine Pilhan : raret&#233;, solennit&#233;. Avec Nicolas Sarkozy, on est dans l'abondance et la d&#233;sacralisation. En outre, la gestion des silences a chang&#233;. Selon Pilhan, rester un mois sans s'exprimer donnait &#224; l'opinion l'envie, le d&#233;sir de vous entendre. Aujourd'hui, le silence m&#233;diatique n'existe plus, notamment gr&#226;ce &#224; la culture Internet et au d&#233;veloppement des m&#233;dias d'information continue. Nicolas Sarkozy l'a tr&#232;s bien compris.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il n'avait pas le choix ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'avait effectivement pas le choix, mais il l'a fait avec beaucoup de talent et il a ajout&#233; la dimension du mouvement, qui est tr&#232;s forte et qui implique qu'il ne reste jamais longtemps sur un sujet. De sorte que cette cible mouvante &#233;vite que ne s'agr&#232;gent les m&#233;contentements sur tel ou tel sujet. Les m&#233;contents d'un jour ne sont pas les m&#233;contents du lendemain.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au risque de voir appara&#238;tre beaucoup de m&#233;contents ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Effectivement, mais pour l'instant, le sc&#233;nario est bien ficel&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour Nicolas Sarkozy, &#171; &lt;i&gt;la communication sert &#224; faire bouger les lignes&lt;/i&gt; &#187;. Vous partagez cette conception ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Compl&#232;tement. Nicolas Sarkozy a parfaitement compris &#224; quoi servait la communication. Ce n'est pas juste un accompagnement. Il a int&#233;gr&#233; le fait que l'action et la communication aujourd'hui, dans nos soci&#233;t&#233;s, ne pouvaient pas &#234;tre dissoci&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous dites qu'un des risques majeurs de ce type de communication, c'est la non-priorisation, qui peut conduire &#224; une forme de banalisation de son action et de sa parole.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les Fran&#231;ais veulent un pr&#233;sident qui s'occupe d'eux. Un journaliste de &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; a trouv&#233; une formule tr&#232;s juste : &#171; &lt;i&gt;Avant, c'&#233;tait le Pr&#233;sident dernier recours, aujourd'hui, on a un Pr&#233;sident premier secours.&lt;/i&gt; &#187; La priorisation se posera lorsque viendra l'heure des premiers r&#233;sultats. Pendant les premiers mois, les gens demandent du mouvement. Il faut montrer que la France change. Au moment des r&#233;sultats, comme il n'y en aura &#233;videmment pas dans tous les domaines, il faudra prioriser. Et cela marquera sans doute un changement dans le style de communication pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous pensez qu'il y a d&#233;sacralisation du pr&#233;sident de la R&#233;publique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les Fran&#231;ais ont compris que le pr&#233;sident de la R&#233;publique n'&#233;tait plus de Gaulle. Le Pr&#233;sident doit apporter de la proximit&#233;, ce que n'avaient pas fait Chirac ou Mitterrand, et doit savoir fixer le cap. Or, le fait d'&#234;tre pr&#233;sent tous les jours sur des &#233;v&#233;nements de niveaux diff&#233;rents ne permet pas forc&#233;ment &#224; l'opinion de distinguer ce qui est important de ce qui ne l'est pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous parlez de &#171; hi&#233;rarchisation de l'&#233;motion pr&#233;sidentielle &#187;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le jour o&#249; vous ne pourrez vous rendre sur les lieux d'un drame affreux - gendarme fauch&#233; par une voiture ou pompier br&#251;l&#233; dans un incendie -, on vous demandera pourquoi vous n'y &#233;tiez pas...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui est paradoxal, c'est de parler du manque de proximit&#233; de Chirac par opposition &#224; Nicolas Sarkozy. Quand Chirac est &#233;lu, il prend un bain de foule et va serrer toutes les mains. Quand Sarkozy est &#233;lu, il va d&#238;ner au Fouquet's...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous avez raison, mais la proximit&#233; que les gens proches de Chirac lui reconnaissaient ne se retrouvait pas dans sa communication. C'&#233;tait le choix d'une communication - tr&#232;s professionnelle - d'un homme qui n'avait ni le m&#234;me &#226;ge que Nicolas Sarkozy, ni la m&#234;me familiarit&#233; avec les m&#233;dias. On raille souvent Sarkozy quand il revendique aimer Christian Clavier, la Star Academy, le Tour de France et Johnny. Mais les Fran&#231;ais ont &#233;lu quelqu'un dont ils se disent qu'ils peuvent avoir des points communs avec lui : on a tous quelque chose en nous de Sarkozy.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Journalistes sans vocation</title>
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		<dc:subject>Carte blanche</dc:subject>

		<description>Existe-t-il une vocation journalistique ? Sans aucun doute. Comme pour la chirurgie, l'enseignement ou l'&#233;levage des chevaux. Cet id&#233;al de braver l'interdit pour informer, rendre public ce qui est cach&#233;, est bel et bien &#224; l'origine de la praxis m&#233;diatique. Mais je l'ai rarement rencontr&#233;. La plupart des journalistes que je connais sont des gens curieux de tout, pleins d'esprit, dou&#233;s pour le contact, parfois pique-assiettes ou assoiff&#233;s de reconnaissance, mais rarement fous de v&#233;rit&#233;. Bref, ils n'ont (...)

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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Existe-t-il une vocation journalistique ? Sans aucun doute. Comme pour la chirurgie, l'enseignement ou l'&#233;levage des chevaux. Cet id&#233;al de braver l'interdit pour informer, rendre public ce qui est cach&#233;, est bel et bien &#224; l'origine de la praxis m&#233;diatique. Mais je l'ai rarement rencontr&#233;. La plupart des journalistes que je connais sont des gens curieux de tout, pleins d'esprit, dou&#233;s pour le contact, parfois pique-assiettes ou assoiff&#233;s de reconnaissance, mais rarement fous de v&#233;rit&#233;. Bref, ils n'ont pas tous &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;appel&#233;s&lt;/i&gt; &#187; (c'est le sens &#233;tymologique d'une vocation) &#224; exercer ce m&#233;tier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ils sont entr&#233;s dans la grande confr&#233;rie journalistique pour des tas d'autres raisons, parce qu'il y avait de la lumi&#232;re ou pour r&#233;colter quelques miettes de ce quatri&#232;me pouvoir qui fait fantasmer les puissants. Paradoxalement, je suis sans doute devenu journaliste parce que je n'avais aucune vocation particuli&#232;re, si ce n'est pour l'&#233;criture. Qu'est-ce que tu vas faire plus tard ? En attendant de savoir, j'aurai ma carte de presse. Je pourrai ainsi garder les yeux grands ouverts sur le monde sans m'engager. Rester en retrait, en observateur, conserver intacte ma capacit&#233; critique, ne pas avoir &#224; rendre compte de mes actes. Une mani&#232;re de profiter &#224; l'infini des privil&#232;ges adolescents. Ne pas choisir, garder le sentiment que ma vie est encore devant moi, que tout est toujours possible, quel pied !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette pratique a minima du journalisme, fortement r&#233;pandue, m&#233;rite, &#224; mon sens, une forme d'autocritique. R&#233;aliser une enqu&#234;te &#224; la h&#226;te sur la base de deux id&#233;es re&#231;ues qu'on illustre par trois t&#233;moignages format&#233;s, r&#233;diger un portrait &#224; partir d'informations exclusivement r&#233;colt&#233;es sur Internet, assassiner un film en dix lignes alors qu'il est l'&#339;uvre de plusieurs ann&#233;es de travail, sc&#233;nariser jusqu'&#224; la caricature le drame d'un people...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Autant de pratiques famili&#232;res au journaliste du xxie si&#232;cle. Mais en quoi la v&#233;rit&#233; en sort-elle victorieuse ? Si Socrate &#233;tait parmi nous, il fustigerait notre contemporain en lui attribuant tous les d&#233;fauts du sophiste. Capable de d&#233;fendre avec le m&#234;me aplomb une id&#233;e contraire &#224; celle pour laquelle il mourait la veille, ce journaliste-l&#224; ne fait que colporter la doxa. Il est le porte-voix des th&#232;mes d&#233;battus au caf&#233; du commerce. De ce point de vue, les v&#233;rit&#233;s du carreleur, celles de l'infirmi&#232;re, du boulanger, et m&#234;me celles de l'&#233;boueur peuvent sembler aussi riches : elles ont le m&#233;rite d'&#234;tre en prise avec la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce qui rend ce constat plus &#233;pineux, c'est l'acc&#233;l&#233;ration de l'histoire, et la pression de plus en plus pesante des contraintes &#233;conomiques au sein des r&#233;dactions. Le temps, c'est de l'argent, or la mise au jour de la v&#233;rit&#233; exige au contraire une forme de patience. En outre, chacun sait qu'offrir au public ce qu'il veut, afin de s'assurer la plus large audience possible, n'est pas n&#233;cessairement compatible avec la recherche de l'excellence. &#201;crire avant de savoir vraiment, prendre la parole avant d'avoir r&#233;fl&#233;chi, diffuser des images avant d'en avoir identifi&#233; les enjeux... Tout nous pousse &#224; la pr&#233;cipitation, dans une course effr&#233;n&#233;e &#224; l'information, dont le sens se perd en chemin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sans doute n'est-il pas inutile de red&#233;finir le r&#244;le de l'homme de m&#233;dias. Davantage qu'un m&#233;diateur de l'opinion, ne doit-il pas se poster, par essence, au milieu de la r&#233;alit&#233;, pour en restituer les reliefs les plus complexes ? Garder intact le go&#251;t de la v&#233;rit&#233; va sans doute de pair avec le refus de voir le temps absorb&#233; par la fr&#233;n&#233;sie. Pour que ce m&#233;tier reste une vocation. Au moins chez quelques-uns.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> vaudeville ou trag&#233;die ?</title>
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		<dc:subject>Presse</dc:subject>

		<description>L'achat du Wall Street Journal par Rupert Murdoch a fait les d&#233;lices et les affres de la presse am&#233;ricaine. D&#233;lices, car les d&#233;m&#234;l&#233;s du milliardaire australien avec la famille propri&#233;taire ont tout du roman-feuilleton ; affres, car cet achat met en question l'ind&#233;pendance d'un des bastions du journalisme anglo-saxon. Toute dramaturgie exige des personnages bien typ&#233;s. Ils le sont. Rupert Murdoch occupe le devant de la sc&#232;ne. &#192; 76 ans, le milliardaire australien fait toujours preuve d'une voracit&#233; (...)

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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;L'achat du Wall Street Journal par Rupert Murdoch a fait les d&#233;lices et les affres de la presse am&#233;ricaine. D&#233;lices, car les d&#233;m&#234;l&#233;s du milliardaire australien avec la famille propri&#233;taire ont tout du roman-feuilleton ; affres, car cet achat met en question l'ind&#233;pendance d'un des bastions du journalisme anglo-saxon.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Toute dramaturgie exige des personnages bien typ&#233;s. Ils le sont.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rupert Murdoch occupe le devant de la sc&#232;ne. &#192; 76 ans, le milliardaire australien fait toujours preuve d'une voracit&#233; carnassi&#232;re et d'une habilet&#233; hors du commun. Il a cr&#233;&#233; de toutes pi&#232;ces le troisi&#232;me plus grand groupe de m&#233;dias du monde. Il a tr&#232;s t&#244;t compris qu'Internet r&#233;volutionnait le m&#233;tier, et qu'une vue int&#233;gr&#233;e - presse-radio et t&#233;l&#233;vision-Internet - de l'information, et de l'entertainment, procurait un avantage concurrentiel d&#233;cisif. On dit de lui que dans ses veines coule de l'encre - il sait tout de la presse et de ce qui la rend profitable. Il veut que ses journaux se vendent, et n'h&#233;site pas &#224; faire ce qu'il faut : du choix des &#233;diteurs au ton des titres, il est omnipr&#233;sent. En quelques ann&#233;es, il a fait du &lt;i&gt;Times&lt;/i&gt; de Londres un bon tablo&#239;d - ce qui a peut-&#234;tre sauv&#233; un journal vivotant sur sa gloire pass&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La famille Bancroft contr&#244;le depuis 1902 la compagnie Dow Jones, dont le fleuron est le &lt;i&gt;Wall Street Journal&lt;/i&gt;. Elle n'y joue pas de r&#244;le actif, mais on la dit attach&#233;e &#224; ce qui fait la grandeur du Journal : sa qualit&#233;. Les trente-cinq membres adultes de la tribu cultivent le secret. Bien malin qui y verrait clair dans leurs clans, leurs fondations, leurs trusts en poup&#233;es russes, leurs int&#233;r&#234;ts. On sait seulement que les dividendes de la soci&#233;t&#233; assurent la subsistance de beaucoup d'entre eux - jusqu'&#224; 2 millions de dollars par an pour les plus fortun&#233;s. Pour la compagnie, servir ce dividende passe avant l'investissement.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Pour le &lt;i&gt;Wall Street journal&lt;/i&gt;, pur-sang du journalisme, se retrouver dans les &#233;curies Murdoch en compagnie de canassons tient du cauchemar. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les journalistes et &#233;diteurs du &lt;i&gt;Wall Street&lt;/i&gt; - ils sont pr&#232;s de deux mille, un pour mille lecteurs - s'enorgueillissent de leur journal, un des rares &#233;talons du journalisme professionnel. Ils savent qu'en mati&#232;re d'investigation, ils n'ont gu&#232;re de rivaux. Ce sont eux qui ont r&#233;v&#233;l&#233; les malversations d'Enron. Au plus fort de cette affaire, une quarantaine de reporters assuraient la meilleure des couvertures. Plus r&#233;cemment, le journal a mis au jour le scandale des options antidat&#233;es, et &#233;pingl&#233; sans rel&#226;che les centaines de firmes coupables ou soup&#231;onn&#233;es. Et tout &#231;a dans un quotidien r&#233;put&#233; pour ses positions &#233;ditoriales parmi les plus pro-business, les plus conservatrices qui soient. Pour ce pur-sang du journalisme, se retrouver dans les &#233;curies Murdoch en compagnie de canassons tient du cauchemar.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La com&#233;die estivale s'est jou&#233;e en trois actes. Le premier s'ouvre par un coup d'&#233;clat : le 17 avril 2007, Rupert Murdoch, patron de la News Corporation, offre de racheter Dow Jones et son &lt;i&gt;Wall Street Journal&lt;/i&gt; pour 5 milliards de dollars, deux tiers de plus que ce qu'il vaut en Bourse. C'est une offre que les plus critiques ont qualifi&#233;e de &#171; &lt;i&gt;g&#233;n&#233;reuse&lt;/i&gt; &#187; - on a rarement vu prime aussi substantielle. M. Murdoch sait que seule une offre marquant les esprits a des chances d'aboutir. Et sa g&#233;n&#233;rosit&#233; n'a rien de gratuit : il sent que l'information financi&#232;re au sens large, celle qui englobe la vie &#233;conomique et les entreprises, a le vent en poupe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Contrairement &#224; l'information g&#233;n&#233;raliste qui n'a plus gu&#232;re de valeur marchande, la premi&#232;re se vend de plus en plus cher. Son plan a la simplicit&#233; des grandes strat&#233;gies : mettre la main sur l'un des deux meilleurs prestataires d'information &#233;conomique au monde (l'autre &#233;tant le &lt;i&gt;Financial Times&lt;/i&gt;), et exploiter cette information par tous les moyens, &#224; commencer par la cr&#233;ation d'une grande cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision &#233;conomique sous l'&#233;gide de Fox. Face &#224; cette offre, les journalistes du &lt;i&gt;Wall Street&lt;/i&gt; protestent. La famille Bancroft adopte une position claire et nette : jamais nous ne c&#233;derons le &lt;i&gt;Wall Street Journal&lt;/i&gt; &#224; un propri&#233;taire comme ce monsieur Murdoch, indigne de ce fleuron du vrai journalisme. Nous refusons m&#234;me de le voir pour en parler. Le public applaudit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au deuxi&#232;me acte, la presse soutient son confr&#232;re, lui trouvant tous les m&#233;rites. Et pleuvent les accusations et les soup&#231;ons sur Rupert Murdoch - qui, sous l'averse, affiche la plus grande s&#233;r&#233;nit&#233;. Mais bient&#244;t la fa&#231;ade de la maison Bancroft se l&#233;zarde. L'offre est par trop all&#233;chante, les d&#233;saccords se font jour, et l'on accepte de rencontrer le trublion. Pas pour discuter finances, seulement entendre ce que le nouveau propri&#233;taire ferait pour garantir la qualit&#233; et l'ind&#233;pendance du journal. &#201;clat de rire g&#233;n&#233;ral : les Bancroft aimeraient vendre, mais garder tout le pouvoir !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Au troisi&#232;me acte, les Bancroft montrent leur vrai visage : celui d'une famille de propri&#233;taires incapables de s'entendre pour g&#233;rer une entreprise de presse. Sous leur houlette, Dow Jones s'est enfonc&#233; dans le marasme. De pr&#233;dateur, Rupert Murdoch devient sauveur. C'est lui qui promet d'in-vestir, de pr&#233;server les forces vives du journal, de leur donner une vraie r&#233;sonance mondiale. M&#234;me les journalistes du quotidien semblent baisser la garde. Et l'homme d'affaires sort grandi de n&#233;gociations qui voient les Bancroft capituler face &#224; celui qu'ils avaient couvert d'opprobre. Le contrat de mariage garantit l'ind&#233;pendance journalistique de la mari&#233;e. Tout est-il bien qui finit bien ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La presse am&#233;ricaine s'est d&#233;lect&#233;e de ces p&#233;rip&#233;ties. Mais elle ne s'y est pas tromp&#233;e non plus : la com&#233;die peut &#224; chaque instant devenir trag&#233;die. Si Rupert Murdoch, nouveau propri&#233;taire, faisait du &lt;i&gt;Wall Street&lt;/i&gt; un journal &#224; sensations, servant ses int&#233;r&#234;ts plut&#244;t que l'int&#233;r&#234;t de ses lecteurs pour un journalisme ind&#233;pendant de qualit&#233;, le monde de l'information en serait durablement appauvri - un tel journal ne se cr&#233;ant pas &#224; la baguette magique. On s'interroge : des propri&#233;taires actuels ou du futur propri&#233;taire, qui m&#233;rite le &lt;i&gt;Wall Street Journal&lt;/i&gt; ? Ou encore, plus g&#233;n&#233;ralement, quels devraient &#234;tre les m&#233;rites du propri&#233;taire d'un organe de presse de qualit&#233; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les Bancroft sont des propri&#233;taires distants. &#192; leur actif, on peut mettre leur attachement sentimental au Journal. Ils sont fiers de son r&#244;le, de sa qualit&#233;. Ils se sentent garants de son ind&#233;pendance. &#192; leur passif, on doit pointer leur incomp&#233;tence, ou plus aimablement leur benign neglect (l'expression est de Joe Nocera dans le New York Times du 4 ao&#251;t 2007), c'est-&#224;-dire, litt&#233;ralement, leur n&#233;gligence sans intention de nuire, ou encore leur &#171; &lt;i&gt;tendre indiff&#233;rence&lt;/i&gt; &#187;. Ils n'ont pas su s'organiser pour jouer leur r&#244;le. Ils n'ont pas su mettre en place les dirigeants capables de sortir la compagnie de sa torpeur, de conclure les alliances requises, d'assurer l'avenir &#233;conomique du groupe Dow Jones. Dans un contexte de d&#233;clin de la presse quotidienne, ils n'ont pas su mobiliser les moyens financiers de la survie du &lt;i&gt;Wall Street Journal&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Rupert Murdoch est un propri&#233;taire de proximit&#233;. Homme d'affaires, il est aussi journaliste. Ses quotidiens sont des outils d'influence, de pouvoir, de conqu&#234;te, de profit. Il a des opinions (&#171; &lt;i&gt;les articles du WSJ sont trop longs&lt;/i&gt; &#187;) et les fait conna&#238;tre. Il sait ce que le public aime et il veut le lui donner. Il choisit les dirigeants et les r&#233;dacteurs qui lui conviennent. M&#234;me s'il intervient quand &#231;a lui chante, il n'a pas &#224; le faire syst&#233;matiquement : ses r&#233;dacteurs voient le monde du m&#234;me &#339;il, et savent ce qu'il est bon de faire ou de ne pas faire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Entre les Bancroft et Rupert Murdoch, quel propri&#233;taire choisirait le journaliste ? Les premiers risquent de le priver des moyens de son ind&#233;pendance et de sa qualit&#233;. Le second lui fournit les moyens, mais risque de vouloir soumettre la v&#233;rit&#233; &#224; ses volont&#233;s. Quel que soit le choix du journaliste, ce sont les march&#233;s qui tranchent. Le march&#233; a tranch&#233; en faveur de News Corporation - elle a aval&#233; Dow Jones. Mais la vente ne s'est pas conclue sans un contrat sp&#233;cifique visant &#224; pr&#233;server l'h&#233;ritage journalistique du &lt;i&gt;Wall Street Journal&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Objet de longues tractations, ce contrat compte quatorze pages, publi&#233;es, bien s&#251;r, par le &lt;i&gt;Wall Street Journal&lt;/i&gt; dans son &#233;dition du 1er ao&#251;t 2007 - lendemain de sa signature. Le seul objet du contrat est la nomination et la mise &#224; l'&#233;cart de trois managing editors (r&#233;dacteurs en chef), et la pr&#233;servation de leurs pouvoirs - celui du journal, celui de la page &#233;ditoriale du journal et celui de l'agence de presse Dow Jones Newswires (si ce dernier ne d&#233;pend pas hi&#233;rarchiquement du premier).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un comit&#233; compos&#233; de cinq personnalit&#233;s ind&#233;pendantes a tout pouvoir, sans recours, pour refuser la proposition de News Corporation visant la mise &#224; l'&#233;cart et le remplacement de ces r&#233;dacteurs en chef, et pour trancher en cas de litige sur leur autorit&#233;. Par le contrat, News Corporation adopte &#233;galement, sans limitation de temps, une s&#233;rie de principes de journalisme - du meilleur cru. Le dernier de ces principes concerne sp&#233;cifiquement la libert&#233; du Journal de couvrir avec pr&#233;cision et &#233;quilibre tout ce qui touche aux &#171; &lt;i&gt;int&#233;r&#234;ts commerciaux objectifs et per&#231;us&lt;/i&gt; &#187; de la soci&#233;t&#233; propri&#233;taire.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le texte ne manque pas de faire impression. Il semble avoir apais&#233; une bonne partie des journalistes du Wall Street, et la presse am&#233;ricaine en g&#233;n&#233;ral. Quant au choix contractuel des cinq premiers membres, il ne fait pas l'unanimit&#233;. Si les anciens patrons d'&lt;i&gt;Associated Press&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;Tribune Publishing&lt;/i&gt; &#233;chappent &#224; toute contestation, il n'en va pas de m&#234;me d'un autre membre, Nicholas Negroponte (dirigeant du fameux Media Lab du Massachusetts Institute of Technology (MIT) ; un de ses projets a b&#233;n&#233;fici&#233; d'un don de 2,5 millions de dollars de la News Corporation...). Et la personnalit&#233; du pr&#233;sident, Thomas Bray, un ancien &#233;ditorialiste de&lt;i&gt; Detroit News&lt;/i&gt;, trouble nombre d'observateurs : ils voient en lui un ultraconservateur peu soucieux d'int&#233;grit&#233; journalistique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faudra quelques ann&#233;es pour juger du r&#233;sultat. Pour l'optimiste, le contrat est solide et durable, car il ne fait que refl&#233;ter l'int&#233;r&#234;t bien compris de Rupert Murdoch : seul un &lt;i&gt;Wall Street&lt;/i&gt; au sommet de la profession peut lui procurer les avantages ch&#232;rement acquis. Pour le pessimiste, le contrat n'est qu'un voile permettant aux Bancroft de sauver la face (et s'enrichir) : monsieur Murdoch ou ses descendants n'en feront, comme la logique de la propri&#233;t&#233; le veut, qu'&#224; leur t&#234;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'enjeu est de taille. Pour en avoir la preuve, il suffit de suivre l'affaire en lisant... le &lt;i&gt;Wall Street Journal&lt;/i&gt; ! Tout y est : une information d&#233;taill&#233;e, des enqu&#234;tes approfondies, men&#233;es et r&#233;dig&#233;es selon les r&#232;gles de l'art, des documents complets. Au sommet de son art, le journal a publi&#233;, d&#233;but juin, le r&#233;sultat de deux grandes recherches - ne cachant rien des qualit&#233;s et des travers de leurs sujets : la premi&#232;re sur les Bancroft ; la seconde sur Rupert Murdoch. Pourvu que &#231;a dure !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> un hebdo atypique</title>
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		<dc:date>2008-07-22T13:30:53Z</dc:date>
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		<dc:subject>Presse</dc:subject>

		<description>Asia News est une sorte de coop&#233;rative de presse. Son objectif ? Prendre de la distance et analyser les questions r&#233;gionales d'un point de vue asiatique. Bas&#233; &#224; Bangkok, cet hebdomadaire publie une s&#233;lection d'articles extraits de ses quinze journaux partenaires. En anglais, qui n'est pourtant la langue officielle d'aucun des pays de la zone... Bangkok, 8 heures du matin. Perch&#233;e au sommet d'une tour moderne, la r&#233;daction d'Asia News appr&#233;cie le soulagement que lui procure un puissant climatiseur. (...)

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&lt;a href="http://www.revue-medias.com/+-presse,34-+.html" rel="tag"&gt;Presse&lt;/a&gt;

		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Asia News est une sorte de coop&#233;rative de presse. Son objectif ? Prendre de la distance et analyser les questions r&#233;gionales d'un point de vue asiatique. Bas&#233; &#224; Bangkok, cet hebdomadaire publie une s&#233;lection d'articles extraits de ses quinze journaux partenaires. En anglais, qui n'est pourtant la langue officielle d'aucun des pays de la zone...&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bangkok, 8 heures du matin. Perch&#233;e au sommet d'une tour moderne, la r&#233;daction d'&lt;i&gt;Asia News&lt;/i&gt; appr&#233;cie le soulagement que lui procure un puissant climatiseur. Dehors brille un soleil aveuglant. Dans la rue, la chaleur est accablante, aggrav&#233;e par des embouteillages qui s'&#233;tendent &#224; perte de vue.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais Yasmin, Philip et Karen, concentr&#233;s sur les &#233;crans de leurs ordinateurs, ne s'en soucient gu&#232;re. Nous sommes vendredi, l'hebdo vient de para&#238;tre, et d&#233;j&#224; il faut pr&#233;parer le suivant. Leur instrument de travail est le copi&#233;-coll&#233;. Mais ce ne sont pas pour autant des plagiaires : le contenu d'&lt;i&gt;Asia News&lt;/i&gt; est constitu&#233; pour l'essentiel d'une s&#233;lection d'articles extraits de journaux asiatiques partenaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le projet est n&#233; il y a sept ans, &#224; Manille, lors d'un s&#233;minaire financ&#233; par la Fondation Konrad Adenauer. Une dizaine de r&#233;dacteurs en chef venus de l'Asie de l'Est et du Sud-Est envisagent de partager les contenus de leurs journaux. Nous sommes au lendemain de la crise financi&#232;re asiatique (1997). Ils souhaitent comprendre pourquoi certains pays de la zone ont mieux r&#233;sist&#233; que d'autres, comment les pouvoirs publics ont r&#233;agi, quelles sont les cons&#233;quences sociales. Or, il n'existe aucune publication r&#233;gionale grand public de r&#233;f&#233;rence, aucun &lt;i&gt;Times&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;Newsweek&lt;/i&gt; capable de prendre de la distance et d'analyser les questions r&#233;gionales d'un point de vue asiatique. &lt;i&gt;Asia News&lt;/i&gt; est n&#233;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &lt;i&gt;Asia News&lt;/i&gt; n'est pas pour autant un &lt;i&gt;Courrier International&lt;/i&gt; asiatique, ni sur le plan &#233;ditorial ni d'un point de vue &#233;conomique. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le concept est simple : une r&#233;daction bas&#233;e &#224; Bangkok, dans les locaux du groupe multim&#233;dia The Nation, pr&#233;l&#232;ve chaque semaine dans les pages des quinze journaux partenaires1 une s&#233;lection d'articles rendant compte de l'actualit&#233; nationale et r&#233;gionale. Au sommaire, outre la cover story, un choix d'&#233;ditoriaux, des portraits crois&#233;s, des reportages transversaux, un agenda des grands rendez-vous. Si les d&#233;lais de production emp&#234;chent de traiter l'actualit&#233; chaude, en revanche l'organisation de la r&#233;daction permet de couvrir des sujets de synth&#232;se n&#233;glig&#233;s ailleurs, en particulier sur les questions sociales ou les sujets li&#233;s &#224; la sant&#233; publique. Les illustrations sont abondantes, et m&#234;me excellentes : &lt;i&gt;Asia News&lt;/i&gt; reproduit les meilleures photos s&#233;lectionn&#233;es par les r&#233;dactions du r&#233;seau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Asia News&lt;/i&gt; n'est pas pour autant un &lt;i&gt;Courrier International&lt;/i&gt; asiatique, ni sur le plan &#233;ditorial ni d'un point de vue &#233;conomique. Le magazine est davantage un projet coop&#233;ratif qu'un business. La r&#233;daction est constitu&#233;e de journalistes professionnels d&#233;tach&#233;s de leurs journaux et mis &#224; disposition pour une dur&#233;e allant de six mois &#224; un an. Ils continuent d'&#234;tre pay&#233;s par leur m&#233;dia d'origine, qu'ils regagneront ensuite. Il s'agit souvent de sp&#233;cialistes des relations internationales. Leur affectation au projet constitue un privil&#232;ge : c'est une sorte de formation compl&#233;mentaire avant l'attribution de fonctions plus importantes au sein de leur journal. Du moins, en th&#233;orie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car, dans la pratique, tous les partenaires ne jouent pas le jeu de la m&#234;me mani&#232;re. &#171; &lt;i&gt;Il n'y a pas de Japonais ni de Cor&#233;ens dans notre &#233;quipe&lt;/i&gt; &#187;, observe Philip Golingai, &#171; pr&#234;t&#233; &#187; par le quotidien malaisien &lt;i&gt;The Star&lt;/i&gt;, &#171; &lt;i&gt;car leurs salaires sont trop &#233;lev&#233;s et le co&#251;t pour leurs journaux serait trop important&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Et en plus, ils parlent mal anglais&lt;/i&gt; &#187;, ajoute, perfide, Yasmin Lee Arpon, originaire des Philippines. En poste &#224; Bangkok depuis plus d'un an, la jeune femme a pr&#233;f&#233;r&#233;... y rester. Elle fait maintenant partie du staff permanent de la r&#233;daction. &#171; &lt;i&gt;C'est un choix personnel : la vie &#224; Bangkok est passionnante. Mais c'est aussi un besoin professionnel. Pour faire tourner le magazine, il faut un minimum de continuit&#233;. Le personnel &#233;ditorial tourne vite ; il faut une base permanente pour former et veiller aux passages de relais.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La ligne &#233;ditoriale est fix&#233;e par les directeurs des journaux partenaires, qui se r&#233;unissent deux fois par an. &#171; &lt;i&gt;Il n'y a pas de sujet tabou&lt;/i&gt;, affirme Pana Janviroj, directeur de la r&#233;daction (et pr&#233;sident du quotidien tha&#239;landais &lt;i&gt;The Nation&lt;/i&gt;), &lt;i&gt;mais nous sommes sensibles au respect de certains &#233;quilibres. Nous constituons un r&#233;seau assez homog&#232;ne, malgr&#233; la diversit&#233; des pays d'origine. Notre ambition est d'offrir une couverture locale permettant d'identifier des probl&#233;matiques &#233;mergentes. En quelque sorte, nous voulons &#234;tre l'&#233;quivalent de la Far Eastern Review &#233;crite &#224; partir de la rue, pour r&#233;pondre aux questions qui viennent de la rue.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_275 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/Asia-2.jpg&quot; title='' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L324xH166/Asia-2-531dc-6995b.jpg' width='324' height='166' alt='' style='height:166px;width:324px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Il n'y a pas de sujet tabou, mais nous sommes sensibles au respect de certains &#233;quilibres. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le choix des partenaires est fond&#233; sur plusieurs crit&#232;res. Le plus important : la langue. &lt;i&gt;Asia News&lt;/i&gt; est publi&#233; en anglais, qui n'est pourtant la langue officielle d'aucun pays de la zone. Seuls des journaux anglophones peuvent entrer dans le r&#233;seau. La raison est simple : il faut que la r&#233;daction de Bangkok puisse lire cette presse instantan&#233;ment, sans frais de traduction. Il faut aussi pouvoir reproduire les articles tels quels, &#224; quelques co&#251;ts d'&#233;dition pr&#232;s. Deuxi&#232;me crit&#232;re : les journaux doivent appartenir &#224; des ressortissants locaux, publics ou priv&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Nous n'avons pas de partenaire au Cambodge, car le Phnom Penh Post et le Cambodia Daily appartiennent &#224; des &#233;trangers. Nous rencontrons le m&#234;me probl&#232;me au N&#233;pal&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;plore Pana Janviroj, car le principal quotidien anglophone est aux mains des Indiens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous attendons aussi un minimum d'ind&#233;pendance face aux pouvoirs publics. Le Manila Times, qui faisait partie des premiers titres du r&#233;seau, a d&#251; &#234;tre exclu. &#192; l'inverse, le China Daily, parce qu'il est publi&#233; en anglais, se permet un ton qui ne passerait peut-&#234;tre pas en Chine si ce quotidien &#233;tait publi&#233; en chinois.&lt;/i&gt; &#187; En principe, un seul partenaire par pays, m&#234;me s'il y a des exceptions (la Malaisie en compte deux).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D'un point de vue &#233;conomique, le projet n'est pas rentable et ne semble pas envisager de le devenir avant longtemps. Pour l'essentiel, les 20 000 exemplaires du magazine sont distribu&#233;s gratuitement par des compagnies a&#233;riennes partenaires (Thai Airways, Singapore Airways, Lufthansa, United Airlines, All Nippon Airways...) et via une s&#233;lection d'h&#244;tels cinq &#233;toiles. Environ 20 % du tirage est distribu&#233; par des canaux propres aux journaux partenaires, et 5 % sont vendus en kiosque en Tha&#239;lande. &#171; &lt;i&gt;Il est extr&#234;mement difficile de commercialiser dans l'ensemble de l'Asie un magazine r&#233;gional en langue anglaise&lt;/i&gt; &#187;, explique Pana Janviroj. Outre la barri&#232;re de la langue, qui exclut une grande partie du lectorat potentiel, il faut composer avec des l&#233;gislations locales complexes, contraignantes et co&#251;teuses, dans une r&#233;gion o&#249; la plupart des pays sont plus lib&#233;raux sur le plan &#233;conomique que dans le domaine de la libert&#233; de la presse... &#171; &lt;i&gt;Gr&#226;ce &#224; la gratuit&#233; de la r&#233;daction et du contenu, gr&#226;ce &#224; Internet et au mail, notre budget se maintient &#224; un niveau tr&#232;s modeste : 300 000 dollars, dont les deux tiers couvrent les frais d'impression.&lt;/i&gt; &#187; Les recettes proviennent principalement de la publicit&#233; (le magazine touche 150 000 lecteurs &#224; hauts revenus ou influents dans leur domaine de comp&#233;tence) et du soutien de la Fondation Adenauer, qui prend en charge les frais de d&#233;placement des journalistes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Asia News&lt;/i&gt; n'est pas un nouveau mod&#232;le de presse et refuse l'appellation de &#171; &lt;i&gt;gratuit&lt;/i&gt; &#187; : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes une publication de prestige&lt;/i&gt; &#187;, corrige Pana Janviroj. Les projets de d&#233;veloppement semblent en effet davantage inspir&#233;s par le d&#233;sir d'&#233;tendre le r&#233;seau (le Vientiane Times vient d'&#234;tre admis ; des prospections sont en cours au Pakistan), d'am&#233;liorer la qualit&#233; de l'information et le service aux lecteurs, que par un souci de rentabilit&#233; imm&#233;diate. Confiante en elle-m&#234;me et forte de l'extraordinaire r&#233;seau de contacts r&#233;gionaux b&#226;tis au fil du temps, la r&#233;daction envisage d'accro&#238;tre de plus en plus la part du contenu original qu'elle produit directement. Quitte, un jour, &#224; le proposer aux journaux qui lui ont donn&#233; naissance... C'est d&#233;j&#224; le cas de certains articles post&#233;s sur le site Internet (&lt;a href='http://www.asianews.net/' class='spip_out' rel='external'&gt;www.AsiaNews.net&lt;/a&gt;) ou dans la newsletter quotidienne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>au coeur de la forteresse</title>
		<link>http://www.revue-medias.com/au-coeur-de-la-forteresse,420.html</link>
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		<dc:subject>Presse</dc:subject>
		<dc:subject>Schwartzenberg</dc:subject>

		<description>S'agissant de la crise de la presse quotidienne fran&#231;aise, le puissant syndicat du Livre est rarement mis sur la sellette. Dans &#171; Sp&#233;ciale derni&#232;re &#187;, Emmanuel Schwartzenberg remet, vertement, quelques pendules &#224; l'heure. Le syndicat du Livre a-t-il encore un monopole &#224; l'embauche ? Oui, m&#234;me si la loi fran&#231;aise l'interdit. C'est une tol&#233;rance qui survit depuis 1944. C'est pourtant contraire &#224; la Constitution, qui consacre le pluralisme syndical ? La loi est une chose, son application en est une autre. (...)

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&lt;a href="http://www.revue-medias.com/+-presse,34-+.html" rel="tag"&gt;Presse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.revue-medias.com/+-schwartzenberg,177-+.html" rel="tag"&gt;Schwartzenberg&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L150xH101/arton420-e5442.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='101' class='spip_logos' style='height:101px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;S'agissant de la crise de la presse quotidienne fran&#231;aise, le puissant syndicat du Livre est rarement mis sur la sellette. Dans &#171; Sp&#233;ciale derni&#232;re &#187;, Emmanuel Schwartzenberg remet, vertement, quelques pendules &#224; l'heure.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le syndicat du Livre a-t-il encore un monopole &#224; l'embauche ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, m&#234;me si la loi fran&#231;aise l'interdit. C'est une tol&#233;rance qui survit depuis 1944.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est pourtant contraire &#224; la Constitution, qui consacre le pluralisme syndical ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La loi est une chose, son application en est une autre. On peut tr&#232;s bien sauvegarder une pratique illicite en oubliant de la sanctionner. Personne n'a jamais os&#233; d&#233;noncer cette ill&#233;galit&#233;. Les &#233;diteurs pas plus que les autres syndicats, Force ouvri&#232;re, la CFDT ou Sud.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parce que le syndicat du Livre &#233;tait l'aristocratie de la CGT, son fer de lance, sa garde rapproch&#233;e, son bras arm&#233; et la branche dans laquelle il pouvait avoir le plus confiance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Attaquer ce sanctuaire, c'&#233;tait entrer en conflit ouvert avec le Parti communiste et la CGT. Comme tout est rapport d'&#233;quilibre, les autres syndicats n'avaient pas int&#233;r&#234;t &#224; affronter la CGT avec laquelle ils &#233;taient amen&#233;s &#224; collaborer. De leur c&#244;t&#233;, les &#233;diteurs, qui sont d&#233;pendants de ce syndicat, n'allaient pas partir en guerre. Le seul &#224; l'avoir tent&#233;, c'est &#201;milien Amaury en 1975. Mal lui en a pris : de 750 000 exemplaires vendus, &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; est tomb&#233; &#224; 350 000 ventes un an et demi apr&#232;s le conflit. Il voulait licencier quelques centaines d'ouvriers du Livre. Apr&#232;s sa mort - accident de cheval -, le groupe est parvenu &#224; un accord qui pr&#233;voyait de reclasser tous les ouvriers licenci&#233;s du &lt;i&gt;Parisien&lt;/i&gt; au sein des Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne (NMPP). Le Livre a remport&#233; une &#233;norme bataille puisqu'il a conserv&#233; son influence et ses emplois, pay&#233;s par tous les autres &#233;diteurs. Apr&#232;s cela, l'id&#233;e m&#234;me de bataille a &#233;t&#233; abandonn&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le syndicat du Livre a encore un pouvoir assez fort pour faire peur aux patrons de presse ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le pr&#233;-presse - ceux qui travaillaient dans la composition, la photogravure, la mise en forme des articles - a disparu. On les retrouve d&#233;sormais au sein des r&#233;dactions. Au &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, des ouvriers du Livre travaillent au service photo. Au &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt;, ils sont secr&#233;taires de r&#233;daction, comme aux &lt;i&gt;&#201;chos&lt;/i&gt;. Et les rotativistes sont toujours l&#224;. Sur une rotative, vous avez des boutons rouges. Il suffit d'appuyer sur l'un d'eux et tout s'arr&#234;te. Vous pouvez &#233;galement faire tomber un crayon dans la rotative, lorsqu'elle tourne, et la plaque d'impression sera d&#233;chiquet&#233;e. Les moyens de ralentir l'impression d'un journal sont nombreux.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_273 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/E-S--24-09-07_018_HD.jpg&quot; title='photo : Pierre Payan' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L324xH217/E-S--24-09-07_018_HD-76026-51fac.jpg' width='324' height='217' alt='photo : Pierre Payan' style='height:217px;width:324px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-273 spip_doc_titre' style='width:324px;'&gt;&lt;strong&gt;photo : Pierre Payan&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tradition communiste ou anarcho-syndicaliste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En ao&#251;t 1944, la presse de la collaboration se porte tr&#232;s bien : &lt;i&gt;L'&#338;uvre, Le Petit Parisien&lt;/i&gt; - dirig&#233; par Jacques Doriot, un des journaux les plus &#233;pouvantables que l'on puisse imaginer -, l'hebdomadaire &lt;i&gt;Au Pilori&lt;/i&gt;... Le papier est rare, mais la presse est quand m&#234;me lue par 4 millions de personnes chaque jour. Le 24 ao&#251;t, Paris est lib&#233;r&#233;. Le nouveau gouvernement a une obsession : faire repara&#238;tre les journaux le plus vite possible. Il faut que les imprimeries qui tiraient les journaux de la collaboration sortent les nouveaux journaux issus de la clandestinit&#233;. Un repr&#233;sentant - ou plut&#244;t, un ben&#234;t - du ministre de la Justice de l'&#233;poque les r&#233;unit rue du Croissant le 24 ao&#251;t et leur dit : &#171; &lt;i&gt;Il faut lib&#233;rer la presse des forces de l'Occupation.&lt;/i&gt; &#187; Ils vont sauter sur l'occasion, accepter et obtenir du coup le monopole d'embauche et le monopole syndical. Ces gens-l&#224;, pour la plupart, avaient collabor&#233;, et politiquement, &#233;taient un peu anarcho-syndicalistes : ni Est, ni Ouest. Il y avait certainement quelques communistes aussi, mais &#224; cette &#233;poque, ils &#233;taient plut&#244;t dans la R&#233;sistance, ils devaient se planquer. C'est seulement en 1945-1947 qu'ils ont pris le contr&#244;le du syndicat du Livre, et en ont exclu progressivement les anarcho-syndicalistes r&#233;duits au bastion du syndicat des correcteurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Aujourd'hui, le syndicat du Livre est toujours communiste ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La LCR a s&#251;rement obtenu quelques entr&#233;es...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans votre livre, vous faites allusion &#224; la violence physique qui r&#232;gne en son sein.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'accident de cheval d'&#201;milien Amaury est arriv&#233; &#224; point nomm&#233;. Impossible de dire s'il s'agissait ou non d'un accident. En tout cas, &#231;a arrangeait tout le monde. Un cavalier &#233;m&#233;rite dont la mort r&#233;sout &#224; ce point un conflit...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Certains ont fait un rapprochement avec la tentative d'attentat contre Andr&#233; Bergeron, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de Force ouvri&#232;re, et la mort d'un journaliste de l'AFP qui portait le m&#234;me nom qu'un des r&#233;dacteurs en chef du Parisien.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aucun &#233;l&#233;ment ne permet de dire qui est responsable de quoi. C'&#233;tait la guerre totale. Le Parisien avait jou&#233; le jeu du syndicat pendant trente ans ; le jour o&#249; il a d&#233;cid&#233; d'y mettre fin, ils ont &#233;videmment r&#233;agi avec violence. Beaucoup de haine parce qu'il y avait eu beaucoup d'amour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce n'est pas une r&#233;ponse. Dans n'importe quelle autre circonstance, il y aurait eu enqu&#234;te de police et on aurait arr&#234;t&#233; les coupables.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On a toujours tout r&#233;gl&#233; en famille. Il peut y avoir des d&#233;tournements d'argent, de papier, personne n'a jamais port&#233; plainte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lors de l'arriv&#233;e des gratuits, c'est encore le syndicat du Livre qui a jet&#233; les journaux dans la rue et cass&#233; la gueule aux vendeurs.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et les patrons de presse, au d&#233;part, &#233;taient contents. C'&#233;taient leurs gros bras, leur service d'ordre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre livre ne serait pas sorti il y a vingt ans ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;M&#234;me cinq ans.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dangereux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, pour moi et pour les gens qui m'auraient parl&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez eu des r&#233;actions n&#233;gatives ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des r&#233;actions inqui&#232;tes de la part de certains &#233;diteurs qui voudraient bien voir les r&#233;v&#233;lations de ce livre appartenir au pass&#233;. En revanche, certains syndicalistes du Livre, sans le voir d'un bon &#339;il, ne s'en alarment pas trop parce qu'ils se sentent suffisamment forts pour continuer de revendiquer des avantages, des salaires aussi importants.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ils gagnent combien ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un ouvrier du Livre gagne la m&#234;me chose au d&#233;but de sa carri&#232;re &#224; 20 ans que lorsqu'il part &#224; 50 ans : 4 500 euros. Le cadre, lui, gagne 6 500 euros. Certains accords d'entreprises vont m&#234;me au-del&#224;. &lt;i&gt;Le Figaro, Le Monde, Le Parisien&lt;/i&gt; accordent des salaires plus &#233;lev&#233;s pour pr&#233;server la paix sociale. En outre, les salari&#233;s n'occupent jamais longtemps le m&#234;me poste. Un jour, sur une rotative, le lendemain, &#224; l'exp&#233;dition des journaux, et le troisi&#232;me jour, affect&#233; &#224; une autre t&#226;che technique : on ne peut jamais le suivre et il ne sera jamais sanctionn&#233;. C'est un syst&#232;me tr&#232;s performant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous dites que les ouvriers du Livre ont &#233;t&#233; reclass&#233;s dans les r&#233;dactions. Les journalistes qui d&#233;butent ne gagnent &#233;videmment pas ces sommes-l&#224; : c'est accept&#233; par tout le monde ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les journalistes n'ont pas le choix. Ils devraient mieux d&#233;fendre leurs int&#233;r&#234;ts, mais paradoxalement, certains comptent sur les ouvriers du Livre pour cela. Par exemple, le r&#233;dacteur en chef technique de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt; est un ancien ouvrier du Livre. Il est entr&#233; en m&#234;me temps que Joffrin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les m&#339;urs du syndicat pourraient donc se retrouver dans les r&#233;dactions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, parce qu'ils sont plus efficaces que les journalistes quand il s'agit de d&#233;fendre leur cause.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sultat, le prix de revient de l'impression d'un quotidien ici, par rapport &#224; d'autres pays europ&#233;ens, est beaucoup plus important ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plus de 20 % plus cher.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce une des explications de la crise de la presse ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle n'est pas la seule. Les journalistes aussi peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme responsables de cette crise. Mais quand autant d'argent doit &#234;tre affect&#233; &#224; l'impression et &#224; la distribution - secteur dans lequel les ouvriers du Livre sont &#233;galement pr&#233;sents depuis 1947 -, il vous en reste moins pour la r&#233;daction et les points de vente - kiosques et maisons de la presse qui, eux, sont tr&#232;s mal pay&#233;s. Vous avez donc un contenu moins riche et vous avez du mal &#224; vendre vos journaux... Concr&#232;tement, quand vous vendez un journal 1 euro, 40 centimes vont &#224; l'imprimerie, 40 &#224; la distribution et 10 &#224; la cha&#238;ne du papier. Avec les 10 centimes restant, vous devez payer l'administration, la location des bureaux, l'assurance, et la r&#233;daction. D&#232;s le d&#233;part, un quotidien national est pieds et poings li&#233;s &#224; la publicit&#233;. Il ne peut vivre que gr&#226;ce &#224; elle et se retrouve quasiment dans la situation d'un gratuit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il n'y a jamais eu de tentative politique pour trouver une solution &#224; cette question du syndicat du Livre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En 1983, Martine Aubry, alors ministre du Travail, a rencontr&#233; Jean Miot et Robert Hersant, avec l'accord du gouvernement socialiste de l'&#233;poque, et leur a propos&#233; de mettre fin au syndicat du Livre. Ils ont cat&#233;goriquement refus&#233;. Quand Robert Hersant est mort, Alain Jupp&#233; a organis&#233; un d&#233;jeuner avec Maurice Gourdault-Montagne, son directeur de cabinet, et Yves de Chaisemartin, pr&#233;sident de la Socpress et du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt;. Il leur a propos&#233; de cr&#233;er un fonds de modernisation qui aurait signifi&#233; la mort du syndicat du Livre. Chaisemartin, comme Hersant pr&#233;c&#233;demment, a r&#233;pondu : &#171; &lt;i&gt;Je n'ai pas besoin d'argent, mais de tanks.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, ils ont refus&#233; ce sc&#233;nario pour plusieurs raisons. Tout d'abord, aucun de ces dirigeants d'entreprise, &#224; l'exception peut-&#234;tre de Robert Hersant, n'avait un pouvoir financier suffisant pour faire face &#224; un conflit de longue dur&#233;e, &#224; la diff&#233;rence d'un Rupert Murdoch. Surtout, ils ne savaient pas si, au bout du compte, ils n'en feraient pas les frais. Quand vous &#234;tes propri&#233;taire, comme l'&#233;tait Amaury, ou Bollor&#233; aujourd'hui, vous pouvez initier le conflit, personne ne vous mettra dehors. Mais si vous &#234;tes employ&#233; ou, comme au &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;, aujourd'hui Jeantet, hier Colombani avec un actionnariat &#233;clat&#233;, comment prendre un tel risque ? Et puis, certains y ont vu un alli&#233; contre toute concurrence. Les tarifs &#233;lev&#233;s du syndicat du Livre bloquent, en effet, le march&#233;. Depuis 1974, date de cr&#233;ation de &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, il n'y a pas eu un seul quotidien national qui ait r&#233;ussi &#224; s'implanter en France. Regardez le &lt;i&gt;Bild&lt;/i&gt;. Il a finalement renonc&#233; &#224; se lancer. Les Espagnols aussi &#233;taient tent&#233;s de s'installer. Mais le syst&#232;me fran&#231;ais est totalement verrouill&#233;, et les &#233;diteurs finalement en profitent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est valable pour la presse quotidienne r&#233;gionale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est diff&#233;rent. Le syndicat du Livre y est pr&#233;sent, mais les co&#251;ts de distribution sont moindres puisqu'ils n'ont pas besoin d'&#234;tre distribu&#233;s sur toute la France. Du coup, les &#233;trangers arrivent, rach&#232;tent. Alors que la presse quotidienne nationale n'int&#233;resse personne. Certes,&lt;i&gt; Le Monde&lt;/i&gt; compte &lt;i&gt;El Pais&lt;/i&gt; parmi ses actionnaires, et le fondateur de &lt;i&gt;La Repubblica&lt;/i&gt; a donn&#233; un coup de main &#224; &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, mais c'est marginal. Aucun d'entre eux ne s'est r&#233;ellement port&#233; acqu&#233;reur.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_272 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/E-S--24-09-07_073_HD.jpg&quot; title='photo : Pierre Payan' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L324xH219/E-S--24-09-07_073_HD-42dbb-931cd.jpg' width='324' height='219' alt='photo : Pierre Payan' style='height:219px;width:324px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-272 spip_doc_titre' style='width:324px;'&gt;&lt;strong&gt;photo : Pierre Payan&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Si Nicolas Sarkozy veut supprimer les r&#233;gimes sp&#233;ciaux, il lui faudra aussi s'attaquer &#224; l'&#233;dition. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La CGT du Livre aura simplement permis &#224; la France de garder des capitalistes fran&#231;ais &#224; la t&#234;te des journaux fran&#231;ais ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle aura abouti &#224; l'&#233;viction des &#233;diteurs traditionnels, &#224; l'exception du groupe Amaury, et &#224; l'arriv&#233;e des industriels - qui ont des moyens illimit&#233;s mais qui se d&#233;sint&#233;resseront de la presse d&#232;s qu'elle ne constituera plus un enjeu de pouvoir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi cette l&#226;chet&#233; des politiques, en dehors de Jupp&#233; et Aubry ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une presse financi&#232;rement fragile est plus facile &#224; mettre sous tutelle. Se sentant coupables de maintenir ce syndicat en place, ils subventionnent les imprimeries pour obtenir une forme de cl&#233;mence des quotidiens &#224; leur &#233;gard.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est le co&#251;t pour le contribuable ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le co&#251;t total d'un licenciement avait &#233;t&#233; estim&#233; &#224; 90 000 euros, charges sociales comprises. En r&#233;alit&#233;, il co&#251;te 368 000 euros pour un ouvrier et 608 000 euros pour un cadre. Comme l'&#201;tat en prend &#224; sa charge 46 %, faites le calcul. Si Nicolas Sarkozy veut supprimer les r&#233;gimes sp&#233;ciaux, il lui faudra aussi s'attaquer &#224; l'&#233;dition...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ils sont encore nombreux, aujourd'hui, au syndicat du Livre ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;600 &#224; 800 dans les imprimeries parisiennes. Ils ont &#233;t&#233; jusqu'&#224; 3 000.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est un syndicat riche ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui. Le comit&#233; d'entreprise des NMPP que contr&#244;le le syndicat du Livre touche 2,5 % du chiffre d'affaires de l'entreprise, quand, partout ailleurs, la r&#232;gle est de 1 %. De plus, ils font leur petit commerce avec les plaques d'imprimerie... Ils ont des caisses de solidarit&#233; importantes et aujourd'hui, ils pourraient tenir le coup longtemps. Ils ont aussi une notion de leur int&#233;r&#234;t collectif bien compris. Tous ces avantages doivent profiter au syndicat et si l'un d'entre eux d&#233;cidait de r&#233;cup&#233;rer un de ces avantages &#224; son profit personnel, les sanctions seraient terribles. On l'a d&#233;j&#224; vu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il existe des dissensions au sein du syndicat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De plus en plus. Pour des questions de personnes et des questions id&#233;ologiques, dues en partie &#224; la baisse d'influence de la CGT et &#224; celle du Parti communiste. Malgr&#233; cela, la CGT a &#233;labor&#233; une strat&#233;gie qui finira bien par voir le jour, &#224; l'instigation de Bernard Thibault : il s'agit de cr&#233;er un grand syndicat de la communication, un &#171; &lt;i&gt;super syndicat du Livre&lt;/i&gt; &#187; qui s'occuperait de toutes les activit&#233;s des salari&#233;s employ&#233;s dans les m&#233;dias. S'ils r&#233;ussissent, cela leur donnera une force de frappe bien plus importante. Il est plus facile de d&#233;fendre une branche si vous mettez tout le monde en gr&#232;ve. Aujourd'hui, si seuls les quotidiens se mettent en gr&#232;ve, &#231;a touche moins l'&#233;conomie que si vous n'avez plus de t&#233;l&#233; ou de radio. C'est &#224; cela qu'ils travaillent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#199;a peut encore durer longtemps ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans un d&#233;lai de cinq ans, si la baisse des ventes et de la publicit&#233; se poursuit, ce sera la fin des quotidiens nationaux et l'arriv&#233;e de groupes &#233;trangers sur un march&#233; fran&#231;ais assaini. C'est in&#233;vitable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Institut Montaigne, fond&#233; et pr&#233;sid&#233; par Claude B&#233;b&#233;ar, une des figures du patronat fran&#231;ais, propose de supprimer toutes les aides le jour o&#249; le syndicat du Livre aura disparu. Il a raison ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On ne peut pas pr&#233;senter les choses aussi simplement. Pour son malheur, le secteur b&#233;n&#233;ficie principalement d'aides fiscales. Or, il vaudrait mieux imaginer un syst&#232;me qui ouvre le march&#233; au lieu de le fermer. Par exemple, la grande distribution a le droit maintenant de faire de la publicit&#233; &#224; la t&#233;l&#233;vision. Pendant quinze ans, vingt ans, la presse s'est battue contre cette ouverture in&#233;luctable. Au lieu de s'opposer au sens de l'histoire, elle aurait d&#251; demander un pr&#233;l&#232;vement &#224; son profit. En outre, la plupart des aides ne b&#233;n&#233;ficient pas directement &#224; la presse : si vous &#234;tes propri&#233;taire d'une imprimerie, vous touchez les aides &#224; l'imprimerie, mais si vous vous appelez &lt;i&gt;La Tribune, Lib&#233;ration&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;La Croix&lt;/i&gt;, vous n'en voyez pas la couleur !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le syndicat a longtemps &#233;t&#233; dirig&#233; par Roger Lancry. Quel genre de personnage est-il ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tr&#232;s sympathique, pas du tout ennuyeux. Et pour arriver &#224; maintenir un syst&#232;me d'une telle perfection, il faut d&#233;velopper des tr&#233;sors d'intelligence. Les syndicalistes ne sont pas tous des brutes &#233;paisses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est l'aristocratie ouvri&#232;re ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La plus grande, oui. Un mod&#232;le de r&#233;ussite. Et c'est sans doute ce qui a fascin&#233; les patrons.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_274 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/ES-couv.jpg&quot; title='&quot;Sp&#233;ciale derni&#232;re. Qui veut la mort de la presse quotidienne fran&#231;aise ?&quot;, &#233;ditions Calmann-L&#233;vy, septembre 2007.' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L210xH324/ES-couv-e8278-f80ac.jpg' width='210' height='324' alt='&quot;Sp&#233;ciale derni&#232;re. Qui veut la mort de la presse quotidienne fran&#231;aise ?&quot;, &#233;ditions Calmann-L&#233;vy, septembre 2007.' style='height:324px;width:210px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-274 spip_doc_titre' style='width:210px;'&gt;&lt;strong&gt;&quot;Sp&#233;ciale derni&#232;re. Qui veut la mort de la presse quotidienne fran&#231;aise ?&quot;, &#233;ditions Calmann-L&#233;vy, septembre 2007.&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Nous habitons tous &#224; l'int&#233;rieur des m&#233;dias</title>
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		<dc:subject>Carte blanche</dc:subject>

		<description>La soci&#233;t&#233; du spectacle est derri&#232;re nous. Cette notion, apparue sous la plume de Guy Debord, n'est plus pertinente pour analyser le monde contemporain. Dans la soci&#233;t&#233; d'alors, les m&#233;dias jouaient un r&#244;le de transformateur : ils changeaient en spectacle des pans entiers d'existence ou des &#233;v&#233;nements d&#233;coup&#233;s dans la r&#233;alit&#233;. La soci&#233;t&#233; du spectacle supposait une coupure entre le spectateur et le spectacle, le spectacle et le r&#233;el. Il y avait la sc&#232;ne, d'un c&#244;t&#233;, le public ou le r&#233;el, de l'autre. Une (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L100xH150/arton419-43f53.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='100' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:100px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; du spectacle est derri&#232;re nous. Cette notion, apparue sous la plume de Guy Debord, n'est plus pertinente pour analyser le monde contemporain. Dans la soci&#233;t&#233; d'alors, les m&#233;dias jouaient un r&#244;le de transformateur : ils changeaient en spectacle des pans entiers d'existence ou des &#233;v&#233;nements d&#233;coup&#233;s dans la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; du spectacle supposait une coupure entre le spectateur et le spectacle, le spectacle et le r&#233;el. Il y avait la sc&#232;ne, d'un c&#244;t&#233;, le public ou le r&#233;el, de l'autre. Une ext&#233;riorit&#233; au spectacle demeurait, identifiable avec la vraie vie !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La t&#233;l&#233;r&#233;alit&#233; et l'&#233;volution des m&#233;dias t&#233;moignent de la mutation en cours. La t&#233;l&#233;r&#233;alit&#233; a chang&#233; la donne : les vrais gens et la vraie vie ne sont plus ext&#233;rieurs au spectacle. Ou pour dire plus : la t&#233;l&#233;r&#233;alit&#233; est la condamnation du spectacle. Cette forme de t&#233;l&#233;vision rel&#232;ve du voyeurisme - et pr&#233;cis&#233;ment, le voyeurisme est le contraire du spectacle. Qui regarde par le trou de la serrure ne voit que de l'ordinaire, de l'identique &#224; lui-m&#234;me. Le voyeurisme regarde l&#224; o&#249; il n'y a rien &#224; regarder. Il est aussi effacement de la diff&#233;rence et de l'extraordinaire. Les humains plong&#233;s dans la t&#233;l&#233;r&#233;alit&#233; nous ressemblent dans leur consternante banalit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parall&#232;lement, dans les radios, ce sont les auditeurs anonymes - on pense &#224; l'&#233;mission de Jean-Jacques Bourdin sur &lt;i&gt;RMC Infos&lt;/i&gt; - qui sont appel&#233;s &#224; commenter en continu l'actualit&#233;. Les journaux, dans leur version papier, tendent &#224; appliquer eux aussi cette recette, remplissant leurs colonnes avec des interviews de quidams pri&#233;s de commenter les &#233;v&#233;nements. Or, ce que disent les interview&#233;s n'a rien d'extraordinaire, n'est jamais profond et encore moins conceptualis&#233;. La banalit&#233; des opinions, qui toutes se ressemblent et donc s'annulent les unes les autres, occupe d&#233;sormais l'espace &#233;ditorial.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_271 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/redeker-illust.jpg&quot; title='illustration : Justine Gautron' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L268xH324/redeker-illust-cccf1-90371.jpg' width='268' height='324' alt='illustration : Justine Gautron' style='height:324px;width:268px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-271 spip_doc_titre' style='width:268px;'&gt;&lt;strong&gt;illustration : Justine Gautron&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, sur leurs sites web, ces m&#234;mes journaux ouvrent des rubriques &#171; commentaires &#187; dont le contenu, rempli par les internautes, se r&#233;v&#232;le g&#233;n&#233;ralement atterrant. L&#224; encore, c'est le caf&#233; du commerce ou le caf&#233; des sports qui s'impose. Un effet particuli&#232;rement pervers r&#233;sulte de cette strat&#233;gie : la confusion entre l'expert, fait pour &#233;clairer &#224; partir de son savoir, ou l'intellectuel, fait pour donner du sens, pour d&#233;crypter &#224; partir de sa r&#233;flexion, et l'homme de la rue. Autrement dit : la confusion entre la pens&#233;e et l'opinion.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les dispositifs actuels tendent &#224; effacer la diff&#233;rence entre la sc&#232;ne et le public, l'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur du spectacle ou du m&#233;dia. Dans cette perspective, la diff&#233;rence entre vie publique et vie priv&#233;e commence &#224; devenir incompr&#233;hensible ; bient&#244;t, elle sera tenue pour inacceptable. Que signifie : il n'y a plus d'ext&#233;riorit&#233; &#224; ce qui est montr&#233; ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ceci : le m&#233;diatique, pour le meilleur et pour le pire, est devenu la chair du monde. Plus personne ni plus rien n'existe au-dehors de lui. Nous sommes entr&#233;s dans l'&#232;re de la fusion du r&#233;el et du m&#233;diatique, qui abolit spectacle et diff&#233;rence. La vid&#233;osurveillance, qui s'installe partout, jusque dans les rues des villes, aux carrefours et aux places, et demain la surveillance de certaines zones urbaines par des drones, ne sont pas prioritairement des agencements policiers. Ce sont des agencements m&#233;diatiques li&#233;s &#224; la disparition de la diff&#233;rence entre le public et le priv&#233;. Ils sont une extension &#224; tout le champ social de la t&#233;l&#233;r&#233;alit&#233;. La vid&#233;osurveillance g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#224; toute la soci&#233;t&#233; montre &#224; la fois la fin de la soci&#233;t&#233; du spectacle et la fusion entre le r&#233;el et le m&#233;diatique. D&#233;sormais, nous habitons tous &#224; l'int&#233;rieur des m&#233;dias.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> &quot;Ronger mon os jusqu'au bout.&quot;</title>
		<link>http://www.revue-medias.com/Ronger-mon-os-jusqu-au-bout,418.html</link>
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		<dc:date>2008-07-22T13:14:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Radio/T&#233;l&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Calvi</dc:subject>

		<description>Dans l'univers tr&#232;s consensuel du journalisme de t&#233;l&#233;vision, Yves Calvi a impos&#233; un ton accrocheur qui lui vaut la sympathie et l'estime du public. TEXTE &gt; Jacques Colin Le surlendemain de la victoire des Bleus sur les All Blacks, Yves Calvi consacrait &#171; C dans l'air &#187; au rugby. L'&#233;mission s'intitulait &#171; Allez, les petits ! &#187;. L'animateur avait rev&#234;tu son imposante carrure d'une chemise au jaune &#233;clatant et, pour le profane, il aurait pu passer pour un pilier du XV de France. Face &#224; lui, Denis Tillinac (...)

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L100xH150/arton418-f76ae.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='100' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:100px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans l'univers tr&#232;s consensuel du journalisme de t&#233;l&#233;vision, Yves Calvi a impos&#233; un ton accrocheur qui lui vaut la sympathie et l'estime du public.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;TEXTE &gt; Jacques Colin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le surlendemain de la victoire des Bleus sur les All Blacks, Yves Calvi consacrait &#171; C dans l'air &#187; au rugby. L'&#233;mission s'intitulait &#171; Allez, les petits ! &#187;. L'animateur avait rev&#234;tu son imposante carrure d'une chemise au jaune &#233;clatant et, pour le profane, il aurait pu passer pour un pilier du XV de France. Face &#224; lui, Denis Tillinac faisait figure de gringalet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Amateur de rugby, Yves Calvi ? Sans plus. Mais toujours pr&#234;t &#224; se laisser emporter par un sujet d'actualit&#233;. &#171; &lt;i&gt; J'ai une conviction absolue, d&#233;clare-t-il : sauf si l'on est devenu journaliste pour des raisons partisanes ou pour le pouvoir et l'argent, la qualit&#233; premi&#232;re de ce m&#233;tier, c'est la curiosit&#233;. Si on vous apporte, avant une &#233;mission, un dossier sur la cueillette des ch&#226;taignes en Ard&#232;che et si, apr&#232;s quelques minutes de lecture, vous ne finissez pas par avoir une deuxi&#232;me personne en vous qui commence &#224; se poser des questions sur les ch&#226;taignes, il ne faut pas choisir ce m&#233;tier. Je suis &#233;tonn&#233; de rencontrer de jeunes journalistes qui n'ont pas cette curiosit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai toujours &#233;t&#233; un gros consommateur de radio et de t&#233;l&#233; et, globalement, ce que j'y pr&#233;f&#233;rais, c'&#233;taient les &#233;missions d'information, les d&#233;bats politiques, les soir&#233;es &#233;lectorales. Gamin, j'&#233;tais tr&#232;s d&#233;prim&#233; quand les &#233;lections s'arr&#234;taient, j'avais l'impression que quelque chose se terminait. J'ai ador&#233; les &#233;missions de Pivot et, avant lui, celles de Dumayet. J'ai beaucoup &#233;cout&#233; Chancel, Bouteiller, Bellemare, Averty, Philippe Bouvard sur RTL quand il faisait &#8220;RTL non-stop&#8221;. Il m'est arriv&#233; d'&#234;tre en retard &#224; Sciences Po parce que j'&#233;cou-tais Eve Ruggieri raconter l'histoire de Frank Sinatra et Ava Gardner.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis que je suis petit gar&#231;on, je pose beaucoup de questions aux adultes. Je n'ai pas de souvenir de moi enfant o&#249; je n'aie &#233;t&#233; entour&#233; de gens bien plus &#226;g&#233;s que moi que j'interrogeais. J'avais d&#233;j&#224; le go&#251;t de la question qui pouvait &#233;ventuellement faire mal, mais c'&#233;tait moins de la provocation qu'une curiosit&#233; de l'autre. On disait &#224; mes parents : &#8220;Ah ! j'ai eu une conversation tr&#232;s int&#233;ressante avec Yves, l'autre jour.&#8221; Pendant les vacances, j'avais la chance de croiser des artistes de renom et de grand talent, amis de la famille. Mes parents ont v&#233;cu une exp&#233;rience exceptionnelle qui s'appelait les Branquignols, des gens comme de Fun&#232;s, Jacqueline Maillan, Jean Richard, qui ont &#233;t&#233; la grande respiration, le grand fou rire d'apr&#232;s-guerre. Je passais mes &#233;t&#233;s &#224; me baigner &#224; c&#244;t&#233; de Michel Serrault, de Jacques Rouland. &#199;a, c'est ma chance &#224; moi. Beaucoup de fra&#238;cheur et de dr&#244;lerie. J'ai vu des liens d'amiti&#233; tr&#232;s forts entre les amis de mes parents. Ce sont des gens qui se sont suivis pendant quarante ans.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_270 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/calvi-2.jpg&quot; title='photo : Isabelle N&#232;gre' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L324xH211/calvi-2-e68e8-e7ae5.jpg' width='324' height='211' alt='photo : Isabelle N&#232;gre' style='height:211px;width:324px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-270 spip_doc_titre' style='width:324px;'&gt;&lt;strong&gt;photo : Isabelle N&#232;gre&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; On doit prendre l'antenne comme on entre en sc&#232;ne. Et on est parfois amen&#233; &#224; surjouer l&#233;g&#232;rement, &#224; forcer le trait parce qu'on craint &#234;tre en de&#231;&#224;. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une maman com&#233;dienne, un papa musicien... Mais ne comptez pas sur Yves Calvi pour livrer des d&#233;tails. Pourtant, son p&#232;re, G&#233;rard Calvi, Grand Prix de Rome de composition, est un compositeur reconnu, il a sign&#233; des musiques de film, des com&#233;dies musicales (les babyboomers n'ont pas oubli&#233; &#171; La Plume de ma tante &#187;, qui a &#233;t&#233; jou&#233;e &#224; Londres et &#224; New York) et de nombreuses chansons, dont &#171; Le Prisonnier de la tour &#187;, un chef-d'&#339;uvre de m&#233;lancolie de l'imm&#233;diat apr&#232;s-guerre (paroles de Francis Blanche). Quand on a baign&#233; dans une telle atmosph&#232;re, n'a-t-on pas envie de devenir artiste, comme papa, maman et leurs amis ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Je suis un cha&#238;non manquant dans la famille&lt;/i&gt;, reconna&#238;t Yves Calvi en hochant la t&#234;te. &lt;i&gt;Je dessine mal, je n'&#233;tais pas dou&#233; pour la musique, je n'ai pas voulu apprendre mon solf&#232;ge, ce qui fait que les cours de piano se sont tr&#232;s vite arr&#234;t&#233;s. En deux ans, j'ai eu au moins quatre professeurs, dont deux concertistes, et on n'a pas avanc&#233;. Je ne travaillais pas, je discutais avec eux. J'entretenais la conversation sur autre chose. Un de mes professeurs m'a referm&#233; le couvercle du clavier sur les doigts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En outre, j'&#233;tais persuad&#233; que pour devenir un vrai metteur en sc&#232;ne, il fallait partir &#224; New York et se jeter dans le vide. Et que pour &#234;tre com&#233;dien, on se devait d'affronter des choses que je n'avais peut-&#234;tre pas envie d'affronter. Alors, je suis all&#233; m'inscrire &#224; la fac de Nanterre et j'ai commenc&#233; des &#233;tudes qui m'ont conduit au journalisme, parce que c'&#233;tait une des trois ou quatre professions auxquelles j'avais pens&#233;. Les journalistes ne sont jamais des artistes, mais ils ont parfois, avec le public, des rencontres qui apportent des joies communes aux deux professions.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il y aurait donc une part de com&#233;die dans le m&#233;tier de journaliste de t&#233;l&#233;vision ? &#171; &lt;i&gt;Non. Mais il y a des similitudes. Vient un moment o&#249;, faute de rideau qui se l&#232;ve, un g&#233;n&#233;rique d&#233;marre. Faute de rideau qui tombe, voici le g&#233;n&#233;rique de fin... On doit prendre l'antenne comme on entre en sc&#232;ne. Et on est parfois amen&#233; &#224; surjouer l&#233;g&#232;rement, &#224; forcer le trait parce qu'on craint d'&#234;tre en de&#231;&#224;. Quand une &#233;mission d&#233;marre dans les chuchotements, il faut savoir monter le ton. Et quand les gens se mettent &#224; hurler, il faut le baisser pour les recadrer. Je sais qu'il y a une part d'artifice dans ce travail, m&#234;me si j'essaye d'&#233;purer au maximum.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;D&#232;s ses premi&#232;res apparitions sur &lt;i&gt;LCI&lt;/i&gt;, Yves Calvi a su marquer son territoire. D&#233;j&#224;, comme il le souligne lui-m&#234;me, il n'a pas un &#171; &lt;i&gt;physique de jeune premier&lt;/i&gt; &#187;. Il rentrerait plus facilement dans la cat&#233;gorie &#171; &lt;i&gt;gueule fran&#231;aise&lt;/i&gt; &#187;, avec son visage tout en rondeurs, son nez gourmand, ses yeux malicieux, qui lui donnent quelque chose du h&#233;risson. Mais derri&#232;re l'air bonhomme, il y a quelqu'un qui ne se laisse pas attraper facilement, quitte &#224; se mettre en boule (le h&#233;risson, toujours). Il pratique l'insistance et son art de la relance ne laisse pas passer grand-chose. Tout cela enrob&#233; dans une fausse lenteur, un semblant de timidit&#233;, une fa&#231;on et un ton o&#249; le t&#233;l&#233;spectateur peut se retrouver : voil&#224; enfin des questions directes, formul&#233;es avec des mots simples. De quoi balayer le soup&#231;on, si r&#233;pandu dans le public, d'&#233;litisme, de connivence de caste. Cette proximit&#233; avec le spectateur, Yves Calvi la revendique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Mon m&#233;tier n'a de sens que parce que des gens regardent. J'ai en permanence &#224; l'esprit ce que les t&#233;l&#233;spectateurs ont dans leur t&#234;te, je n'oublie jamais que je les repr&#233;sente. Une &#233;mission, c'est dix &#224; douze questions fondamentales et &#224; l'arriv&#233;e, deux notions que retient le t&#233;l&#233;spectateur. Quand on me dit &#8220;J'ai vu votre &#233;mission sur les violences familiales et je n'avais jamais pens&#233; que la famille &#233;tait le lieu le plus violent de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise&#8221;, je suis content. Je tiens &#224; cette fugacit&#233;, qui est propre &#224; la t&#233;l&#233;vision. Sinon, j'&#233;crirais des livres... Quand j'aborde un sujet, j'essaie de ronger mon os jusqu'au bout. J'ai une conscience aigu&#235; du fait que je ne pratique pas un art majeur, et soyons franc, pas un art du tout. D'abord, j'essaie d'&#234;tre insistant sans &#234;tre d&#233;plaisant. Mais quand un invit&#233; n'a pas r&#233;pondu &#224; une question, quand sa r&#233;ponse n'est pas claire, il est important de le lui faire remarquer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_269 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/calvi-1.jpg&quot; title='photo : Isabelle N&#232;gre' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L324xH215/calvi-1-b00ae-3cd91.jpg' width='324' height='215' alt='photo : Isabelle N&#232;gre' style='height:215px;width:324px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-269 spip_doc_titre' style='width:324px;'&gt;&lt;strong&gt;photo : Isabelle N&#232;gre&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Voil&#224; enfin des questions directes, formul&#233;es avec des mots simples. De quoi balayer le soup&#231;on, si r&#233;pandu dans le public, d'&#233;litisme, de connivence de caste. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pl&#233;biscit&#233; par le public, respect&#233; par ses confr&#232;res, le style Calvi ne fait pourtant pas l'unanimit&#233; dans la blogosph&#232;re. On lui reproche de trop couper la parole, de vouloir faire dire aux invit&#233;s des choses qu'ils ne souhaitent pas dire, son insistance devient un d&#233;faut. On l'accuse, par exemple, d'avoir harcel&#233; Samir Mihi, m&#233;diateur social b&#233;n&#233;vole &#224; Clichy-sous-Bois, lors d'une &#233;mission d'octobre 2005, en pleines &#233;meutes de banlieue, le soumettant &#224; un &#171; &lt;i&gt;interrogatoire intensif&lt;/i&gt; &#187; et lui demandant de &#171; &lt;i&gt;dire clairement aux plus jeunes qui sont dans les rues : &#8220;il faut rentrer chez soi, &#231;a sert &#224; rien de foutre le feu &#224; la ville&#8221;.&lt;/i&gt; &#187; &#192; cette occasion, on d&#233;crit la mani&#232;re Calvi comme &#171; &lt;i&gt;une merveille de journalisme de maintien de l'ordre&lt;/i&gt; &#187;, on lui attribue un &#171; &lt;i&gt; ton arrogant et comminatoire&lt;/i&gt; &#187;. Sur les forums, on le soup&#231;onne de sympathies pour la droite, ce qui l'&#233;nerve, mais ne l'&#233;tonne pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;En France, les questions relatives &#224; la s&#233;curit&#233; ou &#224; l'immigration sont v&#233;cues syst&#233;matiquement comme des pr&#233;occupations de droite. Je trouve &#231;a honteux, car, pour conna&#238;tre la banlieue, contrairement &#224; ce qu'on pourrait imaginer, je sais tr&#232;s bien que les premi&#232;res personnes &#224; souffrir des violences sont les gens qui y vivent et non pas ceux qui en parlent. Quant &#224; l'&#233;mission que vous &#233;voquez, je peux avoir &#233;t&#233; excessif ou trop insistant, mais on ne peut pas me reprocher une chose et son contraire. Sami Mihi, je l'ai souvent re&#231;u dans mes &#233;missions et je crois qu'il s'en porte bien. Je lui ai donn&#233; la parole dans des circonstances importantes et je pense l'avoir fait de fa&#231;on assez respectueuse. Votre &#233;mission s'intitule : &#8220;Quand la banlieue br&#251;le&#8221;. Si vous ne demandez pas &#224; un &#233;ducateur de dire aux gamins qu'il c&#244;toie tous les jours de se prononcer, vous ne faites pas votre boulot. J'estime que ce jour-l&#224;, j'&#233;tais de bonne foi dans mon questionnement et mes exigences. Autant que je sache, Samir Mihi l'a bien v&#233;cu.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il le r&#233;p&#232;te souvent, &#171; &lt;i&gt;quand on fait de la t&#233;l&#233;vision, on doit apprendre &#224; composer avec sa personnalit&#233; : moi, j'essaie d'&#234;tre proche de ce que je suis dans la vie&lt;/i&gt; &#187;. Mais encore... Car d&#232;s lors que l'on aborde sa vie priv&#233;e, Yves Calvi se tait. Pas un mot sur lui dans les gazettes people - &#171; &lt;i&gt;C'est volontaire&lt;/i&gt; &#187;, insiste-t-il. A-t-il un &#171; &lt;i&gt;jardin secret&lt;/i&gt; &#187; ? L'&#339;il perdu dans le vague, l'animateur h&#233;site, puis, apr&#232;s un long silence, semble r&#233;fl&#233;chir &#224; voix haute : &#171; &lt;i&gt;Je ne pense pas... J'aime bien passer des moments avec les gens que j'aime en ouvrant une bonne bouteille. Mais &#231;a, ce n'est pas un jardin secret, tout le monde le fait... J'ai une affinit&#233; &#233;lective pour les &#238;les grecques. Quand vous y voyez les bateaux arriver et repartir, votre rapport au temps n'est plus le m&#234;me. Ce que j'appelle la ligne bleue de D&#233;los, l&#224; o&#249; la mer rencontre le ciel, me donne acc&#232;s &#224; une temporalit&#233; particuli&#232;re. Je dirais que mon jardin secret s'appelle la Gr&#232;ce. Est-ce vrai d'ailleurs ? Peut-&#234;tre que &#231;a changera, mais &#231;a fait vingt ans que j'y passe mes vacances..&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et puis, sans doute &#224; dessein, pour d&#233;samorcer la question, il se d&#233;crit comme un homme bien ordinaire, dont les seuls &#233;carts de conduite consisteraient &#224; s'offrir des agapes bien fran&#231;aises avec Jean-Luc Petitrenaud. &#171; &lt;i&gt;Comme en t&#233;moigne mon tour de taille, je fr&#233;quente trop le restaurant. Je vais au cin&#233;ma, je regarde la t&#233;l&#233;, je lis beaucoup, je dois avoir trois ou quatre livres en cours. J'ai achet&#233; le Yasmina Reza, je me suis pay&#233; &#8220;&#201;loge de l'adult&#232;re&#8221; de Ma&#239;na Lecherbonnier. J'ai tellement &#224; lire &#8220;utilitaire&#8221; ! L&#224;, c'est pour le plaisir. Alors je le fais lentement.&lt;/i&gt; &#187; Il n'en dira pas plus, mais il avait pr&#233;venu : les seules questions auxquelles il refuse de r&#233;pondre sont celles qui concernent sa vie priv&#233;e ou ses opinions politiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Euronews, multilingue low-cost</title>
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		<dc:subject>Radio/T&#233;l&#233;</dc:subject>

		<description>&#192; l'heure des grandes man&#339;uvres autour de l'audiovisuel fran&#231;ais ext&#233;rieur, Philippe Cayla, patron d'Euronews, se targue de d&#233;fier les grosses machines anglo-saxonnes avec &#171; un budget comparable &#224; celui de leur caf&#233;t&#233;ria &#187;. Et &#231;a marche ! Philippe Cayla est un curieux patron de t&#233;l&#233;vision. Il n'a pas la moustache bien cir&#233;e de l'Am&#233;ricain Ted Turner (CNN). Ni le brushing impeccable de l'ancien publicitaire Alain de Pouzilhac (France 24). Encore moins la bonhomie inflexible de Jean-Claude Dassier (LCI). Et il (...)

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&lt;a href="http://www.revue-medias.com/+-Radio-Tele,31-+.html" rel="tag"&gt;Radio/T&#233;l&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L146xH150/arton417-89d44.png&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='146' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:146px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&#192; l'heure des grandes man&#339;uvres autour de l'audiovisuel fran&#231;ais ext&#233;rieur, Philippe Cayla, patron d'Euronews, se targue de d&#233;fier les grosses machines anglo-saxonnes avec &#171; un budget comparable &#224; celui de leur caf&#233;t&#233;ria &#187;. Et &#231;a marche !&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Philippe Cayla est un curieux patron de t&#233;l&#233;vision. Il n'a pas la moustache bien cir&#233;e de l'Am&#233;ricain Ted Turner (&lt;i&gt;CNN&lt;/i&gt;). Ni le brushing impeccable de l'ancien publicitaire Alain de Pouzilhac (&lt;i&gt;France 24&lt;/i&gt;). Encore moins la bonhomie inflexible de Jean-Claude Dassier (&lt;i&gt;LCI&lt;/i&gt;). Et il s'en fiche pas mal. Le patron d'&lt;i&gt;Euronews&lt;/i&gt; a &#233;rig&#233; l'anonymat en marque de fabrique. &#192; 57 ans, il dirige la seule cha&#238;ne d'info o&#249; les journalistes ne montrent jamais leur bobine &#224; l'&#233;cran. Z&#233;ro pr&#233;sentateur, z&#233;ro plateau : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes un peu l'&#233;quivalent de &lt;i&gt;The Economist&lt;/i&gt; &#224; la t&#233;l&#233;. J'ai m&#234;me un slogan pour r&#233;sumer cet esprit, propose-t-il. &#8220;&lt;i&gt;Euronews&lt;/i&gt; : sans &#233;gal car sans ego.&#8221; &#199;a sonne bien, non ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#199;a se regarde bien, en tout cas. Il y a quatre ans, le nouveau pr&#233;sident d&#233;barquait dans une cha&#238;ne au bord de l'apoplexie, &#233;cras&#233;e par la concurrence de &lt;i&gt;BBC World&lt;/i&gt; et l&#226;ch&#233;e par son principal actionnaire. Aujourd'hui, il peut revendiquer un chiffre d'affaires multipli&#233; par quatre (40 millions d'euros en 2006), pr&#233;senter les premiers comptes b&#233;n&#233;ficiaires de l'histoire du groupe, et recevoir les &#233;tudes d'audimat sans bl&#233;mir. Mieux : selon l'institut European Media and Marketing Survey, &lt;i&gt;Euronews&lt;/i&gt; serait devenue la cha&#238;ne d'information continue &#171; &lt;i&gt;la plus regard&#233;e&lt;/i&gt; &#187; sur le Vieux Continent. &#192; &#233;galit&#233; avec &lt;i&gt;CNN&lt;/i&gt; sur le segment des foyers les plus ais&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Pas mal, non ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; Le patron d'&lt;i&gt;Euronews&lt;/i&gt; a &#233;rig&#233; l'anonymat en marque de fabrique. Il dirige la seule cha&#238;ne d'info o&#249; les journalistes ne montrent jamais leur bobine &#224; l'&#233;cran. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#233;fier les grosses machines anglo-saxonnes &#171; &lt;i&gt;avec un budget comparable &#224; celui de leur caf&#233;t&#233;ria&lt;/i&gt; &#187;, Philippe Cayla adore &#231;a. &#192; la t&#234;te d'&lt;i&gt;Euronews&lt;/i&gt;, qui ne re&#231;oit aucune subvention des institutions europ&#233;ennes, il a invent&#233; la premi&#232;re cha&#238;ne &#171; &lt;i&gt;multilingue low-cost&lt;/i&gt; &#187;. D'un c&#244;t&#233;, la soci&#233;t&#233; multiplie les &#233;conomies : un si&#232;ge implant&#233; dans la banlieue lyonnaise, des images gracieusement fournies par le r&#233;seau Eurovision (74 cha&#238;nes de service public), pas de journaliste vedette pour plomber les comptes. De l'autre, sa rigueur s&#233;duit un public tr&#232;s CSP +, compos&#233; de dirigeants habitu&#233;s de la classe affaire et des quatre-&#233;toiles, en diffusant ses programmes dans sept langues europ&#233;ennes - fran&#231;ais, portugais, anglais, grec, allemand, polonais, espagnol - et le russe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela suppose une dr&#244;le d'organisation. Dans les locaux d'&lt;i&gt;Euronews&lt;/i&gt;, les journalistes parlent tous anglais et fran&#231;ais, &#171; &lt;i&gt; plus deux ou trois autres langues&lt;/i&gt; &#187;. Sur chaque sujet, ils se r&#233;unissent par groupes de sept pour analyser les d&#233;p&#234;ches et les milliers d'images envoy&#233;es par les agences. Rien ne doit leur &#233;chapper. La moindre br&#232;ve est pass&#233;e au peigne fin. R&#233;sultat : le jour de la mort de Marlon Brando, &lt;i&gt;Euronews&lt;/i&gt;avait mis l'info &#224; la une &#171; &lt;i&gt;deux heures avant CNN&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Nous sommes apparemment les seuls &#224; lire le fil de l'agence italienne Ansa&lt;/i&gt;, sourit Philippe Cayla. &lt;i&gt;Je ne sais pas s'ils avaient un journaliste en vacances &#224; Hawa&#239; mais celui-ci a &#233;t&#233; le premier &#224; donner la nouvelle.&lt;/i&gt; &#187; Aussit&#244;t diffus&#233;e aupr&#232;s de dizaines de millions de foyers europ&#233;ens. Car &#224; l'antenne, cette auberge espagnole de l'audiovisuel ne sert qu'un menu unique : une seule hi&#233;rarchie des lancements, un m&#234;me commentaire, toujours diffus&#233; en sept langues. &#171; &lt;i&gt;La r&#232;gle, c'est le consensus. &#192; Ath&#232;nes ou &#224; Moscou, vous n'entendrez pas deux tons diff&#233;rents.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour les grandes occasions, des reporters sont envoy&#233;s sur place, plut&#244;t pour faire de l'interview que du terrain. Moins chers que les glorieux correspondants des bureaux permanents, ils portent &#171; &lt;i&gt;l'esprit d'Euronews&lt;/i&gt; &#187; &#224; l'&#233;tranger. Et ne se privent pas de griller leurs petits camarades sur des scoops historiques. &#171; &lt;i&gt;La premi&#232;re intervention de Victor Iouchentko pendant les &#233;v&#233;nements de Kiev&lt;/i&gt;, sourit Philippe Cayla, &lt;i&gt;c'est nous.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le patron ne tarit pas d'&#233;loges sur ses journalistes. Il sait que la plupart d'entre eux se sont retrouv&#233;s - comme lui - un peu par hasard dans la banlieue lyonnaise. Des grands noms du journalisme russe, qui n'arrivaient plus &#224; travailler en toute ind&#233;pendance dans leur pays. Des journalistes britanniques trop intellos, pas assez t&#233;l&#233;g&#233;niques aux yeux de la concurrence. Et bien d'autres accident&#233;s des r&#233;dactions nationales. &#171; &lt;i&gt;Nos collaborateurs p&#232;chent sans doute par leur accent &#233;cossais &#224; couper au couteau. Voire par leur refus de couvrir les r&#233;sultats de Wall Street ou du Calcio avec des intonations de correspondant de guerre. Mais je les remercie volontiers : c'est gr&#226;ce &#224; leurs personnalit&#233;s diff&#233;rentes que nous avons b&#226;ti notre ligne &#233;ditoriale si particuli&#232;re.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; &#171; &lt;i&gt;Euronews&lt;/i&gt; a b&#226;ti sa r&#233;putation sur des &quot;No comment&quot;. La star, ici, c'est l'image &#187;.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ligne &#233;ditoriale. Dans la bouche du patron d'&lt;i&gt;Euronews&lt;/i&gt;, l'expression peut surprendre. Sur les cha&#238;nes classiques, &#171; &lt;i&gt;la ligne&lt;/i&gt; &#187; d&#233;signe une case &#224; peu pr&#232;s identifiable : 90 secondes pendant lesquel-les le chroniqueur &#233;conomique ou le sp&#233;cialiste politique relaie le pr&#233;sentateur pour d&#233;biter la doctrine lib&#233;rale ou r&#233;p&#233;ter les confidences du r&#233;gime. &#199;a n'apporte souvent pas grand-chose, mais &#231;a fait partie des usages. Rien de tel sur &lt;i&gt;Euronews&lt;/i&gt;, qui a b&#226;ti sa r&#233;putation sur des &#171; No Comment &#187;, ces s&#233;quences longues et sans paroles. Le premier atterrissage de l'airbus A380, pris sous toutes les coutures pendant cinq minutes, par exemple. Mais aussi la vid&#233;o des op&#233;rations de police men&#233;es &#224; Beslan, lors de la prise d'otages de l'&#233;cole par des activistes tch&#233;tch&#232;nes, censur&#233;e sur toutes les autres cha&#238;nes russes. &#171; &lt;i&gt;La star, ici, c'est l'image. Et nous n'h&#233;sitons pas &#224; passer ce que les autres ne veulent pas voir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Victor Iouchentko affirme-t-il que ses &#171; &lt;i&gt;deux premi&#232;res minutes d'interview sur Euronews ont fait plus que vingt ans d'opposition&lt;/i&gt; &#187; ? Cayla n'en tire aucune gloire. Les sujets, il les d&#233;couvre en allumant le poste. C'est le type de patron dont r&#234;ve la majorit&#233; des journalistes : absent. &#171; &lt;i&gt;Je n'interviens jamais dans la r&#233;daction. Mon directeur de l'info, Luis Rivas, b&#233;n&#233;ficie d'une libert&#233; totale.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'ind&#233;pendance est garantie par la structure de l'actionnariat. Apr&#232;s le d&#233;part de Reuters en 2003, qui poss&#233;dait 49 % des parts, Philippe Cayla s'est assur&#233; du soutien de vingt et une cha&#238;nes europ&#233;ennes actionnaires, aucune n'&#233;tant majoritaire. &#171; &lt;i&gt; Personne ne peut dicter nos sujets.&lt;/i&gt; &#187; M&#234;me distance &#224; l'&#233;gard des institutions europ&#233;ennes : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes la cha&#238;ne des Europ&#233;ens. Pas celle de l'UE.&lt;/i&gt; &#187; Le pressing de Chirac sur France 24 l'a parfois laiss&#233; songeur : &#171; &lt;i&gt;Si Euronews est aussi appr&#233;ci&#233;e en Afrique francophone, peut-&#234;tre est-ce parce que nous n'apparaissons pas comme la cha&#238;ne des anciens colonisateurs...&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les subtilit&#233;s du jeu politique, il conna&#238;t. M&#234;me s'il ren&#226;cle &#224; refaire le parcours d'un ing&#233;nieur des Mines pass&#233; par l'ENA. Comme Alain Minc. Et s'il faut se souvenir de ses anciens camarades de promo, il cite Baudouin Prot, le PDG de BNP Paribas, Serge Weinberg, qui fut longtemps l'&#233;minence grise du milliardaire Fran&#231;ois Pinault, et Jean-Charles Naouri, le repreneur des hypermarch&#233;s Casino. En somme, trois cas rares d'&#233;narques qui ont choisi le priv&#233;, et y ont r&#233;ussi.
La trajectoire de Cayla, au fond, leur ressemble un peu. Stock-options en moins. D'abord fonctionnaire, il a planch&#233; sur les premi&#232;res maisons solaires sous Giscard. Avant de rejoindre Matra au d&#233;but des ann&#233;es 1980, o&#249; il devient un sp&#233;cialiste des satellites de t&#233;l&#233;communication. &#171; &lt;i&gt;J'&#233;tais subalterne par rapport aux &#8220;Lagard&#232;re Boys&#8221;. Des gens tr&#232;s brillants, je dois dire, mais cela ne m'&#233;tonne pas que certains soient devenus compl&#232;tement fous.&lt;/i&gt; &#187; Un passage chez Eutelsat, et Marc Tessier l'appelle &#224; &lt;i&gt;France T&#233;l&#233;visions&lt;/i&gt;. Et lui demande de pr&#233;senter un projet pour &lt;i&gt;Euronews&lt;/i&gt;. &#192; cent coud&#233;es du lyrisme des fondateurs, il parle concret : alliance avec les diffuseurs, augmentation des recettes publicitaires, et virage technologique sur les t&#233;l&#233;phones mobiles. Embauch&#233; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sa nouvelle vie ? Outre-Atlantique, il fait le si&#232;ge des majors, o&#249; on le re&#231;oit comme un malpropre. Pas grave, il vient d'obtenir ce qu'aucune cha&#238;ne europ&#233;enne n'a jamais d&#233;croch&#233; aux &#201;tats-Unis : le r&#233;f&#233;rencement sur le bouquet Tier 2, qui r&#233;unit les 250 canaux les plus regard&#233;s. En Afrique, il scelle de nouveaux accords de diffusion au sud du Sahara. &#192; Gen&#232;ve, il tente de convaincre l'Union europ&#233;enne de radiot&#233;l&#233;vision (l'instance qui rassemble les pays de l'Europe et ceux du Maghreb) de lui accorder des fonds pour lancer une huiti&#232;me langue sur &lt;i&gt;Euronews&lt;/i&gt; : l'arabe. &#171; &lt;i&gt;J'ai h&#226;te d'y &#234;tre. J'apprends d&#233;j&#224; les premiers mots.&lt;/i&gt; &#187; Silence, il sourit. &#171; &lt;i&gt;Ben oui, j'ai achet&#233; la m&#233;thode Assimil.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sur le ring de l'audiovisuel</title>
		<link>http://www.revue-medias.com/Sur-le-ring-de-l-audiovisuel,416.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Radio/T&#233;l&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>en UNE</dc:subject>
		<dc:subject>Bourges</dc:subject>

		<description>Herv&#233; Bourges en conna&#238;t un rayon sur l'audiovisuel. Directeur g&#233;n&#233;ral de RFI, pr&#233;sident de Canal + Afrique, PDG de TF1 puis de France T&#233;l&#233;visions, et, enfin, pr&#233;sident du CSA, il a occup&#233; tous les postes. Et en parle... sans h&#233;siter &#224; cogner. Vous &#233;tiez pr&#233;sident de TF1 lorsque celle-ci a &#233;t&#233; privatis&#233;e : un &#171; coup de poignard &#187;, disiez-vous. TF1 &#233;tait la cha&#238;ne de tous les Fran&#231;ais. Je m'&#233;tais battu pour qu'elle redevienne la premi&#232;re. Aujourd'hui, quand TF1 se targue de sa r&#233;ussite en termes d'information, (...)

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&lt;a href="http://www.revue-medias.com/+-bourges,87-+.html" rel="tag"&gt;Bourges&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L119xH150/arton416-8a8a3.jpg&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='119' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:119px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;Herv&#233; Bourges en conna&#238;t un rayon sur l'audiovisuel. Directeur g&#233;n&#233;ral de RFI, pr&#233;sident de Canal + Afrique, PDG de TF1 puis de France T&#233;l&#233;visions, et, enfin, pr&#233;sident du CSA, il a occup&#233; tous les postes. Et en parle... sans h&#233;siter &#224; cogner.&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#233;tiez pr&#233;sident de &lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt; lorsque celle-ci a &#233;t&#233; privatis&#233;e : un &#171; &lt;i&gt;coup de poignard&lt;/i&gt; &#187;, disiez-vous. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt; &#233;tait la cha&#238;ne de tous les Fran&#231;ais. Je m'&#233;tais battu pour qu'elle redevienne la premi&#232;re. Aujourd'hui, quand &lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt; se targue de sa r&#233;ussite en termes d'information, il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'un h&#233;ritage. M&#234;me si le groupe Bouygues l'a indubitablement fait fructifier en y mettant beaucoup de moyens. Le coup de poignard ? Il n'y avait pas de pr&#233;c&#233;dent, dans le monde, de privatisation d'une cha&#238;ne publique. Il fallait cr&#233;er des cha&#238;nes priv&#233;es. J'en &#233;tais personnellement convaincu. Mais la d&#233;cision fut partisane et &lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt;en fit les frais.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et la &lt;i&gt;Cinq&lt;/i&gt; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mitterrand l'a propos&#233;e &#224; Berlusconi parce qu'il tenait &#224; instaurer une concurrence entre les cha&#238;nes du public et celles du priv&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais pourquoi Berlusconi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parce qu'il n'avait pas trouv&#233;, en France, les partenaires de son choix. Le seul dont il ne se m&#233;fiait pas, c'&#233;tait Rousselet, &#224; qui il a confi&#233; la cr&#233;ation de &lt;i&gt;Canal +&lt;/i&gt;. La suite lui a donn&#233; raison, puisque &lt;i&gt;Canal&lt;/i&gt; est devenue une tr&#232;s belle cha&#238;ne. Mais au d&#233;part, c'&#233;tait un cadeau fait &#224; un ami.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment expliquer que le journal de &lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt; continue &#224; s&#233;duire deux fois plus de spectateurs que les autres ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce leadership est historique, car l'information n'y est pas meilleure qu'ailleurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Laquelle regardez-vous, vous qui avez &#233;t&#233; le patron de &lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt; et de &lt;i&gt;France T&#233;l&#233;visions&lt;/i&gt; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je regarde parall&#232;lement les journaux de&lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;France 2&lt;/i&gt; et ceux de &lt;i&gt;France 3&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;En m&#234;me temps ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; 20 heures, je zappe. Je commence g&#233;n&#233;ralement par la cha&#238;ne publique parce que j'y ai mes rep&#232;res. Mais quand &lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt; annonce un invit&#233; ou un sujet important, je la regarde. Je regrette toujours qu'il n'y ait pas plus d'informations internationales sur l'une et l'autre, mais on sait, h&#233;las, que le grand public s'y int&#233;resse peu, &#224; moins d'un tsunami ou d'une r&#233;volution.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Selon vous, la privatisation a &#233;t&#233; un &#171; &lt;i&gt;d&#233;sastre&lt;/i&gt; &#187; pour le service public.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Combat in&#233;gal. En effet, si le priv&#233; est confront&#233; &#224; des exigences de budget et de r&#233;sultat - un maximum d'audience et des programmes pay&#233;s le moins cher possible -, les contraintes du public sont plus nombreuses : cahier des charges, vocation &#233;ducative et culturelle, pesanteurs administratives, restrictions financi&#232;res...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les pressions politiques existent toujours ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Oui, encore maintenant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le service public est moins libre qu'une cha&#238;ne priv&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le priv&#233; se fixe des r&#233;sultats d'audience qui impliquent des programmes dont le citoyen ne se sent pas toujours tr&#232;s fier. C'est une autre logique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce n'est pas le cas dans le domaine de l'information ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les contraintes existent, m&#234;me inconsciemment. En termes d'info, ce sont l'autocensure des journalistes et, surtout, la bien-pensance, la &#171; &lt;i&gt;pens&#233;e unique&lt;/i&gt; &#187; qui p&#232;sent.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_262 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/bourges-2.jpg&quot; title='photo : Charles Duprat' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L200xH324/bourges-2-04801-893c0.jpg' width='200' height='324' alt='photo : Charles Duprat' style='height:324px;width:200px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-262 spip_doc_titre' style='width:200px;'&gt;&lt;strong&gt;photo : Charles Duprat&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Arr&#234;t sur images &#187; a &#233;t&#233; victime de censure ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je regardais l'&#233;mission de Daniel Schneidermann toutes les semaines et je l'appr&#233;ciais beaucoup. Personnellement, je regrette qu'elle ait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e. N&#233;anmoins, une cha&#238;ne est totalement libre, en fin de saison, de mettre un terme &#224; une &#233;mission dans le cadre de la r&#233;organisation de ses programmes. Dans ce cas, on ne peut parler de censure.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est pourtant ce que d&#233;non&#231;ait Schneidermann !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De sa part, une autre r&#233;action e&#251;t &#233;t&#233; surprenante...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous-m&#234;me, avez-vous subi ou exerc&#233; des pressions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un seul appel de l'&#201;lys&#233;e lorsque je pr&#233;sidais &lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt;, et ce ne fut pas une pression. En octobre 1985, apr&#232;s un raid isra&#233;lien sur le QG de l'OLP en Tunisie, Claude S&#233;rillon fit au journal de 20 heures une analyse erron&#233;e des suites diplomatiques de ce raid. Mitterrand m'a appel&#233; aussit&#244;t pour d&#233;mentir. J'ai alors fait savoir &#224; S&#233;rillon qu'il lui fallait rectifier son information. Pour ma part, je n'ai jamais exerc&#233; de pression, ni en tant que patron de cha&#238;ne, ni durant mon mandat au CSA. Et pourtant, combien de personnes nous appelaient pour trouver scandaleux tel ou tel programme annonc&#233; et nous demander d'intervenir. La r&#233;ponse du CSA &#233;tait toujours identique : jamais d'intervention a priori.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; &#171; Certains Premiers ministres &#233;taient assez interventionnistes, comme Alain Jupp&#233; ou Laurent Fabius. &#187; &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les interventions des politiques sont fr&#233;quentes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ils se plaignent toujours. D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, ils ne regardent pas la t&#233;l&#233;vision. Manque de temps. En revanche, leurs proches et leurs militants, pour la plupart des z&#233;lateurs, appellent sans cesse pour d&#233;noncer tel ou tel traitement qui serait d&#233;favorable &#224; leur champion. Et si je n'ai pas souvenir de pressions directes de la part d'un pr&#233;sident de la R&#233;publique, que ce soit Mitterrand ou Chirac, certains Premiers ministres &#233;taient assez interventionnistes, comme Alain Jupp&#233; ou Laurent Fabius. Une exception notoire : Pierre Mauroy. Mais cela ne veut pas dire que ceux qui appellent obtiennent satisfaction.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce sont eux-m&#234;mes qui vous appelaient ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Plut&#244;t leur entourage. Laurent Fabius, alors Premier ministre, m'a m&#234;me demand&#233;, par l'interm&#233;diaire de Georges Fillioud, ministre de la Communication de l'&#233;poque et ami de longue date, de lui am&#233;nager, de fa&#231;on r&#233;guli&#232;re, une invitation au sein du journal pour s'adresser aux Fran&#231;ais. Comme pour les &#233;missions de Mend&#232;s France &#224; la radio. C'&#233;tait impossible ! On a alors cr&#233;&#233; une &#233;mission, &#171; Parlons France &#187;, en dehors du journal, pendant laquelle il a pu s'exprimer : c'&#233;tait limite, m&#234;me si un droit de r&#233;ponse fut organis&#233;. Les hommes politiques veulent toujours passer &#224; la t&#233;l&#233;vision. C'est normal. C'est leur m&#233;tier. Mais ceux qui se plaignent le plus souvent de ne pas &#234;tre invit&#233;s par le service public, lorsqu'ils ont le choix entre &lt;i&gt;France 2&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt;, se dirigent syst&#233;matiquement vers la cha&#238;ne priv&#233;e. Question d'audience.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fran&#231;ois Bayrou, qui a attaqu&#233; deux fois TF1 de fa&#231;on assez violente sur le plateau de Claire Chazal, l'aurait fait de la m&#234;me fa&#231;on face &#224; PPDA ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bayrou n'avait rien &#224; perdre &#224; attaquer &lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt; et &#224; &#234;tre tr&#232;s offensif. Bien au contraire. La preuve, c'est qu'il y passe r&#233;guli&#232;rement maintenant. Je ne sais pas si ce qu'il d&#233;non&#231;ait &#233;tait r&#233;el, en tout cas, cela faisait partie de sa strat&#233;gie et elle a pay&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reste-t-il une diff&#233;rence entre public et priv&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;France 2&lt;/i&gt; sont deux cha&#238;nes s&#339;urs, qui ont &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me nombre de journalistes et des programmes quasi identiques, &#224; l'exception de la t&#233;l&#233;r&#233;alit&#233; absente du service public. N&#233;anmoins, il existe davantage de programmes &#233;ducatifs et culturels sur &lt;i&gt;France 2&lt;/i&gt;. Au fond, ce que souhaiteraient l'actionnaire comme les t&#233;l&#233;spectateurs, c'est que &lt;i&gt;France 2&lt;/i&gt; ait les programmes d'&lt;i&gt;Arte&lt;/i&gt; avec l'audience de &lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt; : cette t&#233;l&#233;vision n'existe pas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour sa part, Patrick Le Lay a souvent demand&#233; une distinction plus claire : au service public les &#233;missions culturelles et au priv&#233; le divertissement. Avec son corollaire en mati&#232;re de financements : les fonds priv&#233;s &#224; la t&#233;l&#233;vision priv&#233;e et les fonds publics au service public. Bien entendu, si c'&#233;tait le cas, on tuerait le service public. Car on n'impose pas aux t&#233;l&#233;spectateurs les &#233;missions qu'ils regardent. Et combien de ceux qui disent : &#171; &lt;i&gt;Pivot nous manque !&lt;/i&gt; &#187; le regardaient r&#233;ellement ? La t&#233;l&#233;vision publique doit trouver un &#233;quilibre entre qualit&#233; et audience. Et je ne suis pas persuad&#233; qu'on y arrive en diffusant des op&#233;ras en prime time.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Programmer &#171; Le Trouv&#232;re &#187; de Verdi l'&#233;t&#233; dernier en prime time &#233;tait une erreur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bien s&#251;r. La captation de pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre ou d'op&#233;ras est un exercice difficile. Leurs formats ne sont pas adapt&#233;s &#224; celui de la t&#233;l&#233;vision. Et puis, le public amateur d'op&#233;ra est trop restreint pour esp&#233;rer faire de l'audience. Le service public doit donner &#224; aimer le th&#233;&#226;tre, le cin&#233;ma, la peinture, la musique, mais &#224; travers des &#233;missions plus grand public. Il en existe d&#233;j&#224; de bien faites, comme &#171; Ce soir ou jamais &#187; de Fr&#233;d&#233;ric Tadde&#239; sur &lt;i&gt;France 3&lt;/i&gt;, ou &#171; La Bo&#238;te &#224; musique &#187; de Jean-Fran&#231;ois Zygel sur &lt;i&gt;France 2&lt;/i&gt;. &#192; noter aussi un beau pari r&#233;ussi pour &lt;i&gt;France 2&lt;/i&gt; avec la retransmission r&#233;cente, en direct, de &#171; Faisons un r&#234;ve &#187; de Guitry. Une piste &#224; explorer pour une &#171; &lt;i&gt;t&#233;l&#233;vision populaire de qualit&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous n'aimez pas la t&#233;l&#233;r&#233;alit&#233;. Est-ce une aversion personnelle, li&#233;e &#224; votre &#233;ducation stricte ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La t&#233;l&#233;r&#233;alit&#233; d&#233;shonore l'individu. C'est la chienlit de la t&#233;l&#233;vision. Aux t&#233;l&#233;spectateurs de s'en d&#233;tourner si les programmes leur d&#233;plaisent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous parlez pourtant de &#171; d&#233;moralisation &#187;...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parce que ces &#233;missions sont ignobles ! On expose des individus tout heureux, semble-t-il, d'&#233;taler leurs plaies &#224; la t&#233;l&#233;vision. On y c&#233;l&#232;bre le culte du plus fort. M&#234;me si la France n'est pas la pire en ce domaine, vous avouerez que &#171; L'&#206;le de la tentation &#187; et &#171; Koh Lanta &#187; sont lamentables. Plus grave : de nombreuses &#233;missions de t&#233;l&#233;vision ont en commun b&#234;tise et vulgarit&#233;. Et ce n'est malheureusement pas sp&#233;cifique &#224; la t&#233;l&#233;r&#233;alit&#233; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#202;tes-vous favorable &#224; la seconde coupe publicitaire sur le service public ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je ne veux pas m'en tirer par une pirouette, mais le financement du service public est un sujet &#233;pineux. Je ne suis pas choqu&#233; par le fait que cette deuxi&#232;me coupure ait &#233;t&#233; demand&#233;e, mais je comprends qu'on ne l'accorde pas, car cela mettrait en danger toute la presse &#233;crite. En revanche, je suis pour l'augmentation de la redevance qui est, chez nous, l'une des plus faibles d'Europe. Cela ne se fera probablement pas puisqu'il s'agit d'un imp&#244;t, dont la hausse est toujours mal per&#231;ue. Mais c'est pour moi un imp&#233;ratif. Accompagn&#233;, il est vrai, d'une gestion rigoureuse du service public.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez &#233;t&#233; choqu&#233; par les propos de Patrick Le Lay sur le &#171; temps de cerveau disponible &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Patrick Le Lay a formul&#233; sa pens&#233;e d'une mani&#232;re particuli&#232;rement cynique, qui en a indign&#233; beaucoup. Mais il n'a fait qu'exprimer la r&#233;alit&#233; : il fait de la t&#233;l&#233;vision pour gagner de l'argent. Pour cela, il lui faut de la publicit&#233;. Et pour attirer les annonceurs, les programmes doivent plaire au plus grand nombre. C'est la pratique courante d'une cha&#238;ne commerciale, exprim&#233;e brutalement par son patron.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les rapports entre patrons de presse sont difficiles ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les cha&#238;nes priv&#233;es, et notamment &lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt;, n'imaginent pas qu'elles puissent &#234;tre concurrenc&#233;es par des cha&#238;nes publiques. J'ai eu avec Patrick Le Lay des rapports tr&#232;s tendus, voire tr&#232;s durs lorsque j'&#233;tais patron de &lt;i&gt;France 2&lt;/i&gt; &#224; propos d'une &#233;mission, &#171; La Nuit des h&#233;ros &#187;. Arr&#234;t&#233;e par &lt;i&gt;France 2&lt;/i&gt;, cette &#233;mission avait &#233;t&#233; reprise, sous un nom diff&#233;rent, mais dans un format identique, par &lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt;. Nous avons fait un proc&#232;s, que nous avons gagn&#233; en premi&#232;re instance, en appel et en cassation. Un jour, je re&#231;ois un appel de Patrick Le Lay qui m'annonce qu'il a pr&#233;par&#233; un ch&#232;que - la somme &#233;tait tr&#232;s &#233;lev&#233;e puisqu'il y avait eu plagiat : 55 millions de francs ! - et qu'il le tient &#224; ma disposition. Il finit en me disant : &#171; &lt;i&gt;&#192; partir d'aujourd'hui, c'est la guerre. Je vous tuerai, je vous briserai.&lt;/i&gt; &#187; J'avais autour de moi plusieurs collaborateurs qui l'ont entendu. Patrick Le Lay a ensuite pr&#233;tendu ne pas s'en souvenir. Il peut en effet oublier d&#232;s le lendemain ce qu'il affirmait la veille.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment avez-vous pu vous retrouver arbitre face &#224; ce m&#234;me Le Lay en tant que pr&#233;sident du CSA ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je me suis efforc&#233; d'exercer mes fonctions de mani&#232;re ind&#233;pendante et impartiale. J'avais d&#233;cid&#233; de faire abstraction des conflits du pass&#233;. Et j'ai volontairement &#171; &lt;i&gt;oubli&#233;&lt;/i&gt; &#187;, pendant la dur&#233;e de mon mandat, que j'avais &#233;t&#233; moi aussi patron de &lt;i&gt;France 2&lt;/i&gt; et donc de la cha&#238;ne concurrente de &lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt; pendant quelques ann&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et lui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je n'en sais rien, mais j'ai re&#231;u &#224; moult reprises Le Lay et Mougeotte, et les rendez-vous se passaient normalement. En revanche, si la r&#233;action de Patrick Le Lay, dans l'affaire &#224; laquelle je viens de faire allusion, peut &#234;tre mise sur le compte de la col&#232;re, j'ai v&#233;cu un autre &#233;v&#233;nement, beaucoup plus grave. &#192; ce degr&#233; de responsabilit&#233;s, on est sans cesse l'objet de d&#233;stabilisation. J'en ai moi-m&#234;me &#233;t&#233; victime. D&#233;but 1993, alors que je suis &#224; la t&#234;te de &lt;i&gt;France T&#233;l&#233;visions&lt;/i&gt;, je re&#231;ois, un soir, un appel de Franz-Olivier Giesbert, alors directeur de la r&#233;daction du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt;. Il m'annonce qu'il publie le lendemain &#224; la une la preuve de ma participation dans une soci&#233;t&#233; de Pierre Botton, &#224; l'&#233;po-que l'objet de proc&#233;dures judiciaires. Je n'avais jamais ren-contr&#233; Botton de ma vie. Interlo-qu&#233;, je lui demande de quoi il s'agit et il me r&#233;pond qu'il a entre les mains le K-bis d'une des soci&#233;t&#233;s de Botton o&#249; figure mon nom. J'apprends que ce jour-l&#224;, des journalistes de &lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt; ont fait le si&#232;ge de tous les quotidiens et de tous les hebdomadaires en apportant ce document pour qu'il soit publi&#233;. Je r&#233;ponds que c'est un faux, et qu'&#224; sa place, je ne le publierais pas... J'ai v&#233;rifi&#233; aupr&#232;s du registre du commerce et &#233;videmment, il s'agissait d'un faux, assez grossier d'ailleurs, car mon nom avait &#233;t&#233; rajout&#233; frauduleusement...&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_264 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/bourges-4.jpg&quot; title='photo : Charles Duprat' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L219xH324/bourges-4-9e144-7cdde.jpg' width='219' height='324' alt='photo : Charles Duprat' style='height:324px;width:219px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-264 spip_doc_titre' style='width:219px;'&gt;&lt;strong&gt;photo : Charles Duprat&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;/dl&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui avait fait cela ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai port&#233; cette affaire devant la justice et les auteurs - qui travaillent toujours aujourd'hui dans les m&#233;dias, mais &#224; qui j'ai promis de ne plus citer leurs noms car ils m'ont pr&#233;sent&#233; leurs excuses - ont &#233;t&#233; condamn&#233;s. Patrick Le Lay a demand&#233; &#224; me voir tout de suite et nous avons eu une longue conversation durant laquelle il m'a certifi&#233; n'&#234;tre pour rien dans cette histoire. Je l'ai cru. Je n'en dirai pas autant de certains cadres haut plac&#233;s dans son entourage... Je tiens &#224; pr&#233;ciser que j'exclus, par intime conviction, &#201;tienne Mougeotte de la machination. Il y a eu, et c'est une premi&#232;re &#224; &lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt;, perquisition dans les bureaux de la direction, puis proc&#232;s. On a condamn&#233; les ex&#233;cutants de ces basses &#339;uvres, pas les commanditaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est &#224; l'image des m&#339;urs de la t&#233;l&#233;vision fran&#231;aise ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La t&#233;l&#233;vision est un monde violent. Cette affaire s'est d&#233;roul&#233;e au moment de la cr&#233;ation du groupe &lt;i&gt;France T&#233;l&#233;visions&lt;/i&gt;, que &lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt; voyait d'un tr&#232;s mauvais &#339;il.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est comme cela avec tout le monde ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pas du tout. J'avais de bonnes relations avec Francis Bouygues, par exemple. Apr&#232;s la privatisation de &lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt;, j'ai d&#238;n&#233; chez lui dans sa propri&#233;t&#233; de Sologne o&#249; il m'a pr&#233;sent&#233; &#171; &lt;i&gt;mon&lt;/i&gt; &#187; contrat : je devenais, entre autres fonctions, son conseiller personnel, avec quatre fois mon salaire de l'&#233;poque, voiture, chauffeur, etc. Mais je n'ai pas donn&#233; suite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et Jean-Pierre Elkabbach ? Il vous parle encore ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est plut&#244;t moi qui aurais toutes les raisons de ne plus lui parler. En 1993, &#201;douard Balladur m'a contact&#233; pour me dire : &#171; &lt;i&gt;Vous avez tr&#232;s bien fait fonctionner le service public, mais vous ne pouvez pas vous repr&#233;senter : ma majorit&#233; ne le supporterait pas.&lt;/i&gt; &#187; Le pouvoir, &#224; gauche comme &#224; droite, pensait encore, &#224; ce moment-l&#224;, que les m&#233;dias &#233;taient &#224; sa disposition. Je ne me suis donc pas repr&#233;sent&#233;, alors que le CSA m'aurait reconduit. Je ne voulais pas &#234;tre pr&#233;sident de &lt;i&gt;France T&#233;l&#233;visions&lt;/i&gt; contre l'&#201;tat : situation trop pr&#233;judiciable &#224; mes &#233;quipes, qui auraient fini par me le reprocher. On m'a alors propos&#233; diff&#233;rentes fonctions que j'ai refus&#233;es les unes apr&#232;s les autres, dont un poste d'ambassadeur &#224; Dakar ou New Delhi. J'ai accept&#233; celui d'ambassadeur aupr&#232;s de l'Unesco. Je voulais rester &#224; Paris, car je sentais que les choses pouvaient bouger tr&#232;s vite pour moi. J'ai eu raison : en janvier 1995, Mitterrand m'a nomm&#233; pr&#233;sident du CSA.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;&#171; J'ai beaucoup d'estime pour Elkabbach en tant qu'interviewer, mais &#233;tait-il fait pour diriger &lt;i&gt;France T&#233;l&#233;visions&lt;/i&gt; ? &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Revenons &#224; Elkabbach...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il &#233;tait l'un des vice-pr&#233;sidents de la commission de r&#233;flexion pour le service public, dite commission Campet. L'autre &#233;tant Jean-Marie Cavada. Tous les deux avaient tr&#232;s envie de me succ&#233;der. On disait que Cavada avait les faveurs de Balladur dont la femme aimait beaucoup &#171; La Marche du si&#232;cle &#187;. Finalement, c'est Jean-Pierre Elkabbach qui a &#233;t&#233; &#233;lu par le CSA en d&#233;cembre 1993. J'ai beaucoup d'estime pour l'intervieweur, mais &#233;tait-il fait pour diriger &lt;i&gt;France T&#233;l&#233;visions&lt;/i&gt; ? Avec l'affaire dite &#171; &lt;i&gt;des patates&lt;/i&gt; &#187;, il a sci&#233; la branche sur laquelle il &#233;tait assis : il a d&#233;nonc&#233; les &#171; &lt;i&gt; contrats en or&lt;/i&gt; &#187; des animateurs-producteurs (Arthur, Delarue...), alors qu'il les avait lui-m&#234;me conclus. Il est m&#234;me venu me voir en me proposant de sacrifier son &#233;quipe, croyant sauver sa t&#234;te. Il m'a ensuite attribu&#233; une partie de la responsabilit&#233; de sa chute, alors qu'il en &#233;tait l'unique artisan. Pendant longtemps, il ne m'a plus adress&#233; la parole. C'est fini maintenant, on se parle tout &#224; fait normalement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;France 24 a 80 millions d'euros de budget, CNN, 1 milliard d'euros et la BBC, 600 millions d'euros...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;France 24 d&#233;bute, laissons-lui le temps et donnons-lui les moyens de r&#233;ussir. M&#234;me si, personnellement, je ne trouve pas le montage r&#233;alis&#233; tr&#232;s convaincant, elle doit devenir cette grande cha&#238;ne internationale qui nous manque. Il faut qu'elle ait les moyens de faire ses propres images, et les satellites n&#233;cessaires pour &#234;tre bien diffus&#233;e. L'erreur et la confusion seraient de vouloir marier France 24 et TV5, alors que cette derni&#232;re est une cha&#238;ne francophone et g&#233;n&#233;raliste. Elles n'ont pas du tout la m&#234;me vocation. Je suis oppos&#233; &#224; leur fusion. L'audiovisuel ext&#233;rieur fran&#231;ais - tous m&#233;dias confondus, y compris RFO -, c'est 600 millions d'euros. J'ai sugg&#233;r&#233;, d&#232;s le mois d'ao&#251;t dernier, de cr&#233;er une holding regroupant l'ensemble des entreprises concern&#233;es - France 24, RFI, TV5, etc. -, et pr&#233;parant les rapprochements n&#233;cessaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Deux initiatives peuvent &#234;tre prises rapidement. Le vrai m&#233;dia mondial aujourd'hui est le multim&#233;dia. Il est donc indispensable que la France se dote d'un portail unique d'informa-tion internationale de r&#233;f&#233;rence sur Internet. Il est &#233;galement essentiel d'assurer la distribution mondiale de nos cha&#238;nes d'information multilingues (Euronews, France 24), et de la cha&#238;ne g&#233;n&#233;raliste francophone (TV5), en rapprochant leurs &#233;quipes de distribution pour d&#233;marcher leurs clients potentiels, bouquets satellites, ADSL ou cablo-op&#233;rateurs dans le monde entier. C'est un ensemble de cha&#238;nes qu'il faut proposer aux op&#233;rateurs, non une cha&#238;ne isol&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez &#233;t&#233; conseiller technique de Ben Bella dans les ann&#233;es 1960, alors qu'il &#233;tait pr&#233;sident de la R&#233;publique alg&#233;rienne.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;J'ai d'abord effectu&#233; mon service militaire en Alg&#233;rie, &#224; S&#233;tif, &#224; partir de 1958, durant trente mois. Croix de la valeur militaire. Lors de l'ind&#233;pendance, j'y suis retourn&#233;, apr&#232;s avoir combattu le syst&#232;me colonial et la guerre d'Alg&#233;rie comme beaucoup d'autres. J'&#233;tais anim&#233; &#224; l'&#233;poque par le souci d'aider au rapprochement et &#224; la r&#233;conciliation franco-alg&#233;rienne. Cela a peut-&#234;tre &#233;t&#233; la seule p&#233;riode utopiste de ma vie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;On vous l'a longtemps reproch&#233;e...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Je suis m&#234;me &#233;tonn&#233; d'avoir pu faire une telle carri&#232;re malgr&#233; ces critiques. Lorsque je suis rentr&#233; d'Alg&#233;rie en 1967, j'&#233;tais litt&#233;ralement tricard, aussi bien &#224; droite qu'&#224; gauche. Pour les uns, j'&#233;tais un tra&#238;tre. Pour les autres, une barbouze. J'ai pris de gros risques. Rien de ce que j'ai obtenu dans ma vie n'a &#233;t&#233; qu&#233;mand&#233; ni sollicit&#233;. Que ce soit &#224; &lt;i&gt;RFI&lt;/i&gt;, &#224; &lt;i&gt;TF1&lt;/i&gt; ou &#224; &lt;i&gt;France T&#233;l&#233;visions&lt;/i&gt;, j'ai toujours &#233;t&#233; appel&#233; pour des d&#233;veloppements, des remises en ordre, des sauvetages. Cela n'a pas &#233;t&#233; pour me d&#233;plaire : j'aime me battre.&lt;/p&gt; &lt;dl class='spip_document_266 spip_documents spip_documents_center'&gt;
&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.revue-medias.com/IMG/jpg/bourges-couv3.jpg&quot; title='&quot;Ma rue Montmartre : petite chronique citadine, m&#233;diatique et politique&quot;, &#233;ditions Ramsay, mars 2007' type=&quot;image/jpeg&quot;&gt;
&lt;img src='http://www.revue-medias.com/local/cache-vignettes/L222xH324/bourges-couv3-e1446-5c53d.jpg' width='222' height='324' alt='&quot;Ma rue Montmartre : petite chronique citadine, m&#233;diatique et politique&quot;, &#233;ditions Ramsay, mars 2007' style='height:324px;width:222px;' /&gt;
&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dt class='crayon document-titre-266 spip_doc_titre' style='width:222px;'&gt;&lt;strong&gt;&quot;Ma rue Montmartre : petite chronique citadine, m&#233;diatique et politique&quot;, &#233;ditions Ramsay, mars 2007&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
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