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Tartufferies et compagnie

TARTUFFERIES & CIE

Illustrations : Michel Cambon

FÉMINISME DE SUPÉRETTE

Les slogans « rigolos » qu’arborent désormais les produits de la marque Monoprix ne sont pas du goût de tout le monde. Après les employés de l’enseigne, qui s’étaient insurgés contre les emballages des paquets de Verveine (« L’infusion qui vous fait oublier qu’on ne vous a pas augmenté cette année »), c’est au tour des Chiennes de garde de passer à l’attaque. Les féministes viennent en effet de remettre le Grand Prix de la fessée, de la tarte et du sexisme à Monoprix, pour trois slogans, dont : « Elle a beau être bien roulée, elle a quand même l’air tarte », inscrit sur sa pâte feuilletée et « Vos enfants vont réclamer des fessées » sur un tube de crème pour les mains. Une « banalisation stupéfiante » de la maltraitance et du sexisme, selon l’association. À quand des chiens de garde du second degré ?

CHARLIE CHARRIE

Réjouissons-nous, les mœurs changent ! Il y a quelques années encore, Charlie Hebdo aurait pu craindre le pire, après la publication d’un numéro rebaptisé « Charia-Hebdo » raillant la victoire du parti islamiste en Tunisie, avec une caricature de Mahomet en une. Aujourd’hui, c’est dans le calme que l’humour provocateur et sacrilège de l’hebdomadaire est accueilli : hormis de nombreux messages de menaces et une attaque à coups de cocktails Molotov qui a détruit le siège du journal ainsi que son système informatique, hormis également le piratage de son site Internet, les réactions ont dans l’ensemble été mesurées

SCATHOLIQUE

Décidément, les cathos intégristes sont en forme. Après le fâcheux épisode du « Piss Christ », ils ont appelé à la censure d’une pièce jouée au Théâtre de la Ville, à Paris. « Sur le concept du visage du fils de Dieu » met en scène un père et son fils affrontant ensemble la déchéance de l’âge, dont quelques embarras d’ordre scatologique, sous le regard d’un portrait géant du Christ, qui finira par être saccagé. Intolérable pour quelques jeunes trublions de la calotte qui ont manifesté quotidiennement devant le théâtre, menaçant les spectateurs et perturbant la pièce à plusieurs reprises. En France, en 2011, on va au théâtre entre les casques et les bottes des CRS.

FASCIX

Nous l’avions prédit (Médias n°30, automne 2011), c’est aujourd’hui chose faite : après les Schtroumpfs, Astérix et Obélix ont enfin été élevés au rang de fascistes ! C’est Michel Serres qui s’est chargé de les adouber. Vaincus par les Romains, nos irréductibles Gaulois ont un recours systématique à la violence, à la drogue — la potion ma- gique —, et font preuve d’un mépris pour la culture (en la personne du barde). Voilà un « éloge du fascisme et du nazisme » à « ne pas mettre entre toutes les mains ». Qu’importe si Uderzo et Goscinny — dont une partie de la famille a été déportée pendant la guerre — ont toujours revendiqué le droit à la parodie. Par Toutatis ! il est fou, ce philosophe !

Pas de mains, pas de caricatures…

Ali Ferzat ne l’avait pas compris : ces derniers temps, mieux vaut ne pas plaisanter avec le régime syrien. Ce caricaturiste internationalement connu, déjà plusieurs fois interdit de publication, continuait à publier quotidiennement des dessins virulents sur son site. Quelle indélicatesse, alors même que le pays est secoué par un mouvement de contestation sans précédent ! Pour le président Bachar el-Assad, c’en est trop, ce dangereux trublion entretient la dissidence. Le caricaturiste est alors enlevé par des membres masqués des services de sécurité, qui lui brisent les mains. Depuis, non seulement Ali Ferzat récidive, mais il est encouragé : l’insolent Parlement européen vient de lui décerner le prix Sakharov pour la liberté de penser.

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