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Mano à mano

Rama Yade :

"Tous les coups ne sont pas permis"

par Emmanuelle Duverger et Robert Ménard

Elle a la dent dure avec les journalistes. Au point d’en traiter certains de « charognards ». Notre secrétaire d’État aux droits de l’homme les trouve un peu « légers », soucieux de l’anecdote plus que du fond. Oubliant que c’est une petite phrase - « la France n’est pas un paillasson sur lequel Kadhafi peut s’essuyer les pieds du sang de ses forfaits » - qui l’aura rendue célèbre. Rencontre avec celle qui n’est plus seulement le meilleur second rôle du gouvernement.

Que pensez-vous des journalistes ?

En politique, la place des journalistes, et plus généralement des médias, est plus importante que je ne le pensais. Beaucoup sont de bons analystes de la vie politique, compétents. Ils ne sont pas uniquement des observateurs, mais aussi des commentateurs de la vie publique et de la vie privée. Des éditorialistes donnent leur opinion. On doit en tenir compte dans notre action.

Vous ne vous en doutiez pas ?

Pas à ce point. Pour moi, le métier rimait avec « objectivité ». On ne prend pas position pour un camp ou pour l’autre, on laisse le lecteur, l’auditeur, le spectateur se faire sa propre opinion. En réalité, la plupart prennent position. Ce n’est ni bien ni mal. C’est un constat.

Les faits, rien que les faits ?

C’est ainsi que j’imaginais les choses, sauf pour les éditorialistes, bien sûr. Je suis très étonnée de constater que pour un même fait, l’analyse puisse être si radicalement différente entre Le Figaro et Libération : du coup, les faits eux-mêmes ne sont plus tout à fait semblables...

Vous avez été très dure avec la profession à l’occasion de l’« affaire du SMS ». Vous avez parlé des « charognards »...

Je ne parlais pas des journalistes globalement. J’ai moi-même trop souffert d’être rangée dans des cases pour mettre tout le monde dans le même sac. Quand j’ai parlé des charognards, je parlais de ceux qui franchissent la ligne rouge de la vie privée. C’est valable pour le journaliste qui a sorti l’affaire du SMS comme pour des politiques du propre camp de Nicolas Sarkozy qui portent des jugements politiques très durs envers lui. Il s’agissait plutôt pour moi d’en appeler à la responsabilité de ceux qui ont des pratiques pas toujours très saines.

J’ai de l’affection pour les journalistes, j’ai de l’admiration pour leur métier - que j’aurais d’ailleurs bien aimé exercer si je n’avais pas été administrateur du Sénat -, mais les médias, quatrième pouvoir, doivent avoir le sens de la responsabilité. Je suis secrétaire d’État aux droits de l’homme : j’ai fait de la liberté d’expression la priorité de mon action et je ne suis pas soupçonnable de vouloir m’en prendre à la presse car tous les jours je défends des gens dont la liberté d’expression est menacée. Si j’ai fini par dire ce que j’ai dit, c’est que je n’avais plus le choix... La liberté d’expression n’autorise pas la diffamation, ni l’acharnement sur un homme, fût-il président de la République.

Certains vous répondront que cette révélation relevait de l’intérêt public, dévoilant un homme peut-être plus fragile que ce qu’il avait voulu montrer durant sa campagne...

Nicolas Sarkozy est un être humain. Tous les coups ne sont pas permis au nom de la liberté d’expression. Cette histoire du SMS a d’ailleurs fini par avoir des conséquences politiques puisqu’elle a occulté les résultats de nos réformes : la même semaine, on annonçait que le nombre de demandeurs d’emploi avait baissé de 200 000 l’an dernier, plaçant leur nombre sous la barre des 2 millions, soit un chiffre jamais atteint depuis 1984 ! On a parlé de l’accessoire, et pas de l’essentiel. Je ne voudrais pas que les pratiques de quelques-uns tirent l’ensemble de la profession vers le bas. Même Jean Daniel, même Libération - qui n’est pas soupçonnable de prendre le parti du Président - ont admis qu’on était allé trop loin.

Que pensez-vous de la réponse du chef de l’État de poursuivre en justice au pénal ?

C’est son choix. Je n’en ai pas discuté avec lui et je ne sais pas ce qui le motive. Mais s’il en est arrivé là, c’est probablement qu’il n’en pouvait plus.

photos : Isabelle Nègre
photos : Isabelle Nègre

« Il ne faut jamais perdre de vue qu’un journaliste reste un journaliste : ce n’est ni un ami, ni un copain, ni un camarade. »

Ça a valeur d’avertissement ?

Je n’en sais rien. Cela relève plutôt d’une question de principe. On est allé trop loin dans les attaques contre lui. Aucun Président n’a jamais été mis en cause ainsi dans sa vie personnelle.

On a franchi un nouveau pas ?

Violer un SMS, c’est comme ouvrir le courrier personnel de quelqu’un et le mettre sur la place publique ! C’est inadmissible.

Du coup, vous êtes vous-même sur vos gardes ?

J’aime bien parler avec des journalistes. Mais il faut garder une certaine distance. Vous pouvez être mis en confiance par quelqu’un qui vous parle amicalement, mais il ne faut jamais perdre de vue qu’un journaliste reste un journaliste : ce n’est ni un ami, ni un copain, ni un camarade. Je suis en train de l’apprendre. Prenez le off : lors des voyages officiels à l’étranger, on a souvent
- par tradition - des discussions informelles avec la presse. Mais ce que vous dites en off peut se retrouver dans les indiscrétions d’un journal. En off, le propos est plus lâche et en on, c’est la langue de bois. Entre les deux, il faut trouver un équilibre.

Vous avez été victime de votre « fraîcheur », du fait que vous faisiez moins attention que d’autres ?

Je connais et j’apprécie les journalistes pour avoir travaillé avec eux à Public Sénat. Les médias ne sont pas forcément méchants. Mais tout de même, les petites phrases qui ressortent quand on ne s’y attend pas... surtout maintenant avec Youtube ou Dailymotion. Chaque individu devient en quelque sorte un média.

Vous relisez toutes vos interviews ?

Oui, si possible. Quand on me cite, je préfère relire pour éviter de découvrir des propos que je n’ai jamais tenus ou pour les préciser afin d’éviter que ma pensée ne soit trop ramassée.

C’est de l’à-peu-près ou de la malveillance ?

Je ne crois pas qu’il s’agisse de malveillance. Le temps peut manquer ou l’espace dans le journal. Quelquefois, certains écrivent ce qu’ils ont envie d’écrire : vos réponses doivent correspondre à l’idée qu’ils se sont faite de vous avant de vous rencontrer. Par exemple, une petite anecdote pas trop grave : un journal, désireux de dire à quel point j’étais « rebelle », raconte un voyage présidentiel. Le Président est dans l’avion, moi aussi, avec toute une délégation. Durant le vol, je m’endors. Lorsque je me réveille, plus personne autour de moi. Je me dirige vers l’avant de l’appareil pour rejoindre Nicolas Sarkozy et le reste de l’équipe. Là, Claude Guéant me dit : « Où étiez-vous ? Le Président vous attendait. » Je lui explique que je dormais. Bref, rien de scandaleux.

Dans le journal, l’histoire est devenue : je dormais, Claude Guéant me réveille et me dit que le Président veut me voir. Mais je réponds : « Non, je dors. » J’explique au journal que sa version est inexacte et il bat sa coulpe. Mais quelques semaines plus tard, le même titre ressort un papier sur la « cour » de Nicolas Sarkozy en expliquant qu’il y en a une qui n’en fait pas partie - moi - et ils reprennent la fameuse histoire. Quand je leur rappelle que c’est faux, on me répond : « On ne pouvait pas faire autrement, c’était trop drôle... » Bon, ce n’est pas très grave. Et, effectivement, c’est drôle. Mais la réalité était plus simple.

Vous ne pouvez pas prétendre tomber des nues : vous étiez responsable de la communication de Public Sénat !

J’étais de l’autre côté, celui des journalistes. Je n’avais pas la même vision de tout cela. Toujours sur le thème de la rebelle au système, deux journalistes m’ont présentée, d’une certaine manière : l’un disant que je l’avais reçu pieds nus dans mon bureau ; l’autre écrivant que je portais un boubou le jour de la formation du gouvernement. Ajoutez à cela les questions comme : «  Vous êtes bien accueillie au Quai d’Orsay ? » Les gens s’imaginent que je passe directement de la cité au Quai d’Orsay. Alors que les diplomates du Quai de ma génération étaient mes collègues à Sciences Po. Et je suis obligée de revendiquer l’incroyable : « Je suis du système ! »

Puisqu’on est dans les rumeurs, c’est vraiment BHL qui vous a soufflé votre « bombe » sur Kadhafi ?

Me poser la question, c’est donner de la crédibilité à un propos diffamatoire à mon égard. Et en y répondant, je prends le risque de sortir ça d’un obscur site Internet pour l’exposer sur la place publique. Que voulez-vous que je dise ? Je ne suis pas capable d’exprimer une opinion personnelle ? Il faut que quelqu’un me souffle l’idée ? C’est le type même de rumeurs diffusées sur Internet pour vous nuire, vous discréditer. Et dire que je suis obligée de m’en expliquer : donc, j’ai vu BHL, à la demande de Nicolas Sarkozy, pour discuter de la Birmanie. C’était trois semaines ou un mois avant l’arrivée de Kadhafi à Paris et on ne savait même pas encore qu’il devait venir. Mais cette histoire inventée est sortie six heures après la publication d’un sondage affirmant que 80 % des Français pensaient que j’avais raison sur Kadhafi...

Avez-vous vraiment empêché votre mari d’aller voter pour Ségolène Royal ?

Voilà un fait politique majeur ! J’ai simplement oublié des clés au fond d’un sac. Rien de plus. Et on en a bien ri.

Roseline Bachelot dit de vous : «  Elle est femme, elle est noire, elle va être promue ; heureusement qu’elle n’est pas lesbienne et handicapée, elle serait Premier ministre. »

Commenter ce genre de propos n’a aucun intérêt.

Mais vous revendiquez souvent la discrimination positive pour faire évoluer le racisme en France.

J’ai dit aussi que j’ai mené mon parcours sans cela. Quand j’ai passé le concours - anonyme - de Sciences Po, j’étais la seule Black. Même chose pour le concours d’administrateur du Sénat, là encore anonyme. C’est seulement depuis que je suis en politique qu’on me dit que ma couleur est un problème ou une spécificité. Cela dit, je ne suis pas hostile au fait qu’on donne un coup de pouce aux jeunes d’aujourd’hui, qu’on appelle cela discrimination positive ou autre chose. L’essentiel est de prendre conscience de discriminations qui frappent certains plus que d’autres.

« Rothschild peut être un ami de Nicolas Sarkozy, je ne pense pas que Libération soit à la solde du Président pour autant. Ce procès en amitié est injuste. »

« On ne le sait pas encore, parce qu’aujourd’hui elle veut rassurer, montrer qu’elle n’est pas un gadget, mais très vite elle va ensorceler tout le monde, si ce n’est déjà fait. »

Serait-ce une citation de l’excellent Joseph Zimet [son mari, ndlr] ? Cela me touche qu’il pense cela parce que j’essaie de faire mon travail le mieux possible, sans autre stratégie que de fonctionner au jour le jour, avec toujours à l’esprit que tout peut s’arrêter en politique.

C’est possible de ne pas avoir de stratégie quand on est au gouvernement ?

Ma seule stratégie, c’est travailler. Pas de monter des plans politiques. Je préfère prendre les choses comme elles viennent.

Nouvelle citation, de vous cette fois : « J’espère que l’affaire Roselmack n’est pas qu’un lot de consolation à l’intention des “minorités visibles” et qu’elle constitue le point de départ vers une plus grande “colorisation” des écrans. »

On aurait dû faire entrer la diversité dans les médias depuis bien longtemps. Actuellement, on est dans une phase de rattrapage qui va être longue car beaucoup de questions accompagnent ce mouvement : « Les Français vont-ils l’accepter ? Sont-ils prêts ? » Et tout est prétexte à ralentir les choses. À mon avis, la société française est prête, elle n’est pas raciste. J’en suis convaincue. Durant ma campagne pour les municipales à Colombes, j’ai été suivie un jour par une journaliste de presse écrite. Elle m’a posé beaucoup de questions sur ma couleur de peau. Or, les Colombiens ne m’interrogent jamais là-dessus. Leurs sujets de préoccupation étaient le chômage, le logement, l’état de l’escalator, le distributeur en panne ou le Franprix trop petit, mais sûrement pas si le fait d’être noire jouait un rôle dans ma campagne... C’est symptomatique de la société française : ce sont les élites qui sont conservatrices, le peuple est plus évolué.

Un élitisme qui sévit également dans la presse ?

Il faut bien avouer que certains analystes sont un peu déconnectés. Une information peut chasser l’autre. Et le politique peut être tenté d’en jouer : il peut déterminer le temps médiatique et changer de sujet quand il le souhaite.

C’est précisément ce qui est reproché à Nicolas Sarkozy !

Un reproche n’est pas vérité. Et les journalistes sont libres de suivre ou de ne pas suivre...

Selon vous, la presse est pro ou anti-Sarkozy ?

En ce moment, certainement anti-Sarkozy ! Il suffit que les sondages baissent pour voir apparaître des titres très violents sur lui. Quand je lis ces titres, je n’ai vraiment pas l’impression que cette presse soit aux ordres ! Quelquefois, c’est tellement agressif qu’on se demande s’il n’y a pas une part de revanche là-dedans. Rothschild peut être un ami de Nicolas Sarkozy, je ne pense pas que Libération soit à la solde du Président pour autant. Ce procès en amitié est injuste. Lorsque je regarde comment certains journaux ont pris clairement fait et cause pour Ségolène Royal, ou la manière dont Bayrou a été porté, je n’ai pas l’impression que les autres candidats aient été lésés. Ségolène Royal est devenue la candidate socialiste aussi par le fait des sondages ! Ce ne sont pas les médias qui lui ont fait du tort, ce sont ses amis...

Mais vous vous rappelez l’affaire Génestar ?

Je n’en connais pas les coulisses. Des versions circulent et je ne connais pas la vérité.

La une de Psychologie, ça vous a fait plaisir ?

C’est un choc de se voir pendant un mois sur les kiosques à journaux. Et puis, je ne me trouve pas toujours reconnaissable sur les photos.

Vous êtes devenue une star !

Star ? Je préfère être reconnue pour mon engagement politique. Je n’en suis ni contente, ni fâchée. Je suis « insecure » par nature. Du coup, je ne profite que rarement des choses censées me contenter. Je ressens de la fierté lorsque j’ai beaucoup travaillé et que je fais une émission politique. « Le Grand Rendez-Vous » de Jean-Pierre Elkabbach pendant une heure, interrogée par trois journalistes, sous l’œil des ténors de l’UMP dans le public, c’était une épreuve à ne pas rater. C’est dans ces circonstances que j’ai l’impression de faire quelque chose d’utile, de passer un cap.

C’est vrai que Nicolas Sarkozy vous appelle après vos prestations à la télé ?

Quelquefois. Il est soucieux que je fasse mes preuves par le travail plutôt que par l’image. Par exemple, des éditeurs m’ont demandé d’écrire mon autobiographie. Mais Nicolas Sarkozy trouve qu’à trente ans c’est un peu tôt. Moi aussi d’ailleurs. Il me dit souvent qu’il faut laisser le temps au temps et ne pas céder trop vite à la médiatisation.

« J’apprends à résister à l’envie de répondre aux gens qui cherchent à me discréditer. »

Ce n’est pourtant pas son fort !

C’est ce que je lui réponds. [Rires.] Mais je crois que sa longue expérience politique l’autorise à me conseiller en ce sens, moi et tous ceux dont il se sent responsable.

Vous dites que «  la partialité de l’information est un “crime médiatique” contre l’Afrique ». N’est-ce pas un peu convenu ?

La réalité africaine est celle des crimes, des guerres, des famines... Mais ce n’est pas tout. Les médias ne présentent qu’une version des choses. Pour l’Afrique, cela a des conséquences désastreuses : personne n’a envie d’investir dans un pays ou sur un continent où tout va mal. En France, la première fois que j’ai entendu parler de l’Afrique dans les médias, ce n’était pas mon Afrique à moi, celle d’où je venais. Les jeunes Noirs qui sont nés ici n’ont de l’Afrique qu’une image négative, ce qui entraîne chez eux un sentiment d’infériorité, un complexe, un manque d’ambitions. C’est pour cela que j’ai besoin de « racheter » ce continent. En faisant des choses, en les faisant bien, je voudrais montrer que les personnes d’origine africaine sont aussi valables que les autres.

Les trains qui arrivent à l’heure intéressent rarement les médias...

Jean-Pierre Elkabbach m’a appris que, lorsqu’on est journaliste, il ne faut pas se contenter de la surface des choses. Alors, pourquoi ne pas prendre le contre-pied de ces lieux communs sur l’Afrique ? Les grands sentiments, les objectifs moraux peuvent certes aider ce continent, mais pourquoi ne pas aussi l’aider médiatiquement ? En redorant son image ? L’Inde et la Chine travaillent beaucoup sur leur image : c’est stratégique. Si vous ne voyez de l’Inde que ses bidonvilles, vous n’aurez pas envie d’aller y investir... L’Afrique est le continent où l’on parle le plus de langues au monde, et celui que l’on entend le moins.

Qu’avez-vous pensé du discours de Nicolas Sarkozy à Dakar ?

Il a dit des choses qu’aucun Président n’avait dites avant lui. Et si c’était moi qui l’avais prononcé, personne n’aurait trouvé à y redire.

Pourquoi a-t-il été si mal accueilli alors ?

Il a été mal perçu par les hypocrites, les méchants, et ceux qui n’acceptent pas qu’il soit devenu Président... Et puis ceux qui ont un contentieux à régler avec le candidat Sarkozy du fait de ses propos sur l’immigration choisie, la racaille, etc. Et enfin, ceux qui s’arrêtent à l’extrait incriminé - celui de l’homme africain resté bloqué dans l’histoire - et qui ne veulent pas entendre le reste de son discours.

Que lisez-vous pour le plaisir ?

Je travaille tout le temps. Regardez ces livres sur mon bureau : cela fait deux semaines que je veux lire la dernière biographie de Sagan et je n’y arrive pas, faute de temps. Même chose pour « La Politique de la civilisation » d’Edgar Morin. Je lis la presse, Le Figaro, Le Parisien, Libération, Le Monde et quelques hebdos. Je sais que je devrais faire l’inverse, mais je commence d’abord par les pages politiques et seulement ensuite les pages internationales, étant déjà occupée une bonne partie de la journée par la lecture de télégrammes diplomatiques. Et puis je regarde souvent les éditorialistes sur Internet. Je lis aussi les potins : il faut bien être au courant, c’est toujours révélateur de quelque chose, d’une ambiance, d’une atmosphère.

Les attaques à votre encontre, ça vous blesse ?

Les méchants finissent toujours par payer ! J’apprends à résister à l’envie de répondre aux gens qui cherchent à me discréditer. En général, le silence les rend encore plus furieux et c’est à ce moment-là qu’ils commettent l’erreur. J’apprends la patience...

Que pensez-vous de la pipolisation de la vie publique ?

Cela m’indiffère. J’essaie de ne pas me détourner de l’essentiel.

Vous avez déjà refusé des interviews ou des séances de photos ?

Pas plus tard que tout à l’heure ! Un magazine voulait faire une couverture avec moi et une séance de photos avec des bijoux, des vêtements... Tout cela dans les salons du Quai d’Orsay. Vous imaginez ? Donc, c’est non. Je n’aime pas non plus amener des journalistes voir ma famille. Je l’ai fait une fois avec ma mère, mais j’ai senti qu’elle était mal à l’aise.

Vous ne voulez plus non plus parler de votre mari ?

Je me méfie. Cela relève de la vie privée.

Vous n’aimez vraiment pas les journalistes ?

Je les aime au contraire beaucoup, car on discute de choses intéressantes. En même temps, il faut s’en méfier terriblement. Mais, je l’avoue, on ne peut pas s’en passer.

Les comparaisons avec Condoleezza Rice ou Naomi Campbell : cela vous flatte ou vous énerve ?

Naomi Campbell ? Je n’étais pas au courant. Mais être comparée à Condoleeza Rice, ça me flatte et me stresse en même temps...


 
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