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Décryptage

Entretien avec Lise Fayolle :

une productrice de films face aux médias

par Emmanuelle Duverger

Comme attachée de presse, puis productrice de films, Lise Fayolle fait face aux médias depuis quarante ans. Et dresse un bilan à l’occasion de la sortie, le 26 avril, de son prochain film, “Les filles du botaniste” de Dai Sijie.

Vous avez commencé votre carrière en tant qu’attachée de presse pour des majors américaines. Quel était votre rôle exactement ?

Le métier n’était pas homologué et n’existait pas vraiment. Du coup, nous avions une grande liberté. Nous étions les rois et les reines de la place ! Avec Bertrand Tavernier, Pierre Rissient, France Doelnick, nous avions accès aux personnalités, aux stars du cinéma et il y avait très peu de concurrence. Mais pour les Américains qui venaient tourner à Paris, la France c’était comme pour nous la Mongolie intérieure. Un pays où il ne fallait surtout pas faire de presse. Mon rôle principal était de dire non. De temps en temps, on avait même des consignes explicites sur les journaux à ne pas contacter. Par exemple, Ava Gardner ne voulait pas que j’organise quoi que ce soit avec Paris Match, c’était mentionné dans son contrat. C’était un autre métier. C’était aussi une autre époque. On avait des budgets, des chauffeurs, des notes de restaurant illimitées. On organisait des voyages de presse à Los Angeles, à Londres. On faisait descendre les journalistes dans de grands hôtels. Ça ne les empêchait pas de dire ce qu’ils pensaient du film, mais peut-être de façon moins agressive. Les producteurs avaient aussi d’autre moyens qu’aujourd’hui et pouvaient, pour lancer un film, acheter des pages de publicité dans les quotidiens. Il y avait de l’argent pour s’occuper des films. Il y en a moins aujourd’hui.

Quelles sont les principales qualités d’une attachée de presse ?

Évidemment, une ouverture vers l’autre, un sens de la communication et surtout l’intérêt de ce que l’on avait à défendre. Il y a des films dont j’ai refusé de m’occuper simplement parce que, souvent à cause du sujet, je savais que je n’étais pas la mieux placée pour le faire ! Les attachés de presse - à l’époque, mais je crois que c’est la même chose aujourd’hui - savent de quoi ils parlent. Ils ont une culture cinématographique et font un important travail de recherche en documentation sur les sujets des films. Ce travail est maintenant simplifié par l’accès à Internet. Disons que ce métier est devenu un peu plus technique, plus méthodique, plus organisé, moins émotionnel qu’il ne l’a été. Mais, heureusement, je connais bien des attachés de presse qui ont su rester inventifs et ont des idées originales au moment du lancement d’un film.

Vous aviez de l’influence sur les journalistes ?

Ils étaient moins sur la défensive qu’ils ne le sont aujourd’hui. Si j’emmenais des journalistes à Los Angeles en première classe, il n’y avait pas de suspicion à mon égard. En 1973, quand j’ai commencé à faire de la production, je pouvais inviter un critique à déjeuner, même si j’avais quelque arrière-pensée. Aujourd’hui, cela ne me viendrait plus à l’idée. La presse tente de s’éloigner des tentations que procure ce métier. Finalement, c’est plutôt bon signe.

Certains se laissaient circonvenir ?

Disons qu’il leur arrivait d’avoir de la reconnaissance. Les voyages de presse avaient lieu pendant les tournages ; les journalistes réalisaient des interviews des acteurs et créaient un désir de voir le film. A sa sortie, s’ils n’avaient plus envie d’en dire du bien parce que le film ne correspondait pas à leur attente, ils s’arrangeaient pour différer leur critique de quelques jours. Le climat était plus chaleureux.

« Des fraises et du sang », de Stuart Hagmann, a été primé à Cannes en 1970. Ce n’était pourtant pas le meilleur film de la sélection. Aviez-vous pu approcher le jury ?

Vous me parlez des calendes grecques ! Ce serait impensable aujourd’hui. Les membres du jury étaient abordables, se promenaient, allaient au restaurant, sur la plage. Maintenant ils sont gardés, on ne peut pas leur parler. Et même si on a un ami à l’intérieur, on n’oserait pas l’appeler. Les choses ont changé, sont devenues beaucoup moins conviviales.

A quoi est dû ce changement ?

Il y avait beaucoup moins de films et on avait davantage le temps de les défendre. Regardez le mercredi, jour de sortie des nouveaux films dans les salles, il n’est pas rare aujourd’hui d’avoir plus de vingt nouvelles productions à l’affiche ! Alors que nous étions six ou sept attachés de presse, on en compte au moins cinquante de nos jours. Tout est démultiplié. « Mon » prochain film, « Les filles du botaniste », sort le 26 avril, mais la date initialement retenue était le 15 mars. Quand il y a trop de sorties le même jour, avec des grosses machines comme le 25e « Indiana Jones », on décale, sinon on passe inaperçu. La réalité c’est que, même si le public est différent, même si la télévision est notre premier concurrent, on a toujours le même nombre de personnes qui vont au cinéma. Les petits films sont comme des avions privés qui tentent d’atterrir entre deux gros Boeings. En fait, c’est pareil pour la presse. Pour son lectorat, un journaliste doit d’abord parler des grosses productions. Souvent, les petits films passent après.

Avez-vous déjà rencontré des journalistes prêts à tout pour obtenir une interview ?

Ça m’est arrivé une fois. Je ne citerai pas le nom de cette journaliste fameuse qui, pendant le tournage de « Las Vegas, un couple » de George Stevens avec Liz Taylor et Warren Beatty, m’a cassé les pieds pour rencontrer Warren. A force de le harceler, il a accepté de la recevoir en me priant de venir ouvrir sa porte une dizaine de minutes plus tard pour signifier la fin de l’entrevue. C’est ce que j’ai fait, pour découvrir, horriblement gênée, ma journaliste très occupée. Le papier fut particulièrement élogieux...

Aujourd’hui les journalistes courent moins derrière les gens ?

C’est le marché de l’offre et de la demande ! Il y a des gens que la presse veut absolument, justement parce qu’ils sont très difficilement abordables, et il y a des gens qui veulent absolument être dans la presse parce qu’il s’agit de leur survie. Je crois quand même que les journalistes ont une notion assez exacte de leur pouvoir sur le public. A un certain moment, ils abandonnent la course à l’échalote !

Vu du côté de la production, quelle est l’incidence de la presse sur les entrées d’un film ?

Pour les grosses machines, elle est minime. En revanche, les médias peuvent s’enticher d’un petit film à découvrir et en faire un événement. Ça, c’est une chose extraordinaire.

Est-ce que, par principe, la presse n’aime pas les gros budgets ?

Je ne peux pas répondre à la place des journalistes. Certains films à gros budget abordent des thèmes sérieux, sont une réflexion personnelle sur la vie et le fonctionnement de nos sociétés, mais ne rencontrent pas pour autant l’estime de la critique. Par exemple, « La Constance du jardinier » de Fernando Meirelles, qui traite de l’abandon de l’Afrique, n’a pas été bien accueilli par la critique. Elle aurait voulu que le sujet soit filmé différemment. Certes, il y a des ficelles, une histoire d’amour - d’ailleurs très belle et originale - mais moi, cela ne me dérange pas. Certains critiques en ont jugé autrement. C’est leur droit.

Même chose pour « La Fille de Ryan » de David Lean ?

Les critiques avaient adoré « Lawrence d’Arabie » et je n’ai toujours pas compris pourquoi ils n’ont pas aimé « La Fille de Ryan ». C’était pourtant un film magnifique. Ils disaient : «  Comment peut-on dépenser tant d’argent pour faire un film intimiste ? » Mais si David Lean avait les moyens de le faire, pourquoi le lui reprocher ?

Vous trouvez parfois que la critique est injuste ?

Pour « La Fille de Ryan », oui. On a reproché au film sa lenteur. Mais dans « Barry Lyndon », de Stanley Kubrick, cette même lenteur devenait tout à coup quelque chose de sublime. Pourquoi une telle différence de traitement ? Peut-être la communication du film a-t-elle été mal faite...

La presse peut donc faire le succès ou l’échec d’un film ?

Ce n’est pas si simple. Prenez « Les Choristes » de Christophe Barratier. La critique n’était pas unanime. Cela n’a pas empêché son succès. Certains films sont parfois au-dessus des lois. Des études ont été faites, sans jamais fournir de réponse. Pourquoi, subitement, « Les Choristes » cassent la baraque ? Il n’y a pas d’explication.

Un film « assassiné » peut donc avoir un vrai succès ?

Oui. Cela vient de ce que le public populaire ne lit pas nécessairement les critiques. Je pense que seule une petite partie de notre société est en contact avec le monde artistique, pas la majorité du public de cinéma. Il n’y a pas d’explication. Toscan du Plantier disait : « Le public a toujours raison. » Eh oui ! malgré les médias, malgré la critique, le public va ou ne va pas voir un film.

photos : Isabelle Nègre
photos : Isabelle Nègre

« Autrefois, je pouvais inviter un critique à déjeuner, même avec arrière-pensée ! Aujourd’hui, ça ne me viendrait plus à l’idée. »

Mais les revues spécialisées dans le cinéma passent pour faire la pluie et le beau temps sur les entrées.

Regardez les tirages : Studio tire à 90 000 exemplaires. Cela va toucher au maximum 300 000 personnes. Ce n’est pas très important. La première semaine, ce sont les énormes affiches dans le métro, dans les autobus qui remplissent les salles. La promotion ! Ensuite il y a la déception ou l’enthousiasme, qui circulent de bouche à oreille. Certains films démarrent très fort et retombent aussi rapidement. C’est très compliqué, une sortie de film. Voyez ce qui vient de se passer avec « Angel-A » de Luc Besson. Absente à la sortie de son film, je ne l’ai pas encore vu, mais j’ai du mal à imaginer comment Luc Besson, avec le talent qu’il a, a pu faire un film aussi mauvais qu’on le dit. Et comme je me pose la question, ma foi... je vais aller le voir.

Vaut-il mieux avoir un prix à Cannes, ou quelques bonnes critiques dans Le Monde ou Libération  ?

Cela dépend du film. Un gros film, qui a un budget de lancement important, a plus de chances qu’un film d’auteur qui, lui, aura besoin de Cannes. C’est mathématique, mais loin d’être automatique. Les médias sont extrêmement importants dans le cas de films fragiles, réalisés avec de petits moyens, qui n’ont pas, par la promotion, un accès direct au public. J’ai presque envie de dire que le destin d’un film échappe à la logique. Ainsi « Diva » de Jean-Jacques Beineix. Aucun succès à sa sortie. Pierre Bromberger - producteur, distributeur et propriétaire de salles - voit « Diva » par hasard, trouve que c’est un film admirable et décide de le programmer dans sa salle du Quartier latin. Et là, on ne sait pas pourquoi, c’est plein. Ensuite, le bouche à oreille a fonctionné. Les critiques étaient mauvaises, mais « Diva » est resté un an à l’affiche, et il a eu quatre César, dont celui de la meilleure première œuvre.

Et l’échec de « La Lune dans le caniveau », du même Jean-Jacques Beineix, c’est une revanche de la presse ?

Non, je ne pense pas. Parfois, la presse se sert de gimmicks. Un détail qui fait parler du film en bien ou en mal. Je pourrais vous citer une multitude d’exemples. Bernardo Bertolucci aurait-il eu le même impact sur le public s’il n’y avait pas eu l’histoire du beurre dans « Le Dernier tango à Paris » ? Dans ce film, Brando enduisait de beurre une partie extrêmement intime de l’anatomie de Maria Schneider, et s’ensuivait ce que vous savez si vous avez vu le film. Ce moment-là a été monté en épingle par la presse et c’est devenu : « Allez voir l’histoire du beurre ! » Ça n’avait plus rien à voir avec le film. Dans « Le Shérif » d’Yves Boisset, le SAC avait intenté un référé pour que la mention de son nom soit occultée par un « bip ». Cela nous semblait une catastrophe. Eh bien, dans les salles, chaque fois que l’on entendait « bip », le public se mettait à scander « le SAC » et cela a fait le succès populaire du film. Revenons à « La Lune dans le caniveau ». Pendant le tournage, Depardieu et Beineix ont eu des difficultés de communication. Manque de chance, Gérard Depardieu se trouve dans une boîte de nuit à deux heures du matin face à un journaliste de France Inter qui lui demande : « Alors ? “La Lune dans le caniveau” ? » Et Gérard - qui n’avait pas bu que de l’eau minérale - lui répond : « Dites plutôt “La lune dans l’égoût”. » Cela a été le gimmick qui a fait parler du film dans les médias, hélas, de façon extrêmement négative.

Vous étiez sûre à l’époque que c’était un bon film ?

Je le suis toujours ! Je le regarde encore de temps en temps. Avec le recul, je vois des détails qui auraient justifié une bonne coupe. Mais c’est quand même un beau, un très beau film, en avance sur son temps. Maintenant on me dit que c’est un film culte. Le temps se charge de remettre les pendules à l’heure.

Certains films n’ont pas un gros succès à leur sortie en salle, mais font finalement une grosse audience à la télévision. Cela permet au producteur de rentrer dans ses frais ?

Les passages à la télévision vous confortent, quand ils ont fait un beau taux d’audience, dans l’idée que vous avez eu raison de vous battre pour faire ce film, même s’il n’a pas fonctionné dans les salles, parce que, en définitive, le public l’a aimé. Mais c’est tellement difficile de financer un film aujourd’hui ! Les portes d’accès à l’argent ne sont pas nombreuses et elles sont très étroites. On a souvent l’égo qui cogne au chambranle ! Quelle part du film reste-t-il à un producteur lorsque le tournage est terminé ? Pas grand-chose... Producteur indépendant n’est pas un métier très lucratif. Un film reçoit des avances de trésorerie qu’il faut ensuite rembourser sur les premières recettes. Le producteur peut ensuite - le cas échéant - rentrer dans ses frais et se payer un salaire. Mais c’est un risque insensé ! Bien des films ne pourraient voir le jour si ce genre de producteurs indépendants, un peu fous, n’acceptaient pas de prendre ce risque.

Cela implique-t-il chez le producteur une certaine peur des médias ?

Tout dépend du type de films que vous produisez et des budgets auxquels vous avez accès. La presse s’adresse au public qui n’a pas besoin de connaître l’arrière-cuisine d’une production. Le public va au cinéma pour rire, rêver, réfléchir, être ému. C’est pour ça que ce qui se passe sur un écran est magique et n’obéit à aucune règle préétablie. Cela posé, il faut une certaine dose d’inconscience pour continuer à faire des films comme je les fais. J’ai eu une période de ma vie où je faisais des films commerciaux, beaucoup plus populaires, avec des stars. En vieillissant, on s’attache à des sujets particuliers, des choses plus difficiles, on a davantage l’esprit de découverte, et tant pis si l’argent n’est pas au rendez-vous. On se débrouille. On met les petites cuillères en argent de sa grand-mère au mont-de-piété et on hypothèque sont appartement, mais on fait le film !

"Les filles du botaniste", de Dai Sijie. Sortie le 26 avril 2006.
"Les filles du botaniste", de Dai Sijie. Sortie le 26 avril 2006.

« La critique, quand elle est mauvaise, ne fait jamais plaisir, mais il m’est arrivé de constater, y compris sur mes films, qu’elle avait raison... »

Selon vous, les critiques de cinéma sont-ils vraiment libres ?

Je l’espère ! Dans le fond, j’ai vraiment l’impression qu’ils disent ce qu’ils ont envie de dire et qu’ils font bien leur boulot.

Même dans les revues spécialisées ?

S’il y a des pressions, fatalement elles sont secrètes. Mais, vous savez, les enjeux sont si peu importants par rapport à ce qui se passe dans le monde aujourd’hui...

Cette presse spécialisée, vous la lisez ?

Bien sûr. Mais permettez que je garde ma préférence pour moi. Je vous rappelle que je sors un film en avril prochain !

Avez-vous été victime de journalistes ?

La critique, quand elle est mauvaise, ne fait jamais plaisir, mais il m’est arrivé de constater, y compris sur mes films, qu’elle avait raison... Ce que je n’aime pas, c’est qu’un journaliste se serve de la critique pour régler un compte personnel avec un acteur, un réalisateur ou un producteur. Une fois, un journaliste - je crois que c’était dans Le Monde - a écrit : « Lise Fayolle, au demeurant fort sympathique, a pris l’habitude de nous importer des navets américains, etc. » Je n’ai jamais importé ni tomates, ni patates, ni navets d’Amérique ! Ça m’a un peu vexée, c’est tout.

Vous avez utilisé votre droit de réponse ?

Non. Ce n’était pas bien grave. Une autre fois, - et cela m’a fait plaisir - un journaliste du Figaro a écrit que j’avais la meilleure cantine du cinéma...

Les rumeurs d’ordre privé pendant le tournage d’un film sont-elles organisées, contrôlées ? Et par qui : la presse, la production, les attachés de presse ?

On a quand même autre chose à faire !

Vous n’en avez jamais organisé ?

Jamais. Même en tant qu’attachée de presse, ça ne m’est pas venu à l’idée. Par contre, les paparazzi s’en chargent toutes les cinq minutes. Regardez Voici !

Vous avez produit entre trente et quarante films ?

Moins que ça. J’en ai beaucoup coproduit. En tout, je dois avoir produit ou coproduit 32 films, parmi lesquels « Providence » d’Alain Resnais sur lequel nous étions quatre producteurs.

Lequel de vos films a le mieux marché ?

Probablement le tout premier : « Docteur Françoise Gailland » de Jean-Louis Bertucelli. Il y a aussi « La Clé sur la porte » d’Yves Boisset avec Annie Girardot et Patrick Dewaere, « Le Sherif », toujours avec Patrick Dewaere, ou « Les Hommes préfèrent les grosses » de Jean-Marie Poiré. Il doit y en avoir d’autres quand même...

Et votre film préféré ?

« La Lune dans le caniveau » de Jean-Jacques Beineix, et « Balzac et la petite tailleuse chinoise » de Dai Sijie.

Pensez-vous que les médias seront capables de ramener le public dans les salles ?

Vous avez des questions difficiles. Je crois qu’on lit de moins en moins la presse. Hélas ! car lorsqu’elle décide de défendre un film, bon sang ! elle le fait bien.

La télévision a un rôle à jouer ?

Elle a un rôle d’information indispensable. Quand Patrick Poivre d’Arvor, à 20 h 30, termine son journal - il l’a fait pour « Balzac et la petite tailleuse chinoise » - en disant : «  Je viens de voir un film tiré d’un bouquin que j’avais lu et adoré, allez le voir », évidemment, ça aide... Un plateau de Michel Drucker, ce n’est pas inutile non plus.

Est-ce qu’un producteur sait, avant la sortie de son film, s’il est bon ou non ?

Oui, et cela n’a rien à voir avec la presse. Il voit les défauts de son film. Mais ce qu’il y a de plus rageant, c’est quand il soulève un problème face à un metteur en scène autiste qui refuse de l’écouter et que, plus tard, la critique relève ce même problème. Ça, c’est dur. Alors vous faites une belle petite photocopie, vous la glissez dans une enveloppe, et ça part avec des commentaires extrêmement désagréables qui commencent par : « Si tu m’avais écoutée... »

Dans quelques jours, vous sortez « Les Filles du botaniste ». Avez-vous peur des réactions des médias face à ce film tout de même assez singulier ?

Peur ? Non, mais je me méfie... C’est comme les singes que je viens de voir au Costa Rica. Je ne les craignais pas, mais il y en a quand même un qui m’a mordu la cuisse !


 
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